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quinzaine littéraire

  • Revue de presse BD (299)

    + "Ces bouffeurs de flics ultra-violents." : Gérard Biard à propos des Gilets jaunes dans "Charlie-Hebdo" dewebzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,revue,presse,hebdomadaire,janvier,2019,charlie-hebdo,gilets jaunes,mai 68,gérard biard,gaulliste,jean-luc porquet,quinzaine littéraire,véronique cabut cette semaine.

    Cette déclaration sonne étrangement comme celle d'un journaliste gaulliste en "Mai 68". Un esprit satirique y verra la preuve que les étiquettes politiques n'indiquent rien que de très superficiel sur les hommes - des réflexes corporatistes le plus souvent. Les journalistes sont "de gauche" comme les médecins sont "de droite".

    - Le progrès du "réflexe", c'est-à-dire de "l'intelligence artificielle" sur la pensée, est sans aucun doute la marque de la technocratie qui s'étend - phénomène inquiétant car tous les régimes totalitaires s'appuient sur l'intelligence artificielle, chose que l'on admire quand on admire la belle organisation d'une fourmilière, l'optimisme inébranlable qui l'anime.

    L'intelligence artificielle est un domaine où l'humain est inférieur à l'animal, tandis que l'on dira au contraire que "l'humour est le propre de l'homme".

    + Cabu a les honneurs de la "La Quinzaine littéraire" (15 déc.-15 janv.), qui titre en Une : "Cabu, l'homme libre". Peut-être parce que "La Quinzaine" est un des rares titres de presse où l'on peut répéter l'opinion de Cabu selon laquelle la publicité commerciale tue le journalisme ?

    La parution d'un épais volume consacré à Cabu (384 p.), "Une vie de dessinateur" (Gallimard), rédigé par son ami Jean-Luc Porquet et approuvé par son épouse Véronique Cabut, a servi de prétexte à "La Quinzaine".

    Si l'on admire "l'artiste Cabu" et non spécialement l'homme, on trouvera l'ouvrage de J.-L. Porquet excessivement hagiographique.

    Cabu -à l'instar de L.-F. Céline- est un auteur satirique que l'on peut apprécier indépendamment de ses idées politiques. Les ouvrages polémiques de Céline (pour la plupart prohibés en France à cause de leur antisémitisme) représentent la part la plus politique de son oeuvre.

    Cabu se faisait rarement polémiste ; un ouvrage polémique contre la Guerre d'Algérie n'aurait sans doute pas eu autant d'effet que le personnage mi-comique, mi-réaliste, de l'adjudant Kronenbourg, contrepoids à la propagande républicaine vantant l'héroïsme des soldats et des policiers.

    De même Reiser se disait "viscéralement d'extrême-droite et raisonnablement de gauche", conscient du rôle de l'instinct dans l'idéologie et de l'effort que la satire exige au contraire pour dominer cet instinct.

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    + Le site Retronews.fr (émanant de la BNF) nous apprend que les "fake news" ou "fausses nouvelles" furent considérées et sanctionnées comme un délit dès 1849 en France.

    Il s'agissait alors d'encadrer la presse, en plein essor. Dès le début les journaux apparaissent, ainsi que le souligne la caricature ci-dessus (1815), comme un outil à double tranchant, susceptibles de contribuer au progrès comme de lui nuire.

    Lorsque un nouveau moyen d'exercer le pouvoir surgit, la possibilité d'en abuser n'est pas loin, tapie dans l'ombre. Depuis le XIXe siècle, la presse a autant servi la cause de la désinformation que celle de l'information.

    La télévision a plus récemment fait resurgir le même débat et les mêmes interrogations, bien que les limites des médias audio-visuels soient plus faciles à discerner. La vitesse de diffusion des informations, le manque de rigueur des témoignages et compte-rendus oraux, sont autant d'éléments qui facilitent la diffusion de rumeurs.

    La chasse aux "fake news" est actuellement un prétexte pour préserver le contrôle de la presse et des médias par l'Etat et quelques grands groupes industriels et bancaires ; ce monopole paraît en effet menacé par Internet, comme il fut auparavant par les "radios libres", rapidement transformées en radios commerciales diffusant de la musique du matin au soir.

  • Revue de presse BD (211)

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    + L'éviction prématurée de l'ex-chef de l'Etat Nicolas Sarkozy va priver les caricaturistes français d'une importante source d'inspiration ; ses homologues Alain Juppé ou François Fillon sont beaucoup moins pittoresques. Une nouvelle publication satirique, "Sarko-Hebdo", produite à Montpellier, avait même pris l'ancien président pour mascotte.

