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  • Revue de presse BD (236)

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    + "Libération" a interrogé quelques caricaturistes sur la façon de caricaturer le nouveau président Macron... sauf que trois d'entre eux -Mathieu Sapin, Johan Sfar et Terreur graphique- sont des spécialistes de la BD et non des caricaturistes à part entière. J. Sfar admet son incompétence, mais elle ne l'a pas empêché de s'immiscer dernièrement dans la campagne des "Insoumis" de J.-L. Mélenchon, pour ce qui ressemblait à une tentative de sabotage.

    A noter que nos caricaturistes "maison" ont décelé très tôt le potentiel comique et érotique d'E. Macron, alors qu'il n'avait pas encore séduit complètement les banquiers et le peuple de France. La caricature ci-dessus est signée du caricaturiste Mykolas, d'origine lituanienne.

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    + Riss, directeur et copropriétaire de "Charlie-Hebdo" a signé consécutivement deux Unes (10 et 17 mai) brocardant le nouveau président de la République E. Macron ; sans doute pour faire oublier qu'il a appelé à voter Macron au second tour de la présidentielle ? L'implication d'un hebdo satirique dans le jeu politique ne va pas de soi et ressemble en l'occurrence à du panurgisme. Cet engagement contribue-t-il à endiguer la montée du FN ? Rien n'est moins sûr. Le plus probable, c'est que l'engagement politique de "Charlie-Hebdo" l'a conduit auparavant à la faillite.

    La "Une" montrant Brigitte Macron enceinte a fait débat, certains la jugeant misogyne ou obscène. L'ex-leader écologiste Daniel Cohn-Bendit a consacré son billet d'humeur sur "Europe 1" à absoudre Riss. Cette défense occulte que le double jeu de "Charlie-Hebdo", à cheval entre la satire et l'implication politique, l'expose à ce type de polémique.

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    + Lundi dernier, la radio & télévision suisse (RTS) rediffusait une interview de l'humoriste originaire du Valais suisse, Mix & Remix, emporté par la maladie en décembre 2016, à l'occasion de la publication aux "Cahiers dessinés" d'un album de ses derniers dessins ; confrère (V. Kucholl) et éditeur (F. Pajak) rendent aussi un hommage (dithyrambique) à ce dessinateur modeste, comparant son talent à celui de Chaval (?) voire Daumier (??) ; mais le minimalisme de Mix & Remix fait la part belle aux dialogues, tandis que l'impact de Chaval est bien visuel ; Mix & Remix peut faire rire un aveugle.

    F. Pajak souhaite que les dessins de Mix & Remix soient accrochés dans un musée, ce qui serait à entendre cet éditeur une consécration ultime, comme si les musées ne recelaient que des chefs-d'oeuvre et non une proportion de croûtes au moins équivalente.

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    + La revue de bande-dessinée "Aaaarg", après plusieurs tentatives pour s'adapter à la rigueur des circuits de distribution de la presse (très coûteux et "verrouillés"), a mis définitivement la clef sous la porte.

    En abordant le sujet de la culture de masse, à l'instar de "Fluide-Glacial", "Aaaarg" abordait un sujet primordial, bien plus que le terrorisme, le féminisme, Donald Trump, et tous les thèmes repris en boucle par les "mass-médias", en réalité secondaires au regard de la censure par le divertissement ; cette vieille ruse des empereurs romains est devenue, au stade de la mondialisation, un outil politique dont les dirigeants des nations ne peuvent plus se passer, bien qu'il soit aussi dangereux que la bombe A.

    + L'Institut du monde arabe propose actuellement une exposition, "The Enemy", de Karim Ben Khelifa, pour explorer sur le mode ludique le phénomène de la violence. L'exposition-jeu met aux prises des "combattants virtuels" sur des terrains exotiques : Salvador, Congo...

    La méthode de cette exposition pose plusieurs questions : - pourquoi ne pas situer le combat au coeur d'une violence que les Occidentaux connaissent bien, à savoir le terrain de la concurrence économique ultra-violente qui sévit sous nos latitudes, concurrence meurtrière à des degrés divers, y compris celui de la violence pure ? L'intérêt de la violence capitaliste est qu'elle trouve sa justification dans l'argumentaire le plus sophistiqué, à savoir le fameux "Arbeit macht frei" nazi, tacitement adopté par les régimes communiste et démocrate-chrétien/libéral (cf. ladite "doctrine sociale de l'Eglise").

