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  • Revue de presse BD (240)

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    + Le Tampographe Sardon déplore la disparition des flammes postales et se fait une mission sacrée de raviver cette instructive tradition.

    + La 7e édition du festival "Fanzines !" se tient cette année au bord du canal de l'Ourcq dans le jardin de La Villette (Paris XXe), à partir d'aujourd'hui (jusqu'au 25 juin).

    Le "fanzine" a longtemps été synonyme de système D ou d'amateurisme. Comme le montre cette manifestation autour du fanzine, celui-ci est devenu une pratique artistique en vigueur dans certaines écoles d'art; les étudiants qui suivent un cursus spécialisé dans l'édition disposent parfois de machines coûteuses et sophistiquées qui leur permettent de produire de véritables petits "chef-d'oeuvre" de formalisme.

    Le discours qui vise à justifier la bande-dessinée comme un art est largement issu des écoles d'art et de l'enseignement théorique qui y est dispensé ; on sait que les pionniers de la BD franco-belges ne se haussaient pas autant du col et se satisfaisaient mieux de leur statut d'artisans. Au-delà de la BD, l'effort théorique consiste surtout à démontrer que la civilisation occidentale contemporaine n'est pas exclusivement "technicienne".

    - A noter que la médiathèque M. Duras où se tenait auparavant ce festival tient à la disposition du public un fonds important de fanzines.

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    Strip par Cécilia Capuana, exposée à la galerie Art-Maniak

    + La galerie Art-Maniak (Paris IXe) expose (jusqu'au 25 juin) quatre-vingt planches originales de BD tirées d'albums exclusivement composés par des femmes. Cette galerie s'est associée avec l'association Artémisia, qui milite pour la reconnaissance du travail des auteures de BD.

    Comme ce militantisme est inspiré de la méthode de discrimination positive mise en place par différents gouvernements des Etats-Unis au profit des noirs américains, on peut craindre qu'il soit inefficace, puisque la méfiance et l'hostilité demeurent très fortes entre noirs et blancs aux Etats-Unis, en dépit de ce que la vitrine B. Obama peut faire croire.

    Les militantes féministes sont d'ailleurs conscientes que leur militantisme fait l'objet de tentatives de récupération politique susceptibles de lui faire perdre tout crédit.

    + Bagdad est une des capitales au monde les plus touchées par des attentats depuis que l'Irak a été démantelé par une coalition d'armées occidentales et livré ainsi à la guerre civile (plusieurs milliers de victimes).

    Le caricaturiste irakien Abdul Raleem Yassir, en dépit de cette situation critique, continue d'y pratiquer la satire dessinée, retranché dans sa maison du quartier de Zaqouna, tandis que sa famille, ses amis et ses confrères sont partis en exil. Abdul Raleem Yassir publie dans le quotidien "Al Sabah". Par solidarité avec "Charlie-Hebdo", il observa une minute de silence après la tuerie, mais explique néanmoins :

    - Personnellement, je ne trouve pas les caricatures de "Charlie-Hebdo" particulièrement intéressantes. Le monde n'est pas tout noir ou tout blanc comme ils pensent. ("Qantara.de", 2016)

    Sous Saddam Hussein, explique ce caricaturiste, il publiait des dessins volontairement ambigus et difficiles à interpréter afin de contourner la censure.

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  • Revue de presse BD (238)

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    Illu. de Fanny Michaelis, exposée à la Maison de la culture d'Amiens.

    + Paradoxe : tandis qu'elle est en cours de reconnaissance officielle, la BD traverse une crise économique ; l'effet pervers des recettes technico-commerciales appliquées à la BD commence à se faire sentir. Cette situation évoque celle des étudiants qui sortent de l'université bardés de diplômes, mais ne parviennent cependant pas à trouver un emploi.

    Deuxième incohérence : alors qu'il est de bon ton de vanter la BD comme "un art à part entière", simultanément le fait pour un auteur de "sortir des cases", c'est-à-dire de la syntaxe propre à la BD, est présenté comme la panacée par les mêmes thuriféraires.

