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  • Caricature Riss et Coco

    La Semaine de Suzette Zombi. Dimanche : Si BHL se mettait tout d'un coup à faire de l'humour, c'est sûr, tout le monde se paierait sa tête...

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  • Revue de presse BD (234)

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    + On vit dans une époque d'experts et de spécialistes, mais à propos des élections présidentielles tout le monde est compétent et peut émettre une opinion.

    Sortant de son rôle d'humoriste, Riss a appelé dans un édito les lecteurs de "Charlie-Hebdo" à voter Macron pour faire barrage au Front national. La dessinatrice Coco, elle, a dessiné quelques têtes de cons surmontées du slogan, "Abstention, bande de cons", renversant l'ancien slogan anar "Election, piège à con" (Reiser, Wolinski).

    A contrario, sur son compte Youtube, durant un soliloque plutôt fastidieux, l'humoriste Dieudonné incite à voter pour Marine Le Pen (tout en prédisant sa défaite, ce qui n'est guère mobilisateur). Dans sa revue de presse, Dieudonné cite un dessin de LB paru dans "Siné-Mensuel" (9'30").

    Il est difficile de dire si ce type d'humour militant pèse ou non dans la campagne. Le milieu complotiste proche de Dieudonné fait courir la rumeur qu'il a contribué à l'élimination de Manuel Valls lors de la primaire du PS, mais ce bruit est à peu près invérifiable.

    + Le site "Rétronews", à partir d'archives de presse souligne que la presse républicaine a toujours été hostile à l'abstentionnisme, luttant contre avec des moyens plus ou moins persuasifs : "L'abstention voulue, calculée, réfléchie, est le fait d'esprits chagrins, blasés, désabusés, hargneux, jaloux, parmi lesquels il faut compter aussi quelques esprits originaux et quelques naïfs." plaidait ainsi Francis Charmes en 1876 dans le "Journal des débats politiques et littéraires".

    L'éditorialiste du "XIXe siècle" tente de pénétrer la psychologie de l'abstentionniste ; il parle de "foi" et de "doute", et écrit : "L'abstention, c'est le premier symptôme, la première manifestation du doute." (1907)

    + "Je ne regrette rien" : citant Edith Piaf en français, le dessinateur de presse américain Ted Rall (situé àwebzine,bd,gratuit,fanzine,zébra,bande-dessinée,caricature,actualité,revue,presse,hebdomadaire,mai,2017,élections présidentielles,riss,charlie-hebdo,coco,dieudonné,youtube,lb,siné-mensuel,marine le pen,macron,manuel valls,rétronews,francis charmes,abstentionnisme,edith piaf,ted rall,hillary clinton,donald trump,syrie,libye,irak,boîte à bulles,julie sauret,tintin,cyril bosc,négationnisme,communisme,cabu,cavanna,wolinski,mélenchon,orwell,simone weil,hannah arendt,charb,stéphane chabonnier,val gauche) explique qu'il s'abstiendrait de nouveau de voter pour Hillary Cinton si c'était à refaire ; faisant le bilan des cent premiers jours de Donald Trump à la Maison blanche, il note une certaine paralysie au sommet de l'Etat, compte tenu de la méfiance du parti républicain vis-à-vis de D. Trump, restreignant la marge de manoeuvre de ce dernier. Pour Ted Rall, l'implication d'Hillary Clinton dans la décision d'attaquer et détruire l'Irak, puis la Libye et la Syrie, transformant ces pays en champs de ruines, est impardonnable.

    La crédibilité de Ted Rall en tant qu'éditorialiste indépendant repose sur un reportage BD qu'il fit pendant la guerre en Afghanistan ("Passage afghan", publié en France par La Boîte à Bulles) ; le reportage révèle notamment les méthodes de fabrication de l'info par les grandes chaines de télé américaines et européennes.

