Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

karl marx

  • Revue de presse BD (276)

    webzine,bd,gratuit,fanzine,zébra,bande-dessinée,actualité,revue,presse,hebdomadaire,mai,2018,karl marx,anniversaire,trèves,statue,jean-claude juncker,caricature,robert minor,rockefeller,morgan,ryan,wall-street

    + La République populaire de Chine a offert à la ville (allemande) de Trèves où Karl Marx naquit il y a deux siècles (5 mai 1818) une imposante statue de six mètres de haut à l'effigie du théoricien communiste.

    Ce cadeau n'a pas eu l'heur de plaire à tout le monde, et rien ne dit que Marx lui-même eût agréé ce geste de dévotion. Comble de l'ironie, c'est un éminent représentant de l'oligarchie européenne, le président de la Commission Jean-Claude Juncker, qui a pris la défense de Marx, affirmant que sa pensée fut déformée par les dictatures communistes.

    Plus généralement, on a tort de présenter Marx comme un penseur ou un "philosophe politique", puisque c'est surtout un penseur de la FIN de la politique - un historien; le "Manifeste du parti communiste" est un ouvrage de commande, assez creux, peu représentatif de la critique marxiste.

    Bien entendu, on ne trouvera rien non plus dans Marx pour défendre l'hyper-nationalisme européen dont J.-C. Juncker est le promoteur. Marx est le plus drastique critique de la religion de l'Etat moderne, laïc, soviétique ou européiste (la philosophie et l'art se substituent dans ce cadre à la religion traditionnelle) (cf. "Critique de la philosophie du droit de Hegel").

    L'infortune critique de Marx, à savoir sa récupération partisane, illustre une méthode de la censure moderne, la "statufication" ; elle prouve la persistance de l'élitisme culturel. L'idolâtrie de Marx est le meilleur moyen de le méconnaître.

    + La caricature ci-dessus, de Robert Minor, parue dans un journal de St-Louis (en 1911), transforme K. Marx en agent de "Wall Street" ; tandis que Marx tient sous le bras un bouquin intitulé "Socialisme", on reconnaît les banquiers John D. Rockefeller, J.P. Morgan et John D. Ryan.

    Il est vrai que les Etats-Unis et l'Allemagne, tout en redoutant la propagation du socialisme à l'intérieur de leurs frontières, ont financé discrètement en Allemagne et en Russie ses militants, suivant une méthode machiavélique banale, encore aujourd'hui mise en oeuvre avec les groupes islamiques armés, condamnés d'une part, armés de l'autre.

    Ici Marx est une façon commode pour le caricaturiste de figurer le socialisme révolutionnaire, avant l'avènement de véritables révolutionnaires machiavéliques tels que Lénine ou Trotsky ; néanmoins le rôle politique de Marx est quasiment nul, et il fut un des premiers à démasquer les fausses démocraties qui s'avancent sous la bannière des "Droits de l'Homme".

    + Les amateurs des bandes-dessinées de Christophe ne savent paswebzine,bd,gratuit,fanzine,zébra,bande-dessinée,actualité,revue,presse,hebdomadaire,mai,2018,karl marx,anniversaire,trèves,statue,jean-claude juncker,caricature,robert minor,rockefeller,morgan,ryan,wall-street,topfferiana,antoine sausverd,gorges colomb,famille fenouillard,sapeur camember tous que les aventures d'Artémise et Cunégonde Fenouillard, qui débutèrent à l'occasion de l'Exposition universelle de 1889, se prolongèrent après la guerre de 14-18. Georges Colomb n'avait-il pas déclaré dans une interview pour justifier l'arrêt de ses séries ("Famille Fenouillard", "Sapeur Camember", "Savant Cosinus"...) : - Je ne voulais pas suivre l’exemple de ceux qui tirent soixante-dix moutures du même sac et finissent par faire des horreurs. Je n’ai pas voulu me vider… Je dessine encore, de temps en temps, mais pour moi… ?

