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mythologie

  • Caricature Pénélope Fillon

    La Semaine de Suzette Zombi. Lundi : Quand on s'appelle Pénélope et qu'on veut faire croire qu'on bosse, la moindre des choses c'est de prendre un pseudo.

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  • Jason et la Toison d'or****

    L'ancien mythe de Jason et la Toison d'Or nous éclaire sur la manière dont les Grecs conçoivent l'héroïsme. Luc Ferry, qui webzine,bd,gratuit,zébra,fanzine,bande-dessinée,critique,mythologie,jason,toison d'or,luc ferry,alexandre jubran,clotilde bruneau,hercule,ulysse,homère,iliade,odyssée,nietzsche,mythe,grec,athéna,pélias,iolcos,colchidedirige cette collection d'adaptation des grands mythes en BD pour Glénat, parle dans sa postface d'"héroïsme métaphysique".

    En effet, les grands mythes héroïques, de Jason ou encore d'Hercule et d'Ulysse, promeuvent de façon allégorique une force qui surpasse la seule force physique. Il ne s'agit pas tant à travers ces histoires de héros, capables de relever des défis surhumains, d'exalter la force ou l'habileté, qu'une force spirituelle supérieure, que les Grecs nomment simplement "sagesse". Une telle force est aussi décrite de façon imagée dans la religion chrétienne par l'expression : "la foi soulève les montagnes".

    La diversité de ses héros fait la richesse de la mythologie grecque, en comparaison des super-héros américains qui, aussi nombreux soient-ils, incarnent tous un "super-pouvoir" de type technologique (ils sont tous "prométhéens").

    Le cas d'Ulysse est le plus éclairant sur cette notion d'héroïsme métaphysique, car la présentation en diptyque de L'Iliade et L'Odyssée, souligne le contraste entre Achille et Ulysse, deux héros bien différents. La bravoure d'Achille-aux-pieds-légers ne suffit pas ; elle échoue là où Ulysse réussit. Ce dernier étant placé sous la protection d'Athéna, on comprend que la sagesse mène plus haut que l'ambition plus terre-à-terre qui galvanise Achille. Une telle hiérarchie se retrouve entre Prométhée et Hercule.

    L'histoire de Jason, comme celle de Jésus, commence par une tentative d'assassinat. Pélias, qui a pris la place de son frère sur le trône d'Iolcos, a en effet cherché à en éliminer tous les descendants. Miraculeusement sauvé, Jason n'aura de cesse de chasser l'usurpateur et de remonter sur le trône, devant pour cela accomplir une épreuve symbolique -rapporter la Toison d'Or du royaume de Colchide, réputé inaccessible.

    Le mythe de Jason indique que les dieux ne sont pas de simples forces brutes naturelles ou élémentaires - ils ont aussi le sens de la justice.

    Les mythologies juive et chrétienne comportent de tels héros "métaphysiques", tel Samson, ou encore le cavalier en blanc de l'Apocalypse.

    Nombreux sont les érudits qui, au XIXe siècle, ont nié cet aspect "métaphysique" que L. Ferry ne craint pas d'affirmer. Nietzsche est le plus célèbre d'entre eux, qui pour le besoin de sa thèse historique néo-païenne, a inventé de toutes pièces une Antiquité grecque coupée de la métaphysique (qui a servi de modèle à la propagande mussolinienne ou nazie). Dionysos, autour duquel s'articule la théorie de l'art et de la jouissance de Nietzsche, n'est pas vraiment grec ; on le reconnaît précisément au fait que Dionysos est un antihéros.

     En dépit d'une esthétique plus proche des comics américains que des vases grecs, l'album présente le mythe de Jason de façon claire, et l'appendice rédigé par L. Ferry incite les lecteurs qui le souhaitent à déchiffrer l'allégorie.

    "Jason et la Toison d'Or - Tome 1", par Luc Ferry, Alexandre Jubran et Clotilde Bruneau, éds Glénat 2016.

  • Revue de presse BD (214)

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    + Plusieurs remarques à propos d'une exposition en cours intitulée "L'Art de la Paix" (Petit Palais, -15 janvier 2017) :

    - L'affiche représente une débauche de drapeaux tricolores pavoisant la rue Montorgueil à Paris, peinte par Claude Monet ; le drapeau tricolore n'a pourtant rien d'un symbole de paix, pas plus que la Marseillaise qui généralement l'accompagne.

