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  • Henry de Groux - Journal***

    Les trompettes de la renommée sont parfois bien mal embouchées... Pourquoi Van Gogh, Cézanne, Gauguin,webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,henry de groux,journal,inha,kimé,léon bloy,delacroix,géricault,baudelaire,beethoven,14-18,soldat,catholique sont-ils célébrés dans le monde entier, tandis que Henry de Groux (1866-1930) demeure inconnu ou presque ? Il y a pourtant dans l'oeuvre et l'existence chaotique du peintre bruxellois tous les ingrédients pour fasciner le public...

    A l'instar de Nietzsche, de Groux serait-il trop sulfureux pour notre époque ? C'est peut-être une explication... Plus sûrement, la complexité assumée de de Groux, le caractère inclassable de son oeuvre, déroutent les fabricants d'étiquettes que l'on appose sous les tableaux pour permettre au public et aux étudiants de les digérer plus facilement. L'étiquette "symboliste", qu'on colle parfois à de Groux, ne souligne qu'un aspect de sa peinture.

    Le volumineux Journal que de Groux a laissé derrière lui dévoile une personnalité aux nombreuses facettes. Doublement attiré par la rédemption, d'une part, et par Satan d'autre part (le dieu des artistes), on pourrait qualifier ce peintre épris d'imagination de "baudelairien".

    Ce travail opiniâtre de consignation des faits intimes, sentiments, cauchemars, observations critiques, laissait son auteur lui-même sceptique quant à sa valeur. Dans le meilleur des cas, celui-ci y voit le témoignage sincère, le tableau de la tempête intérieure qui agite l'artiste moderne ; sans doute est-ce la meilleure raison de lire de Groux, tant il est vrai que l'art moderne -les musées sont trompeurs à cet égard- a comme les icebergs une importante partie immergée, dissimulée à la vue du simple spectateur.

    La confrontation avec Van Gogh est particulièrement éclairante ; de Groux a émis un jugement très sévère sur la peinture de son confrère, sans mépriser pour autant l'homme comme il méprisait franchement Cézanne ou Apollinaire, qu'il accuse de divers trucages artistiques. De Groux se fit même virer de son groupe d'artistes (les XX), pour avoir refusé d'être exposé en même temps que Van Gogh.

    "De toutes les peintures que j'ai pu voir du peintre hollandais, têtes ou paysages, je ne m'en rappelle pas une qui brillât par des qualités vraiment picturales que l'on pût sincèrement estimer remarquables. Elles ne se signalent que par la même facture exaspérée et maladroite. Un seul morceau représentant des harengs sur un plat de faïence ou de grès, m'a séduit par une chaleur de ton et une certaine verve de facture vraiment assez heureuse, assez rare dans sa production. C'est tout.", note de Groux dans son Journal en 1893.

    De Groux voyait dans le travail de Van Gogh l'oeuvre d'un aliéné, et non d'un artiste en pleine possession de ses moyens ; cependant, de Groux fut interné lui aussi dans un hôpital psychiatrique à Florence, après avoir effrayé sa maîtresse ; il s'en évadera dans des conditions rocambolesques. De Groux consigne d'ailleurs dans son Journal une insomnie aggravée, causée par des cauchemars violents qu'il redoute d'affronter. Mais surtout, de Groux fut assailli comme Van Gogh par des considérations d'ordre métaphysique, interférant dans son existence. Si Van Gogh est maladroit, et touchant par cette maladresse, on ne peut pas dire que de Groux soit très habile non plus.

    La foi n'est pas héréditaire chez de Groux comme elle est chez Van Gogh (fils et petit-fils de pasteur) ; elle s'incarne dans un ami très proche, Léon Bloy (compagnon d'infortune, par qui il fut hébergé et qu'il hébergea quand ils furent, chacun leur tour, dans le besoin), polémiste catholique et anarchiste (!?) ("L'argent est le sang des pauvres.").

