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picasso

  • Voltaire amoureux**

    Nous avions aimé le "Pablo" de Clément Oubrerie (scénarisé par Julie Birmant) parce qu'il s'attache à retracerwebzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,critique,clément oubrerie,voltaire,les arènes,julie birmant,pablo,picasso,descartes,pascal,malebranche,candide,leibnitz la carrière d'un homme, transformé pour le besoin de la cause communiste en "monstre sacré", et devenu ainsi inaccessible.

    On cerne mieux Picasso grâce à cette fresque en BD de la bohème parisienne où le talent de cet artiste se développa et atteignit son apogée.

    Voltaire n'est pas moins "monstrueux" a priori. Le philosophe en qui Marx voyait "le sommet de la pensée bourgeoise" (compliment qui recèle une critique) fait partie du panthéon des lettres françaises, avec tout ce que ça suppose d'adulation, de petits accommodements avec la vérité, voire de légende dorée.

    C'est déjà une gageure en soi de tenter de reconstituer une époque plus lointaine que le Paris de Picasso; pour ce faire, C. Oubrerie utilise son crayon comme un biographe conventionnel ne peut le faire. Néanmoins une époque ne se résume pas à des éléments de décors et au costume; encore faut-il en comprendre et en restituer l'esprit pour ne pas tomber dans le décors de "carton-pâte".

    Dans l'ensemble le résultat est assez vivant, mais souffre de la comparaison avec le précédent "Pablo", dont le scénario était mieux ficelé et les personnages secondaires plus étoffés.

    Oubrerie peint un écrivain arriviste, qui se persuade de son génie afin de mieux en persuader autrui - un écrivain dont la vivacité d'esprit et la facilité de répartie font mouche dans les salons. De cet esprit, Voltaire se sert pour séduire des femmes d'une condition supérieure à la sienne et les mobiliser au service de sa cause.

    Le chemin est donc illustré, qui conduisit Voltaire jusqu'à une gloire, si ce n'est aussi grande que celle d'Homère ou Shakespeare, du moins considérable.

    L'arrivisme littéraire est un mobile persistant aujourd'hui et Voltaire peut passer pour le précurseur de bon nombre d'intellectuels plus ou moins brillants après lui. Cependant, par-delà l'arrivisme et les saillies spirituelles, qu'est-ce qui distingue Voltaire des intellectuels d'aujourd'hui, dont le vedettariat est sans doute éphémère ? C'est le point le plus difficile à dessiner pour Oubrerie. Contrairement à Picasso, dont tout le monde a en mémoire les oeuvres les plus marquantes, Voltaire n'est pour beaucoup qu'un vague souvenir scolaire qui exige d'être rafraîchi si on ne veut pas demeurer au niveau de la fiction.

    La BD se risque sur le terrain de la pensée du philosophe; en particulier, dans ce premier tome, de sa pensée religieuse et de son anticléricalisme. Sujet ô combien difficile, car se mélangent chez Voltaire l'opportunisme (l'athéisme et le libertinage sont alors à la mode, notamment dans la noblesse) et les critiques plus sérieuses (des "Pensées" de Pascal ou de la théologie de Bossuet, Descartes, Malebranche...).

    Le premier tome de cette fresque est insuffisant pour souligner l'enjeu que représente cette nouvelle culture philosophique, dont Voltaire sut habilement se faire le principal ministre, et dont il demeura l'emblème au service des élites bourgeoises, avant d'être pris pour cible à son tour de la critique marxiste et, d'une manière générale, démodé par la philosophie allemande du XIXe siècle (pour de bonnes et de mauvaises raisons).

    Voltaire est également trop sceptique pour être vu comme le père d'un athéisme, souvent assimilable en France à une véritable secte imperméable à la critique. Cet athéisme "militant" s'avère un produit plus récent de l'ère technocratique, dont Voltaire n'a pas envisagé le terme.

    La meilleure compréhension de Voltaire est peut-être fournie par ses petites pièces satiriques, dont cet ambitieux ne faisait pas lui-même le plus grand cas, mais qui restent les plus lues. La satire est en effet un remède à l'optimisme inoculé par la religion ou l'idéologie (le providentialisme scientifique de Leibnitz-Pangloss dans "Candide") : elle détourne des illusions, mais ne constitue pas un aliment suffisant pour nourrir l'esprit. La bourgeoisie a pris du gras depuis le maigre Voltaire.

