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  • Revue de presse BD (224)

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    + Sur son site "Gallica", la Bnf exhume des petits trésors graphiques en numérisant ses archives. Les services de la bibliothèque ont ainsi publié le carnet de voyage de l'explorateur René Caillié (1799-1838), qui fut le premier Européen à pénétrer dans la cité (interdite aux blancs) de Tombouctou, au Mali (et à en revenir vivant), déguisé en Arabe musulman. Ce fils de bagnard, originaire de Mauzé-sur-le-Mignon près de La Rochelle, fut qualifié d'"explorateur le plus intrépide de son temps" par Jules Verne, et décoré de la Légion d'Honneur par le gouvernement français.

    Le carnet comporte quelques dessins descriptifs, dont ce lavis à la fois précis et émouvant représentant la façade de la grande mosquée de Tombouctou (folio 73r).

    + Rien n'indique mieux la valeur religieuse de l'art moderne que les ventes auxwebzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,revue,presse,hebdomadaire,février,2017,actualité,info,gallica,bnf,rené caillié,tombouctou,mosquée,verlaine,rimbaud,six-coups,sotheby's,charleville-mézières,karl marx,girgir,moïse,erdogan,satirique,siné,charlie-hebdo,nicolas canteloup,homphobe,europe 1,liberté d'expression,thèse,universitaire,alain saint-ogan,julien baudry,hergé,zig et puce,charivari,intransigeant,humour enchères de reliques ayant appartenu aux représentants emblématiques de l'art moderne occidental. Rimbaud en fait partie ; le revolver six-coups qui avait servi au poète Verlaine à tirer sur son jeune amant s'est ainsi vendu un prix fou lors d'une récente vente (un demi-million environ).

    Plus récemment une petite planche de bande-dessinée tracée d'une main maladroite par Rimbaud enfant a été vendue aux enchères par la maison Sotheby's, qui l'estimait à 150.000 euros (finalement préemptée par le musée de Charleville-Mézières) ; cette somme stupéfiante illustre la convergence de nature entre l'art moderne et l'argent.

    La poésie de Rimbaud n'a plus grand-chose à voir dans cette excitation charognarde autour de sa dépouille. Certains journaux s'interrogent parfois sur ce qui demeure actuel dans le propos de Karl Marx : son propos sur la valeur mystique de l'argent, et l'aliénation qui en découle, est on ne peut moins démodé - Marx demeure aussi subversif parce qu'il prive de toute crédibilité l'argumentaire des "valeurs laïques républicaines", en montrant que le fanatisme religieux peut parfaitement revêtir le costume laïc (ce qu'il a déjà fait pendant une bonne partie du XXe siècle).

    + Un dessin publié dans le magazine satirique "Girgir" a été censuré par lewebzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,revue,presse,hebdomadaire,février,2017,actualité,info,gallica,bnf,rené caillié,tombouctou,mosquée,verlaine,rimbaud,six-coups,sotheby's,charleville-mézières,karl marx,girgir,moïse,erdogan,satirique,siné,charlie-hebdo,nicolas canteloup,homphobe,europe 1,liberté d'expression,thèse,universitaire,alain saint-ogan,julien baudry,hergé,zig et puce,charivari,intransigeant,humour gouvernement turc ; ce dessin ironique à l'égard de Moïse a provoqué les réactions outrées des représentants des communautés juive et musulmane en Turquie ; le porte-parole du président R. Erdogan a qualifié le dessin "d'indécent et haineux".

    Pour autant on ne peut opposer la liberté de la presse française à la censure turque ; les tabous ne sont tout simplement pas les mêmes en France et en Turquie. Récemment, l'humoriste et imitateur Nicolas Canteloup a jugé bon de s'excuser après un sketch estimé "homophobe", diffusé par "Europe 1". Ce cas de censure est particulièrement intéressant, car il met en avant une cause de censure rarement évoquée, bien que puissante : le clientélisme ; en effet, au-delà des principes, on peut penser que c'est la peur de perdre des auditeurs qui a motivé les excuses de la station de radio pour ce "dérapage".

    Le cas de "Girgir" n'est d'ailleurs pas sans rappeler "l'affaire Siné", puisque le directeur de la publication  de "Girgir" s'est désolidarisé du dessin et du dessinateur, publié selon lui par erreur, à cause de la fatigue. Philippe Val, pour tirer du pétrin "Charlie-Hebdo", aurait eu bien du mal à contraindre Siné à des excuses.