    Ainsi la Maison de la culture d'Amiens propose, du 3 juin au 15 octobre, une expo. intitulée "Hors Cases, le 9e art contemporain", présentant les créations de neuf bédéastes européens (F. Michaelis, L. Debeurme, L. Mattotti, S. Blanquet...)

    L'histoire de l'art ou de la littérature montre que l'obsession du style et des questions stylistiques est proche de la mort de l'art. La BD ne serait-elle pas un "art fantôme" ?

    + Le prix de la BD "décloisonnée" (sic) a été remis à la revue "Topo" (destinée auxwebzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,actualité,revue,presse,hebdomadaire,juin,2017,amiens,michaelis,debeurme,mattotti,blanquet,lyon-bd,topo,franck bourgeron,cabu,pompidou,de gaulle,sarkozy,philippe val,choron,cavanna,charlie-hebdo,flagornerie,bibliophile,square,georges brassens,waner,dessin,original,caricature moins de 20 ans) par les organisateurs du Festival "Lyon-BD" à venir (9 juin). La jeune revue bimestrielle "Topo" (2016) traite des questions d'actualité en BD. Chacun de ses exemplaires se vend entre 8.000 et 10.000 ex.

    Son rédacteur en chef Franck Bourgeron dévoile sa stratégie éditoriale : "S’adresser directement aux ados supposerait de passer par les réseaux qu’ils maîtrisent, ce qui n’est pas forcément notre cas. Par défaut, nous visons donc plutôt les prescripteurs, autrement dit leurs parents, avec le risque de faire passer Topo comme un outil pédagogique, donc ennuyeux."

    Cette stratégie part d'un préjugé : les sujets sérieux n'intéressent pas les ados ; pourtant, quand on voit le nombre d'adultes qui s'adonnent au jeu ou au calcul politique, il semble qu'il y a là une idée préconçue.

    De plus l'industrialisation croissante de la presse, son organisation monopolistique pose un problème qui n'est pas abordé de front par F. Bourgeron : dans quelle mesure une entreprise de presse indépendante n'est pas condamnée par avance par les modalités économiques qui lui sont imposées ?

    ! La convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (Cnuld) organise un concours international de dessins de presse (date de clôture, le 12 juin) doté de 1000 euros ; thème : "Désertification des terres et climat : l'Europe et le monde face aux ultimes frontières."

    + Dans "Le Journal des Présidents", recueil de caricatures de Cabu paru chezwebzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,actualité,revue,presse,hebdomadaire,juin,2017,amiens,michaelis,debeurme,mattotti,blanquet,lyon-bd,topo,franck bourgeron,cabu,pompidou,de gaulle,sarkozy,philippe val,choron,cavanna,charlie-hebdo,flagornerie,bibliophile,square,georges brassens,waner,dessin,original,caricature Michel Lafon, Philippe Val s'emploie à redorer l'image de de Gaulle écornée par les dessins de Cabu. Cabu, qui défendit son ami P. Val en raison de ses efforts pour maintenir "Charlie-Hebdo" à flots, aurait-il approuvé une telle réhabilitation ? Celle-ci n'est pas exclusive, puisqu'elle s'étend à N. Sarkozy.

    Il n'est pas inutile de rappeler ici les explications du Pr Choron, qui imagina la fameuse "Une" antigaulliste qui valut à "Hara-Kiri" d'être censuré par le ministère de l'Intérieur. Cette "Une" ("Bal tragique à Colombey : 1 mort") n'était pas si antigaulliste, puisqu'il s'agissait avant tout de souligner la flagornerie des principaux éditorialistes de la presse française et la servilité de leur office. En effet, le décès dans sa retraite de Colombey-les-deux-Eglises de l'ex-chef de l'Etat constituait un non-événement.

