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tomi ungerer - Page 2

  • Revue de presse BD (250)

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    + Parution de "Desproges par Desproges", aux éds du Courroux; beau livre avec plein de trucs intéressants dedans, y compris quelques dessins (dont la version "rat" des chats de Siné) (caricature par LB).

    + Un documentaire diffusé par "France 2" (encore quelques jours) expliquewebzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,actualité,revue,presse,hebdomadaire,novembre,2017,wallace et gromit,aardman,nick park,david wallace,bill sproxton,stop-motion,hollywood,desproges,lb,siné comment les Britanniques Nick Park (Wallace & Gromit), David Wallace et Bill Sproxton ont produit des courts et des longs métrages en utilisant la pâte à modeler et le "stop-motion", et révolutionné l'industrie du dessin-animé... grâce au système D.

    Wallace & Gromit sont aussi célèbres au Royaume-Uni que Astérix & Obélix en France; les productions du studio Aardman ont raflé pas moins de trois oscars à Hollywood.

    Le documentaire est un peu sirupeux (les témoignages des acteurs), cependant il souligne ce paradoxe de l'industrie du divertissement capitaliste : elle se renouvelle contre ses propres règles, et non selon les lois d'un darwinisme social qui fait office de doxa libérale officielle, martelée à longueur d'antenne par de soi-disant "experts économiques".

    On comprend aussi pourquoi la bande-dessinée échappe parfois à la culture de masse industrielle : ses conditions de production laissent un minimum d'indépendance à ses auteurs, tandis que la culture de masse est une oeuvre collective.

    + Dans cette série de petites vidéos produites par "France-Inter", on peut voir une brochette de dessinateurs de BD dessiner (ici, Jean Harambat), et quel outil ils utilisent: plume, feutre fin, feutre-pinceau, etc.

    + L'expo des dessins de Tomi Ungerer à Moulins (Allier), inaugurée dans le cadre de la biennale des illustrateurs, se prolonge jusqu'au 9 janvier. Une centaine de dessins est exposée en provenance du musée Tomi Ungerer de Strasbourg (ville natale d'Ungerer).

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    Illu. en couleur par Tomi Ungerer exposée à Moulins.

  • Revue de presse BD (215)

     

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    Gag de Mix & Remix extrait de son blog "1er Degré"

    + Le dessinateur de presse helvète Mix & Remix est mort des suites d'un cancer du pancréas. Pratiquant un humour basé sur les dialogues bien plus que sur le dessin, Mix & Remix publiait ses gags et strips dans "L'Hebdo", magazine suisse francophone (Lausanne) dont il était le dessinateur vedette et qui lui rend un hommage spécial. "Courrier international" et "Siné-Hebdo" ont contribué a faire connaître Mix & Remix en France.

    Dans une interview au site "Actuabd" en 2011, Mix disait avoir "horreur de la provocation gratuite" (allusion à "Charlie-Hebdo" ?) et refusait de travailler pour un parti politique quelconque, afin de pouvoir "taper" sur tout le monde. Le pseudo double de Philippe Becquelin était dû à une ancienne collaboration artistique avec sa femme.

    + Alors que la guerre civile menace la République démocratique (sic) du Congo, le premier festival de BD Bilili organisé à Brazzaville vient de s'achever. Il réunissait des dessinateurs camerounais, congolais et français. Ce petit festival paraît bien dérisoire face aux affrontements politiques pour la conquête du pouvoir suprême.

    + "Fécocorico", organe trimestriel de la "Feco France" (association de caricaturistes) consacre un article aux petits albums de dessins cochons tirés à part autrefois sous le manteau par divers caricaturistes : Mose, Siné, Tetsu, Trez... ce type de publication paraît bien démodé aujourd'hui, alors que la pornographie fait désormais partie de la culture des ados, qui en savent (théoriquement) beaucoup plus que leurs parents ou grands-parents. Le plus cocasse est la censure d'un dessin par l'éditeur d'un album licencieux de Siné, Jean-Jacques Pauvert, choqué d'y voir Victor Hugo pratiquant une fellation.