    Quoi qu'il en soit, la limite du respect de l'ordre public, assignée à la liberté d'expression, souligne à quel point celle-ci est "théorique" ; d'une part parce que la notion d'ordre public est parfaitement arbitraire ; secundo parce que, derrière la censure religieuse, c'est largement une notion d'ordre public qui se cache. Rien de plus mensonger et/ou idéologique que "l'histoire du progrès de la liberté d'expression".

     + Dans sa thèse universitaire (2015 - Université Paris-Diderot), Julien Baudry traite d'un aspect méconnu de la carrière d'Alain Saint-Ogan (1895-1974), dessinateur parisien de BD connu pour son oeuvre propre ("Zig & Puce"), mais encore plus pour avoir nettement influencé Hergé ; l'aspect méconnu est la carrière de dessinateur de presse et d'humoriste de Saint-Ogan ("Le Petit Parisien", "Le Charivari", "L'Intransigeant", "Dimanche illustré", "Le Rire", "La Dépêche de Toulouse", etc.). Cette étude est d'abord l'occasion de se pencher sur l'articulation entre la bande-dessinée enfantine et le dessin de presse (dont le support commun furent les journaux), deux genres qui entretiennent des rapports étroits, en même temps qu'ils peuvent s'opposer.

    C'est avant tout pour des raisons lucratives que Saint-Ogan changea d'orientation professionnelle et abandonna le dessin d'humour dans la presse au profit de la BD enfantine. Dessinateur médiocre, il était plus doué pour cette dernière activité, et de plus le déclin de la presse satirique l'y poussa. J. Baudry note le goût marqué de Saint-Ogan pour la presse et les médias, plus encore que pour le dessin (formé aux "Arts Déco") ; cela explique sa reconversion ultime dans la radio.

    L'épaisse thèse (500 p.) comporte heureusement une annexe regroupant un grand nombre de dessins humoristiques de Saint-Ogan.

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    Couverture par Saint-Ogan de "L'Anti-Boche", journal de propagande publié pendant la guerre (1915).

     

  • Revue de presse BD (162)

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    + La petite souris de Plantu et son auteur bénéficient d'une tribune de premier plan, à savoir la "Une" du "Monde". Dans "Souris et tais-toi", à paraître en novembre prochain, Plantu aborde la question de l'autocensure et du "politiquement correct" croissants. On sait que Plantu ne fait pas l'unanimité au sein des dessinateurs de presse, pour diverses raisons (de son vivant, Cabu n'hésitait pas à l'égratigner). La meilleure raison est que Plantu officie au "Monde", quotidien pas très sérieux d'un point de vue satirique.

    La censure est en Occident surtout officieuse et indirecte. A. Huxley faisait remarquer que la "liberté sexuelle" ou la "liberté de jouir" devient la seule liberté dans les pays capitalistes ; en effet, rien n'est plus "politiquement correct" que la pornographie aujourd'hui. La quantité astronomique d'ouvrages parus et paraissant est aussi une cause de censure indirecte. L'exégèse universitaire est encore un autre moyen, qui consiste à amoindrir la portée de certains philosophes subversifs ; sur le plan politique, la liberté consiste principalement dans l'interdiction de l'opinion adverse.

    + Frédéric Potet, spécialiste de la BD au "Monde", conclut un "papier" d'une pleine page consacré au collectionneur Jean-Arnold Schoofs (24 oct.) par ces mots : "L'âge de l'angélisme est loin en bande-dessinée, définitivement". Le collectionneur qui cachait à sa femme qu'il dépensait leurs économies en planches de BD et dessins originaux, et à qui ses enfants en voulaient de dilapider le patrimoine familial, vient de vendre aux enchères une bonne partie de sa collection chez Sotheby's.

    + "Le Papyrus de César", dernier album d'Astérix, tiré à deux millions d'ex. a envahi les étals des libraires. C'est encore Frédéric Potet qui, dans "Le Monde" (23 oct.) décrit en détail la fabrication de cette "poule aux oeufs d'or" éditoriale. Il semble que ce n'est pas une mince affaire pour les repreneurs de la série, Conrad et Ferri, de satisfaire aux exigences du service marketing des éds Albert-René, d'Uderzo et de la fille de René Goscinny qui supervisent l'album. A certaines déclarations des auteurs, on devine qu'ils en ont déjà ras-le-casque.

