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hergé

  • Revue de presse BD (263)

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    + Les ayant-droits de Hergé sont peu soucieux de mettre en avant le catholicisme du père de Tintin, car celui-ci constitue un obstacle à la reconnaissance de Hergé comme artiste. Avec son essai "Hergé, le diable et le bon dieu" (Desclée de Brouwer), Bob Garcia n'hésite pas à mettre les pieds dans le plat.

    On sait que Georges Rémi a reçu une éducation catholique et qu'il a eu pour mentor un ecclésiastique, l'abbé Wallez, résolu à exploiter la bande-dessinée comme moyen de propagande. Pour autant, "Tintin" a-t-il un lien avec le catholicisme ? La propagande par l'image est sans doute une caractéristique catholique, mais les aventures de Tintin & Milou sont loin d'être une illustration ou une défense de la foi catholique comme la peinture de Tintoret ou du Caravage.

    Tintin illustre plutôt le patriotisme belge, à la fois anticommuniste, antiaméricain et colonialiste (occultant le pillage du Congo par les entrepreneurs belges); la religion catholique n'est qu'un aspect secondaire de ce patriotisme. Les convictions religieuses de Hergé semblent avoir évolué au fil du temps ; plus persistants furent ses principes écologistes, appris chez les boy-scouts, qui le marquèrent plus que telle ou telle idéologie.

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    Tête de chouette par François Martinet

    + La bibliothèque virtuelle de la biodiversité (Biodiversity Heritage Library) a mis en ligne (Flickr) plus d'un million de dessins, croquis et photographies représentant la faune ou la flore. Les illustrateurs et auteurs de bande-dessinée qui travaillent souvent à partir d'une documentation pourront puiser dans ce stock d'images exceptionnel (cf. ci-dessus).

    "On vit dans un monde où le réel est en concurrence avec l’opinion à tous les niveaux." déclare Philippe Val dans "Le Coq des Bruyères", où il est interviewé par Agathe André (ex-journaliste à "Charlie-Hebdo").

    Sur ce point l'ancien rédacteur en chef de "Charlie-Hebdo" fait preuve de lucidité, bien qu'il faut ajouter que le gouvernement par l'opinion, la rumeur et les "fake-news", est largement orchestré par les médias et les élites politiques...

    De plus, en entrant avec "Charlie-Hebdo" dans le jeu politique, P. Val s'est exposé à des polémiques violentes et des insultes qui sont monnaie courante sur ce terrain.

    Pour le reste, Philippe Val est plus proche de l'incantation et du cours d'éducation civique que de la satire. La liberté d'expression est enseignée dans l'école républicaine (y compris dans l'enseignement privé, soumis à un programme commun) quasiment comme... un dogme ; quelques affaires judiciaires récentes illustrent cette situation ubuesque. Or l'étatisme à la française, peut-être sans équivalent dans le monde, non seulement est un moyen de censure (il rend le contrôle de la presse et des médias audio-visuels plus facile, par exemple), mais il est aussi sans doute le produit d'une certaine censure.

    On peut se demander si cet étatisme n'est pas la cause de l'engouement non moins extraordinaire des Français pour l'internet, c'est-à-dire un média alternatif, souvent perçu et décrit comme une menace par les représentants de l'ordre public républicain.

    NB : le "Coq des Bruyères" est une publication satirique en ligne fondée en 2006 par Patrick Font, ex-partenaire de scène de Philippe Val.

    + La bande-dessinée didactique a le vent en poupe, mais elle s'avère souvent un moyen de propagande. Nous reviendrons sur le cas de Marion Montaigne, qui assimile la technique à la science dans ses BD et ses dessins-animés humoristiques de vulgarisation. Le label de la science est ainsi accordé à des découvertes ou inventions qui ne souvent que le fruit de tâtonnements hasardeux.

    Dans cette BD en ligne, il s'agit d'élucider de façon pseudo-scientifique le "terrorisme individuel" ; traduisez : le terrorisme qui ne trouve pas sa motivation dans une fatwa, dont les exemples ne manquent pas dans l'actualité récente.