    + Sous le titre sévère "Des candidats sans culture", le quotidien publicitaire "20 Minutes" (27 avril) publie le diagnostic d'une "spécialiste des politiques culturelles", Julie Sauret : "Macron est cultivé, mais il possède une culture très classique. Ses références sont un peu vieillottes, il se plante quand il essaie de citer IAM... En revanche, Marine Le Pen n'est pas du tout cultivée et ne s'en cache pas vraiment. Elle ne connaît aucun nom en peinture, sèche quand on lui demande quels livres elle a lu ; sur l'art contemporain, elle fonctionne par clichés." - Gageons que Marine Le Pen a au moins lu quelques "Tintin"...

    + Le site "Caricatures et Caricature" publie un article par Cyril Bosc concernant les relations douteuses entre le parti communiste et un certain nombre de caricaturistes français. L'article est gauchement intitulé : "Comment marier presse satirique et presse communiste" - sans point d'interrogation, ce qui suggère une méthode, et non le questionnement que suscite ce rapprochement entre la satire et l'une des pires idéologies totalitaires, un parti politique réputé pour ses méthodes de censure drastiques.

    En fait l'article attire bien l'attention sur une forme de négationnisme typiquement français, qui consiste à webzine,bd,gratuit,fanzine,zébra,bande-dessinée,caricature,actualité,revue,presse,hebdomadaire,mai,2017,élections présidentielles,riss,charlie-hebdo,coco,dieudonné,youtube,lb,siné-mensuel,marine le pen,macron,manuel valls,rétronews,francis charmes,abstentionnisme,edith piaf,ted rall,hillary clinton,donald trump,syrie,libye,irak,boîte à bulles,julie sauret,tintin,cyril bosc,négationnisme,communisme,cabu,cavanna,wolinski,mélenchon,orwell,simone weil,hannah arendt,charb,stéphane chabonnier,valminimiser le totalitarisme soviétique et ses conséquences monstrueuses. La France est un des rares pays au monde où l'on peut, pratiquement dans la même phrase, vitupérer le fascisme ou le nazisme et se vanter d'avoir eu un père ou un grand-père communiste.

    Il faut saluer l'initiative de l'auteur de cet article, qui s'attaque ici utilement à un tabou car l'usage politique de l'antifascisme est aussi vain que la critique du totalitarisme est utile, qui n'oppose pas le fascisme au communisme ou au capitalisme, mais s'efforce d'en analyser les causes communes (à la manière d'Orwell, S. Weil ou H. Arendt, par exemple).

    L'article ne tient pas toutes ses promesses, mais il comporte quelques éléments de réflexion utiles, et cite des témoignages intéressants, voire amusants. Anticommuniste notoire, Cabu épinglera ainsi en "Une" son copain Wolinski quand il adhérera au PC. L'anticommunisme de Cabu fut visible jusqu'à la fin, qui accentuait nettement le côté "batracien" de Mélenchon, tandis qu'il épargnait plutôt l'ex-président F. Hollande.

    L'origine sociale ouvrière de certains dessinateurs est une explication au fait qu'ils furent proches du PCF, de même que les paysans sont automatiquement catholiques. Cependant l'article cite François Cavanna, qui déserta le Parti après y avoir adhéré par réflexe de classe : "(…) L’Huma est un journal de combat, un journal d’action, pas un journal de réflexion, de critique objective. Il n’est qu’un instrument d’un grand dessein, pas une fin en soi. Il n’est pas là pour critiquer le Parti, ni lui nuire en quoi que ce soit. (…) Appartenir (même si on n’a pas la carte, même à titre de compagnon de route) à un parti structuré comme une Eglise, c’est faire acte de foi. Même si, au départ, on annonce hautement qu’on garde son quant-à-soi." (1977) Dans ce passage, F. Cavanna énonce clairement les raisons pour lesquelles la critique ou la satire est incompatible avec l'idéologie véhiculée par "L'Huma" ; cependant F. Cavanna ne renie pas complètement sa foi, légitimant la violence révolutionnaire et attestant d'une vision romantique de la révolution russe dans un autre article cité.