    Voltaire amoureux (tome I) par Clément Oubrerie, eds Les Arènes-BD, 2017.

  • Revue de presse BD (217)

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    + La Suisse vient de perdre un deuxième caricaturiste de talent ; après Mix & Remix, c'est le Vaudois Raymond Burki, 67 ans qui a cassé sa pipe (emporté lui aussi par un cancer). Le dessinateur emblématique de "24 heures" savait trouver des angles originaux pour souligner l'absurdité ou l'injustice du monde ; ressortissant d'un petit pays, il devait tourner plus souvent son regard vers l'actualité internationale, dont son dessin vif et coloré gommait un peu la tournure sinistre.

    - A l’école, comme dans la vie de tous les jours, je n’ai jamais été le rigolo de service. Je ne suis pas un boute-en-train. Mais l’humour vient quand tu dessines, quand tu caricatures un copain d’école, dont tu détournes les traits. Tu accentues et ça devient drôle. Pour un grand timide comme moi, le dessin permet de s’exprimer. Quand on ne sait pas le faire par la parole, ou physiquement sur une scène, dessiner fait sortir les idées, ce qu’on a en soi, son regard sur le monde, sur la vie. R. Burki

    + Si tout le monde connaît l'estampille du Centre national du livre (CNL), apposée webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,revue,presse,hebdomadaire,actualité,janvier,2017,caricature,raymond burki,mix & remix,24 heures,éloge funèbre,suisse,cnl,centre national livre,commission,baru,libération,à vos pinceaux,france 2,télé-réalité,ratp,picassosur les livres dont cette institution finance en partie la production, nul ne semble savoir comment elle joue son rôle de mécène public. Le quotidien "Libération" a pu assister aux débats de la commission qui alloue à certains auteurs de BD des subsides assez importants (présidée par Baru), et pour ainsi dire les seuls revenus que ces auteurs peuvent espérer. Le papier de "Libé" (30 déc.) donne l'impression d'un joyeux bordel et de copinage, un peu comme à l'Académie française.

    (Précisons tout de même que les sommes allouées n'ont rien à voir avec celles distribuées à la presse française chaque année, dont le total s'élève à près de 100 millions d'euros.)

    + La chaîne "France 2" diffuse actuellement un programme de télé-réalité dans lequel il s'agit de départager plusieurs artistes-peintres pour le gain du titre (enviable ?) de "meilleur artiste amateur de France" ("A vos pinceaux").

    La notion d'amateurisme est délicate à manier. Que dire du peintre Van Gogh, dont les oeuvres se monnayèrent seulement après sa mort, et pour des raisons qui ne tiennent pas seulement au talent de l'artiste, mais aussi à son destin ?

    Ce programme révèle à quel point l'image télévisée ou cinématographique a supplanté la production picturale; l'art n'est plus ici que le prétexte à un divertissement, dont la fonction est devenue primordiale. De même les conservateurs de musée, pour rameuter la foule, proposent de plus en plus d'expositions thématiques divertissantes.

    + La régie des transports parisiens (RATP) distrait les passagers à l'aide de morceaux de poèmes empruntés à tel ou tel poète, amateur ou professionnel, et placardés sur les cloisons des wagons. On ne sait si cette citation de Picasso est censée augmenter sa gloire ou, au contraire, ternir sa réputation : "L'art ne devrait pas être un trompe-l'oeil, mais un trompe-l'esprit."

    + Le prochain festival d'Angoulême décernera un tas de prix divers et variés, dont un pour le meilleur fanzine parmi une sélection (internationale) d'une trentaine de titres ; Zébra fait figure de vétéran puisque notre fanzine participe pour la cinquième année consécutive à ce concours. Dans une interview, le président du jury, Philippe Morin, raconte l'évolution des fanzines BD au cours des dernières décennies.

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    "The Global Kid" est un fanzine new-yorkais qui traite de l'actualité politique internationale.

  • Revue de presse BD (191)

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    Caricature de Gustave Jossot (1866-1951) pour la Une de "L'Assiette au Beurre" ; la police républicaine fut la cible des caricaturistes et des auteurs satiriques bien avant "Hara-Kiri".