    De la part de certains dessinateurs satiriques, tel Tomi Ungerer, il ne s'agit d'ailleurs pas tant de provoquer ou de choquer que de montrer la part d'ombre de la sexualité (le rapport de soumission et de domination qu'elle implique, par exemple), au contraire du "Kama Sutra", véritable bréviaire religieux en vogue dans les élites indiennes.

    + Encore à lire dans le n° de "Fécocorico" de juillet-août-sept. 2016, un compte rendu de la visite du caricaturiste Robert Rousso au festival de cartoon d'Hastings en Angleterre.

    + La fondation grenobloise Glénat accorde à de jeunes dessinateurs de BD entre (18 et 30 ans) une ou deux bourses d'études de montants variés, allant de 2000 à 15000 euros. Les dossiers comportant quelques planches doivent être envoyés avant le 15 février 2017. L'un des projets devra porter sur le thème de la montagne ; "l'originalité narrative et picturale" du second projet devra apporter "une nouvelle dimension au neuvième art"... rien que ça !

    + De l'exposition dédiée en ce moment par la bibliothèque du Centre Pompidou (et Frédéric Jannin) à Franquin à travers le personnage de Gaston Lagaffe, nous avons récemment rendu compte sur le blog Zébra.

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    Illustration de Franquin pour orner la 4e de couverture des albums de "Gaston Lagaffe".

  • Revue de presse BD (210)

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    + Dilemme en librairie cette semaine puisque sont proposés simultanément deux gros bouquins, l'un à 20 euros (Les Cahiers dessinés) regroupant un choix de dessins de Tomi Ungerer, l'autre à 30 euros (Taschen) rassemblant un paquet de croquis de Robert Crumb. Il faut choisir, car deux dessinateurs misogynes d'un seul coup, ce serait sans doute une dépense trop difficile à justifier. Sans vouloir influencer le lecteur, la sobriété des dessins d'Ungerer force l'admiration ; il y a peut-être chez Crumb un peu trop de détails. Le plus misogyne des deux n'est pas forcément celui qui dit qu'il l'est (Crumb).

    Marie-Hélène Gatto annonce dans le trimestriel « De ligne en ligne » la prochaine expo. Gaston Lagaffe en chantier à la bibliothèque du Centre Pompidou en soulignant l’astuce éditoriale de son inventeur, Franquin, qui crée un personnage d’antihéros dans un magazine de BD d’aventure pour enfants- dont la première apparition discrète dans « Spirou » date du 28 février 1957. Le personnage ne prend la parole pour la première fois que six semaines après son apparition. Il dévoilera au public les coulisses de la maison Dupuis et du métier d’amuseur pour enfants, qui n’a rien d’aventureux, et que Franquin éprouva parfois de la lassitude à exercer.

    «Pendant plusieurs semaines, entre décembre 1959 et janvier 1960, Spirou paraît sans Gaston. Jusqu’à ce que Fantasio, pris de remords, lance un appel aux lecteurs : - Ecrivez tous, en masse, par milliers, écrivez à M. Dupuis de reprendre Gaston. L’appel est entendu : plus de 7000 lettres seront reçues, et Gaston est réintégré à l’équipe en janvier 1961. Le héros sans emploi est devenu une véritable star.»

    Gaston Lagaffe est précurseur du "Trombone illustré", supplément à « Spirou » lancé par Franquin et Yvan Delporte en 1977, beaucoup plus satirique que le magazine pour enfants dans lequel il était inséré.

    + A propos de "Fluide-Glacial", où Gotlib publia les "Idées noires" de Franquin, perles d'humour noir en BD, Jacques Diament publia en 2010 (L'Harmattan) : "Fluide Glacial, Gotlib... et moi" ; la première moitié est intéressante, décrivant de façon vivante les galères du début, la fabrication d'un journal, les choix éditoriaux, les coups de pouce du destin...), la seconde partie est bâclée.

