Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

concours - Page 2

  • Revue de presse BD (173)

    webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,actualité,revue de presse,janvier,2015,festival angoulême,xavier gorce,indégivrables,emmanuel guibert,féministe,le populaire,limousin,pénélope bagieux,marjane satrapi,julie doucet,lynda barry,moto hagio,chantal montellier,posy simmonds,freud,lucky-luke,morris,joseph gillain,jijé,moebius,franquin

    Planche extraite du blog de Xavier Gorce, "Les "Indégivrables"

    + Des réactions parfois cocasses, à la limite de l'hystérie, ont suivi la proclamation par le festival d'Angoulême d'une sélection d'auteurs exempte de femmes, afin de décerner son grand prix. "Le Monde" a ainsi publié une tribune signée Emmanuel Guibert, intitulée : "La plus belle bande-dessinée de tous les temps est l'oeuvre d'une femme". En matière de féminisme comme de galanterie, il arrive que certains hommes en fassent un peu trop.

    + "Le Populaire" (Limousin) se mouille un peu plus qu'Emmanuel Guibert en faisant la promotion de sept "grands noms" de la BD au féminin : Pénélope Bagieux, Marjane Satrapi, Lynda Barry, Julie Doucet, Moto Hagio, Chantal Montellier, Posy Simmonds. Il n'est pas impossible que certains lecteurs de "Le Populaire" lisent ces "grands noms" pour la première fois ; parfois on veut démontrer une chose, et on prouve son contraire.

    En réalité la question du sexe de l'auteur ne se pose pratiquement que dans la littérature bourgeoise. Bien que misogyne et qualifiant l'homosexualité de tare, le freudisme a pesé sur la critique littéraire, incitant à voir dans l'oeuvre littéraire ou artistique le reflet de la personnalité de son auteur, et donc son sexe ; encore une fois, cette "clef de lecture" est trop restrictive. On ne naît pas dessinateur de bande-dessinée, on le devient.

    + Le 43e festival d'Angoulême rendra hommage à "Lucky-Luke" et son dessinateur Morris. Derrière Morris comme derrière d'autres auteurs renommés tels Giraud-Moebius, Franquin, Will, ou encore d'autres, il y eut le Namurois Joseph Gillain, alias Jijé. Plus dilettante que certains de ses élèves, Jijé n'a pas laissé derrière lui une oeuvre aussi marquante que "Lucky-Luke" ou "Gaston Lagaffe" ; cependant il joua le rôle, obscur mais indispensable, de pygmalion et de maître dans la formation d'un jeune dessinateur.

    Un petit reportage diffusé sur Youtube célèbre modestement la mémoire de Jijé et illustre son rôle-charnière. Le statut de la BD aujourd'hui doit sans doute beaucoup plus que les théoriciens de la BD ne veulent l'admettre à l'application de méthodes artisanales par les dessinateurs belges. D'une certaine façon, les auteurs de BD, qui furent des artisans, sont devenus désormais des ouvriers et y ont perdu une bonne partie de leur marge de manoeuvre ; à moyen terme, cette évolution, qui a d'abord été rentable, pourrait bien être préjudiciable aussi aux petits industriels du divertissement que sont les éditeurs de BD.

    + Le prochain festival de la ville d'Antony fin mai (21) organise un concours de BD sur le thème assez libre de "la nature" ; il est ouvert également aux scénaristes amateurs, puisque ce concours propose à ceux qui ne savent pas dessiner d'utiliser des cases pré-dessinées pour raconter une histoire.

    + Le cabinet d'arts graphiques du musée des beaux-arts d'Angers détient une collection de 13.500 dessins (Poussin, Boucher, Fragonard, Delacroix, Ingres, Géricault, etc.) ; ce musée organise jusqu'au 28 février une exposition, "La Fabrique de l'oeuvre", visant à mettre en lumière le processus qui va de l'esquisse préparatoire à l'oeuvre définitive (sous la direction d'Anne Sarazin).

