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hara-kiri

  • Revue de presse BD (380)

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    + Aux éditions "Ici-même" (août 2019), Elisa Menini propose quelques contes du folklore japonais, superbement illustrés, dont le raffinement tranche avec la production en série de mangas.

    La mort, sous les traits d'une sorcière ou encore de la neige, joue un rôle important dans les contes japonais comme dans toutes les cultures paysannes animistes. On ne peut s'empêcher en feuilletant ces belles pages, soigneusement imprimées, à la vitesse à laquelle le Japon s'est modernisé sous l'influence occidentale, comme s'il n'attendait que ça.

    Les démons auxquels le Japon se soumet désormais sont surtout technologiques. La mort n'a plus les traits d'une sorcière mais plutôt d'une centrale nucléaire ou d'une moto de course vrombissante.

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    La série "Le Goulag" et le personnage d'Eugène Krampon créés par Dimitri pour "Charlie-Mensuel" (1975).

    + Le ministère de la Défense a dévoilé la liste des BD nominées aux "Galons de la BD", prix qui sera décerné au printemps dans le cadre de "L'Année de la bande dessinée" 2020-21 à des BD traitant de sujets militaires. Trente-sept maisons d'édition ont postulé.

    La culture a toujours une dimension guerrière ; les événements politiques récents ont montré que la démocratie n'est pas moins guerrière que d'autres cultures et que ce ne sont pas les prétextes "humanistes" qui manquent pour faire la guerre.

    Le cinéma idéalise systématiquement la guerre : les combats ressemblent à des opéras de Wagner, les combattants ont presque toujours des motifs nobles et une jolie fiancée qui les attend. Hollywood est passé maître dans l'exaltation de la guerre et la production de films de propagande assez subtils. On sait d'ailleurs le rôle ou l'usage des actrices de cinéma pour redonner le moral aux troupes.

    Moins industrielle que le cinéma, la bande dessinée qui sert souvent aussi la propagande de tel ou tel régime, est parfois antimilitariste. On peut citer Jacques Tardi, qui critique le nationalisme de son père dans "Stalag IIB". Certaines BD de Hugo Pratt sont aussi antimilitaristes, qui n'hésitent pas à passer au crible l'héroïsme des soldats et à faire ressortir des motifs moins nobles.

    Mais le cas de bédéaste-soldat le plus frappant est sans doute Guy Sajer ; de père français et de mère allemande, Sajer s'engagea à 17 ans dans la Wehrmacht, fit toute la campagne de Russie jusqu'à la défaite allemande, y survécut avant de revenir vivre incognito chez ses parents en Alsace (cf. "Le Soldat oublié").

    Par la suite Guy Sajer entama une (longue) carrière d'auteur de BD, sous le pseudonyme de Dimitri ou Mouminoux, travaillant à la fois pour "Hara-Kiri" , "Charlie-Mensuel", "Pilote" et "Spirou", dessinant à la fois pour les adultes et pour les enfants. La guerre est surtout présente dans les BD de Dimitri-Mouminoux à travers la famine, puisqu'au terme de leur guerre fanatique, dans le froid glacial, les soldats allemands ne parvenaient  plus à se nourrir décemment.

    + Retiré de la vie politique depuis l'attentat auquel il échappa, le caricaturiste Luz n'a pas cessé de dessiner et de publier des BD. Dernièrement il illustre "Vernon Subutex" (Albin Michel) de la romancière Virginie Despentes, récit de la descente aux enfers d'un disquaire parisien privé d'emploi.

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    Luz et V. Despentes en repérage pour le besoin de l'adaptation de "Vernon Subutex".