    + Le site "Caricature & Caricatures" (Guillaume Doizy) fait appel à la participation pour un prochain colloque sur le thème "Caricature et communisme" ; cependant, bien que détaillé, le cahier des charges de G. Doizy est plutôt confus ; ce n'est pas la première fois que celui-ci mélange satire et propagande. L'anecdote du portrait du dictateur soviétique Staline par Picasso est connue : jugé trop peu académique par le parti, le portrait de Picasso fit scandale et fut assimilé à une caricature. La dictature soviétique, à l'instar de toutes les dictatures, se méfiait de la satire et la censurait. Cabu n'est pas le seul caricaturiste anticommuniste ; on peut citer, précédemment, à une époque où le communisme n'avait pas pris une tournure aussi nettement coercitive et meurtrière, l'anarchiste Gustave Jossot, auteur de quelques charges ironiques contre la religion du prolétariat. Au XXe siècle, où l'idéologie communiste a fait office de religion pour de nombreuses populations (selon le constat de Lénine lui-même), il était logique que le communisme soit la cible des auteurs satiriques indépendants. "Hara-Kiri" appartient à la contre-culture dans la mesure où il échappe au choc des cultures et des propagandes communistes et anticommunistes.

    "On pourra se demander enfin, puisque communisme et anticommunisme ont à ce point marqué l’humanité du XXe siècle, si la "fin" du communisme -et donc des idéologies-, n’a pas signé une certaine fin de la caricature politique..."

    Cette ébauche de conclusion trahit les préjugés de son auteur. D'abord le communisme demeure la culture de la Chine, l'une des plus puissantes dictatures au monde ; on ne voit pas pourquoi la Chine ou la Corée du Nord mériteraient moins l'étiquette communiste que l'ex-Union soviétique ? Par ailleurs le communisme n'est pas la seule idéologie dominante au XXe siècle : le capitalisme et ses justifications ne sont pas moins idéologiques que le communisme. La "mort des idéologies" n'est donc qu'une formule d'éditorialiste, qui ne correspond pas à la réalité.

    + L'utopie socialiste n'est pas ma religion ; l'hypothèse d'un monde meilleur n'est pas plus vraisemblable que l'hypothèse des sept vierges du paradis des martyrs d'Allah. Je ne partage donc pas la sympathie du président Hollande pour le mouvement "Nuits debout", mais j'ai eu tout de même la curiosité de lire le compte-rendu illustré de Julie Maroh, auteure de BD féministe. L'état d'esprit général en est résumé dans cette phrase : "La première fois où j’ai ressenti que Nuit Debout servait à quelque chose c’était le mercredi 20 avril à 19h52, à la Bourse du Travail de Paris. La première fois où j’ai ressenti que le mouvement risquait de vite s’effondrer sur lui-même, c’était au même endroit moins de deux heures plus tard." Il découle de ce constat que la confrontation violente avec la police est le seul acte significatif de ce mouvement de réprobation des méthodes des élites dirigeantes.

    Julie Maroh cite opportunément A. Huxley : "La dictature parfaite serait une dictature qui aurait les apparences de la démocratie." A quel stade de cette "dictature parfaite" sommes-nous rendus, conviendrait-il de se demander...

    Assez ubuesque en revanche le désir exprimé par J. Maroh d'une police qui ne servirait pas à la répression, mais serait "gardienne de la paix" ; à travers le vocable de "gardien de la paix", la notion d'ordre est sublimée, d'une manière quasi mystique. Le "politiquement correct" est une des modalités de la censure au sein d'une "dictature parfaite".

    + On peut contribuer à départager les dix candidats au prix littéraire organisé par Riss et "Charlie-Hebdo", dont les copies sont disponibles en ligne. Il s'agissait pour les candidats de proposer une alternative au baccalauréat. Cette épreuve primée est beaucoup plus sélective que le vrai bac, qui a subi comme toutes les valeurs républicaines plusieurs dévaluations. En effet l'humour n'est pas un genre littéraire facile, en particulier pour de jeunes candidats. La tentation est d'imiter à cet âge l'humour gras qui cartonne à la télévision.

    + Comme une nouvelle vente aux enchères de dessins de presse est annoncée, on peut en profiter pour rappeler que Cabu ne souhaitait pas mettre en vente ses dessins ; sans doute parce qu'il était à l'abri du besoin, mais aussi parce qu'il estimait que les journaux ou les éditions bien faites constituaient le cadre naturel où exposer sa production.

