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marx

  • Revue de presse BD (281)

    + La Coupe du Monde de foot a le mérite d'exposer les valeurs occidentaleswebzine,zébra,fanzine,gratuit,bd,bande dessinée,actualité,juin,2018,revue,presse,hebdomadaire,coupe,monde,football,1998,charb,charlie-hebdo,hannah arendt,marx telles qu'elles sont, non telles qu'elles sont enseignées aux gosses dans les cours de catéchisme ou d'éducation civique.

    On peut voir que le populisme, loin de se limiter à quelque parti politique "extrémiste", est soigneusement et systématiquement entretenu par les élites politiques et morales.

    En 1998, "Charlie-Hebdo" jouait encore le rôle de contre-culture en brocardant la religion du foot, comme ici cette "Une" de Charb. Le défaut de la satire de "Charlie-Hebdo" a peut-être toujours été de pointer excessivement le "beauf". Hannah Arendt pour sa part préférait fustiger (au début des années 50), non les produits de la culture de masse eux-mêmes, mais les intellectuels qui se font un devoir d'exalter ce populisme sournois, dont le football ne représente qu'une partie.

    Pour pouvoir parler d'entreprise systématique, il faudrait étudier et mettre à jour les éléments d'une tactique commune à ces intellectuels et "pseudo-philosophes". L'éloge "indistinct" de "la culture" est un de ces éléments.

    L'actualité fournit un autre exemple de l'effort pour abrutir le peuple accompli par les élites intellectuelles - je veux parler des grands discours foireux sur "l'intelligence artificielle". Il s'agit là d'une notion aussi creuse que la notion de "providence", une version "séculière" de cet argument typiquement clérical. Il n'est pas moins fanatique de croire au(x) miracle(s) futur(s) que "l'intelligence artificielle" pourrait accomplir en faveur de l'humanité, que dans l'intervention providentielle de Dieu. Les meilleures fables de science-fiction (les plus satiriques) sont celles qui soulignent l'impasse à laquelle conduit le développement technologique.

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    + Ce dessin de Micaël ("Siné Mensuel") souligne la part du hasard dans le football et, plus largement, dans la culture contemporaine, largement ouverte par ce biais à la superstition. 

     

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    par Gourmelin

    + F. Forcadell signale sur son blog la petite expo. de dessins originaux de Gourmelin, Moisan et Sempé à la galerie "Artmouvances" (à Montfort-L’Amaury, du 15 juin au 8 juillet 2018).

    La satire est inactuelle, contrairement au "devoir d'information" des journalistes qui opère une diversion constante, une tension religieuse vers l'avenir.

    Qualifier Jean Gourmelin (1920-2011) de "dessinateur de l'absurde" (notice wikipédia) est dépourvu de signification précise. En effet chez les humoristes qui représentent l'absurdité, on décèle vis-à-vis de celle-ci des attitudes très différentes ; tandis que certains se révoltent contre l'absurdité, d'autres à l'opposé paraissent abdiquer devant elle ou s'y résigner, n'en tirant qu'un simple motif pour déclencher le rire gras ou le fou rire.

  • Le Libéralisme**

    22e opus de la collection "La petite Bédéthèque des Savoirs", cette BD se présente comme une enquête sur lewebzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,kritik,critique,libéralisme,dutreix,pierre zaoui,bédéthèque,savoir,lombard,marx,chine,européiste "libéralisme".

    Les auteurs, P. Zaoui et R. Dutreix, s'attachent à démontrer que le libéralisme est une notion ou une doctrine incohérente. En effet les principaux essayistes qui se réclament du libéralisme divergent beaucoup trop pour que l'on puisse dégager un PPCM voire un PGCD.

    La démonstration s'appuie sur l'illustration que l'idéologie libérale a permis aussi bien de cautionner l'ordre public étatique que les mouvements révolutionnaires opposés. L'individualisme, qui passe parfois pour une valeur ou un principe libéral, ne l'est pas particulièrement; en effet, la plupart des auteurs libéraux plaident pour l'affranchissement de l'individu de certaines contraintes en arguant de son bénéfice pour la collectivité.

    Les auteurs auraient pu prendre pour exemple (flagrant) la "liberté d'expression" ; sa formule libérale autorise la censure dès lors que cette liberté représente une menace pour l'ordre étatique.

    Les auteurs auraient aussi pu prendre l'exemple plus concret de la Chine, nation dont il est pratiquement impossible de dire si elle représente un régime de droit libéral ou non (il y a autant d'arguments dans les deux sens).