    Le peintre Eugène Delacroix, qui rêvait de réunir le dessin et la musique pour produire une sorte d'art "total", note dans son "Journal" que l'exigence de perfection de la musique contraste avec la peinture, qui a souvent plus de force au stade de l'esquisse que l'oeuvre parachevée n'a.

    webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,actualité,revue de presse,janvier,2016,festival angoulême,xavier gorce,indégivrables,emmanuel guibert,féministe,le populaire,limousin,pénélope bagieux,marjane satrapi,julie doucet,moto hagio,chantal montellier,posy simmonds,lynda barry,freud,lucky-luke,morris,joseph gillain,jijé,moebius,franquin,concours,antony,festival,musée angers,esquisses,exposition,fabrique,géricault,eugène delacroix,anne sarrazin

    Dessin de Th. Géricault dans les collections du musée des beaux-arts d'Angers

     

  • Revue de presse BD (172)

    webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,actualité,janvier 2016,revue de presse,charlie-hebdo,fabrice nicolino,jean-michel apathie,europe 1,riss,allah,mahomet,laïcité,catherine meurisse,charb,portrait,ironique,cène,cabu,antimilitariste,festival,angoulême,riad sattouf

    Charb, entouré par la rédaction de "Charlie-Hebdo" en p.2-3 du "Charlie-Hebdo" "spécial attentat", par Catherine Meurisse, parodiant ainsi la "cène" (dernier repas de Jésus avant son assassinat).

    + Hier (6 janvier), la rédaction de "Charlie-Hebdo" a publié un numéro spécial souvenir de l'attentat qui coûta la vie à une bonne partie des dessinateurs. On peut y lire notamment un récit détaillé plutôt macabre de la tuerie (un plan des lieux est même fourni) par Fabrice Nicolino ; celui-ci fut touché lors de la fusillade par trois balles de fusil-mitrailleur. Le même jour, ce journaliste a fustigé avec véhémence au micro de Jean-Michel Apathie (11') ("Europe 1") la récupération de cet événement sinistre par le chef de l'Etat afin de "relancer sa carrière".

    La Une signée Riss représente cette fois, non pas Allah ou le prophète Mahomet, mais un dieu plus difficile à identifier - le dieu des juifs et des chrétiens ? Ce pourrait aussi bien être le "grand architecte de l'univers" de Voltaire, ou bien "l'être suprême" des pères fondateurs de la République française. La rédaction de "Charlie-Hebdo" a sans doute voulu éviter l'accusation d'acharnement contre la communauté musulmane, tout en maintenant une ligne anticléricale.

    Un an après, ce qui a changé, c'est surtout que "Charlie-Hebdo" n'est plus un petit hebdo satirique acculé à la faillite, mais un titre de presse à fort tirage, connu dans le monde entier, et devenu "à l'insu de son plein gré" un "symbole national". Quelques dessinateurs s'efforcent d'ailleurs de plaisanter sur ce nouveau statut encombrant pour un journal satirique. D'autres mettent en avant leur combat pour la laïcité ; mais de quelle laïcité parle-t-on ? De celle qui a servi à justifier idéologiquement la conquête de territoires africains peuplés de mahométans ? Etre antimilitariste et républicain à la fois, comme l'étaient Cabu et Charb, revient plus ou moins à être schizophrène.

    + Un petit scandale ne peut pas nuire à la publicité, et chaque année le festival de BD d'Angoulême connaît son esclandre, quelques semaines avant l'ouverture (fin janvier). Riad Sattouf ("L'Arabe du Futur") a mis le feu aux poudres cette semaine en demandant que son nom soit retiré d'une liste de nominés au grand prix décerné par le festival, au motif que cette liste est exclusivement composée d'hommes. Rappelons que l'année dernière Riad Sattouf s'était vu décerner le fauve du meilleur album.

    Accusé de sexisme, le festival s'est défendu par la voix de son directeur Franck Bondoux ; celui-ci a fait remarquer que le métier d'auteur de BD est très majoritairement un métier d'homme, et que de même ne sont exposés au Louvre que très peu de tableaux peints par des femmes. Cela dit la direction du festival a cédé à la pression médiatique et décidé d'inclure quelques femmes dans la sélection ; on peut se demander si cette sélection ne sera pas encore plus humiliante pour les auteures choisies ?

