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documentaire

  • Revue de presse BD (291)

    + Certains lecteurs de la presse satirique expriment la nostalgie du temps où Cabu, Wolinski, Reiser, Siné,webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande dessinée,revue,presse,hebdomadaire,novembre,2018,fémina,philippe lançon,lambeau,luz,catherine meurisse Gébé, dessinaient encore, et déplorent la fadeur de la presse satirique actuelle. D'autres rétorquent qu'il y a encore de très bons dessinateurs en activité.

    La question du niveau technique des uns et des autres est sans doute secondaire ; on peut tout de même dire que le talent de reporter de Cabu est supérieur ; quel caricaturiste est capable de caricaturer, non pas seulement telle ou telle grosse légume, mais une ville entière et ses habitants, comme Cabu l'a fait avec Paris ?

    Il faut d'abord tenir compte d'un contexte politique -la Ve République-, particulièrement défavorable à la liberté de la presse. Certains signes ne trompent pas, comme la rapidité et l'efficacité des pouvoirs publics, de gauche comme de droite, à colmater les brèches dès qu'il y en a - naguère les radios libres, aujourd'hui internet.

    Par conséquent l'aventure de "Charlie-Hebdo" est unique et implique une audace exceptionnelle de la part de ses inventeurs, Cavanna et Choron - non seulement du talent.

    La différence entre la première mouture de "Charlie-Hebdo" et la seconde est celle qu'il y a entre Elvis Presley et Johnny Hallyday, c'est-à-dire entre la contre-culture et la contre-culture digérée et assimilée par la culture dominante et ses "intellos de service", jouant le rôle d'enzymes gloutons.

    Ce n'est pas seulement rendre hommage aux pionniers que de souligner cette différence entre eux et leurs héritiers : cela permet de mieux comprendre la manière dont la culture bourgeoise se défend contre les attaques dont elle est la cible.

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    + Après Catherine Meurisse, Patrick Pelloux, c'est au tour de Luz et Philippe Lançon, choqués ou grièvement blessé par la fusillade à la rédaction de "Charlie-Hebdo" de publier leurs témoignages. A croire que les gens heureux n'ont rien à dire...

    Philippe Lançon (journaliste à "Charlie" et "Libération") vient de recevoir le prix Fémina pour "Le Lambeau", récit de sa pénible convalescence. Il s'est déplacé pour recevoir le prix en mains propres. A en croire P. Lançon : "L'esprit critique (...), la caricature, tout cela est bien vivant". Cela sonne un peu comme un "Allahou Akbar !" germanopratin.

    A propos de "Le Lambeau", le club des lectrices (en décolleté) du "Figaro" a rendu son verdict.

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    Yves Chaland vu par C. Berbérian.

    + Les BD d'Yves Chaland, auteur du "Jeune Albert", en disent plus long sur la BD franco-belge qu'une longue thèse fastidieuse et hagiographique. Suivant le procédé du pastiche qui consiste à caricaturer le style d'un auteur, Y. Chaland souligne les stéréotypes d'un genre destiné aux enfants, dont Hergé est considéré comme le maître.

    Chaland se plaît ainsi à souligner le décalage radical avec la réalité de ces récits ; c'est probablement ce qui plaît aux jeunes enfants, mais on peut s'interroger sur l'intention des adultes qui ont conçu cette culture et sa portée éthique.

    Chaland souligne aussi, avec son trait de designer automobile, plus maniaque encore que celui de Hergé, l'arrière-plan industriel de cette culture. Chaland n'a pas été publié dans "Métal Hurlant" pour rien !

    TV7 Bordeaux diffuse un long documentaire sur Yves Chaland (2018). En dépit du ton proustien ou dévot d'Avril Tembouret, son auteur, ce documentaire éclaire plusieurs aspects de la personnalité et de l'oeuvre de cet auteur, via ceux qui l'ont côtoyé ou qu'il a influencés (F. Margerin, F. Avril, C. Berbérian, Zep, B. Poelvorde...).

    On pourrait croire en le lisant que Yves Chaland tente de s'évader de la BD et de son horizon fictif.