    + Yves Frémion rédige ici ou là des chroniques sur les ancêtres de la bande-dessinée ; dans le dernier magazine publicitaire "Zoo n°62" (p.53), il nous instruit sur "la BD orale des colporteurs". Avec l'invention de la gravure naquit le métier de colporteurs d'images, religieuses notamment, transportées et vendues de village en village.

    "(...) Très vite s'agglutinent aux images pieuses des images plus profanes (contes de fées, fables, histoires plus ou moins réelles, légendes, chansons...). (...) L'arrivée du colporteur dans un village devient un spectacle. (...) Ces esquisses de BD sont orales. Puisque dans la BD, le "texte" n'en est pas, car il est du son, ce son est alors produit par le colporteur, qui commentait image par image."

    Frémion rapproche ici la BD d'une culture orale, ce qui n'est vrai qu'en ce qui concerne les BD pour enfants. Beaucoup de BD satiriques ou humoristiques ne sauraient se passer du texte.

    + L'essayiste Hannah Arendt ("La Crise de la Culture") est la cible d'attaques dans plusieurs journaux ("Quinzaine littéraire", "Charlie-Hebdo" 9 novembre), faisant suite de la publication d'un ouvrage universitaire peu sobrement intitulé "Arendt et Heidegger, extermination nazie et destruction de la pensée"). Cet ouvrage rappelle que H. Arendt fut, alors qu'elle était étudiante, la maîtresse de Herr Professor Heidegger, membre du parti nazi ; également qu'elle contribua à la réhabilitation de la philosophie d'Heidegger après guerre. Bref, cet ouvrage d'E. Faye ne nous apprend pas grand-chose...

    Le poète Aragon se promena en limousine dans Moscou en compagnie d'Elsa Triolet, bousculant la populace affamée (dixit J. Dutour) ; cependant il continue d'être étudié en classe, et certains établissements scolaires portent son nom. Le racisme de Montesquieu ne l'empêche pas d'être considéré comme un sommet de la science politique française. Etc. (on pourrait ici écrire un ouvrage complet à propos des turpitudes de nos grands hommes).

    Ce qui est le plus choquant chez H. Arendt est sans doute ce qui est le plus véridique, à savoir la mise en évidence que le totalitarisme n'est pas l'apanage du régime nazi, mais un phénomène beaucoup plus large. Si H. Arendt omet de souligner, contrairement à G. Orwell, le rôle particulier joué par les intellectuels dans les régimes totalitaires (Heidegger est loin d'être le seul exemple), en dénonçant la culture de masse en tant qu'instrument d'asservissement et d'abrutissement, elle a bel et bien contribué à la critique des méthodes de gouvernement totalitaires, indépendamment de leur coloration politique, nazie, soviétique ou démocrate-chrétienne.

    + Un carnet de 65 dessins inédits de Van Gogh, détenus par une famille du Nord de la France, et subitement exhumés, vient d'être publié par le Seuil. Seulement les experts du musée d'Amsterdam, sollicités afin d'authentifier ces dessins (non signés), contestent l'attribution au peintre hollandais (tardivement initié au dessin).

    Et pourquoi pas une analyse ADN, tant qu'on y est ? Cette affaire illustre une fois de plus à quel point la technique (ici les avis d'experts) éclipse désormais l'art et la science.

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    par l'Enigmatique LB

  • Revue de presse BD (195)

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    "Une" du "Harper's weekly" par Thomas Nast (représentant le Père Noël, que Nast contribua à rendre célèbre).

    + Le musée Tomi Ungerer de Strasbourg expose (jusqu'à fin octobre) Thomas Nast (1840-1902), considéré comme un précurseur de la caricature américaine et qui inventa le personnage de l'Oncle Sam, personnification des Etats-Unis d'Amérique. Ce dessinateur né en Bavière vint s'installer à New York avec sa mère quand il avait six ans ; beaucoup d'artistes américains, en particulier dans le domaine du dessin de presse et de l'illustration, étaient originaires d'Allemagne ou d'Europe de l'Est.