    Voici ce qu'en dit le critique de "Télérama" (Stéphane Jarno) : "(...) L'ancien pilier de "Charlie-Hebdo" n'a rien perdu de son mordant coutumier et son dessin tire naturellement vers la caricature et le grotesque. Avec la tentation de donner parfois de donner le coup de pouce à la balance, d'en faire trop, de surligner un texte dense, très présent et déjà explicite. (...) S'il y a des planches éblouissantes, tant dans la construction que l'expressivité, on a souvent l'impression d'assister à une compétition, une empoignade entre les mots et les dessins, comme si, au lieu de faire des quarts, de se répartir les rôles, les auteurs s'étaient disputés la barre."

    On connaît la réponse des caricaturistes quand on leur reproche de surligner et "d'en faire trop" ; dans ce cas-là ils répliquent que ce n'est pas la caricature mais l'époque qui a dépassé toutes les bornes de la décence.

  • Revue de presse BD (375)

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    Après avoir dessiné cette caricature prêtant à B. Netanyahou les traits d'un porc pour fustiger sa politique xénophobe, le caricaturiste Avi Katz a été limogé du "Jerusalem Post" qui l'employait (2018).

    + Au cours de la campagne de Donald Trump et Joe Biden, les militants des deux camps ont souvent fait référence à Georges Orwell, s'accusant mutuellement de "totalitarisme".

    Mais, à l'appui des "faits alternatifs" ou du mensonge totalitaire, Orwell dénonce sans ambiguïté la propagande des partis politiques toujours plus envahissante, l'art engagé et la presse.

    L'essayiste anglais a précisé sa pensée à propos de la mort ou l'étiolement de la littérature dans le contexte totalitaire :

    "Dans les milieux "cultivés", la doctrine de l'art pour l'art se ramenait en fait à une abolition glorifiée de la signification. La littérature était censée s'occuper uniquement de jongleries verbales. Juger un livre sur son sujet était un péché irrémissible, et le seul fait de s'apercevoir qu'il y avait un sujet une faute de goût.

    Vers 1928, l'un des trois dessins humoristiques véritablement drôles parus dans le "Punch" depuis la Grande Guerre montrait un jeune freluquet faisant part à sa tante de son intention d'"écrire" : "Et qu'as-tu l'intention d'écrire ? demande la tante. - Ma chère tante, répond le jeune homme d'un ton d'infini mépris, on n'écrit pas sur quelque chose, on écrit, c'est tout." ("Dans le ventre de la baleine", 1941)

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    Une de "Charlie-Hebdo" avant que cet hebdo ne devienne un supplément illustré au quotidien bobo "Libération".

    + Déconstruisons la légende dorée "laïque et républicaine" autour des caricatures et la liberté d'expression, à partir de l'enseignement dispensé par "France-info" (Th. Snégaroff) :

    - Dire la caricature "laïque & républicaine", selon le catéchisme de l'Education nationale, c'est oublier que les cibles privilégiées de "Hara-Kiri"-"Charlie-Hebdo" : l'armée, la police, les profs, les médias... sont des institutions-piliers de la République. Le contenu de la religion n'est pas tant la cible de la caricature française que le clergé, au sens large incluant le personnel judiciaire.

    La caricature est une "tradition française & républicaine"... à ce détail près que les premiers républicains répondent et imitent la presse anglaise monarchiste qui souligne les méthodes terroristes de la première République française.

    A rebours de "France-Info", on pourrait démontrer que l'antisémitisme, en l'occurrence l'antidreyfusisme, est typiquement républicain. Satirique, Paul Valéry écrivait que : "Si Dreyfus n'avait pas été Juif, il aurait été le plus antidreyfusard.", soulignant ainsi l'attachement de Dreyfus aux valeurs républicaines martiales, patriotiques et xénophobes.

    Rappelons au passage que la "Une" de "Hara-Kiri", selon le témoignage de ses auteurs, ne visait pas de Gaulle mais la presse française, particulièrement servile.

    - Liberté de la presse française ? Mieux vaut entendre ça que d'être sourd !

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    + Encore une expo. ajournée pour cause de paranoïa nationale (aux Archives nationales à Paris), sobrement intitulée : "La Police des Lumières". Le rapport entre la philosophie des Lumières et la police n'est pas très clair...