    La rupture entre le "Charlie-Hebdo" du Pr Choron et Cavanna et celui de Val et Cabu n'est donc pas tant au sujet du culte rendu à la figure paternaliste de de Gaulle qu'à propos de la presse française, méprisée par le Pr Choron et Cavanna, tandis que P. Val aspirait au contraire à la reconnaissance de ses pairs journalistes.

    + Les bibliophiles parisiens connaissent bien le square Georges Brassens à Paris (M°Vanves/Convention), où se tient un marché du livre ancien et d'occasion, suppléant les faibles stocks des libraires qui travaillent désormais à "flux tendu".

    Waner, qui publie des dessins dans "Zébra" et "Siné-Mensuel", y vendra ses originaux en compagnie de quelques confrères (Pakman, Lardon...) les 17 et 18 juin prochains.

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  • Revue de presse BD (236)

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    + "Libération" a interrogé quelques caricaturistes sur la façon de caricaturer le nouveau président Macron... sauf que trois d'entre eux -Mathieu Sapin, Johan Sfar et Terreur graphique- sont des spécialistes de la BD et non des caricaturistes à part entière. J. Sfar admet son incompétence, mais elle ne l'a pas empêché de s'immiscer dernièrement dans la campagne des "Insoumis" de J.-L. Mélenchon, pour ce qui ressemblait à une tentative de sabotage.

    A noter que nos caricaturistes "maison" ont décelé très tôt le potentiel comique et érotique d'E. Macron, alors qu'il n'avait pas encore séduit complètement les banquiers et le peuple de France. La caricature ci-dessus est signée du caricaturiste Mykolas, d'origine lituanienne.

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    + Riss, directeur et copropriétaire de "Charlie-Hebdo" a signé consécutivement deux Unes (10 et 17 mai) brocardant le nouveau président de la République E. Macron ; sans doute pour faire oublier qu'il a appelé à voter Macron au second tour de la présidentielle ? L'implication d'un hebdo satirique dans le jeu politique ne va pas de soi et ressemble en l'occurrence à du panurgisme. Cet engagement contribue-t-il à endiguer la montée du FN ? Rien n'est moins sûr. Le plus probable, c'est que l'engagement politique de "Charlie-Hebdo" l'a conduit auparavant à la faillite.

    La "Une" montrant Brigitte Macron enceinte a fait débat, certains la jugeant misogyne ou obscène. L'ex-leader écologiste Daniel Cohn-Bendit a consacré son billet d'humeur sur "Europe 1" à absoudre Riss. Cette défense occulte que le double jeu de "Charlie-Hebdo", à cheval entre la satire et l'implication politique, l'expose à ce type de polémique.

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    + Lundi dernier, la radio & télévision suisse (RTS) rediffusait une interview de l'humoriste originaire du Valais suisse, Mix & Remix, emporté par la maladie en décembre 2016, à l'occasion de la publication aux "Cahiers dessinés" d'un album de ses derniers dessins ; confrère (V. Kucholl) et éditeur (F. Pajak) rendent aussi un hommage (dithyrambique) à ce dessinateur modeste, comparant son talent à celui de Chaval (?) voire Daumier (??) ; mais le minimalisme de Mix & Remix fait la part belle aux dialogues, tandis que l'impact de Chaval est bien visuel ; Mix & Remix peut faire rire un aveugle.

    F. Pajak souhaite que les dessins de Mix & Remix soient accrochés dans un musée, ce qui serait à entendre cet éditeur une consécration ultime, comme si les musées ne recelaient que des chefs-d'oeuvre et non une proportion de croûtes au moins équivalente.

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    + La revue de bande-dessinée "Aaaarg", après plusieurs tentatives pour s'adapter à la rigueur des circuits de distribution de la presse (très coûteux et "verrouillés"), a mis définitivement la clef sous la porte.