    En résumé : l'individualisme est suspect a priori, et seul un certificat médical lui fournira une excuse valable. On est plus près ici du scénario d'une série américaine jouant sur la peur que du propos didactique.

    Le caractère distinctif du terrorisme en réalité n'est pas sa violence, qui focalise l'attention, c'est sa violence assumée. Il existe une violence sociale, voire institutionnelle, quantitativement beaucoup plus meurtrière, mais en revanche presque taboue, ou considérée comme un "dommage collatéral", qui ne soulève pas ou peu d'indignation.

    Le fait d'assumer la violence de la part des terroristes, comme de la minimiser de la part des institutions, ce sont là deux surtout deux stratégies différentes.

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  • Revue de presse BD (253)

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    Editorial cartoon par Willem.

    + Willem ("Libération") sait faire ce que Plantu, en plus de quarante années de carrière au "Monde", n'a jamais réussi : résumer un fait ou un phénomène d'actualité et éviter ainsi au lecteur de se farcir un éditorial fastidieux. Willem est un génie de la presse quotidienne échoué dans un pays où la presse quotidienne n'a pas plus d'intérêt qu'un sermon dominical.

    + A propos de la guerre picrocholine entre Edwy Plenel/"Médiapart" et Riss/"Charlie-Hebdo", le journaliste Daniel Schneidermann ("L'Obs") rappelle que la guerre des mots fait vendre du papier (journal). On ne rappellera jamais assez le lien entre la guerre et le commerce dans une civilisation qui a atteint simultanément un degré de mercantilisme et un degré de bellicisme inédits dans l'Histoire.

    + La revue "Topo", qui fait une large part aux dessins et aux dessinateurs, se fait un devoir de décrypter l'actualité pour un public d'adolescents. Sa rédactrice en chef, Charlotte Miquel, invoque les mânes de "Charlie-Hebdo" ; on aurait tort de prêter à "Charlie-Hebdo" une intention didactique. Il n'en a pas, ou très peu. La caricature, dans "Charlie-Hebdo", va du grossier pamphlet dans la tradition républicaine à la satire plus subtile.

    L'originalité de "Charlie-Hebdo" fut d'être un journal qui prenait ses distances avec l'actualité; avant d'être ramené peu à peu par ses derniers rédacteurs en chef (P. Val, Charb et Riss) dans le giron du journalisme, dont l'actualité et l'information constituent la matière première, découpées ensuite à la convenance des patrons de presse.

    + Plusieurs dessinateurs et journalistes de "Charlie-Hebdo" se sont plaint récemment d'avoir reçu des menaces de mort via les réseaux sociaux. Mais les caricatures de Mahomet ont elles aussi fait planer une menace sur de petites communautés d'Occidentaux isolées dans des pays musulmans, désignant ces communautés à la vindicte.

    La menace et le danger sont partout, même s'ils sont moins perceptibles dans les pays occidentaux privilégiés. "Si certaines personnes peuvent dormir en paix dans leurs lits, c'est seulement parce que des brutes se tiennent prêtes à défendre cette tranquillité au prix de la violence.", rappelle G. Orwell.

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    + Les admirateurs de Tomi Ungerer peuvent lui souhaiter son 86e anniversaire en envoyant un dessin à sophie@tomiungerer.com (avant demain vendredi). Ungerer fut la coqueluche des éditeurs américains avant de choquer la bonne société new-yorkaise en la prenant pour cible de dessins satiriques. Le site internet consacré aux dessins d'Ungerer va être entièrement remanié.

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    + Roger Leloup, dans cette interview à Kaboom-BD, donne la recette d'une série à succès mettant en scène une jeune japonaise, "Yoko-Tsuno" : mélange d'intuition, d'implication personnelle, de travail acharné et de volonté d'indépendance.

    Cet ancien employé émancipé du studio Hergé, chargé de dessiner certains éléments de décors particulièrement techniques, raconte aussi les coulisses de la fabrication de Tintin.

    + Certains auteurs de BD, illustrateurs ou caricaturistes vendent des dessins originaux sur leurs sites pour arrondir leurs fins de mois (ou les boucler). Ainsi Loïc Sécheresse vend une série de chiens, peints à l'aquarelle, dignes d'un peintre animalier. Ce dessinateur a visiblement tiré profit de son expérience de caricaturiste politique pour peindre la gent canine.