    On apprend dans cette présentation que l'idée du policier "gardien de la paix" ne date pas du XXe siècle totalitaire mais du XVIIe siècle.

  • Revue de presse BD (331)

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    + Le quotidien "Ouest-France", "premier quotidien de France", s'est payé Tintin en "Une" pour ses soixante-quinze ans (ce jeudi), bien que le sympathique reporter soit né beaucoup plus à l'Est.

    Tintin incarne donc les valeurs "démocrates-chrétiennes" : il est en effet lisse comme un suppositoire ; d'autant plus lisse que le colonialisme ou l'antiaméricanisme de "Tintin" sont présentés comme les péchés de jeunesse d'un Hergé sous (mauvaise) influence.

    A l'occasion de ce jubilé, les dirigeants d'"Ouest-France" tiennent à rappeler le rôle de promotion de la démocratie joué par "Ouest-France". Depuis la saga des Gilets jaunes entamée il y a un an, on sait qu'un bon citoyen est un citoyen qui lit "Tintin & Milou" sans se poser de questions de 7 et 77 ans.

    + A Plérin (Côtes-d'Armor), Jacky Houdré expose sa collection de journaux satiriques (jusqu'au 2 novembre) ; cette petite expo. a le mérite de souligner le déclin de la presse satirique au cours du XXe siècle, où "Charlie-Hebdo" et ses "satellites" font figure de survivants. En comparaison, la presse du XIXe siècle était abondante et variée.

    A côté des fameux "Charivari""La Caricature", "La Lune", on peut admirer les Unes colorées de nombreux journaux oubliés, "Le Géant" (format XXL), "Le Canard Sauvage", "L'Eclipse", "Le Hanneton"...

    On aboutit ainsi au paradoxe suivant : la presse satirique décline à mesure que la liberté d'expression progresse sur le plan législatif.

    On peut observer que la figure de Marianne apparaît comme l'incarnation de la République, éternellement vierge malgré les turpitudes des parlementaires raillés par les caricaturistes, suivant un procédé analogue à celui mis en oeuvre par l'Eglise catholique.

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    + "Comment raconter l'Histoire en BD ?" s'interroge le dernier n° des "Cahiers de la BD". Comment la bande dessinée pourrait-elle échapper à la récupération de l'Histoire par les partis politiques, principale cause de propagande voire de "fake news" ?

    "Les Cahiers de la BD" en appellent à une histoire plus critique, émancipée du roman ou du récit national ; mais ils ignorent une autre source de propagande, pourtant plus importante que la cause nationaliste : la fiction d'une Europe industrielle et bancaire pacifique, ayant rompu avec les démons du nationalisme allemand, français ou italien.

    L'Europe n'est pas un projet de démantèlement de l'industrie militaire, mais un projet de renforcement de cette industrie.

    Par ailleurs ce trimestriel consacre un dossier aux photographies de "Hara-Kiri", qui véhiculaient la pitrerie subversive du Pr Choron.

  • L'Enragé de Siné****

    N'étant pas né en 1968, je porte sur ce mouvement de contestation un regard détaché... ou presque ; en effet,webzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,critique,kritik,enragé,siné,caricature,cardon,cgt,pcf,police,hoebeke,hara-kiri un certain nombre d'acteurs de "Mai 68" ont joué un rôle politique ou médiatique de premier plan au cours des dernières décennies. Le parti socialiste (de François Mitterrand) est en grande partie le produit de "Mai 68".

    Les éditions Hoëbeke ont eu la bonne idée de publier et de vendre à un prix raisonnable le fac-similé des douze numéros que compta "L'Enragé", fanzine soixante-huitard dirigé par Siné et une petite équipe de caricaturistes contre le pouvoir gaulliste.