    N'y a-t-il que Claire Bretécher pour avoir les couilles de dire que le féminisme est souvent chiant et dogmatique ? Par ailleurs il faudrait se demander si la morale américaine des quotas en faveur des noirs a véritablement été efficace pour diminuer la ségrégation raciale ? Rien n'est moins sûr.

    + Le concours "Jeunes talents" du même festival propose quant à lui une liste de candidats nominés majoritairement de sexe féminin. Les candidats sont départagés à partir d'une planche. Elles seront exposées au festival et l'on peut se procurer le catalogue de l'expo en écrivant à info@bdangouleme.com. Outre une Emilie Charia très oecuménique, Zébra a remarqué les illustrations de Clémence Hanssler (25 ans, LISAA Strasbourg) et les paysages inquiétants de Claire Le Gal (Ecole Estienne-Arts déco. Paris), ci-dessous :

    webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,actualité,janvier 2016,revue de presse,charlie-hebdo,fabrice nicolino,jean-michel apathie,europe 1,riss,allah,mahomet,laïcité,catherine meurisse,charb,portrait,ironique,cène,cabu,antimilitariste,festival,angoulême,riad sattouf,sexisme,franck bondoux,claire bretécher,féminisme,expo,concours,jeunes talents,2016,émilie charia,claire le gal,école estienne,clémence hanssler,lisaa strasbourg

    "Tonnerre", par C. Hanssler

    webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,actualité,janvier 2016,revue de presse,charlie-hebdo,fabrice nicolino,jean-michel apathie,europe 1,riss,allah,mahomet,laïcité,catherine meurisse,charb,portrait,ironique,cène,cabu,antimilitariste,festival,angoulême,riad sattouf,sexisme,franck bondoux,claire bretécher,féminisme,expo,concours,jeunes talents,2016,émilie charia,claire le gal,école estienne,clémence hanssler,lisaa strasbourg

    Paysage, par C. Le Gal

     

     

  • Revue de presse BD (156)

    webzine,bd,gratuit,zébra,fanzine,bande-dessinée,actualité,revue de presse,concours,bd-fil,lausanne,2015,pablo k,mémorial de caen,rencontres internationales,dessin,presse,satirique,pamphlet,forcadell,siné,moncond'huy,Siné-mensuel,professeur nimbus,georges brassens,boulet,cosmos,grand pan,technoscience

    Planche sur le thème de "L'épouvantail", par Pablo K.

    + Le récent festival BD-Fil de Lausanne (10-13 septembre) a attiré 30.000 personnes et remis son prix de la meilleure planche, d'une valeur de 4.500 francs (à partager entre les trois premiers), à Pablo K., qui a choisi de représenter l'épouvantail... humain.

    + Les mines graves et les airs doctes étaient de sortie aux "Ve Rencontres internationales du dessin de presse", qui se sont tenues au Mémorial de Caen, comme on peut le voir sur les vidéos diffusées sur Youtube, où même Siné fait grise mine ; "On peut juste regretter qu'il y ait eu plus de discours que de dessins", écrit F. Forcadell sur son blog dédié au dessin de presse. On peut aussi regretter le choix d'un lieu de culte paramilitaire pour servir de cadre à une rencontre autour du dessin satirique. Il est vrai que, si les mots peuvent tuer, les dessins le peuvent aussi, et la frontière entre la satire et le pamphlet militant est vite franchie.

    La vogue des ouvrages et des conférences académiques sur la caricature et le dessin de presse n'est pas forcément bon signe. L'institution scolaire joue avant tout un rôle de ciment social, très différent pour ne pas dire opposé à la satire ; en particulier en France, où son monopole évoque celui du clergé catholique auparavant. Nous le signalons dans "Zébra" cette semaine à propos d'un petit manuel par D. Moncond'huy, prof à l'université de Poitiers "Petite histoire de la caricature de presse en 40 images" : son point de vue de "pédagogue" est assez idéologique ; ainsi l'auteur se contente de faire allusion à l'hostilité de la République, régime essentiellement élitiste, à l'art populaire du dessin de presse. L'histoire de la caricature en France est largement celle d'une confrontation avec l'institution républicaine. L'argument républicain de la garantie de la liberté d'expression par l'Etat prêterait à sourire s'il n'était pas un argument totalitaire.