    En abordant le sujet de la culture de masse, à l'instar de "Fluide-Glacial", "Aaaarg" abordait un sujet primordial, bien plus que le terrorisme, le féminisme, Donald Trump, et tous les thèmes repris en boucle par les "mass-médias", en réalité secondaires au regard de la censure par le divertissement ; cette vieille ruse des empereurs romains est devenue, au stade de la mondialisation, un outil politique dont les dirigeants des nations ne peuvent plus se passer, bien qu'il soit aussi dangereux que la bombe A.

    + L'Institut du monde arabe propose actuellement une exposition, "The Enemy", de Karim Ben Khelifa, pour explorer sur le mode ludique le phénomène de la violence. L'exposition-jeu met aux prises des "combattants virtuels" sur des terrains exotiques : Salvador, Congo...

    La méthode de cette exposition pose plusieurs questions : - pourquoi ne pas situer le combat au coeur d'une violence que les Occidentaux connaissent bien, à savoir le terrain de la concurrence économique ultra-violente qui sévit sous nos latitudes, concurrence meurtrière à des degrés divers, y compris celui de la violence pure ? L'intérêt de la violence capitaliste est qu'elle trouve sa justification dans l'argumentaire le plus sophistiqué, à savoir le fameux "Arbeit macht frei" nazi, tacitement adopté par les régimes communiste et démocrate-chrétien/libéral (cf. ladite "doctrine sociale de l'Eglise").

    De la violence physique banale du soudard, on sait déjà tout ce qu'il faut savoir depuis Homère.

    - Deuxième remarque : pourquoi une exposition "ludique", alors même que le jeu est le procédé le plus courant d'entraînement à la violence ? Citons l'exemple du football, des jeux olympiques, mais aussi l'exemple des paris boursiers, et enfin l'exemple du "jeu de l'amour et du hasard".

    La manière la plus sournoise de ne pas lutter contre la violence est de lui opposer la culture.

     

  • Macron Président

    La Semaine de Zombi. Lundi.

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  • Caricature Riss et Coco

    La Semaine de Suzette Zombi. Dimanche : Si BHL se mettait tout d'un coup à faire de l'humour, c'est sûr, tout le monde se paierait sa tête...

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  • Revue de presse BD (234)

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    + On vit dans une époque d'experts et de spécialistes, mais à propos des élections présidentielles tout le monde est compétent et peut émettre une opinion.

    Sortant de son rôle d'humoriste, Riss a appelé dans un édito les lecteurs de "Charlie-Hebdo" à voter Macron pour faire barrage au Front national. La dessinatrice Coco, elle, a dessiné quelques têtes de cons surmontées du slogan, "Abstention, bande de cons", renversant l'ancien slogan anar "Election, piège à con" (Reiser, Wolinski).

    A contrario, sur son compte Youtube, durant un soliloque plutôt fastidieux, l'humoriste Dieudonné incite à voter pour Marine Le Pen (tout en prédisant sa défaite, ce qui n'est guère mobilisateur). Dans sa revue de presse, Dieudonné cite un dessin de LB paru dans "Siné-Mensuel" (9'30").

    Il est difficile de dire si ce type d'humour militant pèse ou non dans la campagne. Le milieu complotiste proche de Dieudonné fait courir la rumeur qu'il a contribué à l'élimination de Manuel Valls lors de la primaire du PS, mais ce bruit est à peu près invérifiable.

    + Le site "Rétronews", à partir d'archives de presse souligne que la presse républicaine a toujours été hostile à l'abstentionnisme, luttant contre avec des moyens plus ou moins persuasifs : "L'abstention voulue, calculée, réfléchie, est le fait d'esprits chagrins, blasés, désabusés, hargneux, jaloux, parmi lesquels il faut compter aussi quelques esprits originaux et quelques naïfs." plaidait ainsi Francis Charmes en 1876 dans le "Journal des débats politiques et littéraires".