    La Mère Denis par Cabu, d'après Bernard Buffet (enchère de départ 30.000 euros)

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  • Revue de presse BD (181)

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    + Tintin peut passer pour un précurseur de la "théorie du genre", quasiment une théorie de l'adolescence ou de l'indécision sexuelle. L'illustration ci-dessus, signée Hergé, est elle aussi pleine d'ambiguïté, traduisant la crainte des femmes, mêlée de respect pour leurs revendications spécifiques.

    + Le dessinateur Willem vient de vendre à la bibliothèque nationale de France les 20.000 dessins originaux qu'il détenait, soit la plus grande part de son oeuvre : "J'ai essayé d'en vendre à une époque, mais on ne vous achète que les dix meilleurs, et les autres vous restent sur les bras (...)." ("Le Monde", 27 février). Le dessinateur batave (Holtrop de son vrai nom), désormais installé à Groix en Bretagne, continuera d'enrichir le fonds Willem de la BNF "tant qu'il ne sera pas gaga. Jusqu'à 100 ans s'il le faut, en tout cas jusqu'à ce que ma femme estime que mes dessins ne valent plus rien."

    Willem explique que sa méconnaissance de la langue française l'a forcé à rendre son dessin le plus explicite. Frédéric Potet, du "Monde", le range aux côtés des dessinateurs qui "actionnent une mécanique humoristique basée sur le dessin : Vallotton, Jossot, Chaval, Bosc, Topor, Ungerer et autres Sempé." Que les termes de "mécanique" et celui "d'humour" vont mal ensemble ! La notion de mécanique s'applique mieux à l'art dit "abstrait". Du reste, l'humour de Sempé tient largement aux légendes de ses dessins. L'ironie individualiste de Jossot ou Vallotton est assez éloignée de Willem. La faiblesse de Willem tient à ce qu'il hésite entre le genre de Cabu et celui de Chaval ou Bosc ; l'acclimatation du Batave à l'humour français n'est pas entièrement convaincante.

    Le caricaturiste, qui dit s'être toujours refusé à caricaturer Mahomet pour ne pas risquer de vexer l'épicier arabe du coin [?], s'accommode bien de la menace terroriste qui pèse sur lui. L'alcool, la drogue et les accidents de la route font, il est vrai, mille fois plus de victimes en Bretagne que l'islam.

    + Le chanteur Renaud, que l'on ne présente plus, va disperser une partie de sa collection de BD, dont quelques albums rares de "Tintin" qui seront vendus aux enchères prochainement. Par ailleurs on annonce la reprise par Renaud de son activité de chroniqueur à "Charlie-Hebdo". De 1992 à 96, il fut employé par l'hebdomadaire dirigé par Philippe Val, lui aussi chansonnier. Mais le ton familier de star proche du peuple employé par Renaud n'a peut-être pas bien vieilli.

    + Sale coup pour un dessinateur de BD, Eric Hübsch, qui s'est fait dérober vingt planches originales de son album "Topaze" (adaptation de M. Pagnol) pendant le festival d'Angoulême. Le dessinateur a laissé quinze jours au voleur pour restituer le produit de son larcin avant de déposer plainte.

    + Les éditeurs de BD, petits et gros, menacent de boycotter le prochain festival d'Angoulême (FIBD), vitrine de cette petite industrie et outil de promotion de cette ville naguère déclarée en faillite à cause des dépenses somptuaires de son député-maire (J.-M. Boucheron). Ces éditeurs ont exigé d'être reçu par la nouvelle ministre de la Culture Audrey Azoulay. Comme les producteurs de lait bretons, les producteurs de BD risquent de connaître le marasme en raison d'une surproduction qu'ils ont eux-mêmes organisée, en espérant de lucratives retombées. Contrairement à ce que l'on peut lire ici ou là, la preuve n'est pas faite des "retombées positives" de ce festival pour la ville d'Angoulême, pas plus que la preuve de ses retombées positives pour la BD.

    + Le site Artsy.com, dédié au business de l'art, publie une étude sur le "Marché de l'art en 2015" ; les statisticiens sont les thuriféraires de la culture bourgeoise. Il apparaît que le marché de l'art a stagné en 2015 ; que Picasso a été d'un meilleur rapport cette année-là que Warhol, et autres points de repères aussi subjectifs. On constate que jamais la définition de l'art n'a autant compté que depuis qu'il est devenu chose indéfinissable. Qu'est-ce qui distingue un fusil d'assaut ou un éclair au chocolat d'une toile de Warhol ? Cet artiste ne suggère-t-il pas qu'il n'y en a plus ? Ainsi l'arbitraire devient la norme sous couvert de rapports techniques.