    Le principal mérite de cette enquête est de souligner que le libéralisme n'a pas de frontières politiques bien délimitées ; un certain nombre de soi-disant détracteurs du libéralisme, pour des raisons démagogiques se posent en adversaires du libéralisme tout en menant une politique similaire à celles menées par des gouvernements portant l'étiquette libérale.

    Et les auteurs de définir le libéralisme comme une "galaxie", bien que le terme de "nébuleuse" aurait été préférable. De façon étonnante, le constat de son inconsistance ne semble pas ternir l'aura de l'idéologie libérale à leurs yeux.

    Néanmoins cette enquête sur le libéralisme souffre de trois défauts majeurs :

    - L'enquête s'arrête là où elle commence à devenir intéressante; en effet, une fois que l'on a mis en évidence que le libéralisme ne désigne aucune doctrine et aucune politique précisément, en même temps que le libéralisme a une aura extraordinaire, on se retrouve pratiquement devant une énigme plus intéressante que l'étude du libéralisme en lui-même. On doit se poser la question : le libéralisme est-il une simple ruse ?

    - Par ailleurs cette BD ne nous apprend pas grand-chose que les critiques du libéralisme ne pointent depuis longtemps. L'idée que l'étatisme et le capitalisme se confortent mutuellement, loin de s'opposer suivant la propagande de certains partis politiques, a été démontré par Marx il y a plus d'un siècle.

    Plusieurs exemples contemporains valident cette démonstration : le projet libéral européiste, calqué sur les Etats-Unis, se heurte ainsi notamment à l'absence d'appareil d'Etat (unifié). Par ailleurs la transition de la Russie d'un régime soviétique à un régime libéral s'est faite presque sans coup férir.

    - Enfin cette enquête ne se penche pas assez sur l'aspect mystique ou religieux de l'idéologie libérale, bien que l'observation de son incohérence incite pourtant à s'y intéresser.

    Il est difficile de ne pas faire un lien entre l'irruption de la notion de liberté en politique et le christianisme. "Liberté politique" ne veut pratiquement rien dire dans l'Antiquité, où la politique est envisagée sous l'angle du rapport de force, tandis que la liberté est devenue au cours de l'ère chrétienne un véritable leitmotiv.

    On discerne aussi une forme de mysticisme légal. La loi en impose beaucoup plus qu'elle ne peut dans les régimes libéraux. L'impuissance des économistes libéraux à prédire à moyen ou long terme les mouvements de l'économie ne les dissuade pas de donner la forme légale à leurs hypothèses, quand ils ne basculent pas carrément dans des prophéties chimériques ou un darwinisme économique qui n'est pas plus scientifique que le darwinisme social nazi.

    Sur le plan des codes juridiques à proprement parler, on pense à une ancienne recommandation adressée au(x) législateur(s) anglais par un auteur spécialisé dans le droit -ne pas ajouter une loi à un code sans en retrancher une caduque simultanément, afin d'éviter l'inflation juridique et les problèmes d'application de la règle de droit qui s'ensuivent. C'est peu de dire que les politiques libérales se défient de cette ancienne recommandation. Les Etats-Unis ne sont pas le seul exemple de prolifération de la norme légale, qui manifeste une certaine horreur mystique du vide juridique. 

    Le Libéralisme - enquête sur une galaxie floue, par Pierre Zaoui et Romain Dutreix. La petite Bédéthèque des Savoirs, Le Lombard, 2018.

  • Revue de presse BD (265)

    "De nos jours les gens connaissent le prix de chaque chose mais ne connaissent la valeur de rien." O. Wilde

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    Oscar Wilde caricaturé par M. Beerbohm

    + K. Marx note que les mathématiques (géométrie algébrique) sont la manière la plus superficielle de décrire une chose, en la mettant en rapport avec d'autres choses similaires. Ce type de raisonnement quantitatif est caractéristique de la culture moderne.

    Les autorités culturelles et scolaires s'intéressent ainsi à la quantité d'enfants qui lisent et au nombre de livres qu'ils lisent, indépendamment du contenu de ces livres. C'est probablement la façon la plus aberrante qui soit de promouvoir la lecture, comme une sorte de gymnastique intellectuelle.