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  • Le Sacre de la Bande-dessinée

    Si ce numéro de l'épaisse revue "Le Débat" (mai-août 2017), intitulé "Le sacre de la bande-dessinée", prouve webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,le débat,gallimard,sacre,groensteen,dagen,mouchart,peeters,nathalie heinich,hergé,rémi brague,jean-luc marion,artificationbien une chose, c'est l'intellectualisme ambiant.

    Outre les thuriféraires professionnels habituels de la bande-dessinée que sont T. Groensteen, B. Mouchart ou B. Peeters, le sommaire de "Le Débat" regroupe en effet quelques universitaires polyvalents, tels que Rémi Brague ou Jean-Luc Marion, des chercheurs au CNRS, un ex-politicien (Hubert Védrine), des critiques d'art (Philippe Dagen, Fabrice Piault) - ainsi que quelques autres plumitifs, journalistes ou romanciers.

    D'emblée il saute aux yeux que, contrairement à Napoléon, les auteurs de BD ne sont pas assez fortiches pour se coiffer eux-mêmes de la couronne. En effet, Jacques Tardi est le seul auteur qui participe à cette cérémonie, et encore, c'est pour notifier son désintérêt : - ça m'indiffère totalement, même si, à mon avis, le but d'une bande-dessinée est d'être imprimée et lue dans un livre ou un journal et pas d'être exposée sur un mur. Présenter des planches comme des oeuvres d'art flatte peut-être certains auteurs en quête de reconnaissance, mais ça ne m'intéresse absolument pas.

    Comme Tardi est poli, il n'envisage que la flatterie, sans mentionner l'aspect mercantile, pourtant caractéristique de la production d'oeuvres d'art contemporaine, bien au-delà de la seule bande-dessinée. Quelle production se prête mieux à la spéculation financière que la production artistique ? Aucune, car la valeur de l'art aujourd'hui est on ne peut plus incertaine. En atteste le triplement récent des bénéfices sur le marché de l'art, au point que l'on peut parler (sans jeu de mots) de "bulle spéculative" dans ce domaine. Les artistes et leurs producteurs joueront-ils un rôle déclencheur dans la prochaine crise mondiale et ses dommages collatéraux (guerres civiles, famines, génocides, terrorisme) ?

    La spéculation est caractéristique -ô combien- du génie ultra-moderne. Il aurait ainsi convenu de se demander plus précisément, pour éviter des digressions oiseuses, si la BD est un art spéculatif, et dans quelle mesure ?

    Le débat, qui selon l'apparence constitue la raison sociale de cette revue, est hélas à peu près absent de ses pages, qui relatent de façon très séquentielle et narrative comment les auteurs de bande-dessinée sont devenus des gens respectables en dépit de leur inaptitude atavique à se vêtir convenablement et s'exprimer sans fautes d'orthographe.

    Pourquoi la bande-dessinée est-elle soudain en odeur de sainteté ? Est-ce dû à la disparition de toute forme d'esprit critique dans la société de consommation, ou bien à une autre raison ? On aurait pu se poser la question, laisser des avis divergents s'exprimer. Quelques réserves anciennes, ça et là, sont bien évoquées, mais c'est pour les qualifier aussitôt de "caduques". Comme la plus pertinente de ces critiques fait le lien entre la bande-dessinée (et le cinéma) et la "culture de masse", stigmatisant celle-ci comme un phénomène totalitaire, doit-on en déduire que la critique du totalitarisme est caduque ?

    On aurait pu aussi relever que la bande-dessinée à l'usage du jeune public ("Tintin") se prête particulièrement au jeu de "l'artification" de la BD, pour reprendre l'expression hideuse de la sociologue Nathalie Heinich (la laideur de son vocabulaire est le principal gage de sérieux de la sociologie). C'est probablement dû à la sophistication des moyens mis en oeuvre dans ce genre destiné aux enfants où l'ellipse n'est pas permise. Si la ligne de Hergé est "claire", c'est surtout du point de vue du récit, exempt de "second degré" ; celui-ci est caractéristique au contraire des ouvrages humoristiques, ou encore des fables mythologiques, tandis que les "aventures de Tintin" sont dépourvues de ce relief. Qu'elle ait un ressort "inconscient" n'indique absolument pas la profondeur du travail d'Hergé.