    + Preuve que le dessin de presse ne se porte pas très bien, "Siné-Mensuel", a décidé de célébrer son quatrième anniversaire avec une série de petites... vidéos.

    + "Mais se touchant le crâne, en criant "J'ai trouvé !",

    La bande au professeur Nimbus est arrivée,

    Qui s'est mise à frapper les cieux d'alignement,

    Chasser les Dieux du Firmament" (...)" A Georges Brassens qui accuse dans "Le Grand Pan est mort" la technoscience d'avoir assassiné la poésie et l'art (comme un écho à Nietzsche), le blogueur-bd Boulet a répliqué par une longue note illustrée.

    Il est certain que la modélisation mathématique du cosmos, depuis la fin du XVIe siècle, a contribué à dévaluer la mythologie, aussi bien païenne que chrétienne, transformant le cosmos en territoire à conquérir. Les défenseurs de la technoscience, comme Boulet, peuvent estimer que persiste, dans la physique quantique, une certaine dose de poésie, à base de trous noirs et de failles spatio-temporelles ; mais cette poésie est à la fois plus élitiste et plus macabre, à l'instar de l'art surréaliste. Les modèles mathématiques, en perpétuelle mutation (la "théorie des cordes", à la mode il y a dix ans, est déjà "has been"), rendent d'ailleurs la tâche des poètes plus difficile.

    webzine,bd,gratuit,zébra,fanzine,bande-dessinée,actualité,revue de presse,concours,bd-fil,lausanne,2015,pablo k,mémorial de caen,rencontres internationales,dessin,presse,satirique,pamphlet,forcadell,siné,moncond'huy,siné-mensuel,professeur nimbus,georges brassens,boulet,cosmos,grand pan,technoscience

    Boulet contre Brassens - dessin extrait du blog de Boulet.

  • Revue de presse BD (133)

    Extraits de la revue de presse publiée dans l'hebdo Zébra.fanzine-toktok.jpg

    + Pour la troisième année consécutive, le fanzine Zébra (version papier n°8 - couverture par Nabaloum Boureima/Burkina-Faso) participe au concours de fanzine organisé par le festival d'Angoulême. Trente fanzines composent une sélection internationale : produits en France et Belgique, bien sûr, mais aussi en Allemagne, Autriche, Brésil, Croatie, Egypte ("Tok-Tok magazine", ci-dessus), Etats-Unis, Italie, Taïwan et Ukraine. Si l'on note une baisse du nombre de participants par rapport à l'année dernière (15 titres de moins), il faut néanmoins souligner le courage des jurés qui ont eu un mois pour apprendre le croate, le taïwanais et l'ukrainien, et autres langues réputées ardues. 

    + Quelques jours à peine après la grande célébration de la liberté d'expression, associée à "Charlie-Hebdo", de nombreux journalistes sont montés au créneau pour souligner la nécessité de poser des limites à cette liberté, au demeurant toute théorique. Quelques semaines avant la gigantesque manif "Tous Charlie", le 24 décembre, est entré en vigueur un décret permettant une surveillance accrue par les services de police, l'armée et le fisc, des informations privées transitant par les réseaux téléphoniques et l'internet. La principale protection contre les abus est indirecte et réside dans le coût de la surveillance.

    Assez peu conscient du problème, semble-t-il, feu le "rédac-chef" de "Charlie-Hebdo", Charb, avait lui-même déclaré que la liberté d'expression est presque parfaite en France, en se fondant sur la permission de brocarder ou critiquer l'armée et la police sans pratiquement de limite. Mais c'est sans compter la publicité abondante faite aux services de police et à l'armée par la télévision et le cinéma, propagande en comparaison de laquelle la satire de "Charlie-Hebdo" ne pèse pas bien lourd.