    "Alors que le marché du livre souffre, le segment BD a progressé de 5%" indique le quotidien économique "Les Echos". On a ici une application du raisonnement quantitatif superficiel, qui consiste à parler de livres et de bande-dessinées comme de biens de consommation ordinaires. La part du divertissement dans la catégorie "bande-dessinée" est  telle que cela explique peut-être cette "progression" ; or le divertissement occupe dans la culture occidentale la même place que la religion dans les cultures traditionnelles.

    L'économie capitaliste fait bien sûr prévaloir le raisonnement quantitatif, mais celui-ci se répand aussi d'autres façons. En effet une autre manière d'aborder la littérature, tout aussi superficielle, consiste à l'étudier sous l'angle obtus du style. La littérature fourmille de grands stylistes (Racine, Proust), qui reflètent simplement leur époque, mais dont la portée est limitée.

    + Bon connaisseur des fanzines de BD, Maël Rannou s'est entretenu avec webzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,actualité,revue,presse,hebdomadaire,février,2018,oscar wilde,beerbohm,marx,les échos,maël rannou,du9,filipandré,zincl'auteur de BD humoristiques Filipandré (pour le site "du9") ; actif à la fin des années 1970 au sein du fanzine "Zinc" (ci-contre), Filipandré a contribué ensuite à des titres plus professionnels, comme "Pilote" ou "Fluide-Glacial".

    Internet s'est largement substitué aux fanzines qui servaient de support peu coûteux à des communautés d'amateurs réunis autour de leur passion pour la bande-dessinée ; les fanzines échappent aussi à certaines contraintes que fait peser le professionnalisme, en contrepartie d'une rémunération, ce qui explique que quelques fanzines subsistent. 

    + Encore une expo Corto Maltese ! Cette fois-ci au Musée des Confluences de Lyon (jusqu'au 24 mars).

    Il est exagéré de qualifier le héros de Hugo Pratt "d'antihéros". Corto Maltese possède certaines caractéristiques du héros de roman d'aventure, comme l'absence de vie sentimentale et sexuelle. Il serait plus juste de dire que Corto Maltese n'est pas pleinement engagé dans les aventures qu'il vit mais conserve toujours une certaine distance et une forme de cynisme.

    H. Pratt avait fait très jeune l'expérience de la guerre, qui a le don de modérer les ardeurs des aventuriers les plus optimistes.

    + Ci-dessous un strip intraduisible signé Reyn (tiré de son blog).

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  • Revue de presse BD (257)

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    Page de titre de "Casque d'Or", BD publiée dans "Circus" en 1975.

    + Peu avant Noël (20 déc.), la dessinatrice de BD Annie Goetzinger "est décédée des suites d'une longue maladie", suivant la formule consacrée; dans ce métier artisanal contraignant, elle était une des rares représentantes de son sexe. Bizarrement les journalistes, qui ont l'indignation facile, ne s'indignent pas tant de la rareté des femmes dans la corporation des bouchers ou celle des boulangers, métiers aussi durs...

    A l'école d'art Duperré (mode vestimentaire), A. Goetzinger avait appris à dessiner avec Georges Pichard, auteur de BD érotico-comique dessinant des femmes plantureuses sous toutes les coutures. Le style d'A. Goetzinger reflétait cet enseignement.

    Produisant les titres au compte-goutte ("Casque d'Or", "La Fille de la Légion d'Honneur", "L'Agence Hardy"...), A. Goetzinger avait récemment publié une biographie de Colette. Bien que Colette fût une femme indépendante, elle était peu féministe, écrivant par exemple : "Une femme qui se croit intelligente réclame les mêmes droits que l'homme. Une femme intelligente y renonce.", propos qui entraînerait aujourd'hui la condamnation de son auteur par les représentantes de la cause féministe.

    A. Goetzinger elle-même était assez circonspecte vis-à-vis de la cause féministe, comme on peut lire dans ce long entretien éclairant son parcours, publié par le site BD-Zoom.

    Depuis quelques années A. Goetzinger publiait des dessins (assez fades) dans "La Croix".

     

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    Luz et Riss caricaturés par Ignace pour le site d'extrême-droite Medias-presse.info

    + Plein de compassion pour Laurent Sourisseau, alias Riss, suite à la polémique qui l'opposa à Edwy Plenel ("Médiapart"), l'hebdomadaire "Le Point" (21-28 déc.) dresse le bilan de l'action de Riss, à la tête de "Charlie-Hebdo" depuis l'expédition punitive des frères Kouachi, visant plus particulièrement Charb (selon Riss).

