Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

orwell

  • Revue de presse BD (275)

    webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,caricature,actualité,revue,presse,hebdomadaire,mai,2018,bobika,siné-mensuel,mai 68,cohn-bendit,charlie-hebdo,gaullisme,reiser,choron,gotlib,orwell,macron,gustave jossot,didier pasamonik

    Dessin de Presse par Bobika ("Siné-Mensuel")

    + L'anniversaire de "Mai 68" ne déclenche pas seulement des railleries "à droite", chez les héritiers du "gaullisme", mais encore de la part de certains militants de gauche ulcérés par le libéralisme de Daniel Cohn-Bendit, figure du mouvement estudiantin qui cautionne aujourd'hui la politique d'E. Macron.

    On peut dire que "Charlie-Hebdo" a connu la même évolution que Cohn-Bendit; sans l'attaque de sa rédaction au fusil d'assaut, qui lui a conféré un nouveau statut médiatique international, "Charlie-Hebdo" ne serait sans doute plus qu'une icône vieillie, le symbole d'une époque révolue.

    Il convient aussi de mentionner l'ironie précoce de Reiser vis-à-vis de "Mai 68" ; le Pr Choron et Marcel Gotlib ("Fluide Glacial") le rejoignaient sur ce point, qui avaient en commun d'être issus de milieux très modestes et de n'avoir pas pu faire d'études supérieures. De leur point de vue, le militantisme politique était un luxe qu'ils ne pouvaient pas se permettre.

    + Quand on cite G. Orwell en 2018, on se fait traiter de militant de droite (surwebzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,caricature,actualité,revue,presse,hebdomadaire,mai,2018,mai 68,bobika,siné-mensuel,cohn-bendit,charlie-hebdo,gaullisme,reiser,choron,gotlib,orwell,macron,gustave jossot,didier pasamonik,bataille d'hernani,pepe,putois,looney tunes,australie,sidney daily telegraph les réseaux sociaux). C'est sans doute le pessimisme d'Orwell qui le fait passer pour un "essayiste de droite". On ne devrait pourtant pas s'étonner qu'un essayiste marxiste s'efforce de désillusionner ses lecteurs (ci-contre éd. française 1969 de "1984").

    G. Orwell faisait observer combien le militantisme politique nuit à la satire, et par conséquent à la "liberté d'expression", slogan creux n'en déplaise aux auteurs de "Le Pouvoir de la Satire" (Dargaud, 2018), BD didactique à ranger au rayon des ouvrages pieux républicains.

    Le plus agaçant dans cet ouvrage est la récupération au profit d'une thèse de caricaturistes qui ne sont pas ou peu "républicains", voire antirépublicains comme Gustave Jossot.

    webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,caricature,actualité,revue,presse,hebdomadaire,mai,2018,mai 68,bobika,siné-mensuel,cohn-bendit,charlie-hebdo,gaullisme,reiser,choron,gotlib,orwell,macron,gustave jossot,didier pasamonik,bataille d'hernani,pepe,putois,looney tunes,australie,sidney daily telegraph

    + Le journaliste belge Didier Pasamonik a tenu à défendre la récente adaptation de Gaston Lagaffe au cinéma contre la "bigoterie" de ceux qui estiment l'oeuvre culte de Franquin trahie : "Gaston Lagaffe de PEF est un bon film, drôle, bien écrit, malin dans l’adaptation, respectueux mais pas béat, soucieux d’abord de bien caractériser les personnages et de les mettre dans des situations comiques cohérentes. Le jeu des acteurs en particulier est très réussi."

    La fille de Franquin semble particulièrement visée par D. Pasamonik, qui compare la réception de ce film à la "Bataille d'Hernani" - pas moins.

    Ce spécialiste de la BD doit pourtant savoir que l'humour de Gaston Lagaffe tient largement au rythme de ses gags, impossible à transposer au cinéma. Rarement nanard n'aura été défendu avec autant de conviction !

    + Emmanuel Macron, lors d'un voyage diplomatique, a gratifié la femme de son homologue australien d'un "delicious wife" sexuellement connoté ; ce lapsus a valu au chef de l'Etat d'être comparé à "Pépé le Putois" par la presse australienne. Il s'agit d'un personnage de "cartoon" américain ("Looney Tunes"), s'exprimant avec un fort accent français ou italien. Or Pépé le Putois se distingue par ses moeurs de harceleur sexuel. 

    Le "Daily Telegraph" de Sydney aurait-il osé s'en prendre ainsi à de Gaulle ?

    webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,caricature,actualité,revue,presse,hebdomadaire,mai,2018,mai 68,bobika,siné-mensuel,cohn-bendit,charlie-hebdo,gaullisme,reiser,choron,gotlib,orwell,macron,gustave jossot,didier pasamonik,bataille d'hernani,pepe,putois,looney tunes,australie,sidney daily telegraph

  • Revue de presse BD (261)

    webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,actualité,revue,presse,hebdomadaire,janvier,2018,alix,shinzo keigo,macroniste,töpffer,québec,christian blais,histoire,fake news

    + Le festival d'Angoulême expose "Alix", créé par Jacques Martin; à cette occasion "Libération" publie un portrait revisité du jeune héros gallo-romain, dont les aventures furent publiées dans "Tintin" afin de fournir à ce magazine un alibi culturel. Alix est transformé en jeune député macroniste, bobo et militant gay, marié à son faire-valoir (dessin de Shinzo Keigo).