    On aborde "Mai 68" en feuilletant "L'Enragé", sous un angle différent de la politique politicienne auquel on est habitué ; un angle beaucoup plus frais ou jeune, car les affiches et les slogans électoraux jaunissent vite et se ramassent à la pelle.

    La politique, Siné et son équipe de dessinateurs la rêvent ; de façon significative, l'idéal est cubain, c'est-à-dire vague et exotique. "L'Enragé" vomit non seulement le gaulllisme, mais aussi le communisme et le syndicalisme d'apothicaires tels qu'ils se pratiquent en France depuis la Libération.

    Siné, Cabu, Willem et quelques autres sont certes plus doués pour démolir et pourfendre -la police, l'armée, de Gaulle- que pour proposer quelque chose de concret à la place. "L'Enragé" est un concentré de jouissance virile, beaucoup moins cynique que "Hara-Kiri" n'était.

    "L'Enragé" était sans doute condamné dès le début à mourir, comme les taulards qui, une fois évadés, préfèrent crever pour ne pas retourner en prison. Le titre du fanzine le laisse présager, tout comme les appels du chef Siné à écouler 35.000 exemplaires (!) pour pouvoir survivre à la censure larvée du diffuseur unique de la presse française (que le Pr Choron aura été le seul à vaincre dans la 2nde moitié du XXe siècle en créant de toutes pièces un réseau parallèle).

    Notons encore la prise de bec entre le dessinateur Cardon et Siné. Le premier refuse d'être associé aux flèches de "L'Enragé" contre la CGT et le PCF. Le second n'en a cure et enfonce le clou. Anecdote pas si anecdotique, car elle révèle combien les soixante-huitards sincères étaient isolés, cernés non seulement par la police mais aussi par les calculs politiciens. "L'Enragé" appelait à la révolte dans un contexte où elle était devenue impossible en France, et la lutte des classes déjà réduite à une parodie de lutte des classes.

    On pourrait discuter ici les mérites comparés du pamphlet ("L'Enragé") et de la satire ("Hara-Kiri"). Une chose est sûre, de ce point de vue : les élites modernes redoutent beaucoup plus la satire qu'elles ne craignent la violence. Un bon caricaturiste est -en 2018- un caricaturiste mort et empaillé, transformé en martyr de la "liberté d'expression", dont on enseigne le culte à l'école.

    "L'Enragé" - fac-similé des 12 numéros, éd. Hoëbecke, 2018.

  • Revue de presse BD (270)

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    + Jeudi dernier (22 mars) le trophée "Presse-citron" 2018 du dessin de presse a été remis à une dessinatrice, Louisa Cao, au cours d'une soirée organisée à la BNF par les étudiants de l'école Estienne. Il s'agit d'un trophée original puisque décerné à un dessinateur débutant par un jury de dessinateurs expérimentés.

    On remarque que le lauréat (ci-dessus), qui fait référence au récent décès du mathématicien britannique Stephen Hawking, est entièrement dépourvu d'intention satirique ; dommage, car c'est justement le dessin satirique qui est censuré par les rédacteurs en chef et les patrons de presse, qui publient de moins en moins de dessins ou des dessins de plus en plus insipides.

    Dernièrement les caricatures se sont multipliées dans la presse française contre les industriels de l'armement nord-américains ; la presse française ne fait pas preuve de la même liberté d'expression vis-à-vis de l'industrie automobile française et ses milliers de victimes "collatérales" (l'industrie auto contribue largement à financer la presse française).

    + En mettant à la disposition du public des collections de journaux anciens, lewebzine,bd,fanzine,zébra,gratuit,bande-dessinée,actualité,revue,presse,hebdomadaire,mars,2018,caricature,louisa cao,presse-citron,école estienne,bnf,stephen hawking,gallica,jules depaquit,rire,hara-kiri,cabu site "Gallica" (qui fête ses 20 ans) permet de mesurer la place encore modeste occupée par les encarts publicitaires à la fin du XXe siècle.