    Riss est actionnaire principal du titre et il a le soutien moral de la veuve de Cabu et des parents de Charb. Riss a beau déclarer qu'"il ne veut pas que Charlie devienne un musée du 7 janvier", l'article du "Point" indique que, malgré la réticence de son rédacteur en chef à s'engager sur le terrain politique, il y est entraîné inexorablement.

    "Le Point" se garde de souligner la situation ubuesque de la rédaction de "Charlie-Hebdo", censée produire dans un bunker sous haute surveillance policière... un journal anticonformiste !?

    On apprend que Anne Hommel, conseillère en communication de grosses légumes dont elle s'emploie à polir l'image, continue d'être employée par "Charlie-Hebdo" ; son agence a récemment organisé la fête d'anniversaire de "Charlie"... boudée par quelques ex-collaborateurs. Anne Hommel (et l'avocat Richard Malka) ont joué un rôle décisif dans le sauvetage de "Charlie-Hebdo", que la tempête médiatique a bien failli engloutir.

    + L'hebdomadaire "Le Point" se fait aussi l'écho d'un léger différend entrewebzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,actualité,revue,presse,hebdomadaire,décembre,2017,annie goetzinger,duperré,georges pichard,la croix,colette,féministe,laurent sourisseau,le point,charlie-hebdo,riss,edwy plenel,médiapart,kouachi,charb,anne hommel,richard malka,johnny hallyday,françois ruffin,jean-luc mélenchon,insoumis,marx,sandrine mazetier,dieudonné,cl41,polémiste,censure,facebook,romain badouard,plantu,michel serres,france 5 Jean-Luc Mélenchon et François Ruffin à propos de Johnny Hallyday. Le directeur du journal satirique "Fakir", élu député de la Somme sous l'étiquette des "Insoumis", aurait reproché au chef de son parti d'avoir boudé l'hommage national rendu à feu Johnny Hallyday.

    Bouder est bien pourtant le moins que l'on peut faire quand on se prétend "insoumis": la culture de masse est devenue au cours du XXe siècle le principal instrument de soumission des masses aux élites, en remplacement des religions traditionnelles. Il n'est que d'observer son rôle dans la mobilisation de l'opinion publique en cas de guerre pour s'en rendre compte.

    Si la religion est l'opium du peuple, la culture de masse doit être dénoncée comme une drogue "dure".

    J. Hallyday, chanteur-caméléon assez habile pour rester dans le vent n'était pas une vedette "populaire" mais "radiophonique", ce qui n'est pas du tout la même chose. L'ère de la production et de la diffusion industrielles de biens de consommation culturels coïncide avec la disparition progressive de la culture populaire, pour des raisons déjà élucidées par K. Marx il y a un siècle et demi.

    + Débats pleins d'hypocrisie que les débats publics autour de la "libertéwebzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,actualité,revue,presse,hebdomadaire,décembre,2017,annie goetzinger,duperré,georges pichard,la croix,colette,féministe,laurent sourisseau,le point,charlie-hebdo,riss,edwy plenel,médiapart,kouachi,charb,anne hommel,richard malka,johnny hallyday,françois ruffin,jean-luc mélenchon,insoumis,marx,sandrine mazetier,dieudonné,cl41,polémiste,censure,facebook,romain badouard,plantu,michel serres,france 5 d'expression" et de la censure. Un dossier spécial du "Canard Enchaîné" (avril 2016 - n°139) mentionne qu'un amendement des députés PS (CL41/novembre 2016), promu par Sandrine Mazetier et soutenu par l'opposition, a failli rétablir la censure au nom de l'ordre public, sous prétexte de réduire au silence le polémiste Dieudonné.

    L'argument de l'ordre public, qui n'a que l'apparence d'un critère juridique, est analogue à celui du blasphème dans les régimes dits "théocratiques". L'ordre public est en effet une notion arbitraire, à l'instar du blasphème.

    Cet amendement CL41 avorté au dernier moment, qui aurait permis au pouvoir exécutif de contrôler toute publication dans le cadre de l'état d'urgence (prolongé), est révélateur de l'usage de la "liberté d'expression" avant tout comme caution d'une presse et de journalistes... qui s'avèrent très peu indépendants. "Charlie-Hebdo" fut créé au début des années 70 en réaction à une forme de sclérose de la presse française; cette sclérose n'a fait que s'aggraver depuis, les restes de "Charlie-Hebdo" faisant office de cache-misère.