    + La dessinatrice Tanxxx ("Aaaargh !", "CQFD") se fait l'avocate sur son blog d'un jeune lycéen nantais inculpé pour "apologie du terrorisme". Il aurait publié sur Facebook un dessin ironique à l'occasion de la tuerie de "Charlie-Hebdo". Les magistrats ont estimé que publier sur Facebook est un mode d'expression public. A l'exception d'un ou deux blogueurs ayant proféré des injures "ad hominem", très peu de blogueurs avaient été condamnés avant ce précédent. En ce qui me concerne, bien des séries télévisées ou des jeux vidéos en vente libre me semblent relever de l'apologie du terrorisme, voire de la torture, mais je ne suis pas magistrat.

    Dans sa note du 17 janvier, Tanxxx ajoute en outre : "La marche de dimanche n'aurait pas été récupérable à ce point si Charlie était resté Charlie. Des textes parlent de la Une du journal pour la mort de de Gaulle pour défendre le journal : ce Charlie là est mort depuis des lustres.(...)" Elle souligne par ailleurs longuement que le débat dans les médias qui a suivi l'attentat sur la liberté de la presse et autres thèmes convenus n'est pas un débat mais une cacophonie.

    + Parmi les ralliements dont "Charlie-Hebdo" se serait sans doute passé, celui du libéral-bougon Alain Finkielkraut, fraîchement - si je puis m'exprimer ainsi -, entré à l'Académie française. Celui-ci ne s'est pas contenté d'un mot de solidarité, mais a rendu un vibrant hommage à "Charlie-Hebdo" et l'esprit français d'autodérision dont cet hebdomadaire était, selon lui, exemplaire.

    + Le festival d'Angoulême avait honoré de son grand prix il y a deux ans le dessinateur de presse néerlandais Willem, un des rares survivants de... bref. Certains fondamentalistes de la BD (la passion implique le fanatisme, et vice-versa) avaient alors reproché à Willem de ne pas obéir assez aux codes et contraintes du genre. Willem s'était cependant acquitté avec maestria de la tâche qui incombe à l'heureux élu de dessiner l'affiche du festival suivant. Mais le dessin de presse et la BD sont historiquement étroitement liés, et d'autres reprocheront au contraire aux organisateurs du festival de ne pas avoir honoré Cabu de son vivant, plutôt que tel... (ce passage a été autocensuré). Le "Grand Duduche" est en effet une excellente BD, dans l'esprit soixante-huitard, qui se moque gentiment mais avec efficacité de l'école républicaine. Qui sait, si l'on s'ennuyait moins à l'école, il en sortirait peut-être moins de terroristes ?

    L'édition du festival 2015, qui se tient ce week-end, rendra hommage à Cabu et ses disciples (Charb a avoué que sa vocation lui vient de Cabu) à titre posthume. La ville d'Angoulême tient là l'occasion de faire oublier son récent "couac" en matière de communication (à l'instar de nombreuses municipalités, celle d'Angoulême avait fait installer des pare-SDF aussi originaux qu'indiscrets, qui firent plus scandale que l'urinoir de Duchamp). Si l'on ajoute à ça le plan Vigipirate renforcé et la grogne des dessinateurs de BD sous-payés (qui ont prévu un débrayage des dédicaces), il y a fort à parier que le prochain FIBD sera bouillant.

    + Le dessinateur Riss, dernier "pilier" de "Charlie" vivant, prendra la direction de "Charlie-Hebdo" ; il est apparu à sa sortie d'hôpital un peu dépassé par le phénomène "Tous Charlie" (on le serait à moins), en même temps qu'assez lucide sur les difficultés qui l'attendent, la question du financement étant secondaire pour un titre comme "Charlie-Hebdo", contrairement aux autres titres. Outre le tirage exceptionnel qui devrait dépasser les sept millions d'exemplaires, "Charlie-Hebdo" est passé de 2.000 abonnés à 120.000. Riss est conscient que seule une bonne dose d'imagination permettra à son hebdo de ressusciter (comme le phénix, non pas comme Jésus). Il y a tout de même un gag dans les déclarations de Riss, c'est sa demande d'audit à la Cour des comptes ; d'abord Riss ne semble pas avoir remarqué le caractère parfaitement somptuaire de cette cour (vu le déficit abyssal de la France) ; ensuite on se demande ce que le nouveau patron de "Charlie" craint de découvrir dans les millions d'euros de dons reçus : un chèque de Liliane Bettencourt ? Du Qatar ?