    Encore une fois, ce numéro est un numéro d'intellectuels, et il en dit plus long sur le rôle de l'intellectuel (prolongeant celui du prêtre) dans la société moderne, que sur la bande-dessinée elle-même. Sur la valeur et les limites du genre de BD qu'il pratique, le propos assez pragmatique de J. Tardi est le plus éclairant.

    En feuilletant ces pages, on peut se laisser aller à son tour au jeu de la remise des prix ou des titres, dont les intellectuels sont friands :

    - "Tintin, ce n'est pas rien !" (Rémi Brague) : Prix de la "ligne claire" pour ce titre-coup de bluff.

    - "Cette déflation de la chasse au bijou (au trésor) disparu, où le vol n'est plus réel mais apparent, se marque par la déflation parallèle de la chasse aux voleurs (...)" (Jean-Luc Marion) : Prix "Alcofribas Nasier" de la tournure amphigourique destinée à camoufler l'indigence du propos.

    - "Chez Hergé, l'histoire reste un cadre, pas un matériau, comme elle l'est chez Jacobs [?] et d'autres plus proches de l'esprit d'Alexandre Dumas [?], ce géant, dans "Les Trois Mousquetaires" (Hubert Védrine) : Prix de l'euphémisme, puisque Tintin est aussi éloigné de l'histoire que l'est la propagande politique.

    - "Dans les bibliothèques publiques les plus récentes, la bande dessinée occupe une place de choix. Avec environ 20% des prêts, elle a la réputation non usurpée d'une star des bibliothèques publiques - à tel point que le terme de "produit d'appel" a parfois été prononcé à son sujet." (Antoine Torrens) : Prix "Angoulême" du plus bel emballage.

    Etc.

  • Revue de presse BD (224)

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    + Sur son site "Gallica", la Bnf exhume des petits trésors graphiques en numérisant ses archives. Les services de la bibliothèque ont ainsi publié le carnet de voyage de l'explorateur René Caillié (1799-1838), qui fut le premier Européen à pénétrer dans la cité (interdite aux blancs) de Tombouctou, au Mali (et à en revenir vivant), déguisé en Arabe musulman. Ce fils de bagnard, originaire de Mauzé-sur-le-Mignon près de La Rochelle, fut qualifié d'"explorateur le plus intrépide de son temps" par Jules Verne, et décoré de la Légion d'Honneur par le gouvernement français.

    Le carnet comporte quelques dessins descriptifs, dont ce lavis à la fois précis et émouvant représentant la façade de la grande mosquée de Tombouctou (folio 73r).

    + Rien n'indique mieux la valeur religieuse de l'art moderne que les ventes auxwebzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,revue,presse,hebdomadaire,février,2017,actualité,info,gallica,bnf,rené caillié,tombouctou,mosquée,verlaine,rimbaud,six-coups,sotheby's,charleville-mézières,karl marx,girgir,moïse,erdogan,satirique,siné,charlie-hebdo,nicolas canteloup,homphobe,europe 1,liberté d'expression,thèse,universitaire,alain saint-ogan,julien baudry,hergé,zig et puce,charivari,intransigeant,humour enchères de reliques ayant appartenu aux représentants emblématiques de l'art moderne occidental. Rimbaud en fait partie ; le revolver six-coups qui avait servi au poète Verlaine à tirer sur son jeune amant s'est ainsi vendu un prix fou lors d'une récente vente (un demi-million environ).

    Plus récemment une petite planche de bande-dessinée tracée d'une main maladroite par Rimbaud enfant a été vendue aux enchères par la maison Sotheby's, qui l'estimait à 150.000 euros (finalement préemptée par le musée de Charleville-Mézières) ; cette somme stupéfiante illustre la convergence de nature entre l'art moderne et l'argent.

