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anarchisme

  • D'une Apocalypse à l'autre***

    Réédition augmentée et révisée d'un bouquin de Lionel Richard (1976) traitant de la production intellectuelle etwebzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,kritik,critique,lionel richard,apocalypse,aden,expressionnisme,anarchisme,die brücke,aktion,der sturm,rosa luxembourg,karl liebknecht,nouveau testament,blochevik,hegel,nietzsche,marx,lénine,hitler artistique allemande de la fin du XIXe siècle à la fin des années 1930.

    L'auteur fait la lumière sur cette période de foisonnement intellectuel et artistique méconnue de ce côté-ci du Rhin, période qui précède immédiatement l'accession au pouvoir de Hitler et du parti nazi.

    Plusieurs chapitres détaillés et illustrés par les couvertures illustrées des nombreux journaux qui soutinrent cette effervescence sont précédés de la thèse suivante : l'apocalypse chrétienne hante la culture allemande, profondément marquée par la Réforme protestante et son imagerie, associée à l'émancipation culturelle de la population allemande. L'apocalypse est la toile de fond de la révolution artistique, politique et culturelle que connaît l'Allemagne au tournant du siècle (nation alors en forte expansion démographique et économique).

    "La religion et les luttes religieuses ayant profondément pénétré toute l'histoire de l'Allemagne et sa vie politique depuis la Réforme, la littérature et la peinture allemandes ont été envahies de références à l'Apocalypse, sur la base de son évocation dans le texte chrétien du Nouveau Testament."

    Aux lecteurs français, Lionel Richard rappelle le double aspect de la prophétie chrétienne, catastrophique d'une part, mais aussi réconfortante d'autre part, car synonyme d'avènement d'une ère nouvelle pour les "justes".

    La violence des événements politiques, économiques et militaires de la fin du XIXe et du début du XXe siècles donnent aussi consistance aux yeux des élites culturelles allemandes à l'idée de catastrophe ultime et d'effondrement d'un monde dominé par Satan.

    L'auteur délaisse le plus souvent cette thèse pour mieux s'attacher à l'évolution des différents mouvements qui s'enchevêtrent au cours de cette période, plus connus sous le terme générique d'"expressionnisme", étiquette à laquelle il est difficile de donner un sens précis autre que la revendication d'une rupture avec le passé culturel bourgeois de l'Allemagne (sur le plan esthétique, l'expressionnisme est particulièrement équivoque).

    Proche de cet "expressionnisme" se situent divers courants alternatifs comme le dadaïsme, "die Brücke" (le "Pont"), et les gazettes sur lesquelles ces courants de pensée s'appuyaient ("Der Sturm", "Aktion"...). L'auteur rappelle néanmoins au fil des chapitres l'usage d'un vocabulaire nettement connoté par les acteurs de cette tentative de révolution culturelle, qui se caractérise aussi par la fusion de l'art et de la politique. Il cite ainsi Rosa Luxembourg, parlant de "chemin de Golgotha de la classe prolétarienne" ; ou encore Karl Liebknecht : ceux des prolétaires qui sont encore endormis finiront par s'éveiller comme "sous les trompettes du Jugement dernier". Pour Ehrenstein, Jésus-Christ est "le premier des bolcheviks".

    Une parenthèse à propos de cette thèse d'une culture révolutionnaire allemande para-chrétienne ou para-apocalyptique ; cette thèse sort renforcée de la lecture de Hegel ou Marx, par lesquels les intellectuels allemands demeurent influencés à la fin du XIXe siècle. En effet, selon Hegel, le mouvement de l'Histoire est chrétien ; la révolution française de 1789 traduit un progrès de l'esprit du christianisme dans le monde et la société occidentale ; sur le sujet du christianisme, K. Marx est plus ambigu, mais sa prose a souvent les accents millénaristes que l'on retrouve ultérieurement chez Rosa Luxembourg ou Karl Liebknecht. En outre Marx voit dans la culture républicaine le prolongement du cléricalisme catholique, les instituteurs prenant la relève des curés afin d'inculquer au peuple la soumission à l'Etat (Marx a décrit la France comme la moins révolutionnaire des nations européennes).