    Cyril Bosc établit aussi une nuance nécessaire entre le "compagnonnage" avec le PCF du temps de sa puissance, et le compagnonnage tardif avec un PCF en pleine décomposition et une Russie dorénavant "poutinisée". Les odes à Mélenchon ou à Poutou ne représentent pas en effet la même chose, en termes d'engagement, que les odes d'Aragon, Eluard, Picasso ou Sartre à Staline, du temps où le stalinisme n'avait rien à envier au nazisme pour ce qui est des méthodes de répression.

    La fin de l'article, consacrée à Stéphane Charbonnier, alias Charb, est excessivement lyrique et manque de recul ; il est difficile de dissocier Charb, à moins de faire le coup du martyre, de Philippe Val, pour brosser un tableau élogieux de l'un, et un tableau sinistre de l'autre. Entre les deux attitudes, la première qui consiste à tenir l'engagement politique pour un "attrape-couillons", et la seconde qui considère l'absence d'engagement politique comme du cynisme, c'est pour la seconde que Charb opta, plus proche de P. Val que de Choron et Cavanna, qui imprimèrent leur marque à la première mouture de "Charlie-Hebdo".

    + La bibliothèque de Lyon Part-Dieu propose une exposition gratuite dédiée à 77 ans d'édition de bande-dessinée à Lyon et dans la région lyonnaise (16 mai-4 novembre). 

    + Alors que l'expo dédidée à Gaston Lagaffe à la bibliothèque du muséewebzine,bd,gratuit,fanzine,zébra,bande-dessinée,caricature,actualité,revue,presse,hebdomadaire,mai,2017,élections présidentielles,riss,charlie-hebdo,coco,dieudonné,youtube,lb,siné-mensuel,marine le pen,macron,manuel valls,rétronews,francis charmes,abstentionnisme,edith piaf,ted rall,hillary clinton,donald trump,syrie,libye,irak,boîte à bulles,julie sauret,tintin,cyril bosc,négationnisme,communisme,cabu,cavanna,wolinski,mélenchon,orwell,simone weil,hannah arendt,charb,staline,stéphane charbonnier Pompidou vient juste de fermer ses portes, on apprend la mort de Jean De Mesmaeker, alias Jidéhem, collaborateur de Franquin sur cette série rompant avec les codes du genre. Le père de Jidéhem avait inspiré Franquin pour son personnage de M. De Mesmaeker, victime privilégiée des gaffes de Gaston.

    L'histoire ne dit pas si Gaston Lagaffe votait, ni pour qui ; on sait que Gaston est plutôt écolo et pacifiste, et que le vote est obligatoire en Belgique.

  • Revue de presse BD (208)

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    Message peint par Magritte

    + Un autre musée parisien, le musée Pompidou, rend hommage à un autre artiste Belge : Magritte, dont quelques rébus-peints sont imprimés sur la rétine d'à peu près tout le monde (jusqu'au 23 janvier). De l'art de Magritte comme de l'art d'Hergé n'émane aucune sensualité. C'est là un point commun aux deux artistes belges (wallon et bruxellois), et pourquoi ils sont modernes tous les deux - l'art moderne n'est plus tout à fait de l'art (au sens païen du terme). Le parallèle s'arrête là, car beaucoup de choses sont inconscientes chez Hergé, qui pour différentes raisons (son jeune âge, son tempérament introverti...) n'avait pas la maîtrise de son art, mais se focalisait surtout sur le style. L'expo Magritte nous rappelle, au contraire, que le message délivré par Magritte est consciemment dirigé contre la peinture, qui après l'avoir fasciné, avait fini par lui inspirer du dégoût (la peinture de Chirico réveilla un peu le désir de Magritte de peindre). 

    + Reportage confraternel de Coco au concert de Renaud au Zénith fin octobre ("Charlie-Hebdo" 2 novembre). Renaud dit désormais admirer le candidat Fillon, mais les fans du chanteur à textes mettent sans doute ça sur le compte de la tisane qu'il boit avant le début de son concert pour soigner sa voix. Coco rapporte que Renaud, après avoir avoué : "J'ai embrassé un flic", ajoute : "Mais attention : j'ai pas embrassé un militaire." Il est vrai que, si l'esprit bidasse est de droite, l'esprit flic, quant à lui, est le privilège de la gauche.