  • Revue de presse BD (288)

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    + "Les Droits de l'Homme sont les droits de l'Homme égoïste." Karl Marx (1843)

    Entre autres choses, l'historien communiste avait prévu les noyades de migrants par milliers aux porteswebzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,actualité,revue,presse,hebdomadaire,octobre,2018,spirou,droits de l'homme,onu,karl marx,reiser,documentaire,blankenberge,ostende,banksy,sotheby's,londres,la chapelle,paris d'une Europe drapée dans la tartuferie humaniste.

    L'hebdomadaire "Spirou" s'efforce de raviver la flamme en publiant un n° spécial "Droits de l'Homme" en concertation avec l'ONU, institution dont le génocide au Rwanda restera (à jamais ?) comme le symbole de l'impuissance.

    Depuis son lancement, le magazine belge est un magazine de promotion de la culture bourgeoise belge, dont la fabrication semi-artisanale a permis d'éviter l'excessive fadeur des produits de très grande consommation (comme les mangas japonais ou les "comics" américains).

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    + Comme il y a un avant et un après Céline dans la littérature du XXe siècle, il y a un avant et un après Reiser (1941-1983), imité par la génération suivante des dessinateurs de presse comme un seul homme ou presque.

    Un documentaire tiré des archives de la télévision belge, en grande partie filmé sur la plage de Blankenberge (près d'Ostende) en 1976, dévoile en partie la technique, et donc le style de Reiser.

    La laideur de son dessin et de ses personnages n'est pas seulement un parti-pris comique: Reiser schématise pour souligner l'expression juste ; il ne corrige pas son dessin pour conserver la spontanéité du premier jet. Reiser est un peintre réaliste avant d'être un styliste.

    La civilisation des loisirs, illustrée ici par la station belge de Blankenberge mais répandue dans toute l'Europe, fait les frais de l'ironie du dessinateur satirique.

    + Banksy, auteur de graffitis plus ou moins subversifs peints sur les murs de grandes villes du monde entier, a tenté de détruire l'une de ses oeuvres qui venait d'être adjugée un peu moins d'un million d'euros à Londres ("La Fille au ballon").

    Soupçonné d'avoir voulu attirer l'attention sur lui par cette mise en scène, Banksy a ensuite cherché à prouver sa bonne foi en montrant qu'il était prévu que son dessin au pochoir soit entièrement détruit (et non en partie seulement).

    Il y a quelque temps, Banksy avait déjà organisé une distribution gratuite de ses oeuvres afin de court-circuiter les marchands d'art.

    Cette affaire illustre la capacité de la culture dominante à absorber les contre-cultures contestataires et les digérer.

    Peints par Banksy lors d'un récent séjour à Paris, "Porte de La Chapelle" où sont regroupés les migrants de sexe masculin, quelques graffitis dont le graffiti ci-dessous ont déjà été recouverts.

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  • Revue de presse BD (212)

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    (Volkswagen derrière Merkel : - un nouveau pot et c'est reparti pour 4 ans - dessin de Walter Foolz)

    + On doit se pincer pour y croire : pourtant ça y est, le premier numéro de "Charlie-Hebdo" traduit en allemand vient de paraître.

    Le journaliste allemand Marcel Wagner, qualifiant au passage "Charlie-Hebdo" "d'institution", se demande si les Allemands connaissent assez la politique française pour s'intéresser à ses caricatures et, à l'inverse, si les caricaturistes de "Charlie-Hebdo" ont une connaissance suffisante de la politique allemande ?

    "Charlie-Hebdo" fera-t-il rire les Allemands, s'interroge aussi Marcel Wagner ? A quoi Minka Schneider, responsable de l'édition allemande, répond que "Charlie-Hebdo" se situe plutôt au niveau de l'humour noir que de l'humour gras à se taper sur les cuisses.

    + Van Gogh est à la Une, par suite de la découverte et publication d'un carnet de dessins inédits fournissant des indications précieuses sur la technique de l'artiste.

