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riad sattouf - Page 3

  • Des BD et des hommes

    La Semaine de Suzette Zombi. Mercredi : Riad Sattouf ("L'Arabe du Futur") a demandé que son nom soit retiré d'une liste d'auteurs nominés pour le grand prix du prochain festival d'Angoulême, au motif qu'aucune femme ne figure dans cette liste. Franck Bondoux, directeur de cette manifestation commerciale et culturelle, a répliqué que les femmes qui font de la BD sont rares (environ 12 %), et qu'il y a également très peu de femmes-peintres exposées dans les collections du Louvre.

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  • Revue de presse BD (157)

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    + Interviewé par le webzine "The Dissident" (18 sept.), Siné balance, "brutal et sans nuances" : "Je ne peux pas me réjouir des malheurs de "Charlie-Hebdo", mais ça reste une bande de mecs pas fréquentables." Et d'invoquer les poursuites pour antisémitisme à son encontre, l'ambition de P. Val, etc., pour justifier son animosité.

    En réalité, Siné est bien obligé de se réjouir des malheurs de "Charlie-Hebdo", car les retombées médiatiques de l'attentat ont dopé les ventes de "Siné-Mensuel" (autour de 50.000 ex. désormais). Siné brille par sa franchise, mais pas toujours par sa logique. Il se dit "anarchiste", mais en même temps passionné par la politique - en effet "Hara-Kiri" n'était pas assez politisé à son goût. Il est vrai qu'il y a autant de partis anarchistes que de partis politiques, et que même le nietzschéen M. Onfray signait dans "Siné-Hebdo" (difficile de faire moins anar et antirévolutionnaire que Nietzsche).

    Plus incohérent encore, Siné relate sa relation amicale avec Malcolm X et, pour démontrer que le rebelle noir ("Nation of Islam") n'était pas un musulman sincère, dit (à Spike Lee) : "Tu le fais passer pour un croyant. Pas du tout ! Il a fait de la frime pour avoir le plus possible de militants dans ses rangs." Or, le premier reproche que l'on peut adresser à un chef religieux, quel qu'il soit, c'est justement de "faire de la frime" pour recruter des militants.

    + La démission de Luz de "Charlie-Hebdo", annoncée avant l'été, est confirmée. Le dessinateur de presse affirmait alors ne plus trouver dans l'actualité une inspiration suffisante.

    + Sur son blog, F. Forcadell ironise sur des propos tenus par Plantu lors d'un énième colloque solennel consacré à la caricature et au dessin de presse : "Cette rencontre va nous faire réfléchir sur ce qu'on peut dire aujourd'hui, ce qu'on ne peut pas dire, jusqu'où on peut aller, quelle est la ligne rouge." (Plantu) F. Forcadell réplique : "Brider la liberté d'expression, limiter la liberté de création, n'est jamais bon signe dans une démocratie où la loi permet déjà de réguler tout débordement." A son tour F. Forcadell nous fait sursauter avec "la loi permet déjà de réguler tout débordement", car elle revient à accorder aux tribunaux le pouvoir de tracer la "ligne rouge" dont parle Plantu ; on sait d'ailleurs les efforts du ministère de l'Intérieur pour mettre en place une police de l'Internet. Le mérite de "Charlie-Hebdo" ne vient-il pas précisément d'avoir osé affronté les institutions de la Ve République dans les années 70 ? Dernièrement, ce n'est pas "Charlie-Hebdo" mais bien Plantu (et le "New-Yorker") qui ont plaidé pour la liberté d'expression de l'humoriste Dieudonné. On peut observer lors de ce type de débat sur la liberté d'expression des points de vue radicalement différents s'exprimer.

    + La BD franco-belge est-elle du dessin animé pour les pauvres ? On pourrait le croire, en voyant Bob de Moor, grouillot de Hergé, travailler.

    + "L'Arabe du Futur" tome 2, par Riad Sattouf (qui prévoit encore deux tomes) a été diffusé en feuilleton dans "Le Télégramme de Brest" à la fin de l'été (Sattouf est à moitié Breton) ; le régime syrien d'Hafez-el-Assad s'inspirait du modèle républicain ; les châtiments corporels à l'école permettaient un enseignement strict et égalitaire : ainsi invoquer la situation haut placée de son père n'évite pas au petit Riad un coup de règle appuyé de sa maîtresse, bien au contraire ; les nostalgiques de la IVe République, comme Natacha Polony, Eric Zemmour ou J.-C. Brighelli, devraient kiffer cette BD ambiguë.