    La poésie de Rimbaud n'a plus grand-chose à voir dans cette excitation charognarde autour de sa dépouille. Certains journaux s'interrogent parfois sur ce qui demeure actuel dans le propos de Karl Marx : son propos sur la valeur mystique de l'argent, et l'aliénation qui en découle, est on ne peut moins démodé - Marx demeure aussi subversif parce qu'il prive de toute crédibilité l'argumentaire des "valeurs laïques républicaines", en montrant que le fanatisme religieux peut parfaitement revêtir le costume laïc (ce qu'il a déjà fait pendant une bonne partie du XXe siècle).

    + Un dessin publié dans le magazine satirique "Girgir" a été censuré par lewebzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,revue,presse,hebdomadaire,février,2017,actualité,info,gallica,bnf,rené caillié,tombouctou,mosquée,verlaine,rimbaud,six-coups,sotheby's,charleville-mézières,karl marx,girgir,moïse,erdogan,satirique,siné,charlie-hebdo,nicolas canteloup,homphobe,europe 1,liberté d'expression,thèse,universitaire,alain saint-ogan,julien baudry,hergé,zig et puce,charivari,intransigeant,humour gouvernement turc ; ce dessin ironique à l'égard de Moïse a provoqué les réactions outrées des représentants des communautés juive et musulmane en Turquie ; le porte-parole du président R. Erdogan a qualifié le dessin "d'indécent et haineux".

    Pour autant on ne peut opposer la liberté de la presse française à la censure turque ; les tabous ne sont tout simplement pas les mêmes en France et en Turquie. Récemment, l'humoriste et imitateur Nicolas Canteloup a jugé bon de s'excuser après un sketch estimé "homophobe", diffusé par "Europe 1". Ce cas de censure est particulièrement intéressant, car il met en avant une cause de censure rarement évoquée, bien que puissante : le clientélisme ; en effet, au-delà des principes, on peut penser que c'est la peur de perdre des auditeurs qui a motivé les excuses de la station de radio pour ce "dérapage".

    Le cas de "Girgir" n'est d'ailleurs pas sans rappeler "l'affaire Siné", puisque le directeur de la publication  de "Girgir" s'est désolidarisé du dessin et du dessinateur, publié selon lui par erreur, à cause de la fatigue. Philippe Val, pour tirer du pétrin "Charlie-Hebdo", aurait eu bien du mal à contraindre Siné à des excuses.

    Quoi qu'il en soit, la limite du respect de l'ordre public, assignée à la liberté d'expression, souligne à quel point celle-ci est "théorique" ; d'une part parce que la notion d'ordre public est parfaitement arbitraire ; secundo parce que, derrière la censure religieuse, c'est largement une notion d'ordre public qui se cache. Rien de plus mensonger et/ou idéologique que "l'histoire du progrès de la liberté d'expression".

     + Dans sa thèse universitaire (2015 - Université Paris-Diderot), Julien Baudry traite d'un aspect méconnu de la carrière d'Alain Saint-Ogan (1895-1974), dessinateur parisien de BD connu pour son oeuvre propre ("Zig & Puce"), mais encore plus pour avoir nettement influencé Hergé ; l'aspect méconnu est la carrière de dessinateur de presse et d'humoriste de Saint-Ogan ("Le Petit Parisien", "Le Charivari", "L'Intransigeant", "Dimanche illustré", "Le Rire", "La Dépêche de Toulouse", etc.). Cette étude est d'abord l'occasion de se pencher sur l'articulation entre la bande-dessinée enfantine et le dessin de presse (dont le support commun furent les journaux), deux genres qui entretiennent des rapports étroits, en même temps qu'ils peuvent s'opposer.

    C'est avant tout pour des raisons lucratives que Saint-Ogan changea d'orientation professionnelle et abandonna le dessin d'humour dans la presse au profit de la BD enfantine. Dessinateur médiocre, il était plus doué pour cette dernière activité, et de plus le déclin de la presse satirique l'y poussa. J. Baudry note le goût marqué de Saint-Ogan pour la presse et les médias, plus encore que pour le dessin (formé aux "Arts Déco") ; cela explique sa reconversion ultime dans la radio.

    L'épaisse thèse (500 p.) comporte heureusement une annexe regroupant un grand nombre de dessins humoristiques de Saint-Ogan.