    - Le sous-titre : "Secrets et trésors de la diplomatie" ne doit pas faire oublier que la diplomatie n'a jamais empêché la guerre -tout au plus a-t-elle parfois retardé son déclenchement. Les vains efforts de l'ONU pour empêcher la guerre civile qui fait rage en Syrie aujourd'hui sont un criant rappel des limites de la diplomatie.

    - L'effort diplomatique le plus célèbre du XXe siècle afin de tenter d'empêcher le déclenchement de la seconde guerre mondiale, connu sous le nom "d'accords de Munich" (1938), est même présenté a posteriori dans l'enseignement officiel comme une dérobade ignominieuse de la part des diplomates qui signèrent ces accords (sur le moment, même un partisan de la guerre tel que Léon Blum poussa un "ouf !" de soulagement). "L'idéal de paix porté par la France à travers les siècles" (sic) évoqué par les commissaires de l'expo. relève donc du bourrage de mou.

    + L'ONU avait récemment recruté une actrice, incarnant l'héroïne de comics Wonder-Woman ; elle était censée promouvoir la cause des femmes au nom de cette organisation transnationale ; sa plastique trop avantageuse et son costume assimilable à celui d'une prostituée ayant déplu à de nombreuses associations féministes, Wonder-Woman a été vite démise de ses fonctions. L'idéal des super-héros américains, "sauver le monde", assimilable à un idéal religieux, est en effet aussi celui de l'ONU. Les super-héros sont un élément de la culture nationaliste et technocratique moderne, qui dissimule ses intentions guerrières ou de conquête derrière l'argument de la paix. 

    + A propos de Shakespeare, dont la littérature semble la plus éloignée du goût moderne pour la propagande, notamment à cause de sa dimension satirique, nous avons proposé cet été sur ce blog un petit feuilleton illustré. Celui-ci visait, si ce n'est à élucider le mystère qui entoure le célèbre tragédien, du moins à souligner et présenter l'enjeu de ce mystère.

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    Sur le mode romanesque, le scénariste de la série à succès "Blake & Mortimer", Yves Sente, a exploité le doute qui plane sur la paternité de l'oeuvre signée Shakespeare pour en faire la trame du dernier opus de la série, intitulé "Le Testament de William S." ; on est plus près ici du "Da Vinci Code" que du documentaire historique, Y. Sente cherchant surtout à satisfaire l'appétit du public pour les énigmes, les complots et les intrigues plus ou moins ésotériques. Le véritable intérêt du débat autour de la paternité des oeuvres signées Shakespeare est de mieux comprendre sa mythologie, à laquelle des sens très différents ont été prêtés.

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    Un lecteur attentif de Zébra nous signale un article de Pierre Kapitaniak, qui traite du rapport entre le théâtre de Shakespeare et la BD, en s'attardant sur le cas particulier de l'adaptation rudimentaire de "Hamlet" par Dan Carroll, mise en ligne sur son blog. On apprend par exemple dans cet article qu'"en 1975, Gotlib fait paraître une adaptation très brève de "Hamlet", plus sur le mode de la plaisanterie et de l’allusion que d’une véritable adaptation de l’histoire, puisque l’ensemble se réduit à neuf pages."

    Cependant P. Kapitaniak véhicule dans son article un préjugé, celui de la déformation de l'oeuvre de Shakespeare par l'art populaire. Celui-ci a tendance à raboter et simplifier les pièces de Shakespeare, mais les élites intellectuelles ou universitaires, de leur côté, se livrent souvent à un travail d'interprétation qui occulte l'oeuvre originale bien plus encore. La critique psychologisante de S. Freud et ses disciples, typiquement élitiste, comme elle ne parvient pas à faire entrer le théâtre de Shakespeare dans son schéma oedipien, trop réducteur, est conduite à des interprétations tirées par les cheveux.

    + Comme chaque année, nous publions un fanzine "papier", qui regroupe une partie de cette revue de presse et des caricatures publiées ici par nos contributeurs. Naumasq y propose, en bonus, une petite BD inédite de 5 pages ; vous pouvez vous procurer ce tirage limité de 48 p. (8 euros) en écrivant à zebralefanzine@gmail.com.

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  • Revue de presse BD (188)

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    Croquis de Bruxelles avant les attentats, par Placid.

    + "Qu'est-ce que c'est barbare le langage juridique !" (Placid dixit) ; peintre et dessinateur de presse, ledit Placid s'est vu condamné à une amende de 500 euros en 2007 pour avoir représenté un policier avec des traits porcins en couverture d'une brochure (plainte déposée par le ministre de l'Intérieur Daniel Vaillant). Via son blog, Placid publie ses croquis très expressifs de Paris ou d'ailleurs, dans différentes techniques (feutres, crayon graphite).