    Le webzine "Töpfferiana" (Antoine Sausverd), dédié aux pionniers de la BD, indique la reprise des séries de Christophe en 1937 dans "Paris-Soir". Une seconde expo. universelle fournit le prétexte. Christophe a vieilli les deux péronnelles ; tout juste pubères avant guerre, celles-ci sont désormais deux matrones émancipées de la tutelle de leurs parents.

    A. Sausverd précise que cette résurrection d'Artémise, Cunégonde, leur chien Poc et leur chat Tristapatte, coïncide avec l'arrivée dans les colonnes des journaux de strips de BD plus modernes importés des Etats-Unis, destinés à divertir le jeune public. Les bandes de Christophe étaient accompagnés de textes plus denses n'entrant pas dans des phylactères. 

  • Commémoration Karl Marx

    webzine,bd,gratuit,zébra,fanzine,bande-dessinée,citation,karl marx,commémoration,écrivain,argent

  • Le Jeune Karl Marx*

    La crise mondiale de 2008 a replacé Karl Marx sous le feu des projecteurs, tant son célèbre pronostic webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,raoul peck,karl marx,frédéric engels,junge marx,rheinische zeitung,cinéma,capital,ligue des justes,communisted'autodestruction du capitalisme a semblé soudain proche de s'accomplir : - Le pire ennemi du Capital, c'est le Capital lui-même.

    L'auteur du "Capital" indique dans cette formule que le mouvement ou l'ébranlement de la société est d'abord le fait de la bourgeoisie et de son modèle économique de développement. Marx et Engels affirmaient qu'il résulterait de la faillite de l'Etat bourgeois une société meilleure - et s'efforçaient d'y concourir à leur manière, en éclairant la conscience des prolétaires à la lueur de leurs travaux.

    Un film récent, "Le Jeune Karl Marx", entend redonner vie aux personnages de K. Marx et de son ami Frédéric Engels, figés dans les traits pesants de la statuaire soviétique.

    On peine en effet à imaginer aujourd'hui que Marx et sa famille furent traqués dans toute l'Europe et espionnés par la police, tant voire plus que les imams qui prêchent le djihad aujourd'hui. Les élites bourgeoises redoutaient alors que les articles de Marx n'enflamment plus encore les mouvements de contestation ouvriers.

    Le film de Raoul Peck parvient à ressusciter ce climat de vive tension en Europe entre le prolétariat et les "capitaines d'industrie" qui l'emploient, dans des conditions dantesques. Même si l'épicentre s'est déplacé, en même temps que le prolétariat, de l'Europe vers le continent asiatique et l'Inde, ce climat de vive tension persiste désormais à l'échelle mondiale, suivant un schéma de propagation annoncé et décrit par Marx : "Les individus ont été de plus en plus asservis à une puissance qui leur est étrangère, (...) laquelle est devenue de plus en plus massive et se révèle être en dernière instance le marché mondial."

    Les acteurs qui interprètent K. Marx et F. Engels sont assez convaincants. Ils évitent de prendre la pose révolutionnaire romantique, la plus éloignée du souhait de ces deux journalistes subversifs de débarrasser le mouvement révolutionnaire prolétarien de son attirail de slogans sentimentaux à base de fraternité et de "droits de l'Homme" (dénoncés comme une duperie par Marx).

    Pour le reste, suivant la tendance du cinéma à verser dans l'anecdote et le détail, le film déçoit.

    Les costumes d'époque ont l'inconvénient de transporter la critique marxiste dans une sorte de passé glorieux du mouvement révolutionnaire prolétarien.

    Or le spectre du communisme marxiste rôde encore. Ainsi la culture de masse, produite par la bourgeoisie industrielle, qui remplace l'opium des vieilles religions tombées en désuétude, quelle peut bien être sa fonction, si ce n'est d'empêcher une prise de conscience des milieux les plus défavorisés en étouffant l'esprit critique ?