    + L'éditeur de BD Bamboo, surtout connu pour sa BD satirique "Les Profs" et quelques titres spécialisés dans la caricature de différents sports, vient de racheter la maison Audie, éditrice de "Fluide-Glacial", l'hebdo humoristique fondé par Gotlib. Et la presse de commenter ainsi la nouvelle : "Bamboo va devenir un poids lourd sur tous les rayons humour, que ce soit en librairie ou dans les grandes surfaces."

    + La Foire internationale d'art contemporain s'est ouverte dans un contexte boursier difficile. Comme chaque année, les organisateurs de la FIAC nous promettent : - Le changement, c'est maintenant ! Cela situe l'art au niveau de l'espoir.

    + Frédéric Hojlo dans Actuabd narre la mésaventure posthume de George Orwell, dont le conte "La Ferme les animaux", inspiré par les purges de Staline (bien que le porc-dictateur se nomme "Napoléon"), fut racheté afin d'être adapté en dessin-animé et en bande-dessinée afin de servir d'arme de propagande anticommuniste (lorsque les intérêts des Etats-Unis et de l'URSS commencèrent de diverger). Il n'est pas rare que des ouvrages satiriques soient récupérés par tel ou tel parti politique ; parfois cela se fait avec le consentement de l'auteur, mais Orwell se distingue par son indépendance. F. Hojlo nous rappelle opportunément que Orwell voyait les "comics" américains d'un mauvais oeil, comme une manifestation de la culture de masse totalitaire.

    Les années ont donné raison à Orwell : en effet on a vu l'Union soviétique devenir capitaliste à toute vitesse, signe que l'esprit critique n'était guère développé à l'Est, mais plutôt une forme de nationalisme déguisée en discours pseudo-marxiste. Orwell, issu du peuple, fit notamment un effort pour rendre l'homme du peuple pessimiste, c'est-à-dire plus lucide. Orwell se montre particulièrement vigilant vis-à-vis de la caste des intellectuels, en charge de l'invention des nouvelles chimères modernes.

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    Le dessinateur britannique Norman Pett, chargé d'adapter La Ferme des animaux, était un auteur de comics de propagande nationaliste ("Jane") comme Milton Caniff (comics contenant la ration d'érotisme destinée à émoustiller l'homme de troupe).

  • Revue de presse BD (204)

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    + Difficile d'échapper à Tintin en ce moment ; quelques dessins originaux de Hergé datant des années 1940 -des cartes de voeux- ont été mis en vente aux enchères. La carte ci-dessus montrant Tintin se rendant à la messe de minuit est un des rares exemples où Tintin "assume son catholicisme". On sait que Hergé reçut une éducation catholique, avant de travailler au "XXe Siècle" sous les ordres de l'abbé Wallez, ecclésiastique féru des méthodes modernes de propagande ; cependant Hergé s'éloigna peu à peu au cours de sa carrière des principes qu'on lui avait inculqués dans sa jeunesse. Par ailleurs on sait l'influence sur Hergé du scoutisme, qui enseigne à ses jeunes adeptes le respect de la nature.

    Les influences diverses et contradictions de Hergé ont déteint sur ses BD.

    + Classé parmi les auteurs dessinant "à la manière de Hergé", le scénariste et dessinateur de BD Ted Benoît est décédé fin septembre. Ted Benoît (Thierry Benoît à l'état civil) était peu connu du grand public, travaillant surtout pour la publicité, avant de reprendre en 1996 la série à succès "Blake et Mortimer" créée par Edgar Jacobs. Pour justifier cette reprise, T. Benoît affirmait : "Contrairement à Hergé, dont l'oeuvre est une “comédie humaine” très personnelle qui, sans lui, n'aurait aucun sens, Jacobs appartient à la grande tradition feuilletonesque. (...)"