    Le style et l'humour des dessins a quelque peu évolué depuis "Le Rire" (fondé en 1894), notamment sous l'influence de "Hara-Kiri" et Reiser (le style de Cabu est moins original) ; cependant on peut voir des dessins précurseurs de la manière actuelle, comme cette chronique illustrée du caricaturiste montmartrois Jules Depaquit (1869-1924).

    + La rédaction de "Charlie-Hebdo" n'aime pas se faire taxer d'islamophobie : cependant l'hebdomadaire fait sa "Une" pour la troisième fois (par Juin et Riss) en quelques semaines sur le prédicateur musulman Tariq Ramadan, accusé de viol par une ou deux ex-coreligionnaires, au point qu'on peut parler d'acharnement.

    On fera forcément le reproche à "Charlie-Hebdo" de ne pas s'étaler autant sur des affaires de moeurs impliquant des institutions républicaines telles que l'armée, la police ou l'Education nationale.

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    + On connaissait déjà l'expression "payer en monnaie de singe" (d'autant pluswebzine,bd,fanzine,zébra,gratuit,bande-dessinée,actualité,revue,presse,hebdomadaire,mars,2018,caricature,louisa cao,presse-citron,école estienne,bnf,stephen hawking,gallica,jules depaquit,rire,hara-kiri,cabu,riss,juin,tariq ramadan,islamophobie,monnaie,paris,mickey,effigie,claude giffin utile que la confiance n'est plus de mise dans les banques et les banquiers). On pourra désormais payer en "monnaie de souris", puisque la monnaie de Paris vient d'émettre deux millions d'euros en pièces à l'effigie de Mickey Mouse.

    Ce privilège accordé à Mickey est, paraît-il, rarissime. Claude Giffin (Monnaie de Paris) le justifie ainsi: - Parce que c’est un personnage iconique, transgénérationnel, qui symbolise des valeurs d’amitié, d’enthousiasme, d’énergie.

    "Transgénérationnel" est peut-être exagéré... Un petit rat de l'Opéra fera bien de se méfier si un vieux producteur de cinéma lui demande de lui montrer son "petit mickey".

    + Deux cambrioleurs spécialisés dans le vol de BD ont été interpellés dans la région lyonnaise; jusqu'ici rien que de très banal... Leur butin en revanche est extraordinaire, puisqu'on a retrouvé dans la cache des deux criminels près de 4.000 albums ! Le moins qu'on puisse dire c'est que le vol de BD est un art séquentiel !

    + François Ayroles ("L'Amour sans peine") publie chez Dupuis "Les Moments clefs du Journal de Spirou (1937-1985)", succession de vignettes retraçant l'histoire de cette entreprise de divertissement belge et faisant le portrait de ses principaux acteurs (Charles Dupuis, Joseph Gillain, Franquin, Morris, Y. Delporte, etc.).

    Hélas le béotien risque de ne pas y trouver son compte et de s'ennuyer à la lecture de cet album, mi-humoristique, mi-documenté ; ceux qui connaissent mieux l'histoire de "Spirou" resteront au contraire sur leur faim et trouveront peut-être comme moi l'humour de F. Ayroles assez éloigné de celui du "Journal de Spirou" (plus humoristique que son concurrent "Tintin").

    On conseille plutôt la lecture des BD d'Yves Chaland (en particulier "Le Jeune Albert"), ouvrages parodiques qui font ressortir l'esprit de la BD franco-belge, mélange baroque de scoutisme, de patriotisme, de désir d'évasion hors du carcan de l'enfance...

    A propos de la fabrication de l'hebdo, le témoignage du repreneur de la série "Spirou", Jean-Claude Fournier (accouché par Nicoby et Joub), est assez éclairant sur les méthodes de l'entrepreneur belge ("Dans l'Atelier de Fournier", 2013).