    L'effort des auteurs du film est perceptible pour faire comprendre au spectateur l'originalité de la démarche de Marx, en comparaison d'autres doctrines révolutionnaires, comme celle du Français Proudhon par exemple ; mais cet effort se solde par un échec. Il est vrai que ce n'est pas une mince affaire de résumer le marxisme, car il se présente comme une "science", perfectible et inachevée, non comme une "doctrine" à l'instar de la philosophie réactionnaire de Nietzsche, plus facile à cerner.

    Une part du malentendu à propos du marxisme tient précisément à ce que les mouvements politiques qui se sont réclamé de Marx ne pouvaient se passer d'une doctrine politique (voire d'une stratégie pour les plus vils), et que Marx et Engels fournissent surtout les éléments d'une science, l'Histoire.

    Peut-on comprendre quelque chose au marxisme en se tenant assis dans une salle de spectacle, alors qu'il part d'un mouvement de résistance au confort intellectuel ?

    "Le Jeune Marx" ("Der Junge Marx"), par Raoul Peck, octobre 2017.

    NB: On voit dans le film Marx assister en compagnie d'Engels au congrès de la "Ligue des Justes", renommée lors de ce congrès "Ligue communiste", alors que seul Engels y participa.

    - Ill. représentant Marx et Engels vérifiant les épreuves de la "Rheinische Zeitung" (Gazette rhénane fondée par Marx).

  • Revue de presse BD (247)

    webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,actualité,revue,presse,hebdomadaire,octobre,2017,l'humanité,karl marx,frédéric engels,empereur guillaume,cinéma,raoul peck,jean-françois chazerans,charlie-hebdo,henri filippini,bd-zoom,cahiers bande-dessinée,peanuts,schultz,sonoma,santa rosa,snoopy,incendie

    Caricature de F. Engels représentant les bourgeois prussiens faisant face au "kaiser" Guillaume.

    + "L'Humanité" salue la sortie sur les écrans du "Jeune Karl Marx", film allemand de Raoul Peck centré sur les jeunes années de ce journaliste subversif et sa rencontre avec Frédéric Engels.

    Haï ou adulé, mondialement célèbre, Marx demeure très mal connu, en particulier du public français. Le parti communiste français est sans doute le premier responsable de cette censure, peu soucieux de répandre la critique la plus radicale qui soit de l'étatisme et du droit modernes.

    L'oeuvre de Marx a une dimension satirique, non seulement parce que Marx n'hésite pas à caricaturer les élites et la culture bourgeoises afin de faire ressortir leurs traits caractéristiques, mais aussi parce qu'il n'hésita pas à brocarder les "classiques" de la littérature française : Racine (style "carton-pâte"), Hugo (lyrisme creux de député), etc.

    Trouvaient grâce en revanche au yeux de Marx "Le Neveu de Rameau" de Diderot, et surtout Balzac, très apprécié en dépit de leur divergence d'étiquettes politiques, Marx admirant chez Balzac son sens de l'observation et sa peinture véridique de la société française.

    + Le tribunal de Poitiers vient d'entériner la mutation d'un professeur de philosophie (Jean-François Chazerans), sanction prise par sa hiérarchie à la suite d'insultes proférées en cours en 2015 à l'encontre des journalistes de "Charlie-Hebdo", qu'il avait traités de "crapules" en cours; J.-F. Chazerans s'est expliqué ainsi au "Monde" : - J’ai prononcé le mot “crapules” en pensant au Charlie de ma jeunesse. Je n’aimais pas ce qu’ils étaient devenus; pour moi, ils avaient un peu viré racistes. Alors oui, je me suis permis une petite provocation à la Charlie.

    Le concept de "crapule" gagne certainement à être élucidé par les temps qui courent, cela dit les cours de philosophie, d'histoire, voire de français, sont devenus les moments privilégiés de débats idéologiques stériles, chaque parti politique militant pour sa vision partisane de l'Histoire, européiste, régionaliste, féministe, libérale, communiste, démocrate-chrétienne, etc.

    C'est une véritable punition pour les élèves que cet enseignement réduit au débat idéologique.