    C'est inexact ; Hergé s'est efforcé de faire passer "Tintin" pour une oeuvre "personnelle", mais on sait grâce aux témoignages de proches collaborateurs que Hergé a subi diverses influences très nettes, tant sur le plan du dessin que du scénario. Hergé a beaucoup travaillé à polir ses BD, les redessinant méticuleusement, ce qui donne une impression d'homogénéité trompeuse.

    + Le dessinateur Charlie Schlingo était aux antipodes de Hergé, du moins pour ce qui est de la notoriété. Ironiquement, Frédéric Potet, le spécialiste de la BD au "Monde" parle de "ligne crade" pour qualifier le style de Schlingo. C'est un peu exagéré, car Schlingo était aussi très influencé par le savoir-faire américain en matière de BD.

    + Dans une interview donnée mi-septembre à Médiapart, la caricaturiste Coco affirme ne pas avoir changé sa manière de dessiner depuis le massacre de ses confrères de "Charlie-Hebdo". On lit dans cette interview une pique contre Plantu, ainsi que quelques déclarations un peu chauvines : "Je crois que beaucoup de pays nous envient la laïcité" (rien ne prouve que l'on comprend à l'étranger ce que certains Français appellent "laïcité", thème de longs prêches aussi ennuyeux qu'édifiants).

    Mais la remarque la plus intéressante est le point de vue de Coco selon lequel la caricature ne doit pas dépasser les limites assignées par la loi (et par conséquent la police, en charge de l'exécution des lois). Les caricaturistes seraient donc, en France, les seules personnes respectueuses des lois ? Que penserait-on d'un caricaturiste britannique qui dirait : - Je suis prêt à me moquer de tout, sauf de la reine. Ou encore d'un caricaturiste marocain qui dirait : - On peut rire de tout... dans les limites assignées par la charia.

    + La "Une" de "Libération" aujourd'hui nous montre l'ex-président et actuel candidat N. Sarkozy dans le costume d'Astérix, le personnage de Goscinny et Uderzo, escorté d'Eric Zemmour en Idéfix. R. Goscinny avait un certain nombre de points communs avec N. Sarkozy ; on se souvient d'ailleurs que Anne Goscinny a fait récemment partie d'un comité de soutien au président déchu. Jean-Marie Le Pen est surnommé dans son camp "le menhir", ce qui rappelle un autre personnage d'Uderzo.

    "Libération" titre sur l'effort de la droite pour "refaire l'histoire". Mais la droite et Eric Zemmour ne font en cela qu'imiter les idéologues de gauche, qui ont produit et continuent de produire leur propre version du roman national. Que l'on songe, par exemple, à l'extraordinaire opération de blanchiment du terrorisme révolutionnaire par les intellectuels de gauche au cours de la seconde moitié du XXe siècle : cette entreprise négationniste était indispensable pour fonder la mythomanie du "progrès social". Un autre moyen de mesurer à quel point la gauche baigne dans la fiction, c'est de mesurer la distance qui la sépare de Marx (conscient dès le début de l'hypocrisie des "Droits de l'Homme").

    La question est de savoir pourquoi la droite éprouve actuellement à son tour le besoin de produire une version cultuelle de l'histoire de France, au niveau de la bande-dessinée pour les gosses ? La réponse est simple : parce que la gauche se ramène désormais à un point de vue intellectuel et élitiste. Les élites intellectuelles sont fascinées par des fictions et des mécanismes encore plus abstraits, telles que les institutions technocratiques européennes, qui fonctionneraient parfaitement bien si l'homme était un robot.

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  • Revue de presse BD (179)

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    + Le nouveau directeur de "Charlie-Hebdo", Riss, lance un "prix littéraire" ouvert aux 12-22 ans, doté de quelques milliers d'euros. Sujet de l'exercice : "Et si on remplaçait le bac par..." ; les copies sont à rendre avant le 20 avril prochain.  Riss ne dit pas si le jury tiendra conte de la réform de l'ortograf (vieille lune déjà sujet de plaisanterie chez Alphonse Allais).