    On ne sait pas qui, des magistrats ou des caricaturistes, a eu la peau de Nicolas Sarkozy ? Ou simplement la nécessité de renouveler les acteurs du "show" politique ? Quoi qu'il en soit, les militants de droite viennent de priver ceux de gauche d'un de leurs méchants favoris.

    + Dans le magazine "dBD" (décembre 2016), Nicolas Pagnol, petit-fils du célèbre romancier provençal, évoque les conditions dans lesquelles l'oeuvre de son grand-père est adaptée en bande-dessinée sous sa supervision :

    dBd : Mais des adaptations en bandes-dessinées de "Manon des sources" et "Jean de Florette" existaient déjà chez Casterman avec Jacques Ferrandez aux manettes...

    N. Pagnol : C'est exact ! J'ai même repris naturellement contact avec eux pour continuer, mais ils m'ont éconduit de manière fort cavalière. La directrice de l'époque a, du bout des lèvres, accepté l'idée de continuer mais... avec le même dessinateur. Or ce qui m'intéressait, c'était de faire du Pagnol, pas du Jacques Ferrandez. De là, ils ne m'ont jamais relancé, malgré mes courriers et mes nombreux coups de fil. La grande classe ! Fait amusant, suite au succès des albums chez Bamboo, ils se sont empressés de me rappeler. Je ne suis pas près d'y retourner... Ces grandes maisons sont devenues des usines à gaz.

    + Si nous n'étions pas en hiver, nous aurions pu croire à un poisson d'avril, car une version allemande de l'hebdomadaire "Charlie-Hebdo" devrait voir le jour prochainement. Cette traduction devrait être tirée à 200.000 exemplaires (!). Le succès en Allemagne du numéro suivant l'attentat contre la rédaction de l'hebdomadaire satirique aurait motivé cette décision. L'entreprise relève néanmoins de la gageure ; l'humour n'est pas le plus facile à traduire dans une autre langue, surtout quand il fait référence à une politique locale ; il faudra aussi que "Charlie-Hebdo" s'adapte à la législation allemande en matière d'injures et de diffamation ; on sait que les procès sont une façon pour le pouvoir politique de réduire au silence des publications satiriques jugées excessivement impertinentes.

    "L'Eulenspiegel" est actuellement un des rares titres de presse satirique paraissant en Alllemagne (né en RDA).

    + Dans la "Quinzaine littéraire" (16-30 novembre), Rafaël Pic rend compte de l'exposition au Petit Palais (-15 janvier) des reliques du nouvelliste et critique d'art Oscar Wilde. L'expo porte sur la biographie d'Oscar Wilde, dont les déboires judiciaires liés à son homosexualité et au procès qu'il intenta au père de son amant (et perdit) sont surtout connus.

    Qui sait, par exemple, que ce dandy lettré alla tôt chercher fortune en Amérique (1882) et parvint à s'y rendre célèbre grâce à une série de 140 conférences (lui ayant rapporté 6000 dollars) ; son effigie accompagna même des réclames pour des tapis et une crème pour raffermir les seins. Mais Wilde mourra à Paris dans la dèche et l'anonymat, fabriquant un des derniers "bons mots" qui ont contribué à son renom posthume ("Je meurs au-dessus de mes moyens.")

    Comme l'exposition de manuscrits lasse vite le public, R. Pic souligne que ce type d'expo est nécessairement orienté vers l'art, la politique ou le scandale.

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    Les deux visages du périple d'Oscar Wilde à travers les Etats-Unis - caricatures parues dans l'hebdomadaire américain "Judge".

  • Revue de presse BD (210)

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    + Dilemme en librairie cette semaine puisque sont proposés simultanément deux gros bouquins, l'un à 20 euros (Les Cahiers dessinés) regroupant un choix de dessins de Tomi Ungerer, l'autre à 30 euros (Taschen) rassemblant un paquet de croquis de Robert Crumb. Il faut choisir, car deux dessinateurs misogynes d'un seul coup, ce serait sans doute une dépense trop difficile à justifier. Sans vouloir influencer le lecteur, la sobriété des dessins d'Ungerer force l'admiration ; il y a peut-être chez Crumb un peu trop de détails. Le plus misogyne des deux n'est pas forcément celui qui dit qu'il l'est (Crumb).

    Marie-Hélène Gatto annonce dans le trimestriel « De ligne en ligne » la prochaine expo. Gaston Lagaffe en chantier à la bibliothèque du Centre Pompidou en soulignant l’astuce éditoriale de son inventeur, Franquin, qui crée un personnage d’antihéros dans un magazine de BD d’aventure pour enfants- dont la première apparition discrète dans « Spirou » date du 28 février 1957. Le personnage ne prend la parole pour la première fois que six semaines après son apparition. Il dévoilera au public les coulisses de la maison Dupuis et du métier d’amuseur pour enfants, qui n’a rien d’aventureux, et que Franquin éprouva parfois de la lassitude à exercer.