    + Henri Filippini, qui participa aux "Cahiers de la bande-dessinée", fanzine fondé par J. Glénat, commente en détail sur BD-Zoom la nouvelle formule des "Cahiers", devenus un épais magazine vendu en kiosque.

    + La veuve de Charles Schultz (Peanuts/Snoopy) a dû fuir en catastrophe sa villa de Santa Rosa, localitéwebzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,actualité,revue,presse,hebdomadaire,octobre,2017,l'humanité,karl marx,frédéric engels,empereur guillaume,cinéma,raoul peck,jean-françois chazerans,charlie-hebdo,henri filippini,bd-zoom,cahiers bande-dessinée,peanuts,schultz,sonoma,santa rosa,snoopy,incendie située dans le comté de Sonoma, à cause d'un incendie violent ravageant cette région de Californie et ayant fait de nombreuses victimes.

    Le musée dédié à l'oeuvre du plus célèbre des "cartoonists" américains et recueillant ses planches originales a, lui, été épargné de justesse par les flammes selon le "Mercury-News".

    + Le "prix de l'humour vache" du festival de St-Just-Le-Martel (Haute-Vienne) a été décerné lors de l'édition 2017 au caricaturiste mexicain Angel Boligan Corbo.

    Comme le festival de BD d'Angoulême, le festival de St-Just-Le-Martel se donne ainsi des airs de festival international.

    webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,actualité,revue,presse,hebdomadaire,octobre,2017,l'humanité,karl marx,frédéric engels,empereur guillaume,cinéma,raoul peck,jean-françois chazerans,charlie-hebdo,henri filippini,bd-zoom,cahiers bande-dessinée,peanuts,schultz,sonoma,santa rosa,snoopy,incendie,angel boligan corbo,caricaturiste,st-just-le-martel,festival

    Dessin d'Angel Boligan Corbo.

  • Cachez cette identité...

    ...que je ne saurais voir.

    Les éditoriaux des journaux sont comme les sermons des curés : ils ne méritent pas d'être imprimés et devraientwebzine,bd,gratuit,zébra,fanzine,bande-dessinée,critique,philippe val,essai,identité,grasset,judéo-grec,charlie-hebdo,zemmour,moïse,veau d'or,karl marx,nietzsche rester du domaine de la culture orale. Philippe Val vient de passer outre cette réserve en publiant chez Grasset un très long édito, sur le thème de l'identité - l'identité de gauche, il va sans dire, pour faire pièce au discours identitaire de droite façon E. Zemmour ou un autre idéologue du même rayon.

    Mais, que la tarte à la crème identitaire soit de gauche ou de droite, c'est la même mousse inconsistante; moins xénophobe en apparence, le discours identitaire de gauche conduit au même résultat : les migrants se noient dans la Méditerranée et la colère des populations colonisées par des cartels industriels enfle.

    On se souvient peut-être que P. Val est passé du style léger du chansonnier à la mine grave de l'éditorialiste alors qu'il dirigeait "Charlie-Hebdo", publication satirique qu'il a maintenue à flot pendant dix ans ; aujourd'hui qu'il n'est plus directeur, ni patron de rien du tout, ainsi qu'il le souligne avec un brin d'amertume, P. Val a le temps d'allonger ses sermons.*

    Cerise sur le gâteau du discours identitaire, de gauche comme de droite, notre éditorialiste en fait des tonnes à ce propos, l'idée que la culture occidentale contemporaine est "judéo-grecque" (P. Val n'ose pas dire "judéo-chrétienne", de peur d'être confondu avec E. Zemmour).

    On est un peu éberlué par la persistance de ce gros bobard, déjà taillé en pièces plusieurs fois par des essayistes un peu moins improvisés que Ph. Val : non seulement Karl Marx, mais aussi Nietzsche, ou encore Léopardi, pour n'en citer que trois.

    - Marx insiste sur le VEAU D'OR, devant lequel l'Occident moderne se prosterne AU CONTRAIRE des Juifs et de Moïse. S'il y a une religion incompatible avec le discours identitaire ou nationaliste, c'est bien le judaïsme.