    + Martin Veyron ("Bernard Lermite") sort de la satire sociale, son domaine de prédilection, pour publier l'adaptation d'une fable méconnue de Tolstoï, "Ce qu'il faut de terre à l'homme" (ou : "Le Moujik Pakhom"). Si l'adaptation d'oeuvres littéraires n'est pas chose nouvelle en bande-dessinée, la mode bat son plein en ce moment, pour le meilleur et pour le pire ; nous signalions récemment la bonne adaptation de "Don Quichotte" par Rob Davis.

    Au magazine d'obédience catholique "La Vie" (21 janvier), M. Veyron a donné des détails sur ce travail d'adaptation : "Depuis des décennies, j'avais envie de traiter de façon contemporaine les exagérations du progrès, qui n'est plus perçu comme une chose bénéfique. Un constat dû à la surproductivité, à la fois dans l'agriculture et dans l'industrie, qui apporte plus de poison que de bonheur. (...)" "Exagération du progrès" est une litote délicate pour traduire le recul. Et le choix de Tolstoï par M. Veyron peut surprendre ; en effet, le romancier russe, qui fit fortune avec sa plume, était de surcroît un aristocrate, propriétaire terrien persuadé du bienfait de la réforme agraire et du partage des terres : appliquée par le pouvoir soviétique avec une main de fer, au nom du progrès, la réforme agraire fit des millions de victimes.

    On note cette contradiction dans les propos de M. Veyron, qui déclare : "Je suis donc resté très fidèle à l'oeuvre originale", mais un peu plus loin ajoute : "Le diable est présent dans sa nouvelle. Je l'ai évacué, car je pense que le mal est en l'homme, qui n'a nul besoin de démons extérieurs pour ne pas faire le bien..." Le problème de la fidélité de l'adaptation est posé ici ; en effet, ôter le diable des romans de Balzac ou des poèmes de Baudelaire, par exemple, reviendrait à les trahir. Le préjugé ou la mentalité moderne peuvent être choqués par la façon de croire le diable une puissance extérieure à l'homme, qui le dépasse, mais à quoi bon, dans ce cas, se prévaloir d'un auteur qui pense différemment en apposant son nom sur la couverture ? C'est une pratique condamnable du point de vue de la critique littéraire, quasiment une forme de censure.

    + En matière de récupération, la palme revient à la chroniqueuse radio et télé Natacha Polony ; celle-ci copréside un "comité Orwell", qui s'est réuni pour la première fois en janvier 2016. Quel rapport y a-t-il entre cette journaliste, à qui le sobriquet de "Zemmour light" va comme un gant, et l'essayiste marxiste anglais George Orwell ? Les références politiques de N. Polony sont de Gaulle, la République française, les valeurs laïques, J.-P. Chevènement, toutes très éloignées de la critique du totalitarisme d'Orwell, qui n'épargne pas le fonctionnement de l'Etat moderne et sa culture mystique. Du point de vue marxiste, la culture laïque est une religion d'Etat, et l'institution républicaine ne fait que reproduire le fonctionnement de l'Eglise romaine.

    De façon plus caractéristique encore, on a pu entendre Natacha Polony vanter, à l'instar de Jean-Pierre Chevènement, les mérites de l'enseignement du "roman national". C'est une façon de présenter le mensonge national et le blanchiment des valeurs républicaines de façon positive, très éloignée de l'action de dire la vérité, présentée comme un acte révolutionnaire par Orwell, "en ces temps d'imposture universelle".

    + La dessinatrice Lisa Mandel a fait une petite incursion dans la "jungle de Calais", bidonville peuplé d'immigrés prêts à tout pour passer en Angleterre, mais coincés sur une bande de côte française. Accompagnée par la sociologue Yasmine Bouagga, Lisa Mandel a recueilli les témoignages de quelques-uns de ces immigrés et les publie sur un blog-BD estampillé "Le Monde" ; l'état de ses prisons en dit plus long sur l'état d'une société qu'un long essai de sociologie, de même la "jungle de Calais" est une verrue sur le nez du projet d'unité européenne, devenue un peu trop voyante. Le contraste est assez saisissant entre le reportage de Lisa Mandel, qui a le don de prêter vie aux réfugiés, et les pubs "bling-bling" diffusées par "Le Monde", pour tel ou tel parfum ou vêtement de luxe. Le luxe des uns n'a-t-il pas pour rançon la misère des autres ?