    + Le dernier numéro de l'hebdomadaire "Fluide-Glacial" (n°464), avec son titre burlesque : "Le péril jaune : et si c'était déjà trop tard", a mécontenté les autorités chinoises (quelques extraits en ligne) qui ont manifesté leur désapprobation. Le rédacteur en chef de la publication, Yan Lindingre, tout en invoquant l'humour, a justifié le choix du thème par l'indifférence des organisateurs du festival d'Angoulême à l'égard de "Fluide-Glacial", qui fête ses 40 ans cette année et auraient voulu marquer le coup ; mais les organisateurs étaient trop occupés à recevoir une délégation chinoise. Une BD racontant l'irruption de guerriers chinois armés de kalachnikovs dans la rédaction de "Fluide-Glacial" serait purement fortuite. Le thème n'est pas beaucoup moins risqué que les caricatures du prophète, car la France entretient avec la Chine des relations pour le moins ambiguës, sur fond de monothéisme du dieu Pognon.

  • Revue de presse BD (118)

    La revue de presse hebdomadaire paraîtra désormais dans un webzine (hebdo), enchâssée dans tout un tas de gags et de dessins de presse signés des auteurs du blog.

    Cet hebdo peut-être lu directement via Issuu.com, ou le fichier PDF téléchargé (accès plus facile aux liens hypertexte).

     

  • Revue de presse BD (114)

    webzine,zébra,gratuit,bd,fanzine,bande-dessinée,revue de presse,hebdomadaire,114,actualité,tiffet,le devoir,illustrateur,rentrée littéraire,état,portugais,miro,sacré-coeur,opéra garnier,japonais,coworking,concours,domaine,entrepreneurs,planche,roald dahl,censure,supermarchés,aldi,france-inter,culture,pop-fiction,tintin,talmud,pasamonik

    + Ci-dessus : la rentrée littéraire vue par l'illustrateur franco-québécois Tiffet ("Le Devoir").

    + L'Etat portugais envisage de se renflouer en vendant une petite centaine de toiles de Miro. La France pourrait peut-être en faire autant en vendant le Sacré-Coeur ou l'Opéra Garnier à des fonds de pension japonais ? L'Etat, qui est lui-même une fiction ou une oeuvre d'art abstrait, intervient souvent en faveur de l'art et des artistes : quoi de plus normal que l'art lui rende, quand c'est nécessaire, la monnaie de sa pièce ?

    + Une société de location de bureaux (Domaine des entrepreneurs) organise un concours de BD sur le thème du "coworking" (un seul bureau pour plusieurs ronds-de-cuir), avec à la clef un contrat portant sur 12 planches (jusqu'à fin sept.)

    + Les supermarchés Aldi ont retiré de leurs rayons "Revolting Rhymes", recueil de parodies de contes par Roald Dahl, après que des clients ont dit avoir été choqués par l'emploi du terme "slut" dans la parodie de Cendrillon. Ainsi que le précise le webzine "Actualitté", "slut" peut se traduire par "salope", mais aussi par "souillon". Comme dit le proverbe : "Le client est roi des cons."

    + Short-Edition, maison spécialisée comme son nom l'indique dans la publication de courts poèmes, nouvelles et BD, organise chaque saison un concours dans chaque catégorie. Philgreff (Zébra 7 & 8) participe à la compet' d'automne avec "Avec un simple crayon". Scrutin ouvert jusqu'au 22 sept.

    + Tandis que Finkielkraut dénigre la BD sur "France-Culture", "France-Inter" propose "Pop-Fiction", une nouvelle émission qui fait l'apologie de la culture de masse industrielle et commerciale et consacre quelques minutes à la BD. "Pop-Fiction" s'efforce de donner des lettres de noblesse à la culture de masse : des universitaires sont invités à disserter sur les séries TV et les super-héros, on fait référence à des philosophes fameux, Tintin est comparé au Talmud, et la production pléthorique d'albums de BD est présentée comme un signe de bonne santé (D. Pasamonik). "Pop", comme "populaire" est mensonger, puisque la culture de masse est produite par les élites économiques et politiques. La référence à la fiction est révélatrice, en revanche, puisque les partis et mouvements populistes s'ordonnent toujours autour d'une fiction, tandis que la culture populaire est plus satirique ou réaliste.