    + On annonce la sortie prochaine en librairie d'un nouveau "mook" (mi-book, mi-magazine), suivant une formule à la mode. Baptisé "Pandora", ce mook dont Benoît Mouchart sera le rédac-chef proposera de courts chapitres de bande-dessinée, par des signatures réputées dans le domaine de la "BD pour adultes". Le titre serait une allusion au prénom d'une adolescente qui allume Corto Maltese ("La Ballade de la Mer salée") ; Hugo Pratt, tentant d'introduire la mythologie dans la bande-dessinée (Corto Maltese peut passer pour un ersatz d'Ulysse, ou plutôt Jason), sachant le symbolisme négatif de Pandora, montrait son héros échapper à cette jeune femme-piège pour poursuivre ses aventures. Chez Homère la femme, ou plus exactement la sexualité, est caractéristique de la passivité.

    + L'université de Yale à New Haven dans le Connecticut dispose d'une collection de dessins numérisés, dont une partie sont "tombés dans le domaine public", selon l'expression consacrée ; cette université met à la disposition des internautes de bonnes versions numérisées de ces images. Parmi les caricatures (environ 80) se trouve la série de peintres français (Picasso, Picabia, Laurencin, Matisse, Gleizes...) caricaturés par le caricaturiste mexicain Georges de Zayas.

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    Caricature de Picabia par G. de Zayas (image libre de droits)

  • Revue de presse BD (180)

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    Caricature de C. Boutin par Zombi (2012)

    + La député chrétienne-démocrate Christine Boutin a imaginé avec l'éditeur Jacques-Marie Laffont le stratagème de "communication" suivant : publier un livre à propos des caricatures qui la prennent pour cible, publiées dans la presse ou mises en ligne. Le procédé est assez malin, puisque la caricature est au coeur de l'actualité, tandis que les médias se désintéressent de Mme Boutin depuis son désistement en faveur de Nicolas Sarkozy aux dernières présidentielles (contre une rondelette somme d'argent). Brocardée par les caricaturistes, C. Boutin a décidé de tourner cette faiblesse en moyen de se faire remarquer, à la manière des masochistes qui transforment la douleur en plaisir.

    Un seul petit grain de sable dans la mécanique : l'éditeur a commandé des caricatures à des caricaturistes, contre salaire ou promesse de salaire, mais sans les prévenir que leurs caricatures serviraient à la propagande de Christine Boutin, ce qui a eu pour effet d'en agacer certains. Les caricaturistes qui s'en prendront désormais à Mme Boutin sont prévenus : leurs caricatures peuvent aussi bien servir sa cause.

    + Toujours dans le domaine de l'usage politique du dessin de presse, condamnable du point de vue satirique, on annonce la parution d'un ouvrage de Riss en collaboration avec l'avocat Richard Malka sur Marine Le Pen. Riss a déjà signé auparavant un pamphlet contre Nicolas Sarkozy avec R. Malka - "La face kärchée de Nicolas Sarkozy". La différence entre le pamphlet et la satire se mesure à leurs effets : le pamphlet ne convainc que les personnes déjà convaincues ; à cet égard il n'est pas très éloigné d'une forme de prêche religieux ; la satire est plus subtile et n'épargne pas le lecteur.

    + D. Pasamonik, sur le site Actuabd, note l'abondance des essais traitant de la bande-dessinée sous tel ou tel angle spécial. A propos de "Bandes-dessinées et religion", paru chez Karthala, éditeur spécialisé dans ce type d'essai, D. Pasamonik fait la remarque suivante à propos de la bande-dessinée israélienne : "(...) un dernier chapitre sur la bande-dessinée israélienne qui (...) ne concerne pas le thème général de l’ouvrage. Pire encore : par cette proximité incongrue, il accrédite la thèse que la communauté juive et Israël seraient la même chose, alors que bon nombre d’Israéliens laïcs récusent la notion même d’"Etat juif" au sens religieux et que de nombreux juifs ne se sentent par concernés par le nationalisme israélien." Juste remarque, mais il faut ajouter qu'elle vaut pour toute la culture "judéo-chrétienne" en général, vaste fourre-tout qui englobe aussi bien des ouvrages de propagande nationaliste, patriotique, sous couvert de religion, que des ouvrages plus spirituels, voire des ouvrages qui mélangent les deux. Le terme de "bande-dessinée chrétienne" ne veut pas dire grand-chose, par conséquent.