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    Couverture par Saint-Ogan de "L'Anti-Boche", journal de propagande publié pendant la guerre (1915).

     

  • Revue de presse BD (220)

    + Le Festival d'Angoulême qui commence tout juste est une foire aux livres qui draine une foule dewebzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,revue,presse,hebdomadaire,janvier,2017,actualité,golo,minage,festival,angoulême,argot,marsam graphics,shoah,musée,juif,éthique,histoire,hergé,gestapo,tintin,soviets,communiste,idiot international,hara-kiri,charlie-hebdo,jean-edern hallier,zarka,cruse,parti communiste,bertrand delais,nils andersen chalands grâce aux séances de dédicaces dessinées que les collectionneurs s'arrachent. Les auteurs de BD, en général habitués à une vie d'ermite, peuvent se relaxer le poignet dans l'un des nombreux troquets qui parsèment la ville ; l'un d'entre eux, "Le Café du Minage", propose une expo de planches et illustrations de Golo (pouquoi pas Goulot ?), qui dessine depuis les années 80 les bistrots et leur clientèle et décrit leurs moeurs spécifiques (expo. recommandée par l'atelier international de BD "Marsam Graphics").

    + Le Musée (mémorial) de la Shoah à Paris organise une série de colloques sur le thème de l'extermination des Juifs d'Europe au cours de la 2nde guerre mondiale, et du traitement de cet événement en BD ("Art mineur et questions majeures", le 5 février, "Varsovie en guerre ou en bande-dessinée", le 5 mars).

    Le thème de la Shoah a rarement été abordé directement en BD ; il est difficile de divertir le public à partir d'un sujet aussi dur ; Hergé parvint à amuser le jeune public tout en délivrant un message anticommuniste, ou encore antiaméricain, voire même avec la propagande coloniale belge : mais son style naïf est sans doute démodé aujourd'hui.

    De plus, la Shoah occupe une place centrale dans l'éthique contemporaine, et donc dans le "roman national" français enseigné aux collégiens et lycéens depuis les années 60-70, relayé par un certain nombre d'oeuvres cinématographiques - or c'est un cadre contraignant que celui de la morale publique pour qui veut faire oeuvre d'historien, que ce soit par le truchement de la BD ou non. On se souvient que les films de S. Spielberg et R. Benigni ont déclenché de vives polémiques en France, ceux-ci étant accusés d'irrespect.

    Comme on juge l'arbre à ses fruits, la question de l'efficacité de l'éthique de la Shoah mériterait d'être posée : - suscite-t-elle un plus grand respect des opprimés ? Ne risque-t-elle pas, comme la morale catholique autrefois, d'être rejetée par les milieux populaires ?

    + Un lecteur de Zébra m'écrit pour me signaler que le choix de la couverture du "Tintin chez les Soviets" colorisé, en vente partout actuellement, et plutôt étonnant puisqu'il montre Tintin & Milou fuyant la... Gestapo allemande (dans une automobile volée à celle-ci). C'est peut-être un clin d'oeil à Hergé, qui n'aimait pas qu'on lui rappelle son anticommunisme primitif (non pas primaire), au plus fort de la domination idéologique du parti communiste.

    + "L'Idiot international" fait partie des très rares titres de presse anticonformistes à côté de "Hara-Kiri"/"Charlie-Hebdo" au cours de la seconde moitié du XXe siècle (à l'exclusion de titres plus confidentiels).

    Un documentaire de "France 5" (par Bertrand Delais et Nils Andersen - en replay jusqu'à lundi 30) racontewebzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,revue,presse,hebdomadaire,janvier,2017,actualité,shoah,juif,musée,éthique,histoire,hergé,gestapo,tintin,soviets,communiste,idiot international,jean-edern hallier,parti communiste,bertrand delais,nils andersen,hara-kiri,charlie-hebdo,zarka,cruse,golo,minage,festival,angoulême,argot,marsam graphics,le parisien,paris,carte,google maps,jacques tardi,boboland,dupuy,berbérian,ile-de-france comment et pour quelles raisons scabreuses quelques cadres haut placés du parti communiste français à son crépuscule (P. Zarka & J.-P. Cruse) décidèrent de financer un journal satirique dirigé par Jean-Edern Hallier (1936-1997), personnalité pratiquement incontrôlable et sans opinion politique fixe. Le PCF et le dandy breton n'avaient en commun que la détestation de François Mitterrand, qui contribua à l'agonie du PCF et l'émergence du lepénisme pour le plus grand profit du parti socialiste.