    De la violence physique banale du soudard, on sait déjà tout ce qu'il faut savoir depuis Homère.

    - Deuxième remarque : pourquoi une exposition "ludique", alors même que le jeu est le procédé le plus courant d'entraînement à la violence ? Citons l'exemple du football, des jeux olympiques, mais aussi l'exemple des paris boursiers, et enfin l'exemple du "jeu de l'amour et du hasard".

    La manière la plus sournoise de ne pas lutter contre la violence est de lui opposer la culture.

     

  • Caricature Riss et Coco

    La Semaine de Suzette Zombi. Dimanche : Si BHL se mettait tout d'un coup à faire de l'humour, c'est sûr, tout le monde se paierait sa tête...

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  • Revue de presse BD (234)

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    + On vit dans une époque d'experts et de spécialistes, mais à propos des élections présidentielles tout le monde est compétent et peut émettre une opinion.

    Sortant de son rôle d'humoriste, Riss a appelé dans un édito les lecteurs de "Charlie-Hebdo" à voter Macron pour faire barrage au Front national. La dessinatrice Coco, elle, a dessiné quelques têtes de cons surmontées du slogan, "Abstention, bande de cons", renversant l'ancien slogan anar "Election, piège à con" (Reiser, Wolinski).

    A contrario, sur son compte Youtube, durant un soliloque plutôt fastidieux, l'humoriste Dieudonné incite à voter pour Marine Le Pen (tout en prédisant sa défaite, ce qui n'est guère mobilisateur). Dans sa revue de presse, Dieudonné cite un dessin de LB paru dans "Siné-Mensuel" (9'30").

    Il est difficile de dire si ce type d'humour militant pèse ou non dans la campagne. Le milieu complotiste proche de Dieudonné fait courir la rumeur qu'il a contribué à l'élimination de Manuel Valls lors de la primaire du PS, mais ce bruit est à peu près invérifiable.

    + Le site "Rétronews", à partir d'archives de presse souligne que la presse républicaine a toujours été hostile à l'abstentionnisme, luttant contre avec des moyens plus ou moins persuasifs : "L'abstention voulue, calculée, réfléchie, est le fait d'esprits chagrins, blasés, désabusés, hargneux, jaloux, parmi lesquels il faut compter aussi quelques esprits originaux et quelques naïfs." plaidait ainsi Francis Charmes en 1876 dans le "Journal des débats politiques et littéraires".

    L'éditorialiste du "XIXe siècle" tente de pénétrer la psychologie de l'abstentionniste ; il parle de "foi" et de "doute", et écrit : "L'abstention, c'est le premier symptôme, la première manifestation du doute." (1907)

    + "Je ne regrette rien" : citant Edith Piaf en français, le dessinateur de presse américain Ted Rall (situé àwebzine,bd,gratuit,fanzine,zébra,bande-dessinée,caricature,actualité,revue,presse,hebdomadaire,mai,2017,élections présidentielles,riss,charlie-hebdo,coco,dieudonné,youtube,lb,siné-mensuel,marine le pen,macron,manuel valls,rétronews,francis charmes,abstentionnisme,edith piaf,ted rall,hillary clinton,donald trump,syrie,libye,irak,boîte à bulles,julie sauret,tintin,cyril bosc,négationnisme,communisme,cabu,cavanna,wolinski,mélenchon,orwell,simone weil,hannah arendt,charb,stéphane chabonnier,val gauche) explique qu'il s'abstiendrait de nouveau de voter pour Hillary Cinton si c'était à refaire ; faisant le bilan des cent premiers jours de Donald Trump à la Maison blanche, il note une certaine paralysie au sommet de l'Etat, compte tenu de la méfiance du parti républicain vis-à-vis de D. Trump, restreignant la marge de manoeuvre de ce dernier. Pour Ted Rall, l'implication d'Hillary Clinton dans la décision d'attaquer et détruire l'Irak, puis la Libye et la Syrie, transformant ces pays en champs de ruines, est impardonnable.