    La chaîne "Arte" diffuse justement en ce moment un documentaire d'une heure (par Andreas Gräfenstein, 2016, visible en replay juqu'au jeudi 9/12), qui se focalise sur la confrontation entre Van Gogh et Gauguin à Arles, où se dernier se rendit à l'invitation de son confrère néerlandais ; la confrontation des deux artistes, aux personnalités très différentes, s'acheva par la blessure grave de Van Gogh à l'oreille. En faisant valoir la thèse du coup d'épée porté par Gauguin à Van Gogh, tout en faisant planer le doute sur le suicide de Van Gogh, le documentaire laisse entrevoir à quel point l'histoire de l'art est une discipline peu scientifique, c'est-à-dire peu historique, où la légende occupe une large place (VVG est parfois surnommé "le Christ de l'art moderne"). Plus religieuses qu'artistiques d'ailleurs apparaissent les vocations de Van Gogh et de Paul Gauguin, cela bien que les thèmes religieux à proprement parler soient pratiquement absents d'oeuvres très personnelles et largement méprisées du vivant de ces artistes, dont les carrières posthumes constituent une sorte de résurrection.  

    + L'association philanthropique ATD Quart-monde produit actuellement une bande-dessinée contre ce qu'elle appelle la "pauvrophobie", c'est-à-dire la peur des pauvres et les réactions violentes qu'elle entraîne parfois.

    De nos jours, la pauvreté est une notion très mal définie : par des statistiques, qui ne donnent qu'une idée relative de la pauvreté ; la différence s'est estompée entre la notion de pauvreté et celle de misère (la misère est une contrainte, tandis que la pauvreté ne l'est pas nécessairement) ; cela s'explique par le fait que la peur de la pauvreté est devenue dans les pays occidentaux/capitalistes facteur de solidarité sociale. C'est donc tout une culture que ATD Quart-monde devra renverser, non seulement quelques préjugés.

    A noter qu'il existe déjà quelques albums de BD pour lutter contre la "richophobie", notamment la série "Largo Winch".

    + Les tribunaux ont lourdement condamné la société qui a publié dans le courant de l'année 2016 plusieurs numéros d'un journal intitulé "Hara-Kiri", "empruntant" son titre à la publication créée par F. Cavanna et le Pr Choron. On peut rire de tout dans ce pays, mais de là à se moquer ouvertement de la propriété intellectuelle et du droit moral des auteurs !...

    + Exposition prochainement (15-31 déc.) à la galerie Claire Corcia (Paris, 3e arr.) des oeuvres de Burlingue, dessinateur et peintre satirique, en compagnie d'autres artistes.

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    dessin de Burlingue

  • Revue de presse BD (198)

    Après une pause estivale, la revue de presse BD hebdo reprend !

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     + Au début de l'été, on a appris la mort de Didier Savard (4 juillet) ; à l'arrêt depuis plus de dix ans pour cause de maladie grave, cet auteur de BD s'était fait connaître avec les aventures d'un détective, Dick Hérisson, (commandées par Mandryka). D. Savard publia aussi une biographie satirique du dictateur Pinochet et une parodie de Tintin (autorisée par les très scrupuleux et procéduriers ayants-droits de Hergé).

    + La chaîne de télé "Arte" propose un documentaire d'une heure sur Hugo Pratt par Thierry Thomas (visionnable en "replay" jusqu'au 1er sept.). Rejeton d'un cadre éminent du parti fasciste italien, Ugo Prat fut néanmoins embauché par le journal "Pif", organe de presse pourvoyeur de fonds du parti communiste. Cette origine familiale sulfureuse incita Hugo Pratt à se dissimuler derrière un tas d'affabulations qui ont contribué à sa renommée et au caractère énigmatique de son héros le plus fameux, Corto Maltese.

    H. Pratt avait un point de vue original sur l'aventure, étant lui-même une sorte d'aventurier et de globe-trotter, ce qui est assez rare parmi les auteurs de romans d'aventure (les auteurs de BD ont le plus souvent une vie quasi-monacale). Les adolescents, lecteurs des romans de Pratt, devinent que Corto Maltese n'est pas un héros de carton-pâte comme Tintin ou Spirou.

    H. Pratt se définissait comme "un dessinateur expressionniste" ; il s'inspira beaucoup de l'Américain Milton Caniff pour le dessin ; mais si les scénarios de Caniff ("Terry et les Pirates") sont assez grossiers, au niveau de la propagande patriotique américaine, en revanche Pratt a réussi à instiller un peu de poésie dans ses BD.

    H. Pratt savait peindre en noir et blanc, il est regrettable que l'éditeur ait pris l'initiative de colorier les planches des albums de Pratt ; ou peut-être est-ce parce que Pratt, grand séducteur, avait fini par embaucher une coloriste ?