    Le temps semble loin où les intellectuels de gauche accusaient cette série d'entretenir la nostalgie typiquement réac (cf. Nietzsche) de l'empire romain. Le propre de l'idéologie est, comme le vent, de tourner.

    webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,actualité,revue,presse,hebdomadaire,janvier,2018,alix,shinzo keigo,macroniste,töpffer,québec,christian blais,histoire,fake news,propagande,kamil plejwaltzsky,zoo,voile noir,bashar el assad,dodo,cha,casterman

    + Les spécialistes de la BD s'accordent à voir en Rodolphe Töpffer (1799-1846) un pionnier du genre. Manquent à Töpffer les bulles, employées presque systématiquement dans la BD aujourd'hui. La revue "L'Histoire" a déniché un placard publicitaire québécois, datant de la fin du XVIIIe siècle ; cette affiche en bande-dessinée était destinée à promouvoir la candidature à la députation de deux marchands d'origine écossaise.

    Cet usage précoce de phylactères dans lesquels s'inscrivent dialogues ou descriptions est à rapprocher de l'usage similaire par les caricaturistes britanniques de l'époque, explique l'historien Christian Blais.

    + Beaucoup de bruit pour rien autour des "fake news" : le président E. Macron en webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,actualité,revue,presse,hebdomadaire,janvier,2018,alix,shinzo keigo,macroniste,töpffer,québec,christian blais,histoire,fake news,donald trump,macron,orwell,1984,kamil plejwaltzsky,zoo,voile noir,bashar el assad,dodo,cha,castermanpersonne, suivi de sa ministre de la Culture, ont annoncé qu'ils mettront en place des mesures légales pour lutter contre ces "fake-news". Mais la propagande n'a rien d'une nouveauté: la démagogie explique le recours systématique des partis politiques à la propagande, diffusée par la presse. Tous les titres, y compris ceux réputés les plus sérieux ("Le Monde"), ont publié des "fake news" au cours des dernières décennies. Rarement ces journaux ont fait ne serait-ce qu'amende honorable.

    Georges Orwell ne fait pas pour rien du "Ministère de l'Information" l'un des centres névralgiques du pouvoir totalitaire dans "1984".

    Le coup de génie politique de Donald Trump est d'avoir récupéré la méfiance de l'opinion publique américaine vis-à-vis des médias, dans un pays où le complotisme est devenu une contre-culture vivace, en réaction à la désinformation des médias.

    + Comme la bande-dessinée est une composante de la culture de masse, vecteur important de propagande, elle est directement concernée. Kamil Plejwaltzsky épingle dans le magazine publicitaire gratuit "Zoo" (n°64 - janvier 2018) "Le Voile noir" (Casterman), BD de Dodo et Cha ; il est reproché à cette BD de contribuer à la désinformation sur le récent conflit syrien :

    "Dans la bande-dessinée de Dodo et Cha, la Russie et le gouvernement de Bashar-el-Assad en prennent aussi pour leur grade et sont accusés de bombarder aveuglément les populations civiles, perpétuant ainsi l'idée saugrenue d'une guerre propre. Même si on sait maintenant que les bombes lâchées sur les manifestants syriens au début du conflit provenaient de positions rebelles, la question de s'être fait une opinion trop vite à coup d'idéalisme et de reportages bâclés ne semble pas avoir traversé l'esprit de la scénariste."

    webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,actualité,revue,presse,hebdomadaire,janvier,2018,québec,christian blais,histoire,fake news,alix,shinzo keigo,macroniste,töpffer,kamil plejwaltzsky,zoo,voile noir,bashar el assad,dodo,cha,casterman,donald trump,macron,orwell,1984,pamphlets,louis-ferdinand céline,le point,haïm korsia,buck danny,nippophobe

    + "Je me fais un pieux devoir de n'avoir jamais lu Céline." Décidément ubuesque, la censure des "Pamphlets" de Louis-Ferdinand Céline ; en effet l'hebdomadaire "Le Point" a décidé de publier dans le cadre d'un "rendez-vous littéraire" (sic) les goûts du grand rabbin de France Haïm Korsia. Que penserait-on d'un athée qui se vanterait de n'avoir jamais lu la Bible ? Que c'est un imbécile pétri de préjugés.

    Le grand rabbin avoue son dégoût également de la littérature de Proust (phrases trop longues). Il cite la bande-dessinée, en particulier "Buck Danny", série belge pompée sur la propagande américaine. Cette BD ouvertement raciste (nippophobe) permet de comprendre le mécanisme du racisme ; il n'est dans ce cas qu'un des aspects de la culture nationaliste.

    Mais il y a longtemps que l'on ne fait plus seulement la guerre (d'où découlent les génocides) au nom de la xénophobie, mais aussi au nom de valeurs prétendument humanistes (liberté, fraternité, égalité) ou... de la paix (prétexte inventé par... saint Thomas d'Aquin au moyen-âge).

    webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,actualité,revue,presse,hebdomadaire,janvier,2018,québec,christian blais,histoire,fake news,alix,shinzo keigo,macroniste,töpffer,kamil plejwaltzsky,zoo,voile noir,bashar el assad,dodo,cha,casterman,donald trump,macron,orwell,1984,pamphlets,louis-ferdinand céline,le point,haïm korsia,buck danny,nippophobe

    La série "Buck Danny" mettant en scène la guerre entre les Etats-Unis et le Japon dans l'océan Pacifique sont émaillés d'insultes racistes vis-à-vis des soldats japonais ("face de citron", "face de coing", de "lune", etc.)

    + "France 3" diffuse un long documentaire sur "Charlie-Hebdo", les caricatures de Mahomet et le massacre des dessinateurs : "Charlie-Hebdo, le rire en éclats" (Y. Riou & Ph. Pouchain).

    Haché, mélangeant des témoignages récents et des images d'archives, invitant à s'exprimer des intellectuels sans lien direct avec "Charlie-Hebdo" ni la satire (Marcel Gauchet, Raphaël Enthoven, Jean-Noël Jeanneney...), plutôt qu'un documentaire, il s'agit de faire la démonstration que la France est la patrie de la liberté d'expression.