    La philosophie réactionnaire de Nietzsche, qui exprime la haine de l'anarchie et du communisme a contrario, confirme aussi cette thèse. En effet Nietzsche est animé par une germanophobie viscérale, car il considère les Allemands comme un peuple marqué par le christianisme (notamment les milieux prolétariens ou anarchistes). L'exécration peu discrète de Nietzsche du peuple allemand empêchera Hitler de lui ériger une statue, bien qu'il partageait le voeu de Nietzsche de restauration de l'ordre moral contre l'art moderne décadent, car "judéo-chrétien".

    Dernière confirmation, l'attitude française vis-à-vis du bouillonnement culturel allemand, à laquelle l'auteur consacre un chapitre entier. Cette attitude oscille entre l'indifférence et le mépris pour la production artistique et littéraire allemande, perçue comme régionaliste et très inférieure à l'art français. Hier plus encore qu'aujourd'hui, les élites françaises étaient indifférentes au reste du monde, ainsi qu'à l'Histoire, qui se confondrait presque du point de vue français avec la notion de patrimoine.

    On mesure ici à quel point l'idéologie européenne, essentiellement allemande, colle mal avec la mentalité française autarcique, même si la défaite française de 1940, suivie de la domination culturelle des Etats-Unis (nation germanique), pèse depuis dans le sens inverse.

    Cependant on ne peut considérer cette révolution culturelle allemande comme l'illustration ou le produit de l'apocalypse chrétienne ; le lien n'est pas moins lâche ici qu'il s'avère entre la récupération du Nouveau testament par les élites catholiques (monarchie de droit divin/providentialisme/hégélianisme) ou, plus récemment, par la "théologie de la Libération" des révolutionnaires américains. Il reste que la référence au texte chrétien semble incontournable, que l'on se situe du côté des élites dominantes en place, ou bien que l'on veuille révolutionner l'ordre social.

    L'essai explore d'autres aspects intéressants, tel le rapport du mouvement révolutionnaire allemand avec son voisin russe communiste. Le mouvement allemand est plus "anarchiste", c'est-à-dire plus idéaliste et moins tourné vers la conquête du pouvoir que la révolution bolchevique. Pour certains intellectuels et activistes politiques allemands influents, il ne peut être remédié à la violence par une autre violence ; ils préfèrent en appeler à la force de l'Esprit (aux contours assez vagues). De leur côté les bolcheviks, Lénine en tête, ont ironisé sur la pusillanimité des mouvements révolutionnaires allemands, leur impuissance à évincer la démocratie libérale. Hitler, lui, ne reculera pas devant l'usage de la violence pour s'imposer.

    Par ailleurs l'intellectualisme de la révolution culturelle allemande, qui expose trente-six nuances d'anarchisme et de socialisme, est cause d'une césure avec le prolétariat, là où les partis nazi et soviétique usèrent de mots d'ordres démagogiques pour susciter l'adhésion massive.

    Le déclin de cette révolution culturelle est de surcroît analysé ; Lionel Richard dissuade de voir dans la gravissime crise économique que traverse l'Allemagne après la guerre la seule cause d'essoufflement de ce mouvement, mais il pointe aussi l'embourgeoisement des milieux anarchistes, évolution qui évoque le destin du mouvement (plus limité) de "Mai 68" en France, dont les figures emblématiques représentent désormais, non plus la contestation mais le conformisme.

    Le bouillonnement intellectuel de l'Allemagne de la première moitié du siècle fait aussi ressortir la platitude de la production contemporaine, allemande ou occidentale en général, une contre-culture complètement anémiée. L'idéal de la construction européenne apparaît comme principalement économique, c'est-à-dire mercantile. La vie intellectuelle et artistique se retrouve presque dans l'état de léthargie qui précéda, en Allemagne, la révolte contre les institutions bourgeoises.

    D'une Apocalypse à l'autre, par Lionel Richard, ed. Aden, 2014.

  • Revue de presse BD (231)

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    Centaure jouant avec des polichinelles, par Tiepolo - dessin cédé par le collectionneur J. Horvitz, afin de se concentrer sur sa collection de dessins français.