    On peut se demander si la faiblesse de la caricature aux Etats-Unis aujourd'hui, tant sur le plan du dessin que de la satire, ne vient pas de la culture démocrate-chrétienne de ce pays ; celle-ci confère en effet à la politique une dimension spirituelle qui contribue à ennoblir exagérément l'action politique. Les caricaturistes américains ("Editorial cartoonists") font de la caricature politique, dans la mesure où ils sont eux-mêmes impliqués dans les débats politiques et les stratégies partisanes ; ils se font un devoir de commenter les moindres péripéties de la vie politique ; Plantu est un exemple français de cette manière américaine de caricaturer. Les cartoons américains présentent de ce fait peu d'intérêt pour qui ne connaît pas bien la vie politique américaine. Les caricaturistes en Europe, surtout en Angleterre, en France et en Italie, sont plus "anarchistes" ou du moins méfiants vis-à-vis du personnel politique et des utopies politiques optimistes.

    + Les admirateurs de Hergé connaissent son goût pour l'art contemporain en même temps que les complexes qu'il nourrissait vis-à-vis d'artistes reconnus comme tels. Le commerce de l'art contemporain est le sujet de son dernier album inachevé, "Tintin et l'Alph-Art". On annonce une exposition au Grand Palais après l'été sur ce thème. On a tort de ne pas considérer Hergé comme un artiste abstrait ; la bande-dessinée, destinée aux enfants, ne repose pas tant sur le dessin que sur l'animation des personnages, comme le dessin animé. Hergé n'est pas un grand dessinateur, en revanche c'est un styliste exceptionnel, deux caractéristiques que l'on retrouve souvent chez les artistes modernes dits "abstraits".

    Le moins qu'on puisse dire c'est que Robespierre (1758-1794) n'a plus la cote. Le président de la République préfère même invoquer un autre enfant du Nord, Charles de Gaulle, malgré le penchant de ce dernier pour la monarchie. Le célèbre conventionnel révolutionnaire natif d'Arras est en effet ces derniers temps la cible d'attaques répétées de la part d'intellectuels de gauche en vue, dont Michel Onfray et Raphaël Enthoven ; au micro d'"Europe 1", ce professeur de philosophie a même comparé Robespierre à... Pol Pot. Et d'invoquer dans ce cas-là la Terreur, cruelle et sanglante, dont Robespierre fut un des principaux instigateurs. Mais, tandis que la Terreur fit quelques dizaines de milliers de victimes (40.000 ?), le régime de Napoléon en fit, lui, des millions, et cela n'empêche pas la République française d'entretenir son culte, ni maints plumitifs de continuer d'écrire des hagiographies du tyran corse (heureusement illisibles). Et que dire des Soviets, dont le bilan est parmi les plus lourds, mais dont le régime brutal séduisit néanmoins une bonne partie de l'intelligentsia et des artistes français ? Comme quoi il faut bien distinguer le roman national républicain de l'histoire... et se méfier des professeurs de philosophie.

     + Une exposition consacrée à des illustrateurs russes pendant la période soviétique nous apprend que certains artistes (Vladimir Lebedev) firent le choix, sous Staline, d'illustrer des livres pour enfants afin d'échapper à la répression de la police politique à laquelle d'autres choix artistiques pouvaient les exposer.

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    Ill. de V. Lebedev pour un conte de Kipling.

  • Revue de presse BD (141)

     Extraits de la revue de presse illustrée publiée chaque semaine en intégralité dans l'hebdo Zébra. 