    «Pendant plusieurs semaines, entre décembre 1959 et janvier 1960, Spirou paraît sans Gaston. Jusqu’à ce que Fantasio, pris de remords, lance un appel aux lecteurs : - Ecrivez tous, en masse, par milliers, écrivez à M. Dupuis de reprendre Gaston. L’appel est entendu : plus de 7000 lettres seront reçues, et Gaston est réintégré à l’équipe en janvier 1961. Le héros sans emploi est devenu une véritable star.»

    Gaston Lagaffe est précurseur du "Trombone illustré", supplément à « Spirou » lancé par Franquin et Yvan Delporte en 1977, beaucoup plus satirique que le magazine pour enfants dans lequel il était inséré.

    + A propos de "Fluide-Glacial", où Gotlib publia les "Idées noires" de Franquin, perles d'humour noir en BD, Jacques Diament publia en 2010 (L'Harmattan) : "Fluide Glacial, Gotlib... et moi" ; la première moitié est intéressante, décrivant de façon vivante les galères du début, la fabrication d'un journal, les choix éditoriaux, les coups de pouce du destin...), la seconde partie est bâclée.

    + Yves Frémion rédige ici ou là des chroniques sur les ancêtres de la bande-dessinée ; dans le dernier magazine publicitaire "Zoo n°62" (p.53), il nous instruit sur "la BD orale des colporteurs". Avec l'invention de la gravure naquit le métier de colporteurs d'images, religieuses notamment, transportées et vendues de village en village.

    "(...) Très vite s'agglutinent aux images pieuses des images plus profanes (contes de fées, fables, histoires plus ou moins réelles, légendes, chansons...). (...) L'arrivée du colporteur dans un village devient un spectacle. (...) Ces esquisses de BD sont orales. Puisque dans la BD, le "texte" n'en est pas, car il est du son, ce son est alors produit par le colporteur, qui commentait image par image."

    Frémion rapproche ici la BD d'une culture orale, ce qui n'est vrai qu'en ce qui concerne les BD pour enfants. Beaucoup de BD satiriques ou humoristiques ne sauraient se passer du texte.

    + L'essayiste Hannah Arendt ("La Crise de la Culture") est la cible d'attaques dans plusieurs journaux ("Quinzaine littéraire", "Charlie-Hebdo" 9 novembre), faisant suite de la publication d'un ouvrage universitaire peu sobrement intitulé "Arendt et Heidegger, extermination nazie et destruction de la pensée"). Cet ouvrage rappelle que H. Arendt fut, alors qu'elle était étudiante, la maîtresse de Herr Professor Heidegger, membre du parti nazi ; également qu'elle contribua à la réhabilitation de la philosophie d'Heidegger après guerre. Bref, cet ouvrage d'E. Faye ne nous apprend pas grand-chose...

    Le poète Aragon se promena en limousine dans Moscou en compagnie d'Elsa Triolet, bousculant la populace affamée (dixit J. Dutour) ; cependant il continue d'être étudié en classe, et certains établissements scolaires portent son nom. Le racisme de Montesquieu ne l'empêche pas d'être considéré comme un sommet de la science politique française. Etc. (on pourrait ici écrire un ouvrage complet à propos des turpitudes de nos grands hommes).

    Ce qui est le plus choquant chez H. Arendt est sans doute ce qui est le plus véridique, à savoir la mise en évidence que le totalitarisme n'est pas l'apanage du régime nazi, mais un phénomène beaucoup plus large. Si H. Arendt omet de souligner, contrairement à G. Orwell, le rôle particulier joué par les intellectuels dans les régimes totalitaires (Heidegger est loin d'être le seul exemple), en dénonçant la culture de masse en tant qu'instrument d'asservissement et d'abrutissement, elle a bel et bien contribué à la critique des méthodes de gouvernement totalitaires, indépendamment de leur coloration politique, nazie, soviétique ou démocrate-chrétienne.

    + Un carnet de 65 dessins inédits de Van Gogh, détenus par une famille du Nord de la France, et subitement exhumés, vient d'être publié par le Seuil. Seulement les experts du musée d'Amsterdam, sollicités afin d'authentifier ces dessins (non signés), contestent l'attribution au peintre hollandais (tardivement initié au dessin).

    Et pourquoi pas une analyse ADN, tant qu'on y est ? Cette affaire illustre une fois de plus à quel point la technique (ici les avis d'experts) éclipse désormais l'art et la science.

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    par l'Enigmatique LB

  • Revue de presse BD (209)

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    Caricature par l'Enigmatique LB

    + L'élection de Donald Trump aux Etats-Unis, déjouant les pronostics des médias, a quelque chose de renversant du point de vue de la satire. En effet, le pays du "politiquement correct" vient de se comporter ainsi de la plus incorrecte des façons aux yeux du monde entier, ou du moins des "faiseurs d'opinion" qui avaient érigé la rivale de D. Trump en porte-parole des idées bienséantes.