    + La gazette d'information du 18e arr. de Paris, publie dans son numéro de cet été un long article sur "L'Elysée Montmartre", à l'occasion de la réouverture de cette salle de spectacle légendaire, inaugurée en 1807 et incendiée en 2011.

    "L'Elysée Montmartre", moins célèbre que le "Moulin Rouge", a pourtant vu l'art moderne éclore. Le "French cancan" fut inventé dans cette antre, et surtout été peint par Toulouse-Lautrec et Jean Renoir ("French cancan"). A la fin du XIXe siècle, "L'Elysée Montmartre" fut un des premiers cours privés de dessin d'après le modèle vivant mixte, les jeunes femmes ne pouvant s'inscrire à l'Ecole des Beaux-Arts. Les étudiants des Beaux-Arts louèrent aussi la salle pour leur premier bal des Quat'z'Arts.

    La salle est aussi mentionnée par Zola, et Maupassant y situa une de ses nouvelles ("Le Masque").

    L'article, exhaustif, nous apprend aussi que "L'Elysée Montmartre", au cours de ces deux siècles d'existence, servit à peu près à tous les usages : non seulement une salle de bal et de concert, mais aussi une infirmerie pendant le siège de Paris par les Prussiens, ou encore une salle de meeting politique antimilitariste : "Il est piquant de constater qu'en tous pays la religion patriotique est introduite dans les cerveaux et dans les nerfs par les mêmes procédés que les religions proprement dites. L'un comme l'autre prend l'enfant dès le jeune âge, avant que son esprit critique n'ait commencé à se former ; les chansons patriotiques remplacent les cantiques." (Gustave Hervé)... mais aussi une salle de gala de boxe et de catch avant et après la seconde guerre mondiale.

    + Le caricaturiste Cambon ("La Lettre du Cadre", "Urtikan"), se souvenant sans doute que les jeux olympiques sont aussi destinés à servir d'entraînement aux soldats (la plupart des athlètes brésiliens sont militaires), a dessiné pour Urtikan une série de dessins cocasses sur le thème du Djihad et des JO, imaginant des épreuves spéciales pour les soldats de l'Etat islamique (14 dessins).

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  • Caricature Mohamed Ali

    par l'Enigmatique LB

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  • Revue de presse BD (184)

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    + La bibliothèque nationale de France (BNF) publie trois fois par an une petite revue luxueuse distribuée gratuitement, "Chroniques", où le détail de l'activité de cette copieuse institution est exposé. Sous une couverture reproduisant un dessin de Willem, le n°76 de "Chroniques" annonce que la grande bibliothèque abritera bientôt une exposition dédiée à la franc-maçonnerie, pour tenter d'élucider le mystère de cette institution mystérieuse (presque autant que l'Eglise catholique).

    Comme le laisse entendre Pierre Mollier, conservateur du musée de la franc-maçonnerie, on ne peut définir nettement l'idéologie ou la philosophie maçonnique ; ainsi de tous ceux qui opèrent dans les coulisses du pouvoir : ils s'adaptent à ses règles changeantes. Une planche de Hugo Pratt ("Corto Maltese") figure parmi les objets exposés (du 12 avril au 24 juillet), mais il n'y a sans doute dans la référence d'Hugo Pratt à la franc-maçonnerie guère plus que la volonté de faire planer un parfum de mystère.

    + Encore dans le dernier n° de "Chroniques", Inès Villela-Petit consacre un article à une forme originale de propagande satirique : la frappe de médailles en bronze. De fabrication allemande, ces médailles visent la politique française à travers les caricatures par Karl Goetz de Clemenceau et Poincaré. Clemenceau est représenté comme un tigre effarouché pendant le bombardement de Paris ; dénoncée aussi par ce biais l'occupation brutale de la Ruhr par les troupes françaises après la victoire de 14-18.

    La médaille en Une de cette revue de presse représente une femme attachée à un phallus, surmonté d'un casque français. A travers l'inscription en allemand, "La honte noire", K. Goetz stigmatise le viol de femmes allemandes imputées du côté allemand aux troupes françaises issues des colonies, comme la propagande française imputa aux troupes allemandes diverses atrocités allant du viol au cannibalisme.