    Quand Philippe Val marie deux notions opposées et inconciliables -l'identité et l'universalisme juif-, Marx met utilement à jour que le capitalisme altère définitivement la culture identitaire traditionnelle ; autrement dit, le déracinement moderne est un enracinement dans l'argent, qui modèle la société autrement. Quelle culture nationaliste moderne n'est pas modelée par l'argent ? L'axe sur lequel la société globalisée tourne n'est-il pas l'argent ? La valeur mystique de celui-ci n'a fait que croître au détriment de sa valeur pratique d'agent d'échange.

    - Passant par l'étude de l'art et de la littérature, Nietzsche et Léopardi aboutissent aussi à la conclusion que l'art et la littérature modernes ont pris une direction tout à fait originale (jugée funeste par Nietzsche).

    "L'heure est grave", nous dit aussi Philippe Val, et cette déclaration suffit à trahir le mobile élitiste de cet auteur et de son essai, car chaque heure est sans doute plus grave pour quiconque ne bénéficie pas des privilèges réservés aux Occidentaux.

    "Cachez cette identité que je ne saurais voir", éd. Grasset, 2017. 

     

  • Revue de presse BD (224)

    webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,revue,presse,hebdomadaire,février,2017,actualité,info,gallica,bnf,rené caillié,tombouctou,mosquée,verlaine,rimbaud,six-coups,sotheby's,charleville-mézières,karl marx,girgir,moïse,erdogan,satirique,siné,charlie-hebdo,nicolas canteloup,homphobe,europe 1,liberté d'expression,thèse,universitaire,alain saint-ogan,julien baudry,hergé,zig et puce,charivari,intransigeant,humour

    + Sur son site "Gallica", la Bnf exhume des petits trésors graphiques en numérisant ses archives. Les services de la bibliothèque ont ainsi publié le carnet de voyage de l'explorateur René Caillié (1799-1838), qui fut le premier Européen à pénétrer dans la cité (interdite aux blancs) de Tombouctou, au Mali (et à en revenir vivant), déguisé en Arabe musulman. Ce fils de bagnard, originaire de Mauzé-sur-le-Mignon près de La Rochelle, fut qualifié d'"explorateur le plus intrépide de son temps" par Jules Verne, et décoré de la Légion d'Honneur par le gouvernement français.

    Le carnet comporte quelques dessins descriptifs, dont ce lavis à la fois précis et émouvant représentant la façade de la grande mosquée de Tombouctou (folio 73r).

    + Rien n'indique mieux la valeur religieuse de l'art moderne que les ventes auxwebzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,revue,presse,hebdomadaire,février,2017,actualité,info,gallica,bnf,rené caillié,tombouctou,mosquée,verlaine,rimbaud,six-coups,sotheby's,charleville-mézières,karl marx,girgir,moïse,erdogan,satirique,siné,charlie-hebdo,nicolas canteloup,homphobe,europe 1,liberté d'expression,thèse,universitaire,alain saint-ogan,julien baudry,hergé,zig et puce,charivari,intransigeant,humour enchères de reliques ayant appartenu aux représentants emblématiques de l'art moderne occidental. Rimbaud en fait partie ; le revolver six-coups qui avait servi au poète Verlaine à tirer sur son jeune amant s'est ainsi vendu un prix fou lors d'une récente vente (un demi-million environ).

    Plus récemment une petite planche de bande-dessinée tracée d'une main maladroite par Rimbaud enfant a été vendue aux enchères par la maison Sotheby's, qui l'estimait à 150.000 euros (finalement préemptée par le musée de Charleville-Mézières) ; cette somme stupéfiante illustre la convergence de nature entre l'art moderne et l'argent.