    Cet amendement traduit aussi l'ignorance des parlementaires que la prohibition pénale est devenue un moyen contre-productif de censure. Bien plus malins les responsables du PS qui ont empêché cet amendement gaffeur au dernier moment.

    L'histoire montre que la liberté d'expression, au sens concret du terme, n'est jamais le résultat d'une démarche politique ou juridique positive.

    + Une autre hypocrisie consiste à pointer du doigt la censure des réseaux sociaux américains, Facebook en tête. Facebook applique bien des mesures de censure, motivées par des raisons commerciales; mais le réseau social américain applique surtout des mesures de censure à la demande des gouvernements de tel ou tel pays. La France n'est pas en reste comme l'atteste le rapport fourni par Facebook, où l'on peut comparer la surveillance de la justice française avec celle d'autres gouvernements.

    Le jeune sociologue Romain Badouard (université de Cergy-Pontoise), au cours d'un débat sur ce thème organisé par "France 5" (en présence de Plantu et Michel Serres) commet un lapsus révélateur (41'50"); parlant de la censure, il ne peut s'empêcher d'ajouter : "aussi légitime soit-elle". Bien plus que la liberté d'expression, c'est la censure que le langage politiquement correct légitime, au nom d'une éthique dont le bénéfice n'est pas mieux établi que le bénéfice de la morale puritaine.

  • Revue de presse BD (254)

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    + Après Isadora Duncan et Picasso, en tandem avec Julie Birmant, Clément Oubrerie s'attaque en solo à l'ambitieux projet de faire le portrait de Voltaire et son siècle en BD... quitte à égratigner une icône républicaine?

    Dans une interview donnée à ActuaBD, Clément Oubrerie se défend de faire un travail de biographe. Il dit s'appuyer sur les travaux d'Arlette Farge ("Paris au Siècle des Lumières") pour peindre un XVIIIe siècle crédible.

    + Il ne reste plus que quelques minutes aux dessinateurs de presse pour concourir au "Prix international du Dessin de presse pour les Droits de l'Homme", parrainé par "United Sketches". Les concours de dessin de presse sont plutôt rares et la plupart du temps moins bien dotés que ce dernier (plusieurs milliers d'euros).

    Le thème des Droits de l'Homme interpelle, car le premier esprit satirique venu observera que les sociétés fondées sur le droit humanitaire sont loin d'atteindre l'objectif égalitaire qu'elles se fixent. Cela explique en grande partie le regain de la ou des religions, et ce d'autant plus qu'elles ne sont pas compromises avec les "valeurs occidentales".

    + La publication de "Charlie-Hebdo" en allemand, faute de lecteurs enwebzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,actualité,revue,presse,hebdomadaire,novembre,2017,arlette farge,clément oubrerie,voltaire,actuabd,paris,lumières,marx,charlie-hebdo,allemand,united sketches,dessin,sobd,suisse,quentin duckit nombre suffisant, a été interrompue au bout d'un an. Cette initiative originale semblait condamnée à l'avance. D'une certaine façon, l'engouement du public allemand pour le numéro spécial de "Charlie-Hebdo", paru après le massacre d'une partie des dessinateurs, indiquait peut-être plus le goût du public allemand pour les enterrements que pour la satire.

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    Gag d'Andreas Kündig, auteur suisse exposé au SOBD 2017

    + Le prochain salon SoBD, dédié aux petits éditeurs de BD indépendants (8-10 déc. à la Halle des Blancs Manteaux, Paris 4e) mettra cette année la production suisse à l'honneur.

    Est aussi programmé lors de ce salon un colloque sur les fanzines, la persistance de ce mode d'édition à l'heure d'internet et les motivations des producteurs de fanzines (dimanche, de 15h à 17h30).

    + Les fanzines sont parfois des publications luxueuses, grâce aux machines mises à la disposition des élèves d'écoles formant aux techniques d'imprimerie. Tels les fanzines "Nyctalope" ou "Psoriasis" auxquels a contribué le talentueux illustrateur Quentin Duckit (ci-dessous).

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  • D'une Apocalypse à l'autre****

    Réédition augmentée et révisée d'un bouquin de Lionel Richard (1976) traitant de la production intellectuelle etwebzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,kritik,critique,lionel richard,apocalypse,aden,expressionnisme,anarchisme,die brücke,aktion,der sturm,rosa luxembourg,karl liebknecht,nouveau testament,blochevik,hegel,nietzsche,marx,lénine,hitler artistique allemande de la fin du XIXe siècle à la fin des années 1930.