    D. Pasamonik hésite en revanche à qualifier la bande-dessinée de religion à part entière ; pourtant certaines pratiques et rituels (dédicaces) incitent à voir la bande-dessinée comme une forme de religion alternative, en particulier dans des milieux sociaux où les enfants sont privés de religion "officielle". Le motif du "super-héros" notamment possède toutes les qualités d'un modèle religieux. Après tout la musique est un art essentiellement religieux ; pourquoi une certaine façon de faire de la bande-dessinée ne le serait pas aussi ? La démarche de vouloir faire reconnaître la BD comme une religion serait d'ailleurs plus cohérente que celle qui consiste à vouloir que la muse de la BD ait sa place parmi les autres, volonté un peu incongrue et anachronique.

    + La satire ou la caricature visant l'art est un sujet moins souvent abordé que la caricature politique. Alphonse Allais, qui connaissait bien les peintres et illustrateurs, les fréquentant, a écrit plusieurs petits contes, bijoux d'humour et de style, où il raille gentiment diverses tendances de l'art moderne dont il observa l'émergence (obsession du mouvement, de la couleur "vraie", etc.). Les monochromes humoristiques d'Allais sont, dans cette veine, des caricatures d'art, présentées à "L'Exposition des Arts incohérents" (1883 et 84).

    Raphaël Rosenberg, dans un article dédié à cette rencontre de l'art moderne et de la caricature, fait valoir que la caricature des monochromes date... de bien avant l'invention et l'exposition de monochromes. La blague du monochrome aurait été pour le Bernin une manière de stigmatiser l'ignorance de certain amateur d'art, par exemple.

    R. Rosenberg en vient naturellement à poser la question : - les caricaturistes ont-ils inventé l'art abstrait ? Cette question n'est pas sans évoquer le reproche adressé à Picasso par ses premiers détracteurs d'être un "caricaturiste". Comme l'art dit "abstrait" est souvent dépourvu d'intention satirique, il est plus juste de voir la caricature et l'art abstrait comme deux pôles de l'art moderne, qui se combattent, se croisent parfois, et offrent deux visages différents de l'art moderne.

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    Caricature de H. Bing (1912)

    LE CUBISTE

    - Que représente donc ce tableau ?

    - Ouais, vous savez, ça dépend de ce que vous voulez acheter.

  • Revue de presse BD (162)

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    + La petite souris de Plantu et son auteur bénéficient d'une tribune de premier plan, à savoir la "Une" du "Monde". Dans "Souris et tais-toi", à paraître en novembre prochain, Plantu aborde la question de l'autocensure et du "politiquement correct" croissants. On sait que Plantu ne fait pas l'unanimité au sein des dessinateurs de presse, pour diverses raisons (de son vivant, Cabu n'hésitait pas à l'égratigner). La meilleure raison est que Plantu officie au "Monde", quotidien pas très sérieux d'un point de vue satirique.

    La censure est en Occident surtout officieuse et indirecte. A. Huxley faisait remarquer que la "liberté sexuelle" ou la "liberté de jouir" devient la seule liberté dans les pays capitalistes ; en effet, rien n'est plus "politiquement correct" que la pornographie aujourd'hui. La quantité astronomique d'ouvrages parus et paraissant est aussi une cause de censure indirecte. L'exégèse universitaire est encore un autre moyen, qui consiste à amoindrir la portée de certains philosophes subversifs ; sur le plan politique, la liberté consiste principalement dans l'interdiction de l'opinion adverse.

    + Frédéric Potet, spécialiste de la BD au "Monde", conclut un "papier" d'une pleine page consacré au collectionneur Jean-Arnold Schoofs (24 oct.) par ces mots : "L'âge de l'angélisme est loin en bande-dessinée, définitivement". Le collectionneur qui cachait à sa femme qu'il dépensait leurs économies en planches de BD et dessins originaux, et à qui ses enfants en voulaient de dilapider le patrimoine familial, vient de vendre aux enchères une bonne partie de sa collection chez Sotheby's.