    + Le Petit Palais expose jusqu'au 9 juillet une partie de la collection de dessins français du XVIIIe siècle de l'Américain Jeffrey Horvitz, qui compte plus de mille pièces. Après avoir été marchand d'art contemporain à Los Angeles, J. Horvitz entama une collection de dessins anciens italiens et français dans les années 80. Il a revendu ses dessins italiens il y a une dizaine d'années pour se concentrer sur sa collection française, qui compte notamment des dessins de Watteau, Boucher, Fragonard et David.

    + Sous le titre : "Le canard qui a coupé les ailes de Fillon", l'hebdomadairewebzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,revue,presse,hebdomadaire,avril,2017,actualité,canard enchaîné,fillon,bloomberg businessweek,macron,lepen,bokassa,bérégovoy,petit palais,dessin,expo,jeffrey horvitz,watteau,fragonard,david,boucher,tiepolo,centaure,faber-castell,concours,philgreff,blog-bd,coquillard,saint-jacques,compostelle,pèlerinage,lb,exp,lyon,arte,anarchisme,tancrède ramonet,lcp,proudhon,daumier,marx,capitalisme,charivari,huskmitnavn "Bloomberg Businessweek" (10-23 avril) décrit "Le Canard enchaîné" ["The Chained Duck"] à ses lecteurs américains comme tranchant avec l'austérité des titres dédiés à l'actualité politique comme le "Washington Post" aux Etats-Unis, le "Times of London" en Angleterre ou le "Frankfurter Allgemeine Zeitung" en Allemagne. "Bloomberg" décrit comment le "Canard" a torpillé la candidature du candidat conservateur (sic) François Fillon, menaçant aussi E. Macron et M. Le Pen par ses révélations. Il cite parmi les affaires les plus retentissantes dans l'histoire du "Canard", les bijoux offerts par Bokassa à Giscard-d'Estaing ou la révélation du prêt sans intérêt consenti à P. Bérégovoy.

    Pour dire à quel point les élites politiques françaises scrutent le "Canard" et redoutent ses "scoops", "Bloomberg" cite le président F. Hollande lors d'un récent conseil des ministres : - Heureusement que le "Canard" ne paraît que toutes les semaines !

    L'hebdomadaire économique s'étonne du pouvoir persistant du "Canard enchaîné" à l'heure de la presse d'actualité politique en ligne ("Huffington Post", "BuzzFeed"). "Avec un tirage hebdomadaire de 400.000 ex. vendus à 1, 20 euros chacun, "Le Canard" a engrangé 25 millions d'euros en 2015 et fait 2 millions d'euros de bénéfice.", précise cet hebdo porté sur les chiffres.

    En revanche "Bloomberg" ne mentionne pas la subvention publique (indirecte) du "Canard" à hauteur de 500.000 euros environ par an. Invoquée par le parti de F. Fillon pour contre-attaquer, cette information est pourtant révélatrice du fonctionnement de la presse française, autant que le scoop du "Canard" l'est du fonctionnement de l'institution parlementaire.

    + "Arte" diffuse un long documentaire sur le courant de pensée/et ou révolutionnaire anarchiste, dont l'ouvrier-typographe français Proudhon rédigea le premier manifeste, enwebzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,revue,presse,hebdomadaire,avril,2017,actualité,canard enchaîné,fillon,bloomberg businessweek,macron,lepen,bokassa,bérégovoy,arte,anarchisme,tancrède ramonet,lcp,proudhon,daumier,marx,capitalisme,charivari,petit palais,dessin,expo,jeffrey horvitz,watteau,fragonard,david,boucher,tiepolo,centaure,faber-castell,concours,philgreff,blog-bd,coquillard,saint-jacques,compostelle,pèlerinage,lb,exp,lyon,caricaturiste écrivant que "La propriété, c'est le vol." Bizarrement, la chaîne de télévision officielle de l'Assemblée nationale "LCP" (dirigée par Marie-Eve Malouine) est coproductrice de ce documentaire plutôt élogieux à l'égard d'une cause, la moins laïque et républicaine possible, qui plus est en période de campagne électorale, processus dont les anarchistes considèrent qu'il n'est qu'un simulacre démocratique.

    L'anarchisme a souvent croisé le chemin de l'art moderne, dans la mesure où les artistes ont souvent accusé la bourgeoisie industrielle d'être ennemie de l'art et d'oeuvrer insidieusement à sa destruction.