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  • Revue de presse BD (249)

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    + BD-Zoom signale la publication d'un album d'Harvey Kurtzman (1924-1993) (aux éds Wombat), cofondateur de la revue satirique américaine "Mad", qui exerça une certaine influence sur les humoristes français ("Fluide-Glacial", "Pilote"...).

    L'auteur de l'article mentionne au passage le lancement par Kurtzman d'un (éphémère) magazine baptisé... "Trump", et financé par le patron de presse pornographique Hugh Hefner ("Play-Boy").

    Commentant l'article de Franck Guigue, un lecteur de BD-Zoom fait remarquer la difficulté de traduire l'humour d'Harvey Kurtzman en français.

    + Une récente dépêche AFP mentionnant la hausse des profits des éditeurs de BD au cours de la décennie écoulée a déclenché le mécontentement d'une partie des auteurs, dont le nombre s'est multiplié et les revenus sont, en moyenne, très bas (inférieurs au smic dans plus de 50% des cas).

    L'industrialisation de la production est en cause ici ; elle ne date pas d'aujourd'hui et l'on peut s'étonner que ses conséquences suscitent la désapprobation d'une corporation restée globalement muette et passive devant ses causes. Toute la question est de savoir si la production et le marketing finiront par nuire aux éditeurs eux-mêmes.

    Quant aux éditeurs et aux auteurs les plus indépendants, ils auraient peut-être plus à gagner qu'à perdre dans la faillite de cette petite industrie du divertissement (faillite ou absorption par l'industrie du divertissement).

    On discerne ici également l'arnaque de la reconnaissance par les pouvoirs publics de la BD comme "un art à part entière" (à coup de médailles et de discours creux). Cet argument essentiellement commercial a l'inconvénient d'unifier artificiellement des pratiques parfois aux antipodes. Cette opération de "gentrification" de la BD rappelle l'histoire plus ancienne du droit de la propriété intellectuelle, systématiquement présenté comme une avancée et un progrès pour les auteurs, mais dans lequel les moins naïfs d'entre eux ont souligné un gain pour les éditeurs, principalement.

    + Guillaume Doisy ("Caricatures & Caricature") aborde le problème de lawebzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,caricature,actualité,revue,presse,hebdomadaire,octobre,2017,guillaume doisy,drumont,antisémitisme,nazisme,antidreyfusard,communisme,dreyfus,judas,harvey kurtzman,mad,hara-kiri,bd-zoom,wombat,trump caricature et de l'antisémitisme dans un long article truffé de références portant sur la presse illustrée de la fin du XIXe siècle. L'auteur pose la question de savoir si la caricature fut une figure majeure du discours antisémite ? Son étude est focalisée sur la gazette "La Libre Parole illustrée" du pamphlétaire antisémite Edouard Drumont.

    Comme la caricature a servi au cours des derniers siècles à la promotion des idéologies occidentales les plus sinistres et meurtrières (nationalisme, communisme, nazisme, etc.), la question posée par G. Doisy revient à se demander s'il y a un lien spécial entre l'antisémitisme et la caricature. G. Doisy conclut que "S’il ne faut pas minorer l’extrême violence de certaines caricatures diffusées par "La Libre parole illustrée", il faut souligner néanmoins leur rareté."

    Précis et bien documenté, l'article entretient néanmoins le préjugé qu'il y a, entre le discours antisémite et le massacre des Juifs au cours de la seconde guerre mondiale, un lien de cause à effet. L'étude historique approfondie de cette période consiste en effet à élucider la ou les causes véritables du conflit ayant entraîné les massacres, par-delà le(s) prétexte(s) invoqué(s) par les élites politiques pour mobiliser les masses.

    En se limitant au prétexte, on déduirait que la haine du riche, sur quoi repose largement la démagogie communiste, est la principale cause des massacres perpétrés par le régime soviétique (on passerait ainsi complètement à côté du mobile nationaliste très puissant, sous-jacent au communisme d'Etat...).