    La crédibilité de Ted Rall en tant qu'éditorialiste indépendant repose sur un reportage BD qu'il fit pendant la guerre en Afghanistan ("Passage afghan", publié en France par La Boîte à Bulles) ; le reportage révèle notamment les méthodes de fabrication de l'info par les grandes chaines de télé américaines et européennes.

    + Sous le titre sévère "Des candidats sans culture", le quotidien publicitaire "20 Minutes" (27 avril) publie le diagnostic d'une "spécialiste des politiques culturelles", Julie Sauret : "Macron est cultivé, mais il possède une culture très classique. Ses références sont un peu vieillottes, il se plante quand il essaie de citer IAM... En revanche, Marine Le Pen n'est pas du tout cultivée et ne s'en cache pas vraiment. Elle ne connaît aucun nom en peinture, sèche quand on lui demande quels livres elle a lu ; sur l'art contemporain, elle fonctionne par clichés." - Gageons que Marine Le Pen a au moins lu quelques "Tintin"...

    + Le site "Caricatures et Caricature" publie un article par Cyril Bosc concernant les relations douteuses entre le parti communiste et un certain nombre de caricaturistes français. L'article est gauchement intitulé : "Comment marier presse satirique et presse communiste" - sans point d'interrogation, ce qui suggère une méthode, et non le questionnement que suscite ce rapprochement entre la satire et l'une des pires idéologies totalitaires, un parti politique réputé pour ses méthodes de censure drastiques.

    En fait l'article attire bien l'attention sur une forme de négationnisme typiquement français, qui consiste à webzine,bd,gratuit,fanzine,zébra,bande-dessinée,caricature,actualité,revue,presse,hebdomadaire,mai,2017,élections présidentielles,riss,charlie-hebdo,coco,dieudonné,youtube,lb,siné-mensuel,marine le pen,macron,manuel valls,rétronews,francis charmes,abstentionnisme,edith piaf,ted rall,hillary clinton,donald trump,syrie,libye,irak,boîte à bulles,julie sauret,tintin,cyril bosc,négationnisme,communisme,cabu,cavanna,wolinski,mélenchon,orwell,simone weil,hannah arendt,charb,stéphane chabonnier,valminimiser le totalitarisme soviétique et ses conséquences monstrueuses. La France est un des rares pays au monde où l'on peut, pratiquement dans la même phrase, vitupérer le fascisme ou le nazisme et se vanter d'avoir eu un père ou un grand-père communiste.

    Il faut saluer l'initiative de l'auteur de cet article, qui s'attaque ici utilement à un tabou car l'usage politique de l'antifascisme est aussi vain que la critique du totalitarisme est utile, qui n'oppose pas le fascisme au communisme ou au capitalisme, mais s'efforce d'en analyser les causes communes (à la manière d'Orwell, S. Weil ou H. Arendt, par exemple).

    L'article ne tient pas toutes ses promesses, mais il comporte quelques éléments de réflexion utiles, et cite des témoignages intéressants, voire amusants. Anticommuniste notoire, Cabu épinglera ainsi en "Une" son copain Wolinski quand il adhérera au PC. L'anticommunisme de Cabu fut visible jusqu'à la fin, qui accentuait nettement le côté "batracien" de Mélenchon, tandis qu'il épargnait plutôt l'ex-président F. Hollande.

    L'origine sociale ouvrière de certains dessinateurs est une explication au fait qu'ils furent proches du PCF, de même que les paysans sont automatiquement catholiques. Cependant l'article cite François Cavanna, qui déserta le Parti après y avoir adhéré par réflexe de classe : "(…) L’Huma est un journal de combat, un journal d’action, pas un journal de réflexion, de critique objective. Il n’est qu’un instrument d’un grand dessein, pas une fin en soi. Il n’est pas là pour critiquer le Parti, ni lui nuire en quoi que ce soit. (…) Appartenir (même si on n’a pas la carte, même à titre de compagnon de route) à un parti structuré comme une Eglise, c’est faire acte de foi. Même si, au départ, on annonce hautement qu’on garde son quant-à-soi." (1977) Dans ce passage, F. Cavanna énonce clairement les raisons pour lesquelles la critique ou la satire est incompatible avec l'idéologie véhiculée par "L'Huma" ; cependant F. Cavanna ne renie pas complètement sa foi, légitimant la violence révolutionnaire et attestant d'une vision romantique de la révolution russe dans un autre article cité.