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  • L'Île aux Femmes**

    La guerre des sexes n'en finit pas ; les cafés-théâtres sont pleins d'humoristes plus ou moins inspirés,webzine,zébra,gratuit,bd,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,ile aux femmes,glénat,zanzim,frédéric Leutelier,hubert,aristophane,lysistrata,riad sattouf,no sex in manhattan,bégaudeau,oubrerie,mâle occidental contemporain,humour qui exploitent à fond le filon des petites turpitudes et des grands espoirs déçus du couple.

    A vrai dire le sujet n'est pas tout à fait neuf, puisque le poète comique Aristophane, plusieurs siècles avant J.-C., faisait déjà rire son public avec une grève du sexe, décidée par les femmes pour faire cesser la guerre menée par leurs maris ("Lysistrata" (411), jouée pendant la guerre du Péloponnèse) - une variation sur le slogan : "Faites l'amour, pas la guerre !".

    La BD n'a pas manqué de s'emparer de ce thème porteur. Commandé par "Libération", Riad Sattouf publia il y a quelques années "No Sex in Manhattan", satire des moeurs sexuelles et amoureuses new-yorkaises, dans laquelle il souligne malignement la ressemblance entre les entretiens d'embauche et les rencards amoureux ("date"), au cours desquels de braves types américains s'évertuent à convaincre des jeunes femmes pleines d'ambition qu'ils constituent un bon placement. On comprend, en filigrane, que la compétition économique est une guerre comme une autre.

    Plus récemment, "Le Mâle Occidental contemporain" (Bégaudeau/Oubrerie) fut un succès de librairie. Les auteurs voulaient montrer le désarroi du jeune bobo parisien "en mal d'amour" (Aristophane est plus direct et ne fait pas usage d'euphémismes), confronté à de jeunes femmes averties sur la valeur des flatteries masculines et moins pressées que naguère de faire leur choix. L'album fit cependant grincer quelques dents, car il montre les jeunes femmes pétries de principes féministes sous un jour un peu... austère.

    "L'Île aux Femmes", engageant par son dessin vif et enlevé (Frédéric Leutelier alias Zanzim), sa mise en couleur itou, laisse présager dès la couverture une fable caustique. Céleste Bombard, un aviateur de la Grande Guerre, au passé de séducteur, fait accidentellement naufrage sur une île exclusivement peuplée de femmes, une sorte de tribu d'Amazones, mais non amputées et toutes plus girondes les unes que les autres. Hélas pour lui, sa déception est à la mesure de son érection quand il constate que ces femmes sont très remontées contre le sexe dit "fort", dont la seule contribution à la perpétuation de l'espèce est respectée une fois l'an. Et encore, ces femmes sévères ont pour coutume d'amputer une jambe de leur étalon afin d'adoucir ses ardeurs. Seule l'habileté de notre otage à cuisiner des petits plats français lui vaut un peu de mansuétude ; puis à réciter des histoires d'amour romantiques. Mais les amateurs (ou amatrices ?) d'humour misogyne en seront pour leur frais. Sans dévoiler la chute, on peut dire que le conte cocasse vire à la fable féministe. Céleste s'amende, et va s'intéresser aux femmes non plus seulement par appétit pour leurs formes et les promesses paradisiaques qu'elles recèlent, mais aussi pour leur âme.

    "L'Île aux Femmes" convaincra surtout les utopistes tenants de l'harmonie entre les sexes. Les autres s'en tiendront sans doute à Aristophane, plus réaliste.

    L'Île aux Femmes, Zanzim, Glénat 2015.

     

  • Revue de presse BD (152)

      Extraits de la revue de presse illustrée publiée chaque semaine en intégralité dans l'hebdo Zébra.

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    Pamphlet en BD condamné pour diffamation

     

    + « Ce n’est pas parce que vous dessinez que vous avez le droit de tout faire. » : un conseiller cantonal du FN de Carpentras a ainsi commenté la décision de justice en sa faveur, condamnant François Corteggiani à 3.000 euros d’amende et autant de dommages-intérêts pour diffamation. Cet auteur de BD (« La Jeunesse de Blueberry », « Pif », « Alix »), de surcroît employé par « L’Humanité dimanche », avait publié et distribué sur les marchés un pamphlet illustré de six pages contre l’élu FN (F. Corteggiani compte faire appel).