    + "Le Papyrus de César", dernier album d'Astérix, tiré à deux millions d'ex. a envahi les étals des libraires. C'est encore Frédéric Potet qui, dans "Le Monde" (23 oct.) décrit en détail la fabrication de cette "poule aux oeufs d'or" éditoriale. Il semble que ce n'est pas une mince affaire pour les repreneurs de la série, Conrad et Ferri, de satisfaire aux exigences du service marketing des éds Albert-René, d'Uderzo et de la fille de René Goscinny qui supervisent l'album. A certaines déclarations des auteurs, on devine qu'ils en ont déjà ras-le-casque.

    + Un nouvel accrochage a été décidé pour fêter les trente ans du Musée Picasso, installé dans l'hôtel Salé. Celui-ci renferme la plus importante collection d'oeuvres signées du pape incontesté de l'art moderne. Le ticket d'entrée, assez cher (autour de 10 euros), fait oublier que Picasso fut un pape communiste. Dans une ambiance un peu feutrée, on peut admirer une variété d'oeuvres un peu monotone : à la fois Picasso explore des sujets (le paysage n'est pas son point fort) et des techniques différentes (il a un tempérament de sculpteur), mais on reconnaît sa "patte" (de minotaure). Le culte de la personnalité est plus net que dans des musées consacrés à plusieurs artistes. Laurent Le Bon, chargé de la nouvelle disposition, explique d'ailleurs que Picasso soignait et contrôlait son image dans la presse ; à l'instar de certains politiciens, il fut son propre thuriféraire. On peut y voir une disposition d'esprit macabre et féminine, non seulement la vitalité et la fécondité dont tout le monde parle.

    "On n'a pas un Picasso sacralisé, même s'il y a énormément de chefs-d'oeuvre", indique Laurent Bon de la manière la plus ambiguë qui soit, c'est-à-dire trahissant cette nouvelle forme de sacralité contenue dans l'art moderne, qui n'ose pas dire son nom mais qui est bel et bien présente.

    + Après onze numéros, la revue de bande-dessinée "Aaarg !" distribuée en librairie doit s'interrompre, faute de trésorerie. Son rédacteur en chef Pierrick Starsky avouait déjà récemment avoir été contraint de revoir la rémunération des contributeurs à la baisse. "Aaarg !" devrait se métamorphoser en magazine mensuel et inclure quelques pages "d'actualité". René Goscinny avait réagi ainsi à la concurrence de "Charlie-Hebdo", créant dans "Pilote" des pages d'actualité.

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  • Revue de presse BD (160)

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    + Robert Crumb, le pape de la BD underground américaine est toujours en verve, comme l'atteste une interview donnée récemment à "The Observer" (14 oct-anglais), intitulée "Robert Crumb vous déteste" ;. Il y est beaucoup question de ses fantasmes sexuels et de ses rapports compliqués avec les femmes, mais pas que. Extraits :

    - (...) Un jour en janvier 1967, je me suis tiré à San-Francisco sans le dire à ma femme, laissant tomber mon boulot dans le commerce des cartes de voeux. La culture hippie de Haight-Ashbury [quartier de SF] où tout à commencé pour moi, c'était plein de types ne foutant rien de la journée et attendant que les femmes leur ramènent de la nourriture. La "gonzesse" devait leur procurer un foyer, leur cuisiner des petits plats, et même payer le loyer. C'était pas mal décalqué des moeurs patriarcales de nos ancêtres, sauf que nos ancêtres chassaient, eux, la plupart du temps. "L'amour libre" voulait dire le sexe et la nourriture gratuits pour les mecs. C'est sûr, les femmes aimaient ça aussi, elles faisaient beaucoup l'amour, mais ensuite elles se mettaient au service des hommes. Et même dans les groupes militants de gauche, les femmes étaient toujours reléguées au secrétariat ou aux petits boulots. On était tous sous LSD, donc ça a pris quelques années avant que la fumée ne se dissipe et que les femmes se rendent compte qu'elles avaient passé un contrat de dupes avec leur branleur de mâle hippie. Les types qui dans ces années-là surent se mettre en avant étaient tous des escrocs, des gourous qui disaient "peace and love" du bout des lèvres et ne pensaient qu'à baiser toutes leurs disciples en adoration. Timothy Leary était comme ça. Un charlatan fini. (...)"

    - Avez-vous déjà pensé au suicide ?