    La rencontre de Jean-Edern et de Fidel Castro, destinée à légitimer le trublion Hallier auprès des électeurs communistes, reste un grand moment de cinéma, que BHL n'est pas tout à fait parvenu à égaler.

    On mesure à travers ce documentaire l'emprise délétère des partis politiques sur la vie culturelle et intellectuelle française, même si la tentative des cadres du PCF pour redorer le blason du parti était sans doute vouée à l'échec. Grâce à Jean-Edern Hallier, plus romantique que stratège, "L'Idiot international" évita de tomber dans le militantisme et le sectarisme qui va avec.

    On peut reprocher au documentaire d'atténuer la violence de la censure du régime en place et des menaces d'élimination physique à l'encontre de Jean-Edern Hallier ; la bravoure insensée du personnage ne fait qu'accentuer sa ressemblance avec Don Quichotte.

    + Initiative touristique, "Le Parisien" publie avec "Google Maps" une carte interactive de l'Ile-de-France en BD, qui permet de situer sur une carte les lieux qui ont servi de décors à tel ou tel dessinateur. Jacques Tardi est très représenté ; en revanche on note l'absence de Dupuy et Berbérian à travers leur BD satirique "Boboland".

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  • Revue Dada-Hergé**

    La revue «Dada» s’efforce de mettre à la portée du jeune public l’art -contemporain notamment-, à traverswebzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,kritik,critique,dada,revue,hergé,georges rémi,tintin,moulinsart,disney,miro,poliakoff,fontana ses représentants les plus fameux : Magritte, Klee, Warhol, Dali, etc.

    Le n°213 traite d’un cas particulier, Hergé en l’occurrence (Georges Rémi de son vrai nom), dont l’œuvre est d’abord destinée à divertir le jeune public en lui inculquant certaines valeurs. En effet les enfants connaissent bien les aventures de «Tintin et Milou», qui sont toujours largement diffusées grâce aux efforts de la société Moulinsart pour empêcher que Tintin ne se démode (en vendant par exemple les droits d’adaptation à un producteur de cinéma américain).

    Si elle n’a pas la même envergure commerciale que les studios Disney aux Etats-Unis, l’entreprise de Hergé et ses mentors, amis, employés, parents, confrères, est néanmoins en beaucoup de points comparable à celle du cousin d'Amérique. La rédaction de «Dada» fait pénétrer ses lecteurs dans les coulisses des studios Hergé, maison familiale où le père d’Hergé travailla comme archiviste et où cet artiste-entrepreneur fera la connaissance de sa deuxième femme, embauchée comme coloriste.

    « La bande-dessinée est le dessin-animé du pauvre » : cette comparaison est parfois jugée vexante, mais elle a le mérite de rendre compte d’une réalité économique et artistique. La «ligne claire», expression utilisée pour décrire le style de dessin mis au point par Hergé, est bel et bien une méthode cinématographique, qui s’avère particulièrement adaptée au public enfantin et explique le succès mondial de la série auprès de celui-ci.

    "Dada" cite Hergé : «Mon tout premier objectif, c’est de raconter une histoire, et de la raconter clairement.» La ligne claire est un principe de composition, un principe narratif.

    Les aspérités de la biographie d’Hergé (qui fut toujours un artiste « sous influence ») ont été gommées pour faire place à un aspect méconnu : le collectionneur d’art moderne, admirateur de Miro, Poliakoff, Fontana, mécène d’une galerie d’art bruxelloise. Ce violon d’Ingres permettait à Hergé d’échapper aux contraintes de la bande-dessinée et de rêver à une carrière d’artiste plus indépendant.

     Le nom d’Hergé vient s’ajouter à la longue liste des artistes modernes que le succès n’a pas suffi à contenter : mais cette histoire n’a pas été jugée digne de figurer dans une revue d’art pour enfants.