    Cyril Bosc établit aussi une nuance nécessaire entre le "compagnonnage" avec le PCF du temps de sa puissance, et le compagnonnage tardif avec un PCF en pleine décomposition et une Russie dorénavant "poutinisée". Les odes à Mélenchon ou à Poutou ne représentent pas en effet la même chose, en termes d'engagement, que les odes d'Aragon, Eluard, Picasso ou Sartre à Staline, du temps où le stalinisme n'avait rien à envier au nazisme pour ce qui est des méthodes de répression.

    La fin de l'article, consacrée à Stéphane Charbonnier, alias Charb, est excessivement lyrique et manque de recul ; il est difficile de dissocier Charb, à moins de faire le coup du martyre, de Philippe Val, pour brosser un tableau élogieux de l'un, et un tableau sinistre de l'autre. Entre les deux attitudes, la première qui consiste à tenir l'engagement politique pour un "attrape-couillons", et la seconde qui considère l'absence d'engagement politique comme du cynisme, c'est pour la seconde que Charb opta, plus proche de P. Val que de Choron et Cavanna, qui imprimèrent leur marque à la première mouture de "Charlie-Hebdo".

    + La bibliothèque de Lyon Part-Dieu propose une exposition gratuite dédiée à 77 ans d'édition de bande-dessinée à Lyon et dans la région lyonnaise (16 mai-4 novembre). 

    + Alors que l'expo dédidée à Gaston Lagaffe à la bibliothèque du muséewebzine,bd,gratuit,fanzine,zébra,bande-dessinée,caricature,actualité,revue,presse,hebdomadaire,mai,2017,élections présidentielles,riss,charlie-hebdo,coco,dieudonné,youtube,lb,siné-mensuel,marine le pen,macron,manuel valls,rétronews,francis charmes,abstentionnisme,edith piaf,ted rall,hillary clinton,donald trump,syrie,libye,irak,boîte à bulles,julie sauret,tintin,cyril bosc,négationnisme,communisme,cabu,cavanna,wolinski,mélenchon,orwell,simone weil,hannah arendt,charb,staline,stéphane charbonnier Pompidou vient juste de fermer ses portes, on apprend la mort de Jean De Mesmaeker, alias Jidéhem, collaborateur de Franquin sur cette série rompant avec les codes du genre. Le père de Jidéhem avait inspiré Franquin pour son personnage de M. De Mesmaeker, victime privilégiée des gaffes de Gaston.

    L'histoire ne dit pas si Gaston Lagaffe votait, ni pour qui ; on sait que Gaston est plutôt écolo et pacifiste, et que le vote est obligatoire en Belgique.

  • Revue de presse BD (233)

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    + Le dessinateur Luz, après avoir jeté dans un premier temps l'éponge et pris la tangente, a retrouvé le goût, si ne n'est du débat politique, du moins de s'en moquer par la caricature. Son éditeur Futuropolis a annoncé qu'il trempe à nouveau son crayon dans le vitriol. Indirectement, cela donne raison à Riss, qui dirige désormais "Charlie-Hebdo", professant avec modestie : - Bien sûr on va continuer... d'abord parce qu'on ne sait rien faire d'autre.

    Luz a d'ailleurs été remplacé à "Charlie-Hebdo" par un caricaturiste, Juin, au style et à l'humour proches de Luz.

    + Le bédéaste Joann Sfar a réussi à "hacker" la campagne des présidentielles webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,actualité,revue,presse,hebdomadaire,avril,2017,luz,juin,charlie-hebdo,caricature,emmanuel macron,line renaud,riss,joann sfar,fottorino,mélenchon,les insoumis,bhl,israël,numa sadoul,jacques martin,alix,interview,thierry groensteen,cahiers de la bd,glénat,cabu,willem,wolinski,charb,dessinet à faire parler (encore) de lui.