    - Oui. La dernière fois que j'en étais proche, c'était en 1986. J'étais au sommet de ma célébrité. La BBC est venue à la maison faire un reportage sur moi et on m'a rendu hommage à ce festival, en France, le festival international de BD d'Angoulême. Tout ça a contribué à ma célébrité. J'avais besoin d'argent, donc j'ai accepté l'offre de la BBC. Ils ont investi ma maison avec leurs caméras, leurs projecteurs et toute leur merde - c'était atroce. Ensuite je me suis rendu à ce gros festival en France, dont j'étais la vedette. Ils ont fabriqué une tête géante à mon effigie, que les badauds pouvaient traverser. Toutes mes BD étaient affichées dans cette tête géante. Une vraie torture. Il y a avait des journalistes, des photographes partout. J'étais dégoûté par cette vie. (...)

    - Le suicide de Charles [frère aîné de Robert] vous a-t-il bouleversé ?

    - Non, ça m'a soulagé. C'était un personnage sombre et tragique. La dernière fois que je l'ai vu, il m'a dit : - Si je n'arrive pas à m'en sortir, je me tuerai. C'était aussi un écrivain fascinant et intéressant. Un grand auteur de BD quand il était jeune, mais il a cessé ensuite de s'intéresser à la BD. Il était très fier de mon succès car j'étais un peu comme son élève.

    - Il y a plein de gens en Amérique qui vivent dans leur lit comme Charles [frère aîné de Robert] ; c'est un truc américain. Il y a plein de gens comme ça, des hommes et des femmes. Il était gay, n'est-ce pas ?

    - Il n'a jamais eu de relation sexuelle. Il aimait les hommes jeunes. C'est en effet un truc américain - cet isolement extrême, cette aliénation, cette solitude. (...)"

    - Mon travail a eu un vaste audience parce que j'ai usé d'une manière très traditionnelle de dessiner pour dire quelque chose d'assez personnel et délirant. (...) Donc j'étais parfaitement conscient d'essayer de toucher un lectorat avec mon travail, de ce qu'il fallait faire et ne pas faire pour que ce soit lisible, pour que ça reste distrayant.

    - C'est très commercial comme procédé pour un auteur de BD underground...

    - Mais il ne s'agissait pas de commerce. C'était une question de communication. J'utilisais mes compétences en BD traditionnelle pour faire part de mes expériences personnelles. La BD était un genre que j'avais adoré toute ma vie. Et c'était la seule manière que je connaissais d'entrer en contact avec l'espèce humaine.

    + La dernière "Université de la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme" qui s'est tenue début octobre proposait des interventions d'humoristes : Jul, Ranson, Halévêque, etc., sur le thème : "Faites l'humour, pas la haine". François Forcadell fait remarquer sur son blog que c'est plutôt gonflé de la part de la Licra et Me Jakubovicz, car ils sont à l'origine de l'éclatement de "Charlie-Hebdo" en deux clans rivaux, la Ligue ayant intenté un procès à Siné pour antisémitisme, qui divisa durablement le petit milieu des humoristes et dessinateurs de presse.

    Plus généralement, il faut dire que c'est la politisation croissante de la presse qui a accru les divisions entre artistes. De plus, l'intérêt pour la caricature d'institutions en charge de défendre la morale publique : Licra ou autre ligue de vertu, Education nationale, tel haut fonctionnaire affecté à la Commission européenne, etc., a un côté "orwellien" ; afin de préciser l'adjectif, citons donc Orwell : "Les intellectuels sont portés au totalitarisme bien plus que les gens ordinaires."

    + Rançon du succès, les auteurs de BD sont à leur tour victimes d'escrocs et de faussaires, après les artistes modernes du XIXe et XXe siècles. Sur son blog, l'auteur de BD Li-An ("Boule de Suif") a même créé une petite galerie pour éviter aux collectionneurs de Moebius de se faire arnaquer. On peut voir que les faux exposés sont assez grossiers.

    Plus inspiré ou plus vicieux (au choix), l'artiste britannique Damien Hirst, avait investi sciemment une partie de sa fortune dans de faux Picasso vendus sur e-Bay, afin de doper leur cote pour perturber les collectionneurs et illustrer ainsi le caractère aléatoire du fétichisme (si j'ai bien compris le propos de D. Hirst).

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    Dessin vendu comme une oeuvre originale de Moebius sur le site de vente aux enchères E-Bay.com