    Loin de l'esprit critique défendu par les fondateurs de "Charlie-Hebdo", on est ici proche de la mythomanie républicaine. Parmi les rares voix discordantes invitées à témoigner, celle de l'avocat de la mosquée de Paris, Me Szpiner ; il n'a pas de mal à montrer le caractère démagogique du soutien à "Charlie-Hebdo" des principaux chefs de partis politiques, lors du procès intentée par la mosquée; ce soutien constitue l'une des étapes de la récupération de "Charlie-Hebdo".

    Plusieurs intellectuels tentent dans ce documentaire d'établir une filiation entre "Charlie-Hebdo" et la philosophie des Lumières. En réalité le modèle politique de Voltaire était la monarchie constitutionnelle anglaise et les philosophes des Lumières contestaient le monopole du clergé catholique, alors encore puissant, non la religion d'une petite minorité dépourvue d'influence. L'islamophobie de Voltaire est anecdotique.

    Les caricatures violentes dirigées contre la monarchie de Louis XVI, citées dans le documentaire comme les ancêtres des caricatures de "Charlie-Hebdo", n'ont pas grand-chose à voir avec les philosophes des Lumières, satiriques mais réformistes; ces caricatures furent un outil de propagande entre les mains d'un gouvernement républicain... terroriste.

  • Revue de presse BD (253)

    webzine,bd,dessin,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,actualité,revue,presse,hebdomadaire,novembre,2017,caricature,dessin,presse,willem,libération,plantu,edwy plenel,riss,charb,charlie-hebdo,l'obs,daniel schneidermann,topo

    Editorial cartoon par Willem.

    + Willem ("Libération") sait faire ce que Plantu, en plus de quarante années de carrière au "Monde", n'a jamais réussi : résumer un fait ou un phénomène d'actualité et éviter ainsi au lecteur de se farcir un éditorial fastidieux. Willem est un génie de la presse quotidienne échoué dans un pays où la presse quotidienne n'a pas plus d'intérêt qu'un sermon dominical.

    + A propos de la guerre picrocholine entre Edwy Plenel/"Médiapart" et Riss/"Charlie-Hebdo", le journaliste Daniel Schneidermann ("L'Obs") rappelle que la guerre des mots fait vendre du papier (journal). On ne rappellera jamais assez le lien entre la guerre et le commerce dans une civilisation qui a atteint simultanément un degré de mercantilisme et un degré de bellicisme inédits dans l'Histoire.

    + La revue "Topo", qui fait une large part aux dessins et aux dessinateurs, se fait un devoir de décrypter l'actualité pour un public d'adolescents. Sa rédactrice en chef, Charlotte Miquel, invoque les mânes de "Charlie-Hebdo" ; on aurait tort de prêter à "Charlie-Hebdo" une intention didactique. Il n'en a pas, ou très peu. La caricature, dans "Charlie-Hebdo", va du grossier pamphlet dans la tradition républicaine à la satire plus subtile.

    L'originalité de "Charlie-Hebdo" fut d'être un journal qui prenait ses distances avec l'actualité; avant d'être ramené peu à peu par ses derniers rédacteurs en chef (P. Val, Charb et Riss) dans le giron du journalisme, dont l'actualité et l'information constituent la matière première, découpées ensuite à la convenance des patrons de presse.

    + Plusieurs dessinateurs et journalistes de "Charlie-Hebdo" se sont plaint récemment d'avoir reçu des menaces de mort via les réseaux sociaux. Mais les caricatures de Mahomet ont elles aussi fait planer une menace sur de petites communautés d'Occidentaux isolées dans des pays musulmans, désignant ces communautés à la vindicte.

    La menace et le danger sont partout, même s'ils sont moins perceptibles dans les pays occidentaux privilégiés. "Si certaines personnes peuvent dormir en paix dans leurs lits, c'est seulement parce que des brutes se tiennent prêtes à défendre cette tranquillité au prix de la violence.", rappelle G. Orwell.

    webzine,bd,dessin,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,presse,actualité,revue,hebdomadaire,novembre,2017,caricature,willem,libération,plantu,edwy plenel,riss,charb,charlie-hebdo,l'obs,daniel schneidermann,orwell,topo,charlotte miquel,tomi ungerer,yoko-tsuno,roger leloup,hergé,kaboom-bd,loïc sécheresse,anniversaire,chien

    + Les admirateurs de Tomi Ungerer peuvent lui souhaiter son 86e anniversaire en envoyant un dessin à sophie@tomiungerer.com (avant demain vendredi). Ungerer fut la coqueluche des éditeurs américains avant de choquer la bonne société new-yorkaise en la prenant pour cible de dessins satiriques. Le site internet consacré aux dessins d'Ungerer va être entièrement remanié.

    webzine,bd,dessin,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,presse,actualité,revue,hebdomadaire,novembre,2017,caricature,willem,libération,plantu,edwy plenel,riss,charb,charlie-hebdo,l'obs,daniel schneidermann,orwell,topo,charlotte miquel,tomi ungerer,yoko-tsuno,roger leloup,hergé,kaboom-bd,loïc sécheresse,anniversaire,chien

    + Roger Leloup, dans cette interview à Kaboom-BD, donne la recette d'une série à succès mettant en scène une jeune japonaise, "Yoko-Tsuno" : mélange d'intuition, d'implication personnelle, de travail acharné et de volonté d'indépendance.

    Cet ancien employé émancipé du studio Hergé, chargé de dessiner certains éléments de décors particulièrement techniques, raconte aussi les coulisses de la fabrication de Tintin.