    + Le dessin du jour est un cartoon de Mark Anderson :

    webzine,zébra,gratuit,bd,fanzine,bande-dessinée,revue de presse,hebdomadaire,114,actualité,tiffet,le devoir,illustrateur,rentrée littéraire,état,portugais,miro,sacré-coeur,opéra garnier,japonais,coworking,concours,domaine,entrepreneurs,planche,roald dahl,censure,supermarchés,aldi,short-édition,philgreff,crayon,france-inter,culture,pop-fiction,tintin,talmud,pasamonik,finkielkraut,mark anderson,cartoon

     

     

  • Revue de presse BD (105)

    webzine,bd,gratuit,zébra,fanzine,bande-dessinée,revue de presse,hebdomadaire,105,caricature,manu larcenet,blast,blog,edgar poe,maupassant,aurel,le monde,dessinateur,presse,propriété intellectuelle,politis,yahoo,facebook,contrat,clause abusive,deborah de robertis,musée d'orsay,courbet,origine du monde,le figaro,cité des arts,paris,luxembourg,ambassade,happening,concours,jeune talent,quai des bulles,saint-malo,lausanne,bd-fil,strip-tease,aude wiard,flutiste,olivier de serres

    + Manu Larcenet, auteur du best-seller "Blast", a décidé de fermer son blog, irrité qu'on lui pique ses dessins et les réutilise sans son accord. C'est plutôt gonflé de la part d'un auteur qui fait du Edgar Poe-fleuve. Comme Manu Larcenet fait plutôt penser à un paysan madré qu'à un assassin sympathique, il ne serait pas étonnant qu'il trouve dans Maupassant l'inspiration de ses bandes-dessinées futures.

    + Le dessinateur de presse Aurel (Le Monde, Politis, Yahoo-actualités), proteste sur sa page facebook contre les nouveaux contrats contenant des clauses abusives que les journaux font signer aux dessinateurs de presse. Il est bon de rappeler que le droit de propriété intellectuelle n'a pas été inventé pour protéger les auteurs, mais les éditeurs. La meilleure protection d'un dessinateur de presse n'est pas juridique, mais réside plutôt dans l'intelligence de son rédacteur en chef.

    + Une jeune artiste luxembourgeoise, Deborah de Robertis, s'est brièvement dénudée au Musée d'Orsay au pied du très (trop ?) célèbre tableau de Courbet, "L'Origine du Monde". "Le Figaro", à peine choqué, précise que cette artiste qui n'a pas froid aux yeux a été admise par un jury à résider à la Cité internationale des Arts de Paris. C'est quand même plus pratique pour se réchauffer après un "happening". On trouve sur le site de l'ambassade du Luxembourg le récapitulatif de la démarche de D. de Robertis.

    + Le concours "Jeune talent" organisé par le festival BD "Quai des Bulles" de St-Malo (plusieurs catégories d'âge) propose de plancher sur le début de thème suivant : "Dans ma rue..." (-5 sept.). Le gagnant touchera 500 euros pour dessiner l'affiche du prochain concours. Le prochain festival BD-Fil de Lausanne a choisi le thème du strip-tease pour son concours "Dessinateurs de demain" (-30 juin).

    + Le dessin de la semaine, une accumulation de chiens, est une étude signée Aude Wiard, (Arts déco. de Strasbourg).

     

    webzine,bd,gratuit,zébra,fanzine,bande-dessinée,revue de presse,hebdomadaire,105,manu larcenet,blast,blog,edgar poe,maupassant,aurel,le monde,dessinateur,presse,propriété intellectuelle,politis,yahoo,facebook,contrat,clause abusive,deborah de robertis,musée d'orsay,courbet,origine du monde,le figaro,cité des arts,paris,luxembourg,ambassade,happening,concours,jeune talent,quai des bulles,saint-malo,lausanne,bd-fil,strip-tease,aude wiard,flutiste,olivier de serres