    + A Pâques, on ne récolte pas que des oeufs, mais aussi des médailles. L'auteur de BD Joann Sfar figure ainsi sur une liste de personnalités issues de la société civile qui viennent d'être décorées de la Légion d'honneur. L'actrice Sophie Marceau a, pour sa part, refusé cette médaille afin de protester contre la récente distinction du prince saoudien et ministre de l'Intérieur Mohammed Ben Nayef par ce moyen. Apparemment le chef de l'Etat n'a pas trop mal pris les dessins légèrement moqueurs de Joann Sfar, publiés dans le "Huffington Post", à propos des rendez-vous galants du président de la République.

    La réponse de Napoléon Bonaparte à ceux qui lui reprochaient de perpétuer la monarchie à travers la Légion d'honneur, est fameuse : - Je vous défie de me montrer une république, ancienne ou moderne, qui savait se faire sans distinctions. Vous les appelez les hochets, eh bien c’est avec des hochets que l’on mène les hommes.

    + Disponible sur Youtube, le documentaire "Choron dernière" (Pierre Carles et Martin, 1h38, 2008) regroupe des bribes d'archives où l'on peut voir le truculent Georges Bernier, alias Pr Choron, cofondateur de "Hara-Kiri" et "Charlie-Hebdo" : participations à des shows télés, témoignages, chroniques provocatrices délirantes, interviews... où Choron avoue par exemple avec délectation ses pratiques sodomites avec un sergent-chef des parachutistes ; ou bien improvise un concours de bites fraternel avec le dessinateur Charlie Schlingo.

    Au tempérament burlesque de cet humoriste, issu d'un milieu très modeste et qui s'imposa comme le premier bouffon de France, le documentaire oppose la figure plus conventionnelle de Philippe Val, qui traîna le documentaire en justice (avec Cabu et Wolinski) pour cette raison. L'aspect polémique est secondaire, bien qu'éclairant sur l'évolution de la presse au cours du demi-siècle écoulé.

    + Le concours Libé Apaj de carnets de voyage (réservé au moins de 30 ans) est doté de 6.000 euros. On peut concourir dans plusieurs catégories : dessin, audio, texte, photo. Le thème de cette année : "Regards sur le travail".

    + "Lucky Luke" est au programme du festival "Pulp" organisé à la Ferme du Buisson (Marne-la-Vallée) (8-10 avril) ; il sera le thème d'une conversation entre l'actrice Stéphanie Cléau, Blutch et l'acteur Denis Podalydès. Un album-hommage signé Mathieu Bonhomme, "L'Homme qui tua Lucky-Luke", paraîtra en outre bientôt chez Dargaud. Les meilleurs albums de la série - cinq ou six - reposent sur le mélange de l'humour de Goscinny et Morris, d'une part, et l'inspiration de faits réels tirés de la chronique du Far West.

    + "Le Secret des Cailloux qui brillent" est une websérie en BD, qui tente de se financer grâce à ses lecteurs en ligne, à travers un site qui permet de faire un don. Deux épisodes ont d'ores et déjà été mis publiés, dessinés par Tarmasz et Emmanuel Espinasse. Il est trop tôt pour se prononcer sur l'intrigue, mais elle évoque les jeux vidéos ou les mangas en vogue chez les ados.

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    Illustration de Tarmasz pour la websérie "Le Secret des Cailloux qui brillent"

     

  • Revue de presse BD (171)

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    Un des plus vieux croquis répertoriés de Walt Disney (1918), vendu récemment aux enchères à New York

    + Visible jusqu'à dimanche prochain sur "Arte-replay", un long documentaire (plus de 3 heures) en deux volets consacré à Walter Elias Disney qui, nous dit le reportage, "transforma le dessin-animé en art". La formule est un peu pompeuse et ne veut pas dire grand-chose. Le documentaire n'est pas assez critique, mais comporte de nombreuses images d'archives et brosse un portrait assez fouillé de ce personnage hors du commun, "self made man" américain sorti apparemment de nulle part. On sait les points communs entre le cinéma d'animation et la BD franco-belge, cette dernière étant un cinéma d'animation "bon marché", du moins à ses débuts. Walt Disney et le Belge Hergé ont d'ailleurs quelques points de ressemblance, dont la soif de reconnaissance et une enfance un peu triste. On aurait aimé un propos plus critique, non pas tant à propos de Walt Disney que de son art emblématique de l'Amérique de la première moitié du XXe siècle ou de la culture de masse. L'usage politique du rêve et du divertissement demeure en effet un sujet d'actualité.