    + Certains auteurs de BD, illustrateurs ou caricaturistes vendent des dessins originaux sur leurs sites pour arrondir leurs fins de mois (ou les boucler). Ainsi Loïc Sécheresse vend une série de chiens, peints à l'aquarelle, dignes d'un peintre animalier. Ce dessinateur a visiblement tiré profit de son expérience de caricaturiste politique pour peindre la gent canine.

    webzine,bd,dessin,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,presse,actualité,revue,hebdomadaire,novembre,2017,caricature,willem,libération,plantu,edwy plenel,riss,charb,charlie-hebdo,l'obs,daniel schneidermann,orwell,topo,charlotte miquel,tomi ungerer,yoko-tsuno,roger leloup,hergé,kaboom-bd,loïc sécheresse,anniversaire,chien

     

  • Revue de presse BD (234)

    webzine,bd,gratuit,fanzine,zébra,bande-dessinée,caricature,actualité,revue,presse,hebdomadaire,mai,2017,élections présidentielles,riss,charlie-hebdo,coco,dieudonné,youtube,lb,siné-mensuel,marine le pen,macron,manuel valls,rétronews,francis charmes,abstentionnisme,edith piaf,ted rall,hillary clinton,donald trump,syrie,libye,irak,boîte à bulles,julie sauret,tintin,cyril bosc,négationnisme,communisme,cabu,cavanna,wolinski,mélenchon,orwell,simone weil,hannah arendt,charb,staline,stéphane charbonnier

    + On vit dans une époque d'experts et de spécialistes, mais à propos des élections présidentielles tout le monde est compétent et peut émettre une opinion.

    Sortant de son rôle d'humoriste, Riss a appelé dans un édito les lecteurs de "Charlie-Hebdo" à voter Macron pour faire barrage au Front national. La dessinatrice Coco, elle, a dessiné quelques têtes de cons surmontées du slogan, "Abstention, bande de cons", renversant l'ancien slogan anar "Election, piège à con" (Reiser, Wolinski).

    A contrario, sur son compte Youtube, durant un soliloque plutôt fastidieux, l'humoriste Dieudonné incite à voter pour Marine Le Pen (tout en prédisant sa défaite, ce qui n'est guère mobilisateur). Dans sa revue de presse, Dieudonné cite un dessin de LB paru dans "Siné-Mensuel" (9'30").

    Il est difficile de dire si ce type d'humour militant pèse ou non dans la campagne. Le milieu complotiste proche de Dieudonné fait courir la rumeur qu'il a contribué à l'élimination de Manuel Valls lors de la primaire du PS, mais ce bruit est à peu près invérifiable.

    + Le site "Rétronews", à partir d'archives de presse souligne que la presse républicaine a toujours été hostile à l'abstentionnisme, luttant contre avec des moyens plus ou moins persuasifs : "L'abstention voulue, calculée, réfléchie, est le fait d'esprits chagrins, blasés, désabusés, hargneux, jaloux, parmi lesquels il faut compter aussi quelques esprits originaux et quelques naïfs." plaidait ainsi Francis Charmes en 1876 dans le "Journal des débats politiques et littéraires".

    L'éditorialiste du "XIXe siècle" tente de pénétrer la psychologie de l'abstentionniste ; il parle de "foi" et de "doute", et écrit : "L'abstention, c'est le premier symptôme, la première manifestation du doute." (1907)

    + "Je ne regrette rien" : citant Edith Piaf en français, le dessinateur de presse américain Ted Rall (situé àwebzine,bd,gratuit,fanzine,zébra,bande-dessinée,caricature,actualité,revue,presse,hebdomadaire,mai,2017,élections présidentielles,riss,charlie-hebdo,coco,dieudonné,youtube,lb,siné-mensuel,marine le pen,macron,manuel valls,rétronews,francis charmes,abstentionnisme,edith piaf,ted rall,hillary clinton,donald trump,syrie,libye,irak,boîte à bulles,julie sauret,tintin,cyril bosc,négationnisme,communisme,cabu,cavanna,wolinski,mélenchon,orwell,simone weil,hannah arendt,charb,stéphane chabonnier,val gauche) explique qu'il s'abstiendrait de nouveau de voter pour Hillary Cinton si c'était à refaire ; faisant le bilan des cent premiers jours de Donald Trump à la Maison blanche, il note une certaine paralysie au sommet de l'Etat, compte tenu de la méfiance du parti républicain vis-à-vis de D. Trump, restreignant la marge de manoeuvre de ce dernier. Pour Ted Rall, l'implication d'Hillary Clinton dans la décision d'attaquer et détruire l'Irak, puis la Libye et la Syrie, transformant ces pays en champs de ruines, est impardonnable.

    La crédibilité de Ted Rall en tant qu'éditorialiste indépendant repose sur un reportage BD qu'il fit pendant la guerre en Afghanistan ("Passage afghan", publié en France par La Boîte à Bulles) ; le reportage révèle notamment les méthodes de fabrication de l'info par les grandes chaines de télé américaines et européennes.

    + Sous le titre sévère "Des candidats sans culture", le quotidien publicitaire "20 Minutes" (27 avril) publie le diagnostic d'une "spécialiste des politiques culturelles", Julie Sauret : "Macron est cultivé, mais il possède une culture très classique. Ses références sont un peu vieillottes, il se plante quand il essaie de citer IAM... En revanche, Marine Le Pen n'est pas du tout cultivée et ne s'en cache pas vraiment. Elle ne connaît aucun nom en peinture, sèche quand on lui demande quels livres elle a lu ; sur l'art contemporain, elle fonctionne par clichés." - Gageons que Marine Le Pen a au moins lu quelques "Tintin"...