    La poésie de Rimbaud n'a plus grand-chose à voir dans cette excitation charognarde autour de sa dépouille. Certains journaux s'interrogent parfois sur ce qui demeure actuel dans le propos de Karl Marx : son propos sur la valeur mystique de l'argent, et l'aliénation qui en découle, est on ne peut moins démodé - Marx demeure aussi subversif parce qu'il prive de toute crédibilité l'argumentaire des "valeurs laïques républicaines", en montrant que le fanatisme religieux peut parfaitement revêtir le costume laïc (ce qu'il a déjà fait pendant une bonne partie du XXe siècle).

    + Un dessin publié dans le magazine satirique "Girgir" a été censuré par lewebzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,revue,presse,hebdomadaire,février,2017,actualité,info,gallica,bnf,rené caillié,tombouctou,mosquée,verlaine,rimbaud,six-coups,sotheby's,charleville-mézières,karl marx,girgir,moïse,erdogan,satirique,siné,charlie-hebdo,nicolas canteloup,homphobe,europe 1,liberté d'expression,thèse,universitaire,alain saint-ogan,julien baudry,hergé,zig et puce,charivari,intransigeant,humour gouvernement turc ; ce dessin ironique à l'égard de Moïse a provoqué les réactions outrées des représentants des communautés juive et musulmane en Turquie ; le porte-parole du président R. Erdogan a qualifié le dessin "d'indécent et haineux".

    Pour autant on ne peut opposer la liberté de la presse française à la censure turque ; les tabous ne sont tout simplement pas les mêmes en France et en Turquie. Récemment, l'humoriste et imitateur Nicolas Canteloup a jugé bon de s'excuser après un sketch estimé "homophobe", diffusé par "Europe 1". Ce cas de censure est particulièrement intéressant, car il met en avant une cause de censure rarement évoquée, bien que puissante : le clientélisme ; en effet, au-delà des principes, on peut penser que c'est la peur de perdre des auditeurs qui a motivé les excuses de la station de radio pour ce "dérapage".

    Le cas de "Girgir" n'est d'ailleurs pas sans rappeler "l'affaire Siné", puisque le directeur de la publication  de "Girgir" s'est désolidarisé du dessin et du dessinateur, publié selon lui par erreur, à cause de la fatigue. Philippe Val, pour tirer du pétrin "Charlie-Hebdo", aurait eu bien du mal à contraindre Siné à des excuses.

    Quoi qu'il en soit, la limite du respect de l'ordre public, assignée à la liberté d'expression, souligne à quel point celle-ci est "théorique" ; d'une part parce que la notion d'ordre public est parfaitement arbitraire ; secundo parce que, derrière la censure religieuse, c'est largement une notion d'ordre public qui se cache. Rien de plus mensonger et/ou idéologique que "l'histoire du progrès de la liberté d'expression".

     + Dans sa thèse universitaire (2015 - Université Paris-Diderot), Julien Baudry traite d'un aspect méconnu de la carrière d'Alain Saint-Ogan (1895-1974), dessinateur parisien de BD connu pour son oeuvre propre ("Zig & Puce"), mais encore plus pour avoir nettement influencé Hergé ; l'aspect méconnu est la carrière de dessinateur de presse et d'humoriste de Saint-Ogan ("Le Petit Parisien", "Le Charivari", "L'Intransigeant", "Dimanche illustré", "Le Rire", "La Dépêche de Toulouse", etc.). Cette étude est d'abord l'occasion de se pencher sur l'articulation entre la bande-dessinée enfantine et le dessin de presse (dont le support commun furent les journaux), deux genres qui entretiennent des rapports étroits, en même temps qu'ils peuvent s'opposer.

    C'est avant tout pour des raisons lucratives que Saint-Ogan changea d'orientation professionnelle et abandonna le dessin d'humour dans la presse au profit de la BD enfantine. Dessinateur médiocre, il était plus doué pour cette dernière activité, et de plus le déclin de la presse satirique l'y poussa. J. Baudry note le goût marqué de Saint-Ogan pour la presse et les médias, plus encore que pour le dessin (formé aux "Arts Déco") ; cela explique sa reconversion ultime dans la radio.