    Ignorant le dossier, en particulier la portée des jurons infligés à l’élu FN dans « Hervé le Lapinot » (titre du pamphlet), jurons qui semblent empruntés au capitaine Haddock, on s’abstiendra de commenter davantage cette affaire. Mais une chose est sûre, pour avoir « le droit de tout faire », mieux vaut être ministre de la République que dessinateur.

    Ce type de condamnation n’est pas moins dissuasif qu’une « fatwa » lancée de l’étranger, et souvent les rédacteurs en chef redoutent plus les procès que les menaces de mort.

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  • Revue de presse BD (139)

    Extraits de la revue de presse illustrée publiée dans l'hebdo Zébra.

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  • Caricature Riad Sattouf

    La revue de presse BD de la semaine est dans l'hebdo #6, que vous pouvez télécharger gratuitement en suivant ce lien. On y cause, entre autre, de l'actualité tentaculaire de Riad Sattouf.

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  • Orientalisme****

    Nicolas Presl a le don avec ses albums muets de plonger le lecteur dans une ambiancewebzine,bd,gratuit,zébra,bande-dessinée,fanzine,critique,kritik,orientalisme,nicolas presl,atrabile,jérôme bosch,enfer,chrétien,riad sattouf,arabe du futur,turquie,kouchner,hydrie,heureux qui comme oppressante. Non seulement le parti-pris de chasser le texte pour laisser toute la place au dessin, ce qui oblige à en renforcer l’expressivité, mais encore le style composite de Presl -étrange comme celui de Picasso-, produisent ensemble cette sensation d’oppression.

    Les BD de N. Presl fascinent comme un Jérôme Bosch, bien que celui-là ne cherche peut-être pas à délivrer le même message chrétien que Bosch : la société, c’est l’enfer, catastrophe sans remède humain. Une philosophe juive parle aussi de la société comme d’un « gros animal » ; en temps de guerre, quand le dragon crache le feu, cette métaphore est compréhensible par tous, mais « en temps de paix », quand le gros animal ronronne, tel un chat digérant ses proies ou des lions qui rotent dans la savane après leur dîner, seuls des artistes comme Bosch ou Presl devinent le danger derrière la publicité, l’imagerie complaisante, et savent faire ressortir que le gros animal est seulement assoupi, prêt à dévorer de nouveau dès que le besoin s’en fera sentir.

    Pour ainsi dire, la bête ne fait qu’enfler. Nicolas Presl parle en effet d’une société mondialisée, ultime ; dans son dernier album comme dans le précédent (« Heureux qui comme »), voire peut-être le premier (« L’Hydrie »), bien qu’il soit situé dans la Grèce antique ; la société ne forme pas seulement un tout dans l’espace géographique, mais aussi dans le temps, l’homme semblant répéter à l’infini les mêmes erreurs.

    « Orientalisme » traite comme le récent « Arabe du Futur » de Riad Sattouf de la confrontation du Nord et du Sud, que ces deux auteurs présentent comme un dialogue de sourds. Les scènes d'« Orientalisme » se déroulent en Turquie, une Turquie rurale qui peut passer dans le meilleur des cas pour pittoresque du point de vue occidental -au pire pour un moyen-âge arriéré. Riad Sattouf décrit même ce phénomène, à l’intérieur des pays arabes, d’élites occidentalisées qui n’hésitent pas à conduire à coups de trique et de bottes les populations rurales musulmanes sur la voie du progrès social.

    Le moins qu’on puisse dire, c’est que la décolonisation n’a pas dissipé le malentendu entre les peuples. Le laconisme de Presl, par comparaison avec Sattouf, souligne plus encore la tension. On se situe à l’opposé de Hergé, apôtre de la colonisation, et donc de l’amitié entre les peuples du monde, sans doute d’une manière que l’on peut trouver démodée, mais qui n’est guère plus condescendante que les méthodes nouvelles (B. Kouchner sera peut-être démodé avant Tintin). Avec N. Presl le vernis des bonnes intentions, dont l’enfer est pavé, craque. « Orientalisme » est un titre ironique.

     

    « Orientalisme », Nicolas Presl, eds Atrabile, 2014.