    La première partie du documentaire s'attache à décrire le courant anarchiste comme un courant d'émancipation du prolétariat opprimé par la bourgeoisie industrielle, prônant tantôt l'émancipation par la science, tantôt par la révolte armée en désespoir de cause ; réprimées par les forces de l'ordre républicaines, les tentatives de révolte anarchistes s'achèvent dans des bains de sang et une répression féroce à faire pâlir de jalousie Bachar El Assad.

    Ce documentaire incite à se poser la question suivante : - en dépit du déséquilibre criant des forces en faveur de l'ordre public républicain, fasciste ou soviétique, qu'est-ce qui peut faire que l'anarchisme perdure, si ce n'est en Occident, où l'argent dicte sa loi, du moins dans les régions du monde où l'esclavage persiste ? La réponse à cette question est assez simple : l'iniquité, tant qu'elle persiste, consacrée à travers la propriété ou l'Etat, continue de susciter l'anarchisme comme une réponse ou une tentative de réponse à un problème sur lequel la science politique reste muette.

    Les solutions politiques d'inspiration marxiste, mises en oeuvre par des régimes populistes, ont échoué à triompher de l'iniquité ; néanmoins la démonstration par Marx de l'iniquité des régimes bourgeois républicains, renouvelée voire accrue à travers le capitalisme, continue d'être corroborée par des faits que la presse bourgeoise a bien du mal à dissimuler, malgré sa vocation à noyer le poisson sous un déluge d'informations le plus souvent anecdotiques.

    C'est un lieu commun de considérer l'anarchisme comme un courant de pensée ou un mouvement utopique ; cependant l'effort politique pour faire taire définitivement l'anarchisme semble tout aussi utopique.

    (Docu. en deux volets par Tancrède Ramonet diffusé encore quelques jours) (Caricature ci-dessus de Proudhon doté d'une auréole, par Daumier, parue dans "Le Charivari" en 1849.)

    + La marque de crayons Faber-Castell organise un concours de dessin entre étudiants en écoles d'art, qui peuvent "poster" leurs dessins sur Instagram, en ajoutant le "hashtag" #ASW17ByFaberCastell et concourir ainsi jusqu'au 16 avril.

    Puisque le thème de ce concours est le "dessin", on note que ce mot ne veut plus dire grand-chose aujourd'hui ; le dessin a perdu son caractère de "leçon de physique", qui le rapprocha du langage scientifique ; son apprentissage permettait aux artistes, apprenant l'anatomie de façon plus ou moins empirique, d'insuffler la vie à leurs oeuvres. Le registre de l'artiste danois Huskmitnavn est très différent, puisqu'il se sert du crayon et du papier pour créer une illusion d'optique amusante.

    Comme tout est dessin, plus rien ne l'est, et les professeurs de BD doivent rappeler à leurs élèves (parfois de façon fastidieuse), que la BD est avant tout un art de raconter.

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    + Auteur de BD et illustrateur, Philgreff tient un blog-bd, quotidiennement mis à jour, où différentes rubriqueswebzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,revue,presse,hebdomadaire,avril,2017,actualité,canard enchaîné,fillon,bloomberg businessweek,macron,lepen,bokassa,bérégovoy,petit palais,dessin,expo,jeffrey horvitz,watteau,fragonard,david,boucher,tiepolo,centaure,faber-castell,concours,philgreff,blog-bd,coquillard,saint-jacques,compostelle,pèlerinage,lb,exp,lyon,caricaturiste se succèdent (strips, croquis, planches de BD) ; depuis quelques semaines, Philgreff publie "Coquillards", un feuilleton-BD racontant son pèlerinage à St-Jacques-de-Compostelle avec un copain (en partant de Vendée, en 2000). Comme Philgreff et son pote ne sont pas très catholiques, mais surtout désireux de rompre avec leur train-train quotidien, ils reprennent à leur compte le sobriquet de "coquillards", dont un curé rencontré en chemin les affuble; on nommait "coquillards" autrefois les brigands qui détroussaient les pèlerins de passage. Première page ici.

    + Notre collaborateur LB, également pigiste à "Siné-Mensuel" depuis quelques mois, expose ses dessins à Lyon pendant un mois en compagnie de confrères caricaturistes.

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