    + Le site "Caricatures et Caricature" publie un article par Cyril Bosc concernant les relations douteuses entre le parti communiste et un certain nombre de caricaturistes français. L'article est gauchement intitulé : "Comment marier presse satirique et presse communiste" - sans point d'interrogation, ce qui suggère une méthode, et non le questionnement que suscite ce rapprochement entre la satire et l'une des pires idéologies totalitaires, un parti politique réputé pour ses méthodes de censure drastiques.

    En fait l'article attire bien l'attention sur une forme de négationnisme typiquement français, qui consiste à webzine,bd,gratuit,fanzine,zébra,bande-dessinée,caricature,actualité,revue,presse,hebdomadaire,mai,2017,élections présidentielles,riss,charlie-hebdo,coco,dieudonné,youtube,lb,siné-mensuel,marine le pen,macron,manuel valls,rétronews,francis charmes,abstentionnisme,edith piaf,ted rall,hillary clinton,donald trump,syrie,libye,irak,boîte à bulles,julie sauret,tintin,cyril bosc,négationnisme,communisme,cabu,cavanna,wolinski,mélenchon,orwell,simone weil,hannah arendt,charb,stéphane chabonnier,valminimiser le totalitarisme soviétique et ses conséquences monstrueuses. La France est un des rares pays au monde où l'on peut, pratiquement dans la même phrase, vitupérer le fascisme ou le nazisme et se vanter d'avoir eu un père ou un grand-père communiste.

    Il faut saluer l'initiative de l'auteur de cet article, qui s'attaque ici utilement à un tabou car l'usage politique de l'antifascisme est aussi vain que la critique du totalitarisme est utile, qui n'oppose pas le fascisme au communisme ou au capitalisme, mais s'efforce d'en analyser les causes communes (à la manière d'Orwell, S. Weil ou H. Arendt, par exemple).

    L'article ne tient pas toutes ses promesses, mais il comporte quelques éléments de réflexion utiles, et cite des témoignages intéressants, voire amusants. Anticommuniste notoire, Cabu épinglera ainsi en "Une" son copain Wolinski quand il adhérera au PC. L'anticommunisme de Cabu fut visible jusqu'à la fin, qui accentuait nettement le côté "batracien" de Mélenchon, tandis qu'il épargnait plutôt l'ex-président F. Hollande.

    L'origine sociale ouvrière de certains dessinateurs est une explication au fait qu'ils furent proches du PCF, de même que les paysans sont automatiquement catholiques. Cependant l'article cite François Cavanna, qui déserta le Parti après y avoir adhéré par réflexe de classe : "(…) L’Huma est un journal de combat, un journal d’action, pas un journal de réflexion, de critique objective. Il n’est qu’un instrument d’un grand dessein, pas une fin en soi. Il n’est pas là pour critiquer le Parti, ni lui nuire en quoi que ce soit. (…) Appartenir (même si on n’a pas la carte, même à titre de compagnon de route) à un parti structuré comme une Eglise, c’est faire acte de foi. Même si, au départ, on annonce hautement qu’on garde son quant-à-soi." (1977) Dans ce passage, F. Cavanna énonce clairement les raisons pour lesquelles la critique ou la satire est incompatible avec l'idéologie véhiculée par "L'Huma" ; cependant F. Cavanna ne renie pas complètement sa foi, légitimant la violence révolutionnaire et attestant d'une vision romantique de la révolution russe dans un autre article cité.

    Cyril Bosc établit aussi une nuance nécessaire entre le "compagnonnage" avec le PCF du temps de sa puissance, et le compagnonnage tardif avec un PCF en pleine décomposition et une Russie dorénavant "poutinisée". Les odes à Mélenchon ou à Poutou ne représentent pas en effet la même chose, en termes d'engagement, que les odes d'Aragon, Eluard, Picasso ou Sartre à Staline, du temps où le stalinisme n'avait rien à envier au nazisme pour ce qui est des méthodes de répression.

    La fin de l'article, consacrée à Stéphane Charbonnier, alias Charb, est excessivement lyrique et manque de recul ; il est difficile de dissocier Charb, à moins de faire le coup du martyre, de Philippe Val, pour brosser un tableau élogieux de l'un, et un tableau sinistre de l'autre. Entre les deux attitudes, la première qui consiste à tenir l'engagement politique pour un "attrape-couillons", et la seconde qui considère l'absence d'engagement politique comme du cynisme, c'est pour la seconde que Charb opta, plus proche de P. Val que de Choron et Cavanna, qui imprimèrent leur marque à la première mouture de "Charlie-Hebdo".

    + La bibliothèque de Lyon Part-Dieu propose une exposition gratuite dédiée à 77 ans d'édition de bande-dessinée à Lyon et dans la région lyonnaise (16 mai-4 novembre). 

    + Alors que l'expo dédidée à Gaston Lagaffe à la bibliothèque du muséewebzine,bd,gratuit,fanzine,zébra,bande-dessinée,caricature,actualité,revue,presse,hebdomadaire,mai,2017,élections présidentielles,riss,charlie-hebdo,coco,dieudonné,youtube,lb,siné-mensuel,marine le pen,macron,manuel valls,rétronews,francis charmes,abstentionnisme,edith piaf,ted rall,hillary clinton,donald trump,syrie,libye,irak,boîte à bulles,julie sauret,tintin,cyril bosc,négationnisme,communisme,cabu,cavanna,wolinski,mélenchon,orwell,simone weil,hannah arendt,charb,staline,stéphane charbonnier Pompidou vient juste de fermer ses portes, on apprend la mort de Jean De Mesmaeker, alias Jidéhem, collaborateur de Franquin sur cette série rompant avec les codes du genre. Le père de Jidéhem avait inspiré Franquin pour son personnage de M. De Mesmaeker, victime privilégiée des gaffes de Gaston.