    L'éditorialiste du "XIXe siècle" tente de pénétrer la psychologie de l'abstentionniste ; il parle de "foi" et de "doute", et écrit : "L'abstention, c'est le premier symptôme, la première manifestation du doute." (1907)

    + "Je ne regrette rien" : citant Edith Piaf en français, le dessinateur de presse américain Ted Rall (situé àwebzine,bd,gratuit,fanzine,zébra,bande-dessinée,caricature,actualité,revue,presse,hebdomadaire,mai,2017,élections présidentielles,riss,charlie-hebdo,coco,dieudonné,youtube,lb,siné-mensuel,marine le pen,macron,manuel valls,rétronews,francis charmes,abstentionnisme,edith piaf,ted rall,hillary clinton,donald trump,syrie,libye,irak,boîte à bulles,julie sauret,tintin,cyril bosc,négationnisme,communisme,cabu,cavanna,wolinski,mélenchon,orwell,simone weil,hannah arendt,charb,stéphane chabonnier,val gauche) explique qu'il s'abstiendrait de nouveau de voter pour Hillary Cinton si c'était à refaire ; faisant le bilan des cent premiers jours de Donald Trump à la Maison blanche, il note une certaine paralysie au sommet de l'Etat, compte tenu de la méfiance du parti républicain vis-à-vis de D. Trump, restreignant la marge de manoeuvre de ce dernier. Pour Ted Rall, l'implication d'Hillary Clinton dans la décision d'attaquer et détruire l'Irak, puis la Libye et la Syrie, transformant ces pays en champs de ruines, est impardonnable.

    La crédibilité de Ted Rall en tant qu'éditorialiste indépendant repose sur un reportage BD qu'il fit pendant la guerre en Afghanistan ("Passage afghan", publié en France par La Boîte à Bulles) ; le reportage révèle notamment les méthodes de fabrication de l'info par les grandes chaines de télé américaines et européennes.

    + Sous le titre sévère "Des candidats sans culture", le quotidien publicitaire "20 Minutes" (27 avril) publie le diagnostic d'une "spécialiste des politiques culturelles", Julie Sauret : "Macron est cultivé, mais il possède une culture très classique. Ses références sont un peu vieillottes, il se plante quand il essaie de citer IAM... En revanche, Marine Le Pen n'est pas du tout cultivée et ne s'en cache pas vraiment. Elle ne connaît aucun nom en peinture, sèche quand on lui demande quels livres elle a lu ; sur l'art contemporain, elle fonctionne par clichés." - Gageons que Marine Le Pen a au moins lu quelques "Tintin"...

    + Le site "Caricatures et Caricature" publie un article par Cyril Bosc concernant les relations douteuses entre le parti communiste et un certain nombre de caricaturistes français. L'article est gauchement intitulé : "Comment marier presse satirique et presse communiste" - sans point d'interrogation, ce qui suggère une méthode, et non le questionnement que suscite ce rapprochement entre la satire et l'une des pires idéologies totalitaires, un parti politique réputé pour ses méthodes de censure drastiques.

    En fait l'article attire bien l'attention sur une forme de négationnisme typiquement français, qui consiste à webzine,bd,gratuit,fanzine,zébra,bande-dessinée,caricature,actualité,revue,presse,hebdomadaire,mai,2017,élections présidentielles,riss,charlie-hebdo,coco,dieudonné,youtube,lb,siné-mensuel,marine le pen,macron,manuel valls,rétronews,francis charmes,abstentionnisme,edith piaf,ted rall,hillary clinton,donald trump,syrie,libye,irak,boîte à bulles,julie sauret,tintin,cyril bosc,négationnisme,communisme,cabu,cavanna,wolinski,mélenchon,orwell,simone weil,hannah arendt,charb,stéphane chabonnier,valminimiser le totalitarisme soviétique et ses conséquences monstrueuses. La France est un des rares pays au monde où l'on peut, pratiquement dans la même phrase, vitupérer le fascisme ou le nazisme et se vanter d'avoir eu un père ou un grand-père communiste.