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    Pins dans la campagne romaine par Le Lorrain (British Museum)

    + Les ventes aux enchères de planches de BD se suivent et se ressemblent, avec leurs records et leurs lots d'invendus. Tout ce cirque est favorisé par la crise et la raréfaction des placements sûrs. L'avantage avec l'art pâtissier, non moins "séquentiel" que la BD (il suffit d'observer un "mille-feuilles" ou un "Paris-Brest" de près), c'est qu'il se consomme frais, ce qui évite le genre de cérémonies un peu rances et mornes que sont les ventes aux enchères de vieilles planches de BD dépareillées.

    Le marché du dessin ancien a connu aussi une flambée des prix au cours des vingt dernières années, et une grande bourse se tient chaque année à Paris (25-30 mars 2015). Elle vaut pour son atmosphère ; on pourrait croire certains protagonistes, antiquaires ou collectionneurs, sortis d'un roman de Balzac. La présence du diable, rassurante pour les uns, inquiétante pour les autres, est presque palpable. Les dessins, pièces à vendre à des prix audacieux ("L'audace des marchands nous perdra !"), sont présentés dans de petites alcôves comme des trésors précieux, bien que la qualité soit très inégale, allant d'un petit dessin de J.-F. Millet (doué comme pas deux pour créer une ambiance nocturne avec rien - un bout de fusain), ou une caricature de Grosz, jusqu'à un croquis un mollasson de Helleu. Si un de ces sans-culottes arabes qui s'amusent à moudre des statues assyriennes déboulait au salon pour y flanquer le feu, on imagine quel scandale ça ferait !

    A noter diverses conférences et expos autour du dessin au cours de cette semaine, dont une expo consacrée à Claude Gellée, dit "le Lorrain", extraordinaire paysagiste qui fit carrière à Rome et influença plusieurs générations de peintres par sa façon de s'approprier le morceau de nature qu'il dessine.

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  • Vive Alain Le Saux !

    Faut-il attendre que les gens meurent pour que la presse leur consacre quelques lignes ?webzine,bd,gratuit,fanzine,zébra,bande-dessinée,illustrateur,hommage,alain le saux,papa,tomi ungerer,lb,portrait

    Alain Le Saux est bien vivant. Il est né en 1936, ce qui nous fait une belle jambe puisque le talent et l’esprit ne se mesurent pas au nombre des années. Voilà encore un homme discret et secret qu’on en verra pas sur des plateaux de télévision ou à la une d’un magazine culturel. Ne cherchez pas, Alain Le Saux n’a pas de blog ni de page Wikipédia. Ne vous laissez pas non plus abuser par des homonymes, parmi lesquels un poète breton, un vicaire épiscopal de Meaux... On ne trouve même pas de trace de la moindre exposition.

    C'est ça l’énervant : Alain Le Saux mériterait une belle rétrospective de toute son œuvre, alors qu’il y a tellement de tacherons à qui on déroule le tapis rouge, à l’exemple de ce dessinateur belge auteur de strips à base de sentences pseudo-philosophiques prononcées par un félin obèse.

    Alain Le Saux est surtout connu pour ses albums pour enfants (la série des « Papa ») mais c'est bien plus qu'un simple illustrateur de livres d'enfants. Ses dessins sont faits pour rendre les gosses intelligents et leur nettoyer le cerveau de toutes les saletés que la télé et leurs parents peuvent y déposer. Il y a une saine malice subversive dans ses dessins, qui stimulent la réflexion et l’imagination de l’enfant. Car contrairement à beaucoup d’adultes et de professionnels des médias, Alain Le Saux ne considère jamais les enfants comme des abrutis, futurs buveurs de Coca-Cola.

    webzine,bd,gratuit,fanzine,zébra,bande-dessinée,illustrateur,hommage,alain le saux,papa,tomi ungerer,lb,portraitA sa façon, et de manière involontaire, Alain Le Saux est un pédagogue et son discours peut être plus subtil et pertinent que celui de certains spécialistes de renom. Mais Alain Le Saux ne s’est jamais posé comme tel. Pourtant on étudie son œuvre à l’université, notamment dans le cadre de la formation des professeurs des écoles. Et ce qui est sûr, c’est que l’intéressé n’en a cure.