    L'histoire ne dit pas si Gaston Lagaffe votait, ni pour qui ; on sait que Gaston est plutôt écolo et pacifiste, et que le vote est obligatoire en Belgique.

  • Revue de presse BD (222)

    + La version colorisée de "Tintin chez les Soviets" caracole actuellement enwebzine,bd,gratuit,fanzine,zébra,bande-dessinée,revue,presse,hebdomadaire,février,2017,actualité,tintin,énigmatique lb,soviets,mur de berlin,anticommuniste,centre pompidou,40 ans,gaston lagaffe,franquin,antimilitarisme,jean baudrillard,présidentielle,filloniste,le figaro,ixène,orwell,canard enchaîné,comité canadien,liberté,concours,timisoara,saddam hussein,hubert beuve-méry tête des ventes de livres. Il est difficile de savoir ce que Hergé en aurait pensé, lui qui redoutait tant de déclencher la polémique. La chute du Mur de Berlin et le recul de l'idéologie stalinienne ou sartrienne (Hergé était particulièrement chahuté en France) ont libéré le propos anticommuniste, qui n'est plus politiquement incorrect comme dans les années 1950 à 80 - le marketing et la nostalgie ont fait le reste.

    + Une autre institution a pris de l'âge, plus française celle-là, c'est le centre Pompidou. Cette usine à transformer la contre-culture en culture dominante agréée par les élites, fête son quarantième anniversaire.

    Gaston Lagaffe et Franquin y sont honorés actuellement à travers une expo. qui souligne l'antimilitarisme de Franquin, alors qu'il n'y a peut-être aucun quartier au monde où patrouillent autant de vigiles, de soldats armés de fusils d'assaut, de flics en tous genre, en uniforme ou en civil ; devant le musée comme à l'intérieur, on est sommé de vider son sac pour un oui ou pour un non.

    Pompidou lui-même était un drôle de bonhomme, célébrant la poésie d'une main, et contribuant au capitalisme de l'autre. Janus, le dieu à double visage, ne présiderait-il pas au destin de la bourgeoisie ?

    A propos du musée Pompidou, qui à l'instar de Tintin n'a pas toujours fait l'unanimité, le philosophe Jean Baudrillard, tentant d'analyser l'époque, écrivait ceci : "Heureusement, tout ce simulacre de valeurs culturelles est anéanti d'avance par l'architecture extérieure. Car celle-ci, avec ses réseaux de tuyaux et son air de bâtiment d'expo. ou de foire universelle, avec sa fragilité (calculée ?), dissuasive de toute mentalité ou monumentalité traditionnelle, proclame ouvertement que notre temps ne sera plus jamais celui de la durée (...). Notre seule culture, au fond, est celle des hydrocarbures, celle du raffinage, du cracking, du cassage de molécules culturelles et de leur recomposition en produits de synthèse." (In : "Simulacres et simulation")

    + Présentée comme un moment fort de la démocratie, la campagne présidentielle est unwebzine,bd,gratuit,fanzine,zébra,bande-dessinée,revue,presse,hebdomadaire,février,2017,actualité,tintin,énigmatique lb,soviets,mur de berlin,anticommuniste,centre pompidou,40 ans,gaston lagaffe,franquin,antimilitarisme,jean baudrillard,présidentielle,filloniste,le figaro,ixène,orwell,canard enchaîné,comité canadien,liberté,concours,timisoara,saddam hussein,hubert beuve-méry mauvais moment à passer pour la satire ; beaucoup de dessinateurs de presse tombent dans le propos partisan, illustrant la remarque de G. Orwell (tirée de l'observation des régimes totalitaires) sur la politisation excessive de tous les sujets. Ainsi le caricaturiste Ixène, employé par la presse filloniste ("Le Figaro"), défend son candidat préféré, en proie aux attaques d'une partie de la presse, "Canard enchaîné" en tête (qui semble découvrir en cette occasion les coulisses du parlement et de la vie politique française).

    Les dessinateurs de presse doivent se montrer plus subtil pour ne pas tomber dans le militantisme.

    + Le Comité canadien pour la liberté de la presse lance un concours de dessins satiriques (doté de 2.000 dollars canadiens) sur le thème "Faux et usage de faux" (dessin à envoyer avant le vendredi 31 mars). Ce comité élucide son thème en pointant du doigt le risque de propagation de rumeurs via internet : "Internet serait-il devenu une menace pour les démocraties ?"

    Cependant le discrédit de la presse internationale, et française en particulier, précède le boom d'Internet. Ce discrédit de la presse dans le public repose sur des faits, notamment la collusion entre les partis politiques et la presse, ou encore les milieux d'affaire et la presse, ayant donné lieu à des ouvrages solidement étayés.

    La propagation de fausses nouvelles, à partir de sources mal vérifiées, n'est pas non plus une innovation d'Internet ; on se souvient de l'affaire des faux charniers de Timisoara (1989), ou plus récemment des fausses armes de destruction massive de Saddam Hussein, impliquant la presse et les journalistes du monde entier. Au cours de la guerre froide, "Le Monde" d'Hubert Beuve-Méry publia comme une information de faux documents fabriqués par les services secrets soviétiques pour faire croire à l'invasion imminente de l'Europe par les forces armées US.

    C'est carrément le slogan de la liberté de la presse, dont se gargarisent l'Occident, qui devrait être soumis à la satire.