    L'auteur fait la lumière sur cette période de foisonnement intellectuel et artistique méconnue de ce côté-ci du Rhin, période qui précède immédiatement l'accession au pouvoir de Hitler et du parti nazi.

    Plusieurs chapitres détaillés et illustrés par les couvertures illustrées des nombreux journaux qui soutinrent cette effervescence sont précédés de la thèse suivante : l'apocalypse chrétienne hante la culture allemande, profondément marquée par la Réforme protestante et son imagerie, associée à l'émancipation culturelle de la population allemande. L'apocalypse est la toile de fond de la révolution artistique, politique et culturelle que connaît l'Allemagne au tournant du siècle (nation alors en forte expansion démographique et économique).

    "La religion et les luttes religieuses ayant profondément pénétré toute l'histoire de l'Allemagne et sa vie politique depuis la Réforme, la littérature et la peinture allemandes ont été envahies de références à l'Apocalypse, sur la base de son évocation dans le texte chrétien du Nouveau Testament."

    Aux lecteurs français, Lionel Richard rappelle le double aspect de la prophétie chrétienne, catastrophique d'une part, mais aussi réconfortante d'autre part, car synonyme d'avènement d'une ère nouvelle pour les "justes".

    La violence des événements politiques, économiques et militaires de la fin du XIXe et du début du XXe siècles donnent aussi consistance aux yeux des élites culturelles allemandes à l'idée de catastrophe ultime et d'effondrement d'un monde dominé par Satan.

    L'auteur délaisse le plus souvent cette thèse pour mieux s'attacher à l'évolution des différents mouvements qui s'enchevêtrent au cours de cette période, plus connus sous le terme générique d'"expressionnisme", étiquette à laquelle il est difficile de donner un sens précis autre que la revendication d'une rupture avec le passé culturel bourgeois de l'Allemagne (sur le plan esthétique, l'expressionnisme est particulièrement équivoque).

    Proche de cet "expressionnisme" se situent divers courants alternatifs comme le dadaïsme, "die Brücke" (le "Pont"), et les gazettes sur lesquelles ces courants de pensée s'appuyaient ("Der Sturm", "Aktion"...). L'auteur rappelle néanmoins au fil des chapitres l'usage d'un vocabulaire nettement connoté par les acteurs de cette tentative de révolution culturelle, qui se caractérise aussi par la fusion de l'art et de la politique. Il cite ainsi Rosa Luxembourg, parlant de "chemin de Golgotha de la classe prolétarienne" ; ou encore Karl Liebknecht : ceux des prolétaires qui sont encore endormis finiront par s'éveiller comme "sous les trompettes du Jugement dernier". Pour Ehrenstein, Jésus-Christ est "le premier des bolcheviks".

    Une parenthèse à propos de cette thèse d'une culture révolutionnaire allemande para-chrétienne ou para-apocalyptique ; cette thèse sort renforcée de la lecture de Hegel ou Marx, par lesquels les intellectuels allemands demeurent influencés à la fin du XIXe siècle. En effet, selon Hegel, le mouvement de l'Histoire est chrétien ; la révolution française de 1789 traduit un progrès de l'esprit du christianisme dans le monde et la société occidentale ; sur le sujet du christianisme, K. Marx est plus ambigu, mais sa prose a souvent les accents millénaristes que l'on retrouve ultérieurement chez Rosa Luxembourg ou Karl Liebknecht. En outre Marx voit dans la culture républicaine le prolongement du cléricalisme catholique, les instituteurs prenant la relève des curés afin d'inculquer au peuple la soumission à l'Etat (Marx a décrit la France comme la moins révolutionnaire des nations européennes).

    La philosophie réactionnaire de Nietzsche, qui exprime la haine de l'anarchie et du communisme a contrario, confirme aussi cette thèse. En effet Nietzsche est animé par une germanophobie viscérale, car il considère les Allemands comme un peuple marqué par le christianisme (notamment les milieux prolétariens ou anarchistes). L'exécration peu discrète de Nietzsche du peuple allemand empêchera Hitler de lui ériger une statue, bien qu'il partageait le voeu de Nietzsche de restauration de l'ordre moral contre l'art moderne décadent, car "judéo-chrétien".