    Il faut saluer l'initiative de l'auteur de cet article, qui s'attaque ici utilement à un tabou car l'usage politique de l'antifascisme est aussi vain que la critique du totalitarisme est utile, qui n'oppose pas le fascisme au communisme ou au capitalisme, mais s'efforce d'en analyser les causes communes (à la manière d'Orwell, S. Weil ou H. Arendt, par exemple).

    L'article ne tient pas toutes ses promesses, mais il comporte quelques éléments de réflexion utiles, et cite des témoignages intéressants, voire amusants. Anticommuniste notoire, Cabu épinglera ainsi en "Une" son copain Wolinski quand il adhérera au PC. L'anticommunisme de Cabu fut visible jusqu'à la fin, qui accentuait nettement le côté "batracien" de Mélenchon, tandis qu'il épargnait plutôt l'ex-président F. Hollande.

    L'origine sociale ouvrière de certains dessinateurs est une explication au fait qu'ils furent proches du PCF, de même que les paysans sont automatiquement catholiques. Cependant l'article cite François Cavanna, qui déserta le Parti après y avoir adhéré par réflexe de classe : "(…) L’Huma est un journal de combat, un journal d’action, pas un journal de réflexion, de critique objective. Il n’est qu’un instrument d’un grand dessein, pas une fin en soi. Il n’est pas là pour critiquer le Parti, ni lui nuire en quoi que ce soit. (…) Appartenir (même si on n’a pas la carte, même à titre de compagnon de route) à un parti structuré comme une Eglise, c’est faire acte de foi. Même si, au départ, on annonce hautement qu’on garde son quant-à-soi." (1977) Dans ce passage, F. Cavanna énonce clairement les raisons pour lesquelles la critique ou la satire est incompatible avec l'idéologie véhiculée par "L'Huma" ; cependant F. Cavanna ne renie pas complètement sa foi, légitimant la violence révolutionnaire et attestant d'une vision romantique de la révolution russe dans un autre article cité.

    Cyril Bosc établit aussi une nuance nécessaire entre le "compagnonnage" avec le PCF du temps de sa puissance, et le compagnonnage tardif avec un PCF en pleine décomposition et une Russie dorénavant "poutinisée". Les odes à Mélenchon ou à Poutou ne représentent pas en effet la même chose, en termes d'engagement, que les odes d'Aragon, Eluard, Picasso ou Sartre à Staline, du temps où le stalinisme n'avait rien à envier au nazisme pour ce qui est des méthodes de répression.

    La fin de l'article, consacrée à Stéphane Charbonnier, alias Charb, est excessivement lyrique et manque de recul ; il est difficile de dissocier Charb, à moins de faire le coup du martyre, de Philippe Val, pour brosser un tableau élogieux de l'un, et un tableau sinistre de l'autre. Entre les deux attitudes, la première qui consiste à tenir l'engagement politique pour un "attrape-couillons", et la seconde qui considère l'absence d'engagement politique comme du cynisme, c'est pour la seconde que Charb opta, plus proche de P. Val que de Choron et Cavanna, qui imprimèrent leur marque à la première mouture de "Charlie-Hebdo".

    + La bibliothèque de Lyon Part-Dieu propose une exposition gratuite dédiée à 77 ans d'édition de bande-dessinée à Lyon et dans la région lyonnaise (16 mai-4 novembre). 

    + Alors que l'expo dédidée à Gaston Lagaffe à la bibliothèque du muséewebzine,bd,gratuit,fanzine,zébra,bande-dessinée,caricature,actualité,revue,presse,hebdomadaire,mai,2017,élections présidentielles,riss,charlie-hebdo,coco,dieudonné,youtube,lb,siné-mensuel,marine le pen,macron,manuel valls,rétronews,francis charmes,abstentionnisme,edith piaf,ted rall,hillary clinton,donald trump,syrie,libye,irak,boîte à bulles,julie sauret,tintin,cyril bosc,négationnisme,communisme,cabu,cavanna,wolinski,mélenchon,orwell,simone weil,hannah arendt,charb,staline,stéphane charbonnier Pompidou vient juste de fermer ses portes, on apprend la mort de Jean De Mesmaeker, alias Jidéhem, collaborateur de Franquin sur cette série rompant avec les codes du genre. Le père de Jidéhem avait inspiré Franquin pour son personnage de M. De Mesmaeker, victime privilégiée des gaffes de Gaston.