    Une autre source de confusion consiste à présenter l'antisémitisme comme une sorte de "golem" puissant et unifié, alors même que l'antisémitisme se présente plutôt comme une nébuleuse idéologique, dont certaines tendances se combattent parfois entre elles. On mesure par exemple l'écart entre l'antisémitisme contemporain de l'affaire Dreyfus et l'antisémitisme plus tardif du régime nazi au fait que, du point de vue antidreyfusard, "Juif" et "Allemand" sont quasiment synonymes.

    Il est assez évident que l'émergence récente du nationalisme juif a nettement modifié la perspective de l'antisémitisme, mais aussi de ses détracteurs, qui ont tendance à minimiser dangereusement l'importance du mobile nationaliste sous-jacent, auquel l'antisémitisme fournit un argument démagogique supplémentaire, populiste ou moderniste (dans le cas de l'antisémitisme nazi, appuyé sur un darwinisme racial pseudo-scientifique).

    En affirmant que "(...) la caricature politique en cette fin de XIXe siècle fait généralement preuve d’une violence extrême, intégrée dans les mentalités collectives", G. Doisy ne fait que répéter le poncif qui assimile l'outrance de la caricature à la violence, poncif véhiculé afin de stigmatiser un genre populaire et incriminer a posteriori le "populisme". Si l'on songe aux manifestations à la fois les plus extrêmes et les plus modernes de la violence, on constate qu'elles sont souvent conçues et élaborées dans des ambiances feutrées, avec beaucoup de précautions de langage. Le "politiquement correct", en traquant la violence des mots, n'a pas effectivement aboli la violence.

    (Ci-dessus : portrait d'E. Drumont en "Une" de "La Libre Parole illustrée" en guise d'autopromotion - l'hebdo se vante ici d'avoir épinglé le traître Dreyfus huit ans à l'avance.)

  • Revue de presse BD (232)

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    + En 1973, les élections inspiraient à Albert Dubout (1903-1976) le dessin ci-dessus paru dans "Satirix" (1973) ; il souligne ironiquement le paradoxe suivant : rituel républicain censé exalter les valeurs de ce régime, l'élection à la présidence de la République fait surtout apparaître les luttes intestines et la division qui règne entre Français, superficielle (l'argent est le dieu commun), en même temps qu'elle est susceptible de déboucher sur une fracture plus nette.

    + Dans les années 70 déjà, du temps de l'âge d'or de "Charlie-Hebdo", le dessinateur G. Wolinski exprimait son dégoût des partis politiques (5') et se disait seulement "gauchiste"... avant de se raviser et s'interroger si "gauchiste" a encore un sens ? L'exercice du pouvoir usa très vite l'utopie gauchiste ; à rebours de la propagande gauchiste, les humoristes de "Charlie-Hebdo" les plus sérieux ont d'ailleurs toujours exprimé le sentiment de défaite de "Mai 68" face aux valeurs bourgeoises dominantes. S'il y a bien un ingrédient indispensable au populisme, c'est l'optimisme.

    L'illusion entretenue par la droite pour sa part est celle de l'économie, souvent qualifiée de "science" pour dissimuler ce caractère illusoire, alors qu'un minimum d'honnêteté intellectuelle devrait conduire à requalifier l'économie de "science-fiction" et les économistes de romanciers.

    + "(...) On a été un peu pris de court par Trump, évidemment, mais il y a une ou deux pages où il est évoqué bien que ça ne rentre pas tout à fait dans le sujet: il faudrait faire une BD sur le populisme, on y mettrait Trump et Mélenchon." Ainsi se conclut l'entretien accordé par le dessinateur Terreur Graphique à "Bfm-TV", à propos de "La Communication politique", ouvrage en collaboration avec l'historien Christian Delporte.