  • Revue de presse BD (208)

    webzine,zébra,bd,gratuit,fanzine,bande-dessinée,actualité,revue,presse,hebdomadaire,novembre,2016,musée pompidou,magritte,hergé,françois fillon,coco,renaud,charlie-hebdo,zénith,reportage,bamboo,audie,fluide-glacial,humour,caricature,fiac

    Message peint par Magritte

    + Un autre musée parisien, le musée Pompidou, rend hommage à un autre artiste Belge : Magritte, dont quelques rébus-peints sont imprimés sur la rétine d'à peu près tout le monde (jusqu'au 23 janvier). De l'art de Magritte comme de l'art d'Hergé n'émane aucune sensualité. C'est là un point commun aux deux artistes belges (wallon et bruxellois), et pourquoi ils sont modernes tous les deux - l'art moderne n'est plus tout à fait de l'art (au sens païen du terme). Le parallèle s'arrête là, car beaucoup de choses sont inconscientes chez Hergé, qui pour différentes raisons (son jeune âge, son tempérament introverti...) n'avait pas la maîtrise de son art, mais se focalisait surtout sur le style. L'expo Magritte nous rappelle, au contraire, que le message délivré par Magritte est consciemment dirigé contre la peinture, qui après l'avoir fasciné, avait fini par lui inspirer du dégoût (la peinture de Chirico réveilla un peu le désir de Magritte de peindre). 

    + Reportage confraternel de Coco au concert de Renaud au Zénith fin octobre ("Charlie-Hebdo" 2 novembre). Renaud dit désormais admirer le candidat Fillon, mais les fans du chanteur à textes mettent sans doute ça sur le compte de la tisane qu'il boit avant le début de son concert pour soigner sa voix. Coco rapporte que Renaud, après avoir avoué : "J'ai embrassé un flic", ajoute : "Mais attention : j'ai pas embrassé un militaire." Il est vrai que, si l'esprit bidasse est de droite, l'esprit flic, quant à lui, est le privilège de la gauche.

    + L'éditeur de BD Bamboo, surtout connu pour sa BD satirique "Les Profs" et quelques titres spécialisés dans la caricature de différents sports, vient de racheter la maison Audie, éditrice de "Fluide-Glacial", l'hebdo humoristique fondé par Gotlib. Et la presse de commenter ainsi la nouvelle : "Bamboo va devenir un poids lourd sur tous les rayons humour, que ce soit en librairie ou dans les grandes surfaces."

    + La Foire internationale d'art contemporain s'est ouverte dans un contexte boursier difficile. Comme chaque année, les organisateurs de la FIAC nous promettent : - Le changement, c'est maintenant ! Cela situe l'art au niveau de l'espoir.

    + Frédéric Hojlo dans Actuabd narre la mésaventure posthume de George Orwell, dont le conte "La Ferme les animaux", inspiré par les purges de Staline (bien que le porc-dictateur se nomme "Napoléon"), fut racheté afin d'être adapté en dessin-animé et en bande-dessinée afin de servir d'arme de propagande anticommuniste (lorsque les intérêts des Etats-Unis et de l'URSS commencèrent de diverger). Il n'est pas rare que des ouvrages satiriques soient récupérés par tel ou tel parti politique ; parfois cela se fait avec le consentement de l'auteur, mais Orwell se distingue par son indépendance. F. Hojlo nous rappelle opportunément que Orwell voyait les "comics" américains d'un mauvais oeil, comme une manifestation de la culture de masse totalitaire.

    Les années ont donné raison à Orwell : en effet on a vu l'Union soviétique devenir capitaliste à toute vitesse, signe que l'esprit critique n'était guère développé à l'Est, mais plutôt une forme de nationalisme déguisée en discours pseudo-marxiste. Orwell, issu du peuple, fit notamment un effort pour rendre l'homme du peuple pessimiste, c'est-à-dire plus lucide. Orwell se montre particulièrement vigilant vis-à-vis de la caste des intellectuels, en charge de l'invention des nouvelles chimères modernes.

    webzine,zébra,bd,gratuit,fanzine,bande-dessinée,actualité,revue,presse,hebdomadaire,novembre,2016,françois fillon,coco,renaud,charlie-hebdo,zénith,reportage,bamboo,audie,fluide-glacial,humour,caricature,musée pompidou,magritte,hergé,fiac,frédéric hojlo,actuabd,orwell,ferme des animaux,satirique,comics,norman pett,milton caniff,jane,propagande

    Le dessinateur britannique Norman Pett, chargé d'adapter La Ferme des animaux, était un auteur de comics de propagande nationaliste ("Jane") comme Milton Caniff (comics contenant la ration d'érotisme destinée à émoustiller l'homme de troupe).

  • Revue de presse BD (160)

    webzine,bd,zébra,gratuit,bande-dessinée,fanzine,revue de presse,actualité,octobre,2015,robert crumb,underground,interview,the observer,haight ashbury,san francisco,gonzesse,timothy leary,hippie,suicide,festival,angoulême

    + Robert Crumb, le pape de la BD underground américaine est toujours en verve, comme l'atteste une interview donnée récemment à "The Observer" (14 oct-anglais), intitulée "Robert Crumb vous déteste" ;. Il y est beaucoup question de ses fantasmes sexuels et de ses rapports compliqués avec les femmes, mais pas que. Extraits :