    Dernière confirmation, l'attitude française vis-à-vis du bouillonnement culturel allemand, à laquelle l'auteur consacre un chapitre entier. Cette attitude oscille entre l'indifférence et le mépris pour la production artistique et littéraire allemande, perçue comme régionaliste et très inférieure à l'art français. Hier plus encore qu'aujourd'hui, les élites françaises étaient indifférentes au reste du monde, ainsi qu'à l'Histoire, qui se confondrait presque du point de vue français avec la notion de patrimoine.

    On mesure ici à quel point l'idéologie européenne, essentiellement allemande, colle mal avec la mentalité française autarcique, même si la défaite française de 1940, suivie de la domination culturelle des Etats-Unis (nation germanique), pèse depuis dans le sens inverse.

    Cependant on ne peut considérer cette révolution culturelle allemande comme l'illustration ou le produit de l'apocalypse chrétienne ; le lien n'est pas moins lâche ici qu'il s'avère entre la récupération du Nouveau testament par les élites catholiques (monarchie de droit divin/providentialisme/hégélianisme) ou, plus récemment, par la "théologie de la Libération" des révolutionnaires américains. Il reste que la référence au texte chrétien semble incontournable, que l'on se situe du côté des élites dominantes en place, ou bien que l'on veuille révolutionner l'ordre social.

    L'essai explore d'autres aspects intéressants, tel le rapport du mouvement révolutionnaire allemand avec son voisin russe communiste. Le mouvement allemand est plus "anarchiste", c'est-à-dire plus idéaliste et moins tourné vers la conquête du pouvoir que la révolution bolchevique. Pour certains intellectuels et activistes politiques allemands influents, il ne peut être remédié à la violence par une autre violence ; ils préfèrent en appeler à la force de l'Esprit (aux contours assez vagues). De leur côté les bolcheviks, Lénine en tête, ont ironisé sur la pusillanimité des mouvements révolutionnaires allemands, leur impuissance à évincer la démocratie libérale. Hitler, lui, ne reculera pas devant l'usage de la violence pour s'imposer.

    Par ailleurs l'intellectualisme de la révolution culturelle allemande, qui expose trente-six nuances d'anarchisme et de socialisme, est cause d'une césure avec le prolétariat, là où les partis nazi et soviétique usèrent de mots d'ordres démagogiques pour susciter l'adhésion massive.

    Le déclin de cette révolution culturelle est de surcroît analysé ; Lionel Richard dissuade de voir dans la gravissime crise économique que traverse l'Allemagne après la guerre la seule cause d'essoufflement de ce mouvement, mais il pointe aussi l'embourgeoisement des milieux anarchistes, évolution qui évoque le destin du mouvement (plus limité) de "Mai 68" en France, dont les figures emblématiques représentent désormais, non plus la contestation mais le conformisme.

    Le bouillonnement intellectuel de l'Allemagne de la première moitié du siècle fait aussi ressortir la platitude de la production contemporaine, allemande ou occidentale en général, une contre-culture complètement anémiée. L'idéal de la construction européenne apparaît comme principalement économique, c'est-à-dire mercantile. La vie intellectuelle et artistique se retrouve presque dans l'état de léthargie qui précéda, en Allemagne, la révolte contre les institutions bourgeoises.

    D'une Apocalypse à l'autre, par Lionel Richard, ed. Aden, 2014.

  • Paris La Rouge*

    Catalogue par Rémi Kauffer (éd. Perrin) des personnages et mouvements révolutionnaires et terroristes quiwebzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,critique,paris,rouge,rémi kauffer,perrin,le point,le figaro,lénine,marx,bakounine,pol pot,engels,terrorisme,révolution ont trouvé refuge au cours des derniers siècles dans la capitale française, à compter de Bakounine et Marx jusqu'aux "Irlandais de Vincennes" et aux djihadistes musulmans.

    "Catalogue" est ici volontairement péjoratif car l'ouvrage de R. Kauffer s'apparente à une énumération ; de colonne vertébrale on ne distingue pas. Le bouquin repose sur le constat de la quantité : quantité d'apôtres ou d'acteurs de la révolution, de Bakounine à Pol Pot en passant par Lénine, Blanqui, les Brigades rouges, etc., a fait escale à Paris, le plus souvent fuyant la police, profitant d'une relative tranquillité pour y échafauder leurs plans de révolution(s).