    + Signalons le décès de Jacques Rampal (19 décembre), qui collabora pendant de longues années au journal "Pilote" et publia avec le dessinateur Jean-Claude Morchoisne et Jean Mulatier une série de portraits-charges d'hommes politiques, transformés en animaux, qui fut un succès de librairie ("Ces Animaux qui nous gouvernent", 1984).

    + "Presse-Océan" annonce que la ville de Nantes va se doter d'une maison de la bande-dessinée en 2016, la "maison Fumetti", vaste de 600 m2 et qui sera dirigée par Gwen de Bonneval, Cyril Pedrosa et Tangui Jossic, auteurs de BD. "Fumetti" est le mot pour dire "bandes-dessinées" en... italien ; c'est sans doute pour faire "style".

    + La querelle qui divise la gauche à propos de l'islam et de "Charlie-Hebdo" n'aura connu qu'une courte trêve après l'attentat contre l'hebdomadaire. Cela prouve que l'idéologie, comme la religion, crée un sentiment d'unité superficiel. La militante féministe Caroline Fourest a pris part récemment aux hostilités, rédigeant une tribune dans le magazine "Transfuge" (11 Novembre). Sa prise de position en faveur de Philippe Val a le mérite d'être claire. "(...) Ma bande à moi, celle que j'admirais, venait de la "Grosse Bertha". Les éditos fracassants de Val ; Cabu, notre maître à tous. Et cette ribambelle de dessinateurs, furieusement doués, qu'ils ont mis sur orbite : Charb, Luz, Riss, Tignous, Honoré..."

    Et C. Fourest de qualifier au passage "l'autre "Charlie", l'ancienne version lancée par Cavanna et Choron, de "journal potache, vaguement anar". C. Fourest est libre de préférer Luz, Charb et Riss à Reiser ; d'autres ont témoigné dans le sens contraire, comme Willem. Cabu, dont on peut croire l'avis sérieux, s'est toujours prudemment gardé d'un jugement artistique.

    La militante dit ailleurs : "(...) On se moquait des garçons et de leurs dessins sexistes. Ils le prenaient bien, surtout Tignous, avec des airs d'ourson dépité. (...) Des années plus tard, les voilà convertis aux FEMEN. Quel trajet."

    A juste titre, Caroline Fourest explique dans sa tribune que l'humour permet souvent de surmonter les divisions idéologiques ; en revanche, elle n'a jamais parue plus disposée à plaisanter sur le sujet du féminisme, qui semble lui tenir à coeur au moins autant qu'à raison, que certains musulmans ne semblent disposés à entendre les plaisanteries des Occidentaux concernant Allah. L'humour des sectateurs des valeurs républicaines (parmi lesquelles "l'égalité" paraît aussi improbable que certains principes religieux), est une notion aussi incertaine que l'humour du pape ou de la Reine d'Angleterre. Si C. Fourest prenait la peine de se renseigner sur la presse satirique française, elle pourrait constater que très rares sont les humoristes ou les titres de presse qui ont mis en avant de telles "valeurs républicaines".

    + Le festival d'Angoulême qui se tiendra fin janvier a décidé d'accorder cette année en l'exposant une place d'honneur à Morris et son célèbre "Lucky-Luke", produit largement de conserve avec Goscinny. Les deux auteurs avaient réussi dans quelques albums de la série à faire passer un peu de l'esprit de la conquête de l'Ouest et des pionniers, en y ajoutant une note d'humour.

    Paradoxalement, "Lucky-Luke" est plus réaliste que de nombreux westerns, Goscinny ayant eu la bonne idée de s'inspirer du témoignage d'un authentique pionnier, Mark Twain. On attribue à Morris l'invention de l'expression "Neuvième art", mais Morris a toujours tenu, comme Goscinny du reste, à se démarquer d'un certain intellectualisme : "Non, nous qui les créons, les BD, nous ne prenons pas très au sérieux toute cette très pompeuse littérature." ("Giff Wiff", 1965) - sage méfiance des cacouacs, d'ailleurs, car l'académisme n'est jamais très loin de l'intellectualisme.