    L'épaisse thèse (500 p.) comporte heureusement une annexe regroupant un grand nombre de dessins humoristiques de Saint-Ogan.

    webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,revue,presse,hebdomadaire,février,2017,actualité,info,gallica,bnf,rené caillié,tombouctou,mosquée,verlaine,rimbaud,six-coups,sotheby's,charleville-mézières,karl marx,girgir,moïse,erdogan,satirique,siné,charlie-hebdo,nicolas canteloup,homphobe,europe 1,liberté d'expression,thèse,universitaire,alain saint-ogan,julien baudry,hergé,zig et puce,charivari,intransigeant,humour

    Couverture par Saint-Ogan de "L'Anti-Boche", journal de propagande publié pendant la guerre (1915).

     

  • Manifeste pour la Librairie

    Les difficultés économiques que rencontrent les libraires ne datent pas d'aujourd'hui. Désormais ce sont leswebzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,critique,manieste,librairie,denis mollat,michel onfray,karl marx,dominique bourgois,josyane savigneau,fnac,amazon,borders,faillite,crise,philosophie,lumières supermarchés du livre, du type Fnac, que la concurrence du géant américain Amazon contraint de changer d'activité. Aux Etats-Unis en 2011, la grande chaîne de distribution de livres & produits culturels Borders a connu une faillite retentissante.

    Il y aurait beaucoup à dire sur le processus autodestructeur de l'économie capitaliste, si Karl Marx ne l'avait pas déjà écrit il y a un siècle et demi ("Le Capital est le pire ennemi du Capital"). Il y a en France plusieurs millions de lecteurs, mais combien lisent vraiment ?

    Denis Mollat, patron d'une grosse librairie bordelaise qui porte son nom, publie dans ce contexte de crise un "Manifeste pour la Librairie" (éd. "autrement") et, en caractères plus petits, comme avec moins de conviction : "...et les Lecteurs". Lecteurs et libraires sont-ils vraiment dans le même bateau ? rien n'est moins sûr. 

    D. Mollat a convoqué pour servir cette cause quelques écrivains et journalistes : Michel Onfray, Dominique Bourgois, Bruno Racine, Josyane Savigneau... Ces derniers ont en charge toute la partie mystique : le parfum des librairies, le plaisir de tourner les pages, bref la confiture proustienne habituelle.

    M. Onfray se tire de l'exercice avec un poème -didactique en diable- racontant la vie de Gutenberg ; tandis que le patron de la librairie Mollat, de père en fils, ouvre au public les coulisses du métier d'entrepreneur spécialisé dans la vente de livres. C'est là le chapitre le moins mystique, donc le plus lisible. D. Mollat ne cache pas qu'il dirige d'abord une affaire. Un commerçant astucieux, selon lui, ne doit pas craindre la concurrence et les nouveaux modes de distribution de son produit-phare ; Internet ne fait pas peur à D. Mollat ; un bon libraire doit savoir s'adapter.

    Bref, Denis Mollat est un entrepreneur et, en tant que tel, il se doit de tenir un discours optimiste. Sa librairie bordelaise ne connaît d'ailleurs par la crise. Du coup, le manifeste fait "pschiitt !" dès le début : la mayonnaise nostalgique ne prend pas. Ce manifeste vient s'ajouter à la très haute pile des bouquins pas vraiment indispensables.

    C'est dommage, car il y aurait sans doute beaucoup à dire sur la façon dont les livres sont distribués et vendus en France - la façon dont les bibliothèques publiques portent certains éditeurs ou certains auteurs à bout de bras, par exemple.

    Quant au critère du "plaisir" - plaisir de lire, de tourner les pages, de humer le parfum de la libraire, etc. - il est très intellectuel, mais aussi très mercantile. C'est un critère trop subjectif pour pouvoir fonder la critique littéraire ; cette référence au plaisir de lire marque d'ailleurs une rupture nette avec l'idéal émancipateur des Lumières.

    Manifeste pour la Librairie... et les lecteurs, par Denis Mollat & Cie, éd. "autrement", 2016.