    Paris a été le théâtre de plusieurs soulèvements révolutionnaires : cela fut-il un motif pour des révolutionnaires en herbe de s'y réfugier, ainsi que le suggère R. Kauffer ? Peut-être indirectement, mais il ne faut pas sous-estimer des motifs plus pragmatiques, comme la position géographique centrale de Paris, plus facile d'accès que Londres.

    Le cas de Marx est significatif, car il se rendit avec sa famille en priorité où la police ne les traquait pas encore ; leur fuite s'achèvera à Londres, où Marx trouva le meilleur accueil (et la meilleure bibliothèque) ; du reste l'admiration de Marx pour les révolutions françaises est très mitigée.

    R. Kauffer rapporte que Lénine détestait Paris ("trou infect"), préférant de loin être exilé en Suisse.

    "Paris La Rouge" fourmille de détails sur le séjour à Paris de révolutionnaires souvent adeptes de la violence, dont l'auteur tente tant bien que mal (la place est comptée) de résumer les idéologies.

    Comme Rémi Kauffer collabore au "Figaro magazine" et au "Point", deux organes de presse en charge de la propagande de quelques industriels capitalistes français, rien d'étonnant à ce que son recueil soit plus idéologique qu'historique.

    Tout d'abord, en amalgamant des mouvements terroristes et révolutionnaires assez divers, R. Kauffer s'efforce de discréditer les uns à l'aide des autres. Ainsi la violence actuelle des djihadistes, qui choque de nombreux Français (bien plus que la violence des milliers d'accidents de la circulation imputables à l'industrie automobile), cette violence est faite pour raviver le souvenir des attentats révolutionnaires et anarchistes perpétrés au cours des siècles passés, non moins effrayants.

    Une telle rhétorique occulte ou dissimule autant que possible la violence et la privation de liberté contenue dans la notion "d'ordre public".

    En pointant la responsabilité de l'école républicaine actuelle et la suppression du service militaire (!?) dans le terrorisme contemporain, R. Kauffer suggère que les djihadistes sont des personnes mal éduquées ; de là à dire que le terrorisme est entièrement dépourvu de légitimité, il n'y a qu'un pas. Exit l'ingérence des Etats occidentaux dans la plupart des gouvernements du Tiers-Monde afin de favoriser l'exploitation de leurs ressources en main-d'oeuvre et richesses minières ou pétrolières... Pourtant on devine que l'islam, à l'instar du marxisme-léninisme ou la théologie de la Libération naguère, exprime avant tout le rejet de l'impérialisme occidental. La religion a souvent servi de prétexte et de cadre à la domination des élites au cours de l'histoire moderne, cependant il arrive aussi parfois qu'elle serve de prétexte au soulèvement populaire.

    L'ouvrage de Rémi Kauffer illustre aussi la fascination de la bourgeoisie pour les mouvements révolutionnaires, fascination d'ailleurs en partie réciproque. La violence révolutionnaire a souvent été à l'origine de bouleversements politiques et sociaux entérinés ensuite par la bourgeoisie, de sorte que les régimes bourgeois entretiennent une sorte d'imagerie pieuse de la Révolution et de la violence terroriste. La "démocratie" est un exemple d'idéal révolutionnaire, très éloigné des principes républicains, que la bourgeoisie a fini par adopter... pour mieux le vider de son sens révolutionnaire.

    De leur côté, les révolutionnaires s'efforcent bien entendu de prendre la plus grande distance avec l'ordre public et la culture bourgeoises, mais l'usage de la violence, en soi, n'a rien de révolutionnaire ou de neuf ; or la plupart des mouvements révolutionnaires ne parviennent pas à s'en détacher, revenant ainsi au régime d'oppression d'abord maudit. La révolution ne fait ainsi que rebattre les cartes, mais c'est le même jeu qui continue.

    Le motif de la science et de l'histoire, caractéristique de Marx et Engels, qui se proposent ainsi de triompher des élites bourgeoises sur le terrain de la pensée, a contribué sans doute à l'aura exceptionnelle de la révolution marxiste. Cependant, en se plaçant sur le terrain de l'histoire et des bouleversements politiques, Marx est conscient que la bourgeoisie et la violence révolutionnaire sont deux phénomènes indistincts. En prédisant l'autodestruction du capitalisme, prédiction à laquelle chaque nouvelle crise mondiale fait écho, Marx prête au capital une force révolutionnaire sans commune mesure avec le terrorisme proprement dit.

    Paris la Rouge, par Rémi Kauffer, éd. Perrin, 2016.