    Car Alain Le Saux, depuis toutes ces années, aurait pu acquérir la même notoriété et le même statut qu’un Tomi Ungerer, avec lequel il partage d’ailleurs une sorte de cousinage, que ce soit par le style, l’influence sur de jeunes illustrateurs ou la capacité à tenir le même cap toute sa vie.

    Tout simplement, il n’a pas envie qu'on parle de lui. Mais voilà, « Zébra » n’aime pas suivre les sentiers battus, ni encenser les auteurs qu’il est de bon ton d’encenser ou dont il faut parler parce qu’ils ont une actualité. D’où ce modeste hommage.

    Hommage et portraits de LB, illustrations en couleur extraites de «La Maîtresse n’aime pas» (Rivages) 

    + Bibliographie sélective (chez Rivages) :

    « Interdit, toléré », « Mon copain Max m'a dit qu'il comptait sur son papa pour faire ses devoirs de mathématiques », «Le Prof m'a dit que je devais absolument repasser mes leçons», «Papa m'a dit que son meilleur ami était un homme-grenouille».

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  • Revue de presse BD (127)

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     Larges extraits de la revue de presse de la semaine pour ceux qui préfèrent les bons vieux liens traditionnels au webzine hebdo -mieux illustré- que nous publions chaque jeudi. Prochaine revue de presse le jeudi 11 déc.

    + Dans le dernier "Fecocorico" (octobre-novembre), organe bimestriel de la Feco-France (association de dessinateurs de presse) disponible en ligne, les amateurs de dessin de presse peuvent découvrir les coulisses du métier et le compte-rendus des festivals les plus récents. Sur le thème du "retour de Sarkozy", ce n° rajeunira en outre de quelques années les anciens adeptes du TSS ("tout sauf Sarkozy").

    Mention spéciale à l'article consacré à l'expo Bosc au musée Tomi Ungerer, ainsi qu'à un papier très fouillé (illustré de plusieurs exemples), sur l'importance des fables de La Fontaine, source d'inspiration récurrente pour les dessinateurs de presse français. "Le mérite de la fable est double : elle suscite le rire en même temps qu'elle donne une leçon de prudence." L'auteur de l'article (JMB) suggère que cette définition du fabuliste Phèdre peut s'appliquer à l'art de la caricature aussi. Comment ne pas approuver cette ligne de conduite ? D'autant plus que, par les temps qui courent, la politique a pris l'habitude de promettre bien plus qu'elle ne peut tenir, faisant ainsi courir à ceux qui s'y fient un risque accru.

    Quelques mots cependant pour récuser le mauvais procès fait aux caricaturistes qui, travaillant gratuitement, contribueraient ainsi à aggraver les menaces qui pèsent sur le métier de caricaturiste. Ce procès ressemble au reproche fait parfois aux jeunes auteurs de blogs-BD par des professionnels de la BD, d'accepter des pactes léonins. C'est une façon de nier que le marasme de la presse française est d'abord imputable à ceux, rédacteurs en chef et "sponsors", qui l'ont faite telle qu'elle est. En ce qui concerne le dessin de presse et la caricature, la politisation excessive de la presse a dangereusement rapproché la caricature de la propagande politique, assez loin du motif évoqué plus haut de faire rire et d'inciter à la prudence.

    + Fils et petit-fils d'officiers, Gustave Blanchot alias Gus Bofa (1883-1968) fut guéri de cet atavisme en prenant part au conflit mondial de 14-18 comme simple fantassin, y écopant de sévères blessures. Deux expos, l'une à Reims, l'autre à Paris (mairie du XVIIe) évoquent l'art teinté de cynisme ou de désespoir de Bofa. Sur certains points, Bofa diffère de Céline, non moins décillé par la guerre. En effet les sarcasmes de Bofa à l'endroit des médecins qui trouvent dans les champs de bataille un terrain propice à leurs expériences mi-sadiques, mi-scientifiques, font plutôt penser à Cendrars, également sévère avec cette corporation. A L.-F. Céline il fut permis, en raison de son passé militaire glorieux, d'étudier la médecine ; la correspondance de l'écrivain montre qu'il a foi dans la médecine, ce qui est une marque de positivisme.