    + Le tampographe Sardon donne régulièrement des nouvelles de sa fabrique de tampons en caoutchouc humoristiques sise "rue du Repos" à Paris (XIXe), mal nommée en ce qui le concerne puisque la vulcanisation ne va pas sans un minimum d'efforts. Vincent Sardon écrivait donc dernièrement (novembre 2015) : "(...) On dirait qu'il n'y a plus que des artistes dans cette ville de merde, tu peux chercher en vain pendant mille ans un type capable de réparer un peu proprement un grille-pain, mais si tu vas boire un café au coin de la rue tu verras passer en dix minutes trois vidéastes, une chorégraphe pour enfants, un designer chauve et cinq écrivains expérimentaux en lecture chez Verticales, et qui cherchent tous les quelques mètres carrés esprit Loft qui les séparent, croient-ils, de la félicité absolue."

    + On trouve en kiosque depuis quelque temps un nouveau journal satirique, simplement baptisé "Satire-Hebdo". Sur son blog dédié au dessin de presse, François Forcadell émet des réserves à propos de ce journal mystérieux, dépourvu d'ours, et dont aucun article n'est signé (un certain Frédéric Truskolaski le financerait, selon F. Forcadell). Il est vrai que, sur le plan rédactionnel, "Satire-Hebdo" est un peu creux ou bâclé ; son rédacteur développe des idées, disons "de centre-gauche", qui ne méritent guère le qualificatif de "satirique". "Contre le PSG", "pour Jean Rochefort contre Rachida Dati", "pour Juppé contre Sarkozy", "pour Jacqueline Sauvage contre le code pénal", "pour Bowie contre Justine Bieber", etc. Mais "Charlie-Hebdo" lui-même ressemble de plus en plus à "Libération", et de moins en moins à un journal satirique. "Satire-Hebdo" a quand même le mérite de faire découvrir au grand public des caricaturistes moins connus que Riss et Coco, comme Glon ou Frizou, principaux contributeurs de "Satire-Hebdo""Charlie-Hebdo" de son côté donne l'impression d'avoir du mal à recruter de nouveaux talents, puisqu'il a dû embaucher successivement Pétillon et Vuillemin, deux vieux briscards du dessin de presse.

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    Caricature de Glon parue dans "Satire-Hebdo"

    + Le trait élégant et minimaliste de feu Saul Steinberg, dessinateur de presse et illustrateur américain ("New-Yorker") a fait des émules de ce côté-ci de l'Atlantique ; le site américain "Artsy" nous informe de la mise en ligne d'une nouvelle page web dédiée à cet artiste, où l'on peut admirer notamment un peu plus d'une trentaine de ses dessins.

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    "Six Terroristes", dessin colorié par Saul Steinberg, 1971.

     

  • Revue de presse BD (177)

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    Le "rêve européen", vu de l'étranger, par le caricaturiste Ali Dilem.