    En même temps qu'il est attaché à son ami Bloy, impressionné par sa foi intransigeante, qui tranche à ses yeux singulièrement avec le mode de vie bourgeois, de Groux demeure athée en secret, pour éviter d'être sermonné par son ami. Il confie dans son Journal qu'il se sent proche des peintres Delacroix ou Ingres qui, bien qu'ils honorèrent de nombreuses commandes religieuses, restèrent athées ou "rationalistes". Du catholicisme, de Groux n'admire que les ouvrages d'art, dont son ami Bloy se méfie au contraire.

    Une rupture durable interviendra entre les deux amis, dont l'affaire Dreyfus, et Zola en particulier, sont le facteur déclencheur. Tandis que de Groux ira jusqu'à défendre Zola physiquement, Bloy vitupère au contraire le défenseur du capitaine Dreyfus, l'accusant d'être un imposteur, un bourgeois retranché dans une villa cossue (sous-entendu : un faux messie). De Groux finira par rompre avec Bloy, effrayé de surcroît par l'épouse danoise du polémiste.

    De Groux sacrifia sa carrière à une incessante remise en question, tant spirituelle qu'artistique, ôwebzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,henry de groux,journal,inha,kimé,léon bloy,delacroix,géricault,baudelaire,beethoven,14-18,soldat,catholique combien éprouvante. En cela, de Groux est bien plus moderne que bien des modernes. Alors qu'il est déjà avancé en âge et dans la maîtrise de son art, sans doute mû par son enthousiasme pour les compositeurs modernes, Wagner en tout premier lieu, de Groux croit déceler en lui une vocation impossible de compositeur. Cette "découverte" le bouleverse.

    Les éditeurs et commentateurs de ce Journal en ont facilité la lecture en classant les notes de de Groux par thèmes (l'art, la vie, l'époque...) et en proposant un index des noms propres.

    Leur commentaire fait parfois croire que de Groux avait des goûts "classiques", ce qui est inexact. De Groux admire Géricault, et surtout Delacroix ; or ce dernier n'a rien d'un peintre "classique" ; son Journal indique au contraire que l'oeuvre de Delacroix contient toutes les clefs de l'art moderne, la volonté de fusion avec la musique tout d'abord. C'est d'ailleurs peut-être sur ce point que la connivence entre de Groux et Bloy s'établit ; et si le fanatisme catholique de Bloy et le fanatisme artistique de de Groux, dont l'absolu est musical, n'étaient que deux facettes d'une même religion.

    Le reproche adressé par de Groux à un certain nombre de ses contemporains n'est pas d'être trop modernes, mais de n'être pas assez "artistes", ce qui est bien différent. La conception de l'art de de Groux, à l'instar de celle de Baudelaire ou Nietzsche, implique une profonde aversion pour la démocratie.

    *Ci-dessus, portrait de Beethoven par H. de Groux.

    Henry de Groux (1866-1930) - Journal, éds Kimé/Institut national d'histoire de l'art, 2007.

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    Soldats de 14-18 équipés de masques à gaz, dessinés sur le vif par de Groux.

  • Revue de presse BD (173)

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    Planche extraite du blog de Xavier Gorce, "Les "Indégivrables"

    + Des réactions parfois cocasses, à la limite de l'hystérie, ont suivi la proclamation par le festival d'Angoulême d'une sélection d'auteurs exempte de femmes, afin de décerner son grand prix. "Le Monde" a ainsi publié une tribune signée Emmanuel Guibert, intitulée : "La plus belle bande-dessinée de tous les temps est l'oeuvre d'une femme". En matière de féminisme comme de galanterie, il arrive que certains hommes en fassent un peu trop.

    + "Le Populaire" (Limousin) se mouille un peu plus qu'Emmanuel Guibert en faisant la promotion de sept "grands noms" de la BD au féminin : Pénélope Bagieux, Marjane Satrapi, Lynda Barry, Julie Doucet, Moto Hagio, Chantal Montellier, Posy Simmonds. Il n'est pas impossible que certains lecteurs de "Le Populaire" lisent ces "grands noms" pour la première fois ; parfois on veut démontrer une chose, et on prouve son contraire.