    En effet, après avoir feint de pencher en faveur du candidat J.-L. Mélenchon (J. Sfar avait supporté F. Hollande lors du précédent scrutin), le dessinateur a appelé à voter contre lui, stigmatisant ses prises de position russophiles, identiques à celles de Marine Le Pen. J. Sfar a provoqué ainsi un tollé chez les militants du parti des "Insoumis". J. Sfar collabore à l'hebdo "Le Un", dirigé par E. Fottorino, ex-rédacteur en chef du "Monde".

    Les convictions politiques de J. Sfar, proches de celles de BHL, partent du principe parfaitement indémontré que les Etats-Unis sont un allié indéfectible d'Israël. Le maniement de l'argument de l'antisémitisme pour éliminer des adversaires politiques, comme ce fut le cas au cours de cette campagne, est sans doute irresponsable.

    + Vue de chez nos voisins belges, l'élection du monarque français a quelque chose d'ubuesque. Aussi le cinéma bruxellois Nova a-t-il programmé entre les deux tours (demain) plusieurs films documentaires sur "Hara-Kiri", le Pr Choron, Reiser, Cavanna, qui se moquèrent pendant quelques années ouvertement de la République monarchique française, avant comme le disait le Pr Choron "de se faire couper les couilles".

    + Numa Sadoul, connu pour ses interviews-fleuves d'auteurs de BD, est
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    , qui le précéda à la direction des "Cahiers de la Bande-dessinée" (Glénat), fanzine puis magazine de critique BD.

    N. Sadoul revient sur son enfance en Afrique (Congo français), sa passion pour la bande-dessinée, le théâtre, mais aussi le bouquin qu'il consacra à une brochette de caricaturistes : Siné, Cabu, Charb, Wolinski, Pétillon, Willem, Luz, et le Belge Kroll (imposé par l'éditeur belge) ("Dessinateurs de presse") ; ce projet tombait très mal, puisque en pleine "affaire Siné", qui divisa "Charlie-Hebdo" en deux bandes rivales irréconciliables. N. Sadoul explique ainsi que Cabu et Siné ne voulaient plus se retrouver sous la même couverture (de livre).

    Dans la vignette ci-contre, Jacques Martin (Alix) s'est amusé à représenter son ami Numa Sadoul dans la peau d'un personnage ambigu.

    + L'assureur "Groupama" organise un concours de BD destiné aux amateurs ; il s'agit de raconter en quelques cases une histoire sur le thème des bêtises, bévues, boulettes... que "Groupama" répare (délai 16 juin) ; récompenses : séjours à Bruxelles, Angoulême, ou déjeuner avec un dessinateur de BD...

    + Les caricaturistes Waner et Krokus ("Siné-Mensuel", "Zébra"...) exposent leurs dessins dans l'entre-deux tours à Clichy-la-Garenne en banlieue parisienne (atelier Oblik).

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  • Charlie-Hebdo, le jour d'après**

    L'enquête menée par Marie Bordet (« Le Point ») et Laurent Telo (« Le Monde ») sur les jours qui ont suivi la fusillade à webzine,bd,zébra,gratuit,bande-dessinée,critique,kritik,charlie-hebdo,fayard,médiacratie,marie bordet,laurent telo,charb,philippe val,richard malka,anne hommel,dsk,cabu,riss,patrick pelloux,luzla rédaction de « Charlie-Hebdo » remue-t-elle la merde inutilement ?

    En consentant à jouer un rôle politique, la rédaction de « Charlie-Hebdo » a couru le risque de voir la vie privée de ses membres et de leurs proches exposée sur la place publique. Ce déballage public est la contrepartie de l'engouement et de la ferveur plus ou moins spontanés qui ont suivi le massacre perpétré par les frères Kouachi, ainsi que des millions d'euros de dons qui ont afflué sur le compte bancaire de « Charlie-Hebdo ».

    « Charlie-Hebdo » a fait son entrée dans le système médiatico-politique en publiant la Une de Cabu, brocardant le prophète Mahomet. Cette entrée est volontaire, ainsi que l’atteste un reportage télé qui montre Philippe Val justifiant son choix éditorial PAR RAPPORT A LA PRESSE ET AUX MEDIAS FRANCAIS, non pas tant vis-à-vis des lecteurs de « Charlie-Hebdo ».