    L'histoire ne dit pas si Gaston Lagaffe votait, ni pour qui ; on sait que Gaston est plutôt écolo et pacifiste, et que le vote est obligatoire en Belgique.

  • Dans les pattes de Depardieu**

    Le bédéaste Mathieu Sapin croque Gérard Depardieu, qu'il a suivi dans ses pérégrinations à travers l'Europe.webzine,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,depardieu,mathieu sapin,élysée,dargaud,poutine,hollande,cabu,charlie-hebdo L'acteur capricieux (pléonasme) a en effet consenti à se mettre à nu devant ce portraitiste opportuniste, qui sait ne pas se montrer importun.

    Parallèlement à ce portrait de star, que M. Sapin a voulu moins superficiel qu'une photo dans "Gala" ou "Voici", le bédéaste avait réussi à pénétrer au palais de l'Elysée pour y faire une sorte de reportage en BD sur les coulisses de la présidence.

    La double casquette de M. Sapin, au chevet de Hollande et de G. Depardieu simultanément, met un peu de piment dans une relation dont G. Depardieu ne comprend que trop bien la nature, étant sollicité en permanence pour diverses causes rarement désintéressées.

    Depuis qu'il a protesté publiquement contre la surtaxation de ses revenus et manifesté sa sympathie pour V. Poutine, Depardieu est devenu un paria aux yeux des médias de gauche, qui le mettaient auparavant en avant comme les médias de droite mettent en avant Alain Delon. Différence notable, au contraire de Delon, Depardieu se moque complètement du cinéma, "métier qui rend con", dit-il.

    Le reportage de M. Sapin à l'Elysée est aussi plat que Cabu pouvait se montrer caustique dans le même exercice. Probablement écrasé par le symbole du Palais de l'Elysée et de son occupant, gorgés de valeurs laïques et républicaines, M. Sapin avait produit un reportage plus digne de "Spirou" que de "Charlie-Hebdo", au titre néanmoins kafkaïen : "Le Château".

    M. Sapin s'en sort mieux avec le monument Depardieu, moins sinistre que le Palais de l'Elysée. Pour autant, Depardieu ne cache pas son amertume de vivre "dans une époque de cons", où "internet donne l'impression aux gens d'être plus intelligents". L'acteur espère d'ailleurs ne pas vivre au-delà de 75 ans, pensant avoir atteint à cet âge le maximum du dégoût de la vie.

    La frénésie de voyages, de victuailles et liqueurs, de rencontres exotiques, même la sympathie pour Poutine, à la tête d'un empire neuf, non comme F. Hollande d'une vieil appareil d'Etat hyper-rodé, tout cela cache un profond ennui que M. Sapin n'a pas trop de mal à découvrir. L'acteur cause beaucoup en effet, pour ne pas dire qu'il déblatère comme un Russe (ses ennuis médiatiques viennent de là), tant que l'on a peine à croire qu'il fut muet dans sa jeunesse (où son apparence physique le faisait prendre pour un idiot, dit-il).

    Ce que la BD gagne en analyse d'une star du cinéma, petit à petit submergée par l'amertume et prisonnière de son statut plus qu'elle ne veut l'admettre, elle le perd en synthèse, cet art maîtrisé par les portraitistes officiels autrefois, au point de faire paraître encore vivants leurs sujets plusieurs siècles après leur mort. Quand le cinéma de Depardieu sera entièrement démodé (ne l'est-il pas déjà largement ?), qui voudra encore lire ce long soliloque illustré par M. Sapin ?

    Gérard ou Cinq années dans les pattes de Depardieu, par Mathieu Sapin, éds Dargaud, 2017.