    Contrairement à ce que suggère ce dessinateur (à "Libération", où il dessine un strip inspiré par Claire Bretécher), le populisme et la communication politique sont étroitement liés. Quel dictateur populiste n'est pas d'abord un communicant de génie ? Inventeur du suffrage universel pour mieux contourner les partis adverses, Louis-Napoléon Bonaparte persuada le monde paysan, à force d'inaugurer des églises, qu'il était le meilleur représentant de leurs idéaux et revendications (pour mieux mener la politique des milieux industriels et bancaires parisiens ensuite).

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    Tout au plus, les Etats-Unis n'ont fait que perfectionner un procédé où les caricaturistes et les dessinateurs ont d'ailleurs, hélas, eu leur part. Comme ils contribuent à la "communication scientifique", sujet qui mériterait un livre à part, car sous prétexte de vulgarisation scientifique, on a en réalité très souvent affaire à des livres ou des bandes-dessinées qui font l'apologie du concept frauduleux de "progrès technique".

    + La revue "Satirix" évoquée plus haut parut entre 1971 et 1976 et fut saisie et coulée par le ministère dewebzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,revue,presse,hebdomadaire,avril,2017,actualité,élections,présidentielles,albert dubout,satirix,charlie-hebdo,wolinski,trump,mélenchon,terreur graphique,bfm-tv,libération,communication,christian delporte,louis-napoléon bonaparte l'Intérieur en 1973 ; elle reparaît à l'initiative de Lucien Grand-Jouan, et son numéro d'avril 2017 rend hommage à Marc-Edouard Nabe, qui très jeune plaça quelques dessins dans "Hara-Kiri", avant de soutenir le Pr Choron bien plus tard dans son conflit contre Philippe Val et la nouvelle équipe de "Charlie-Hebdo".

    M.-E. Nabe ne résiste à aucune provocation, surtout pas à celle de provoquer ceux qui font profession d'être des provocateurs, comme on peut voir dans cette vidéo où l'insolent Nabe n'hésite pas à chahuter le "grand" dessinateur Willem et sa femme, venus lui rendre visite dans sa boutique. Sa défense de l'écrivain et pamphlétaire Louis-Ferdinand Céline déclencha tôt la colère des censeurs contre Nabe, qui ne lui ont jamais pardonné cet écart.

    Comme on en a beaucoup trop fait dans la célébration hypocrite de "Charlie", Nabe en fait beaucoup trop dans le sens contraire, ressuscitant ainsi le principe "bête et méchant" de "Hara-Kiri" (il est sans doute outrancier de taxer Tignous de "racisme", qui ne dessinait pas seulement des mouches au-dessus de la tête des Arabes, selon l'accusation de Nabe, mais de tous les types qu'il détestait).

    + L'Enigmatique LB signale qu'en s'abonnant à l'INA, on peut avoir accès à tout un tas d'archives vidéos intéressantes, comme une interview de Reiser par Jacques Chancel (pourquoi Reiser n'a pas envie de changer l'esprit de ses dessins "bêtes et méchants" ; l'influence de Mac Luhan sur lui ; ses premiers dessins ; à 7'35" son album "Fantasmes" ; ce qu'il veut exprimer ; à 10'30" l'origine du journal "Hara-Kiri" ; à 14' l'influence de la bande dessinée sur l'éducation des enfants ; à 16'15" sa façon de dessiner ; à 20' l'architecture scandale de l'époque ; l'itinéraire de Sempé ; à 37' la concurrence entre dessinateurs et peintres ; à 38'30 sa difficulté à accepter de vieillir et de mourir, sa solitude synonyme de liberté ; son refus de pratiquer l'autocensure ; à 41'35" la leçon de "Charlie Hebdo" et de "Hara-Kiri" : rire de tout ; son éducation religieuse, son opinion sur l'Eglise ; à 46'20" comment naissent les idées de dessin ; à 48' son goût pour l'irrespect ; à 52' sur Sempé et Gébé, sur les femmes, sur le langage, sur les "gros mots " dits vulgaires.)