    M. Bordet et L. Telo qualifient plusieurs fois les « Charlies » de saltimbanques anarchistes, mais cette dénomination ne valait plus depuis la refondation de « Charlie-Hebdo » en 1992et le nouveau projet de Philippe Valque l'on a vu revendiquer plusieurs fois, ainsi que ses confrères, les valeurs républicaines et laïques (on ne peut plus éloignées de l'anarchie).

    « Le Jour d’Après » ne dévoile aucun véritable scandale ; il ne choquera que les quelques naïfs qui prennent les « Charlies » pour d'authentiques martyrs de la « liberté d'expression » (dont Charb estimait qu'elle est quasiment parfaite en France).

    Si les auteurs soulignent que les liens amicaux entre les journalistes et les dessinateurs rescapés se sont peu à peu distendus, l’émotion une fois dissipée, ils distribuent aussi des compliments : « jolie brune trentenaire », « travailleur acharné », « pas intéressé par l'argent », etc. En somme leur description ne constitue pas un  pamphlet. Le sang-froid et la persévérance de Riss, en dépit des blessures, notamment, sont soulignés, et sa légitimité à diriger le journal peu contestée.

    Les « Charlies » sont d'autant plus épargnés que la conseillère en communication Anne Hommel, introduite par Richard Malka, l'un des avocats de "Charlie-Hebdo" (et scénariste de BD), est épinglée. Proche de DSK, ayant assuré sa protection, elle se chargea de mettre les rescapés à l'abri du « pot au noir » médiatique. Sa présence ne tarda pas à indisposer certains « Charlies » (Luz, P. Pelloux), tant la nature de son activité de conseil auprès de grosses légumes de la politique ou du show biz semblait en décalage avec les principes défendus par « Charlie-Hebdo ».

    Le bouquin ne contient pas d'anecdotes croustillantes, mais plutôt des anecdotes amusantes ; on apprend l'avortement d'un projet d'hommage national conçu par le chef de l'Etat et Anne Hidalgo, en comparaison duquel les funérailles de Victor Hugo auraient semblé modestes ; une remise de la légion d'honneur à titre posthume dans la cour des Invalides était envisagée, ainsi que l'affichage tout aussi ubuesque de caricatures de très grand format dans les rues de Paris.

    On apprend aussi que François Hollande en personne avait suggéré un plan de renflouement de « Charlie-Hebdo », au bord de la faillite, quelque temps avant le massacre. Etait-ce un moyen pour F. Hollande d'amadouer Charb et la rédaction de « Charlie-Hebdo » ? On peut le penser, car aucun geste politique n'est gratuit (pas plus n'était désintéressé le soutien de Nicolas Sarkozy à Philippe Val lors du procès intenté par des associations musulmanes).

    Cependant l'enquête est trop superficielle pour que le bouquin vaille le détour ; on met un pied dans les coulisses de notre médiacratie, à travers le portrait de la conseillère-spéciale Anne Hommel, mais le sujet du pouvoir extraordinaire des médias est à peine effleuré.

    On devine que le principe de la « liberté d'expression » est avant tout destiné à consolider ce pouvoir médiatique ; de ce point de vue, l'instrumentalisation politique de « Charlie-Hebdo » est machiavélique et constitue un pied-de-nez à ses fondateurs et principaux artisans. 

    "Charlie-Hebdo", le jour d'après, par Marie Bordet, Laurent Telo, Fayard, 2016.

  • Quand Charlie recycle Charlie...

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    Entre les Unes de Riss et Vuillemin d'une part, Reiser de l'autre, plus de quarante ans d'écart.

  • Revue de presse BD (191)

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    Caricature de Gustave Jossot (1866-1951) pour la Une de "L'Assiette au Beurre" ; la police républicaine fut la cible des caricaturistes et des auteurs satiriques bien avant "Hara-Kiri".