    L'éditeur Cornélius a publié un recueil des dessins de Bofa visant les "toubibs", dont cette interview d'E. Pollaud-Dulian au magazine BD "Casemate" (!) rend compte.

    + Si ce n'est "immense", comme l'écrit "En Vue", le magazine des bibliothèques de Paris, à propos de l'écrivain Georges Simenon, mais du moins prolifique, le père du commissaire Maigret a été illustré par Loustal, dessinateur chevronné. Certains critiques n'hésitent plus à dégainer le superlatif comme dans certains polars trop musclés on défouraille à qui mieux mieux ; tandis que chez Simenon, au contraire, vice et crime sont tout ce qu'il y a de plus banals, comme la poussière sur les meubles ou les taches sur les vêtements. La bibliothèque des littératures policières (Bilipo, Paris Ve) propose une exposition de 70 dessins couleur et n&b de Loustal autour de Simenon (-28 février 2015) pour permettre de mieux connaître ces deux auteurs dont le rapprochement n'est pas évident.

    + Beaucoup de bruit pour rien autour de l'Américain Chris Ware qui publie un album de bd-gigogne, une sorte de joujou pour intellos façon Rubik's Cube, s'attirant ainsi les éloges de quelques snobs, fascinés de longue date par les ouvrages de rhétorique pure.

    Le blog-BD du "Monde", "Les Petits Miquets"a récemment interviewé Chris Ware. Celui-ci avoue plier son existence à une forme de déterminisme abstrait. Il exprime ce déterminisme dans un art qui procède d'une sorte de construction froide et millimétrée, vaguement ludique. C. Ware ne semble pas vouloir se révolter contre ce déterminisme, mais au contraire s'enfermer dans ces cases et cette rhétorique sécurisantes bien qu'ennuyeux. Pas d'humour non plus chez Chris Ware, comme dans les films de Jacques Tati, dont l'ironie s'exerce au détriment de l'architecture moderne, créant une brèche dans le système de représentation officiel de la réalité. Pas d'humour, sauf peut-être quand C. Ware conclut que son livre-jouet, lui, au moins, n'a pas besoin de piles pour marcher.

    + Le site belge Actuabd propose une interview de Jean-Luc Fromental, éditeur chez Denoël-Graphic, de Robert Crumb notamment, ou encore Alison Bechdel et Posy Simmonds (Gemma Bovery). Chargé il y a quelques années de créer un label BD au sein d'une maison d'édition ignorant jusqu'ici ce genre, cet éditeur évoque l'intrusion de la bande-dessinée comme une forme de genre littéraire nouveau dans des maisons d'édition généralistes. L'interviewé utilise une expression pour décrire la concurrence accrue des romans graphiques, il dit que la bande-dessinée est en train de "poldériser" le roman. Si l'interview nous fait visiter l'arrière-cuisine éditoriale, en revanche il ne creuse pas le phénomène. S'agit-il d'un phénomène de mode ? La vogue du roman graphique est-elle due aux difficultés croissantes des lecteurs à se concentrer sur une littérature plus ardue ? La formation au dessin de certains auteurs de romans graphiques leur permet-elle de voir et décrire les choses d'une façon alternative ?

    + Bien décidés à manifester leur mécontentement lors de la 42e édition du Festival d'Angoulême, les auteurs de BD mécontents d'une augmentation de leurs cotisations-retraite jugée excessive ont détourné l'affiche du festival (signée Bill Watterson), rebaptisé festival de la bande décimée.