    « Hergé », revue Dada n°213, octobre 2016, 7,90 euros.

  • Revue de presse BD (208)

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    Message peint par Magritte

    + Un autre musée parisien, le musée Pompidou, rend hommage à un autre artiste Belge : Magritte, dont quelques rébus-peints sont imprimés sur la rétine d'à peu près tout le monde (jusqu'au 23 janvier). De l'art de Magritte comme de l'art d'Hergé n'émane aucune sensualité. C'est là un point commun aux deux artistes belges (wallon et bruxellois), et pourquoi ils sont modernes tous les deux - l'art moderne n'est plus tout à fait de l'art (au sens païen du terme). Le parallèle s'arrête là, car beaucoup de choses sont inconscientes chez Hergé, qui pour différentes raisons (son jeune âge, son tempérament introverti...) n'avait pas la maîtrise de son art, mais se focalisait surtout sur le style. L'expo Magritte nous rappelle, au contraire, que le message délivré par Magritte est consciemment dirigé contre la peinture, qui après l'avoir fasciné, avait fini par lui inspirer du dégoût (la peinture de Chirico réveilla un peu le désir de Magritte de peindre). 

    + Reportage confraternel de Coco au concert de Renaud au Zénith fin octobre ("Charlie-Hebdo" 2 novembre). Renaud dit désormais admirer le candidat Fillon, mais les fans du chanteur à textes mettent sans doute ça sur le compte de la tisane qu'il boit avant le début de son concert pour soigner sa voix. Coco rapporte que Renaud, après avoir avoué : "J'ai embrassé un flic", ajoute : "Mais attention : j'ai pas embrassé un militaire." Il est vrai que, si l'esprit bidasse est de droite, l'esprit flic, quant à lui, est le privilège de la gauche.

    + L'éditeur de BD Bamboo, surtout connu pour sa BD satirique "Les Profs" et quelques titres spécialisés dans la caricature de différents sports, vient de racheter la maison Audie, éditrice de "Fluide-Glacial", l'hebdo humoristique fondé par Gotlib. Et la presse de commenter ainsi la nouvelle : "Bamboo va devenir un poids lourd sur tous les rayons humour, que ce soit en librairie ou dans les grandes surfaces."

    + La Foire internationale d'art contemporain s'est ouverte dans un contexte boursier difficile. Comme chaque année, les organisateurs de la FIAC nous promettent : - Le changement, c'est maintenant ! Cela situe l'art au niveau de l'espoir.

    + Frédéric Hojlo dans Actuabd narre la mésaventure posthume de George Orwell, dont le conte "La Ferme les animaux", inspiré par les purges de Staline (bien que le porc-dictateur se nomme "Napoléon"), fut racheté afin d'être adapté en dessin-animé et en bande-dessinée afin de servir d'arme de propagande anticommuniste (lorsque les intérêts des Etats-Unis et de l'URSS commencèrent de diverger). Il n'est pas rare que des ouvrages satiriques soient récupérés par tel ou tel parti politique ; parfois cela se fait avec le consentement de l'auteur, mais Orwell se distingue par son indépendance. F. Hojlo nous rappelle opportunément que Orwell voyait les "comics" américains d'un mauvais oeil, comme une manifestation de la culture de masse totalitaire.

    Les années ont donné raison à Orwell : en effet on a vu l'Union soviétique devenir capitaliste à toute vitesse, signe que l'esprit critique n'était guère développé à l'Est, mais plutôt une forme de nationalisme déguisée en discours pseudo-marxiste. Orwell, issu du peuple, fit notamment un effort pour rendre l'homme du peuple pessimiste, c'est-à-dire plus lucide. Orwell se montre particulièrement vigilant vis-à-vis de la caste des intellectuels, en charge de l'invention des nouvelles chimères modernes.

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    Le dessinateur britannique Norman Pett, chargé d'adapter La Ferme des animaux, était un auteur de comics de propagande nationaliste ("Jane") comme Milton Caniff (comics contenant la ration d'érotisme destinée à émoustiller l'homme de troupe).