    - (...) Un jour en janvier 1967, je me suis tiré à San-Francisco sans le dire à ma femme, laissant tomber mon boulot dans le commerce des cartes de voeux. La culture hippie de Haight-Ashbury [quartier de SF] où tout à commencé pour moi, c'était plein de types ne foutant rien de la journée et attendant que les femmes leur ramènent de la nourriture. La "gonzesse" devait leur procurer un foyer, leur cuisiner des petits plats, et même payer le loyer. C'était pas mal décalqué des moeurs patriarcales de nos ancêtres, sauf que nos ancêtres chassaient, eux, la plupart du temps. "L'amour libre" voulait dire le sexe et la nourriture gratuits pour les mecs. C'est sûr, les femmes aimaient ça aussi, elles faisaient beaucoup l'amour, mais ensuite elles se mettaient au service des hommes. Et même dans les groupes militants de gauche, les femmes étaient toujours reléguées au secrétariat ou aux petits boulots. On était tous sous LSD, donc ça a pris quelques années avant que la fumée ne se dissipe et que les femmes se rendent compte qu'elles avaient passé un contrat de dupes avec leur branleur de mâle hippie. Les types qui dans ces années-là surent se mettre en avant étaient tous des escrocs, des gourous qui disaient "peace and love" du bout des lèvres et ne pensaient qu'à baiser toutes leurs disciples en adoration. Timothy Leary était comme ça. Un charlatan fini. (...)"

    - Avez-vous déjà pensé au suicide ?

    - Oui. La dernière fois que j'en étais proche, c'était en 1986. J'étais au sommet de ma célébrité. La BBC est venue à la maison faire un reportage sur moi et on m'a rendu hommage à ce festival, en France, le festival international de BD d'Angoulême. Tout ça a contribué à ma célébrité. J'avais besoin d'argent, donc j'ai accepté l'offre de la BBC. Ils ont investi ma maison avec leurs caméras, leurs projecteurs et toute leur merde - c'était atroce. Ensuite je me suis rendu à ce gros festival en France, dont j'étais la vedette. Ils ont fabriqué une tête géante à mon effigie, que les badauds pouvaient traverser. Toutes mes BD étaient affichées dans cette tête géante. Une vraie torture. Il y a avait des journalistes, des photographes partout. J'étais dégoûté par cette vie. (...)

    - Le suicide de Charles [frère aîné de Robert] vous a-t-il bouleversé ?

    - Non, ça m'a soulagé. C'était un personnage sombre et tragique. La dernière fois que je l'ai vu, il m'a dit : - Si je n'arrive pas à m'en sortir, je me tuerai. C'était aussi un écrivain fascinant et intéressant. Un grand auteur de BD quand il était jeune, mais il a cessé ensuite de s'intéresser à la BD. Il était très fier de mon succès car j'étais un peu comme son élève.

    - Il y a plein de gens en Amérique qui vivent dans leur lit comme Charles [frère aîné de Robert] ; c'est un truc américain. Il y a plein de gens comme ça, des hommes et des femmes. Il était gay, n'est-ce pas ?

    - Il n'a jamais eu de relation sexuelle. Il aimait les hommes jeunes. C'est en effet un truc américain - cet isolement extrême, cette aliénation, cette solitude. (...)"

    - Mon travail a eu un vaste audience parce que j'ai usé d'une manière très traditionnelle de dessiner pour dire quelque chose d'assez personnel et délirant. (...) Donc j'étais parfaitement conscient d'essayer de toucher un lectorat avec mon travail, de ce qu'il fallait faire et ne pas faire pour que ce soit lisible, pour que ça reste distrayant.

    - C'est très commercial comme procédé pour un auteur de BD underground...

    - Mais il ne s'agissait pas de commerce. C'était une question de communication. J'utilisais mes compétences en BD traditionnelle pour faire part de mes expériences personnelles. La BD était un genre que j'avais adoré toute ma vie. Et c'était la seule manière que je connaissais d'entrer en contact avec l'espèce humaine.

    + La dernière "Université de la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme" qui s'est tenue début octobre proposait des interventions d'humoristes : Jul, Ranson, Halévêque, etc., sur le thème : "Faites l'humour, pas la haine". François Forcadell fait remarquer sur son blog que c'est plutôt gonflé de la part de la Licra et Me Jakubovicz, car ils sont à l'origine de l'éclatement de "Charlie-Hebdo" en deux clans rivaux, la Ligue ayant intenté un procès à Siné pour antisémitisme, qui divisa durablement le petit milieu des humoristes et dessinateurs de presse.

    Plus généralement, il faut dire que c'est la politisation croissante de la presse qui a accru les divisions entre artistes. De plus, l'intérêt pour la caricature d'institutions en charge de défendre la morale publique : Licra ou autre ligue de vertu, Education nationale, tel haut fonctionnaire affecté à la Commission européenne, etc., a un côté "orwellien" ; afin de préciser l'adjectif, citons donc Orwell : "Les intellectuels sont portés au totalitarisme bien plus que les gens ordinaires."

    + Rançon du succès, les auteurs de BD sont à leur tour victimes d'escrocs et de faussaires, après les artistes modernes du XIXe et XXe siècles. Sur son blog, l'auteur de BD Li-An ("Boule de Suif") a même créé une petite galerie pour éviter aux collectionneurs de Moebius de se faire arnaquer. On peut voir que les faux exposés sont assez grossiers.

    Plus inspiré ou plus vicieux (au choix), l'artiste britannique Damien Hirst, avait investi sciemment une partie de sa fortune dans de faux Picasso vendus sur e-Bay, afin de doper leur cote pour perturber les collectionneurs et illustrer ainsi le caractère aléatoire du fétichisme (si j'ai bien compris le propos de D. Hirst).

    webzine,bd,zébra,gratuit,bande-dessinée,fanzine,revue de presse,actualité,octobre,2015,robert crumb,underground,interview,the observer,haight ashbury,san francisco,gonzesse,timothy leary,hippie,suicide,festival,angoulême,françois forcadell,licra,humour,antisémitisme,siné,orwell,faussaire,moebius,li-an,galerie,damien hirst,picasso

    Dessin vendu comme une oeuvre originale de Moebius sur le site de vente aux enchères E-Bay.com