    + Le site "Caricature & Caricatures" (Guillaume Doizy) fait appel à la participation pour un prochain colloque sur le thème "Caricature et communisme" ; cependant, bien que détaillé, le cahier des charges de G. Doizy est plutôt confus ; ce n'est pas la première fois que celui-ci mélange satire et propagande. L'anecdote du portrait du dictateur soviétique Staline par Picasso est connue : jugé trop peu académique par le parti, le portrait de Picasso fit scandale et fut assimilé à une caricature. La dictature soviétique, à l'instar de toutes les dictatures, se méfiait de la satire et la censurait. Cabu n'est pas le seul caricaturiste anticommuniste ; on peut citer, précédemment, à une époque où le communisme n'avait pas pris une tournure aussi nettement coercitive et meurtrière, l'anarchiste Gustave Jossot, auteur de quelques charges ironiques contre la religion du prolétariat. Au XXe siècle, où l'idéologie communiste a fait office de religion pour de nombreuses populations (selon le constat de Lénine lui-même), il était logique que le communisme soit la cible des auteurs satiriques indépendants. "Hara-Kiri" appartient à la contre-culture dans la mesure où il échappe au choc des cultures et des propagandes communistes et anticommunistes.

    "On pourra se demander enfin, puisque communisme et anticommunisme ont à ce point marqué l’humanité du XXe siècle, si la "fin" du communisme -et donc des idéologies-, n’a pas signé une certaine fin de la caricature politique..."

    Cette ébauche de conclusion trahit les préjugés de son auteur. D'abord le communisme demeure la culture de la Chine, l'une des plus puissantes dictatures au monde ; on ne voit pas pourquoi la Chine ou la Corée du Nord mériteraient moins l'étiquette communiste que l'ex-Union soviétique ? Par ailleurs le communisme n'est pas la seule idéologie dominante au XXe siècle : le capitalisme et ses justifications ne sont pas moins idéologiques que le communisme. La "mort des idéologies" n'est donc qu'une formule d'éditorialiste, qui ne correspond pas à la réalité.

    + L'utopie socialiste n'est pas ma religion ; l'hypothèse d'un monde meilleur n'est pas plus vraisemblable que l'hypothèse des sept vierges du paradis des martyrs d'Allah. Je ne partage donc pas la sympathie du président Hollande pour le mouvement "Nuits debout", mais j'ai eu tout de même la curiosité de lire le compte-rendu illustré de Julie Maroh, auteure de BD féministe. L'état d'esprit général en est résumé dans cette phrase : "La première fois où j’ai ressenti que Nuit Debout servait à quelque chose c’était le mercredi 20 avril à 19h52, à la Bourse du Travail de Paris. La première fois où j’ai ressenti que le mouvement risquait de vite s’effondrer sur lui-même, c’était au même endroit moins de deux heures plus tard." Il découle de ce constat que la confrontation violente avec la police est le seul acte significatif de ce mouvement de réprobation des méthodes des élites dirigeantes.

    Julie Maroh cite opportunément A. Huxley : "La dictature parfaite serait une dictature qui aurait les apparences de la démocratie." A quel stade de cette "dictature parfaite" sommes-nous rendus, conviendrait-il de se demander...

    Assez ubuesque en revanche le désir exprimé par J. Maroh d'une police qui ne servirait pas à la répression, mais serait "gardienne de la paix" ; à travers le vocable de "gardien de la paix", la notion d'ordre est sublimée, d'une manière quasi mystique. Le "politiquement correct" est une des modalités de la censure au sein d'une "dictature parfaite".

    + On peut contribuer à départager les dix candidats au prix littéraire organisé par Riss et "Charlie-Hebdo", dont les copies sont disponibles en ligne. Il s'agissait pour les candidats de proposer une alternative au baccalauréat. Cette épreuve primée est beaucoup plus sélective que le vrai bac, qui a subi comme toutes les valeurs républicaines plusieurs dévaluations. En effet l'humour n'est pas un genre littéraire facile, en particulier pour de jeunes candidats. La tentation est d'imiter à cet âge l'humour gras qui cartonne à la télévision.

    + Comme une nouvelle vente aux enchères de dessins de presse est annoncée, on peut en profiter pour rappeler que Cabu ne souhaitait pas mettre en vente ses dessins ; sans doute parce qu'il était à l'abri du besoin, mais aussi parce qu'il estimait que les journaux ou les éditions bien faites constituaient le cadre naturel où exposer sa production.

    La Mère Denis par Cabu, d'après Bernard Buffet (enchère de départ 30.000 euros)

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