    Pour prendre une image : c'est un peu comme si, au beau milieu de la messe, le diable était acclamé par l'assemblée, chassant le prêtre et le remplaçant par un avocat du diable.

    S'il s'agissait d'une défaite du "politiquement correct", il y aurait lieu de se réjouir car le "politiquement correct" n'est jamais qu'un prêt-à-penser inculqué aux peuples par les élites afin de conforter leur avantage social. De surcroît, le "politiquement correct" est une censure qui ne dit pas son nom, particulièrement sournoise : il ne tranche pas, il étouffe.

    Mais ce que l'on observe plutôt, de façon plus pointue, ce n'est pas le recul du "politiquement correct" mais sa métamorphose ; il est soumis aux lois de la mode. Prenons l'exemple du nationalisme : cette opinion jugée incorrecte hier, alors que les ruines et charniers gigantesques du XXe siècle étaient encore fumants, connaît un regain aujourd'hui sous différents noms plus ou moins subtils (le patriotisme, mais aussi "l'identité nationale" ou les "valeurs républicaines") en raison de sa fonction mobilisatrice. D. Trump n'a fait que surfer sur une vague qui s'est formée sous lui, avant lui. Il existe aussi un nationalisme russe en vogue, un nationalisme écossais, un nationalisme embryonnaire de l'Etat islamique, et même un nationalisme juif, aussi aberrant soit-il (la nation symbolise dans la bible l'affrontement de dieu, comme les géants dans la mythologie grecque).

    Le constat que l'éthique contemporaine repose sur des sermons arbitraires est sans doute une plus mauvaise nouvelle que l'élection de Donald Trump à la Maison Blanche cette nuit.

    + "La Quinzaine littéraire" (1er-15 novembre) s'intéresse aux mangas, ou du moins à la biographie de Marie-Antoinette par Fuyumi Soryo (Glénat): "Les "seinen", destinés à un public plus mature, proposent au lecteur un scénario plus complexe que les "shonen" (destinés aux jeunes garçons) et les "shojo" (destinés aux jeunes filles)."

    La "Quinzaine" se félicite que les producteurs de ce manga japonais aient préféré se fier pour leur scénario à des travaux universitaires (Simone Bertière, J.-C. Petitfils) plutôt qu'à la biographie légèrement romancée de Stéphane Zweig.

    "La Quinzaine" ne dit rien en revanche du dessin particulièrement codifié et rébarbatif de Fuyumi Soryo, à l'instar de nombreuses BD japonaises.

    + Une monographie (chez Karthala) supervisée par un agrégé d'histoire (Tristan Martine) traite du moyen-âge en bande-dessinée, en particulier de sa réinvention à des fins de propagande, par différents partis. Le but de l'historien et celui de la politique divergent en effet, ce qui rend la tâche de l'historien plus ardue.

    La bande-dessinée elle-même est un art assez médiéval, dans la mesure où ses codes narratifs ne sont  pas très éloignés de ceux mis en oeuvre dans les enluminures.

    + Le SOBD, salon de BD parisien (3-4 décembre/Halle des Blancs-Manteaux), dédié aux petits producteurs de BD, met cette année la bande-dessinée suédoise à l'honneur. Une soixantaine de planches et de dessins originaux seront exposés lors de ce salon. "La bande-dessinée existe en Suède depuis plus d'un siècle. Comme dans de nombreux autres pays, les premières histoires en images apparaissent au XIXe siècle dans la presse. La BD suédoise se distingue rapidement par l'installation de studios Disney, irriguant le pays de récits de Donald ou Picsou.

    (...) La bande-dessinée suédoise se caractérise aussi par une forte présence féminine : tant côté des créatrices que des lectrices, les femmes y sont nombreuses, colorant les créations suédoises de nuances que la France peut lui envier." (dit le prospectus)

    On fera observer ici que ce qui fit le charme particulier de la BD belge, c'est l'adaptation de la culture américaine, au point d'obtenir quelques oeuvres originales (comme "Lucky-Luke"), non le décalque exact des productions Disney. De même l'Italien Hugo Pratt copia le style de Milton Caniff, en omettant de copier ses scénarios vulgaires à l'attention des bidasses.

    + Kerry James Marshall (ci-dessous) est un artiste noir américain reconnu et coté, originaire d'Alabama, qui s'efforce de pallier l'absence de noirs dans la peinture occidentale. Comme il peint ses personnages plus noirs qu'ils ne sont vraiment, afin de souligner son intention, cela confère à ses toiles un aspect étrange.

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