    + Encore une tentative de mettre le dessin de presse au service de la propagande européenne. Nous avions déjà cité dans cette revue de presse (n°138) l'effort du technocrate européen Thierry Vissol il y a un an, et de Guillaume Doizy ("Caricatures & Caricature"); Nicolas Vadot récidive avec l'exposition "Ceci n'est pas l'Europe! - 120 caricatures d'actualité", dont ce caricaturiste belge est commissaire (ainsi que vice-président de l'asso. "Cartooning for peace"). N. Vadot se livre à un plaidoyer vibrant pour l'Europe sur le site "Caricatures & Caricature" ; arrêtons-nous sur un seul point : l'Europe aurait un but pacifique, selon N. Vadot, qui présente cette assertion comme une "vérité". Pourtant il n'y a pas besoin d'avoir un esprit satirique très développé pour observer que le principal mobile de la construction européenne, suivant un modèle technocratique, est d'ordre économique - celui-là même qui a conduit les nations européennes à s'affronter dans des guerres totales au XXe siècle pour le partage des ressources coloniales et de territoires à la mesure de leur expansion industrielle. Quelle meilleure preuve que la crise actuelle ? Celle-ci montre que, quand le capitalisme vacille, l'idée européenne chancelle et les leaders populistes n'ont aucun mal à discréditer cette entreprise titanesque. La propagande européenne n'est donc qu'une des facettes de la propagande capitaliste, relevant du pari sur l'avenir le moins scientifique qui soit.

    On peut bien sûr se moquer des détracteurs de l'Europe, les caricaturer (l'Europe n'a certes pas inventé la bureaucratie, qui existait avant elle), cependant l'Europe se prête mieux à la satire, à commencer par son mépris des principes démocratiques, alors même que le mot "démocratie" est sur les lèvres de tous les dirigeants européens.

    "L'idéal européen" n'est pas sans évoquer deux fanatismes religieux modernes, cousins germains : la démocratie-chrétienne et le stalinisme. Chez A. de Tocqueville, l'espoir de progrès placé dans "la démocratie en Amérique" est tempéré par une bonne dose de scepticisme ; Tocqueville se demande ainsi comment l'Amérique pourra s'affranchir du mobile mercantile qui fut la première cause des Etats-Unis.

    + La dernière "Une" de "Charlie-Hebdo" (signée Coco), brocardant le pro-fête Cyril Hanouna, animateur d'une émission quotidienne à succès, "Touche pas à mon poste", dédiée aux "enfants de la télé " ("Direct 8"), a déclenché une controverse dans les médias et sur les réseaux sociaux. On peut y voir une reprise par "Charlie-Hebdo" de la critique de la "société du spectacle" ou du consumérisme. Michel Onfray s'en est pris lui aussi récemment à l'animateur de télé, l'accusant d'être une cause du djihadisme. Cyril Hanouna avait répliqué en accusant Michel Onfray d'islamophobie ; il a préféré répondre à "Charlie-Hebdo" sur le ton de l'humour. On pointe un peu facilement le populisme du doigt, en ce domaine comme en d'autres ; il n'est jamais que le produit d'un élitisme dévoyé.

    + Le dessinateur finlandais Ville Ranta veut devenir français, au-delà de l'aspect purement policier de la nationalité, parce que la France est le pays des caricaturistes. Il décrit dans son blog dessiné le processus de cette métamorphose incertaine. En effet il n'est pas si aisé pour les Français eux-mêmes de savoir qui ils sont. Il leur faut parfois voyager à l'étranger pour le découvrir. Un précédent peut nous éclairer, celui du philosophe F. Nietzsche, qui répudia sa culture et ses origines allemandes pour "devenir Français ou Italien", admiratif de la faculté de jouir de ces deux peuples, qu'il n'accorde pas aux Allemands, plus féminins et tourmentés, ayant le goût des choses macabres, tristes et romantiques - on dirait "gothiques" aujourd'hui. F. Nietzsche définit les Français et les Italiens comme étant réactionnaires, et les Allemands modernes. Le poète Baudelaire, au contraire, bien que Français, exprima son dégoût des Français, qu'il trouvait trop "voltairiens", ce qualificatif décrivant un manque de spiritualité.

    La "liberté d'expression" est-elle un principe français ? Les Français sont sans doute trop pragmatiques pour croire la liberté possible sur le plan politique. En revanche les Français sont plus individualistes que d'autres peuples, et acceptent moins bien que l'Etat ou ses représentants leur disent ce qu'il faut penser.

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    La Tour Montparnasse, croquis tiré du blog de Ville Ranta. 

  • Match Coco-Hanouna

    La Semaine de Zombi. Jeudi : Rien que pour le plaisir de dessiner Cyril Hanouna en short.

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