    En réalité la question du sexe de l'auteur ne se pose pratiquement que dans la littérature bourgeoise. Bien que misogyne et qualifiant l'homosexualité de tare, le freudisme a pesé sur la critique littéraire, incitant à voir dans l'oeuvre littéraire ou artistique le reflet de la personnalité de son auteur, et donc son sexe ; encore une fois, cette "clef de lecture" est trop restrictive. On ne naît pas dessinateur de bande-dessinée, on le devient.

    + Le 43e festival d'Angoulême rendra hommage à "Lucky-Luke" et son dessinateur Morris. Derrière Morris comme derrière d'autres auteurs renommés tels Giraud-Moebius, Franquin, Will, ou encore d'autres, il y eut le Namurois Joseph Gillain, alias Jijé. Plus dilettante que certains de ses élèves, Jijé n'a pas laissé derrière lui une oeuvre aussi marquante que "Lucky-Luke" ou "Gaston Lagaffe" ; cependant il joua le rôle, obscur mais indispensable, de pygmalion et de maître dans la formation d'un jeune dessinateur.

    Un petit reportage diffusé sur Youtube célèbre modestement la mémoire de Jijé et illustre son rôle-charnière. Le statut de la BD aujourd'hui doit sans doute beaucoup plus que les théoriciens de la BD ne veulent l'admettre à l'application de méthodes artisanales par les dessinateurs belges. D'une certaine façon, les auteurs de BD, qui furent des artisans, sont devenus désormais des ouvriers et y ont perdu une bonne partie de leur marge de manoeuvre ; à moyen terme, cette évolution, qui a d'abord été rentable, pourrait bien être préjudiciable aussi aux petits industriels du divertissement que sont les éditeurs de BD.

    + Le prochain festival de la ville d'Antony fin mai (21) organise un concours de BD sur le thème assez libre de "la nature" ; il est ouvert également aux scénaristes amateurs, puisque ce concours propose à ceux qui ne savent pas dessiner d'utiliser des cases pré-dessinées pour raconter une histoire.

    + Le cabinet d'arts graphiques du musée des beaux-arts d'Angers détient une collection de 13.500 dessins (Poussin, Boucher, Fragonard, Delacroix, Ingres, Géricault, etc.) ; ce musée organise jusqu'au 28 février une exposition, "La Fabrique de l'oeuvre", visant à mettre en lumière le processus qui va de l'esquisse préparatoire à l'oeuvre définitive (sous la direction d'Anne Sarazin).

    Le peintre Eugène Delacroix, qui rêvait de réunir le dessin et la musique pour produire une sorte d'art "total", note dans son "Journal" que l'exigence de perfection de la musique contraste avec la peinture, qui a souvent plus de force au stade de l'esquisse que l'oeuvre parachevée n'a.

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    Dessin de Th. Géricault dans les collections du musée des beaux-arts d'Angers

     

  • Revue de presse BD (147)

     Extraits de la revue de presse illustrée publiée chaque semaine en intégralité dans l'hebdo Zébra.

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    - Je suis climato-sceptique, mon Père. Dessin de Banx.

     

    + Le dessinateur britannique Jérémy Banks, alias Banx a courtoisement consenti à ce que l’un de ses dessins d’actualité (muet) fasse la couverture de notre précédent hebdo. Quelques précisions à propos de cet humoriste confirmé, dont l’ironie et l’efficacité sont typiquement anglo-saxonnes ; le célèbre hebdomadaire « Punch » a bâti sa réputation sur ce type d’humour. Notons que le kiosque virtuel « Scopalto » (diffuseur également de « Zébra ») propose une collection d’anciens numéros du « Punch », que l’on peut télécharger gratuitement (pdf).

    Banx, donc, est né en 1959 à Londres, où il vit encore (Greenwich). L’association « Cartoon Art Trust » l’a élu à deux reprises « meilleur dessinateur de presse de l’année », en 2008 et 2013  Il a collaboré au cours de sa carrière à des titres aussi divers que « Punch »« Penthouse »« The London Evening Standard », « The Daily Express », « The Financial Times » (-1986)…

    A noter que Banx collabore en outre à un webzine, « The Reaper », dont la devise « the magazine about death » annonce clairement l’humour noir. On peut acquérir son dernier e-book (2015), « Frankenthing » (les mésaventures de Franken-machin-chose) sur Amazon.

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