    + Un nouvel accrochage a été décidé pour fêter les trente ans du Musée Picasso, installé dans l'hôtel Salé. Celui-ci renferme la plus importante collection d'oeuvres signées du pape incontesté de l'art moderne. Le ticket d'entrée, assez cher (autour de 10 euros), fait oublier que Picasso fut un pape communiste. Dans une ambiance un peu feutrée, on peut admirer une variété d'oeuvres un peu monotone : à la fois Picasso explore des sujets (le paysage n'est pas son point fort) et des techniques différentes (il a un tempérament de sculpteur), mais on reconnaît sa "patte" (de minotaure). Le culte de la personnalité est plus net que dans des musées consacrés à plusieurs artistes. Laurent Le Bon, chargé de la nouvelle disposition, explique d'ailleurs que Picasso soignait et contrôlait son image dans la presse ; à l'instar de certains politiciens, il fut son propre thuriféraire. On peut y voir une disposition d'esprit macabre et féminine, non seulement la vitalité et la fécondité dont tout le monde parle.

    "On n'a pas un Picasso sacralisé, même s'il y a énormément de chefs-d'oeuvre", indique Laurent Bon de la manière la plus ambiguë qui soit, c'est-à-dire trahissant cette nouvelle forme de sacralité contenue dans l'art moderne, qui n'ose pas dire son nom mais qui est bel et bien présente.

    + Après onze numéros, la revue de bande-dessinée "Aaarg !" distribuée en librairie doit s'interrompre, faute de trésorerie. Son rédacteur en chef Pierrick Starsky avouait déjà récemment avoir été contraint de revoir la rémunération des contributeurs à la baisse. "Aaarg !" devrait se métamorphoser en magazine mensuel et inclure quelques pages "d'actualité". René Goscinny avait réagi ainsi à la concurrence de "Charlie-Hebdo", créant dans "Pilote" des pages d'actualité.

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  • Revue de presse (7)

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    - Les Belges hyper-narcissiques de «L’Employé du Moi» ont conçu récemment un site qui permet de fabriquer des mini-fanzines automatiquement. On peut y imprimer et lire, notamment, un «Gladiateur» par Gilles Rochier. Question : à quoi ça sert que «Zébra» se décarcasse ?

    - «V pour Vendetta» d’Alan Moore est une BD présentée par le forum belge ActuaBD comme «le bréviaire de l’anarchie», parce que le mouvement de hackers «Anonymous» a pris le masque d’Alan Moore pour emblème. A. Moore se réclame de Georges Orwell, mais on pense aussi à Hamlet, qui se sert du théâtre pour dénoncer le système et retourner le jeu de masques contre lui.

    - «La production artistique de Robert Crumb témoigne d’une misanthropie et d’une misogynie finalement peu compatibles avec l’esprit hippie.» Ce verdict est signé Julien Foussereau, dans un article du dernier n° du mensuel de BD gratuit «Zoo» (p. 72). Au fait, « Zoo », rempli à ras bord de pubs, est compatible avec quoi au juste ?

    Jean-Marc Thévenet, expert pour le compte de Sotheby’s, présente les planches du tâcheron qui fait de la BD de l’artiste italien Lorenzo Mattotti. Hélas, trop occupé à soigner la cote de son poulain, notre expert en oublie de donner la recette : pour être moderne, une œuvre d’art doit impérativement être spéculative. C’est toute la difficulté de l’art moderne ; il s’apparente au funambulisme puisque l’artiste moderne doit être capable d’inclure sa propre cote dans son œuvre (c’est-à-dire la marge qui permettra à ses admirateurs futurs de spéculer sur son compte). Ah, il y a quand même un truc assez efficace pour être moderne, c’est de partir du principe qu’on est déjà mort, exactement comme fait Dante dans sa «Divine Comédie», qui était vachement en avance sur notre époque, quand on y songe.

    - Comme la vie moderne a tendance à se réduire à une SUCCESSION D’ACTES ADMINISTRATIFS, le Tampographe Sardon, rigolo fonctionnaire de lui-même afin d’éviter d’asservir autrui, tente d’introduire dans la statistique sèche un peu de causticité, histoire de faire passer la pilule. Cependant, le tampographe en a parfois ras la casquette, et sa conscience professionnelle vacille : il préfère alors se raconter ses rêves à lui-même : «Je fais des rêves amusants, en pleine journée (par exemple : je passe enfin le permis à 42 ans. J’ai une super bagnole de connard, rouge, décapotable. Je pars en vacances pied au plancher, je conduis comme un con, je rate un virage, ma voiture fait plusieurs tonneaux, je suis éjecté de l’habitacle, projeté en l’air…

    (Par la présente, nous informons M. V. Sardon qu'il a, dans un excès de zèle, inventé le permis de conduire les autos-tamponneuses.)

    Ouf, c'est tout pour cette fois !