    + Il y a trente ans, l'accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl en Ukraine jetait un froid dans toute l'Europe, si confiante dans sa technologie au sortir des "Trente glorieuses". Comme le reportage BD est à la mode, la chaîne de TV "Arte" a envoyé Nicolas Wild accompagner une équipe de télé dans la "zone d'exclusion" autour de la centrale, périmètre où il ne fait pas "bon vivre", dit-on, mais qui suscite bien des fantasmes. Etant donné que la pollution chimique est presque omniprésente désormais, certains prétendent que la zone d'exclusion n'est pas le pire endroit où vivre.

    N. Wild s'en sort en éludant le sujet technique, un peu trop pointu, et qui semble dépasser les spécialistes de la physique nucléaire eux-mêmes, tout comme l'économie échappe aux économistes. Notre reporter BD préfère évoquer plutôt les retombées de la catastrophe sur le plan artistique ou littéraire. Il est étonné d'apprendre par les artistes locaux, moins ignorants de la Bible que leurs confrères de l'Ouest, que "Tchernobyl" se traduit par "absinthe", ce qui permet à certains de relier la catastrophe au passage de l'apocalypse suivant : "(...) et le troisième ange sonna de la trompette; et il tomba du ciel une grande étoile, ardente comme une torche, et elle tomba sur le tiers des fleuves et sur les sources des eaux. Le nom de cette étoile est Absinthe; et le tiers des eaux fut changé en absinthe, et beaucoup d'hommes moururent de ces eaux, parce qu'elles étaient devenues amères." (ap. chap. VIII) (absinthe = poison dans le langage biblique ; l'apocalypse énumère une succession de fléaux comparables aux fléaux qui frappèrent l'Egypte dans l'Ancien testament attribué à Moïse).

    La culture technocratique "prométhéenne" émancipe l'homme de dieu et/ou de la nature, d'une manière assez superficielle pour que tel ou tel cataclysme extraordinaire l'y ramène subitement. Comme la catastrophe de Tchernobyl est la conséquence d'une défaillance humaine, que le KGB et les services secrets des différentes nations impliquées tentèrent de dissimuler ou de minimiser, elle entraîne naturellement un regain de confiance dans les discours traditionnels "religieux", notamment dans les plus jeunes générations. Un tel "retour en arrière" n'a rien d'étonnant dans la mesure où la confiance en l'avenir, nécessaire au maintien de l'ordre prométhéen, cette confiance était elle-même une forme de superstition, déguisée en science-fiction, quoi qu'il en soit étrangère à l'esprit critique.

    + "Il est prouvé aujourd’hui que la bande dessinée est l’un des médias les plus puissants pour transmettre une idéologie (ce n’est pas pour rien que l’armée américaine l’a utilisé et l’utilise encore)" : le blog confessionnel musulman le-BD-Ouin.com tient à mettre en garde ses lecteurs contre la lecture des aventures des super-héros américains dans un article assez bien documenté intitulé : "Le danger des super-héros pour la jeunesse musulmane". Certains arguments sont néanmoins paradoxaux : si on comprend qu'un musulman mette en garde contre un discours néo-païen explicite, véhiculé par certains "comics" dont les références sont analogues à celles de la culture nazie, en revanche il est plus étonnant de le voir condamner d'autres super-héros (Superman en premier lieu), dont il démontre que les auteurs ont truffé le scénario de références bibliques [?]. Il faut rappeler ici que la Bible est en grande partie elle-même un texte d'ordre mythologique, et non un récit bâti suivant les règles de la fiction moderne.

    Un argument est néanmoins imparable : la propagande moderne est comparable à l'idolâtrie, susceptible par conséquent de déclencher le fanatisme ; on a pu voir dans des reportages télévisés des soldats américains monter à l'assaut en Irak, ivres de sang, écoutant de la musique "heavy metal" pour attiser leur haine et s'encourager. L'Etat américain, en principe de confession "judéo-chrétienne", ferme les yeux sur ces rituels militaires sataniques, ainsi que sur les tortures à base de sévices sexuels ; l'Etat français, en principe anticonfessionnel, ferme les yeux sur les pratiques confessionnelles d'une partie des troupes affectées à sa défense.

    + Après-demain, samedi 30 avril, se tiendra au "Petit Ney" (Paris XVIIIe) le forum du fanzine, qui propose plusieurs "ateliers" destinés à populariser ce type de publications "modestes". Programme complet sur le site des organisateurs.

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    Croquis de N. Wild effectué dans la zone d'exclusion autour de l'ancienne centrale nucléaire de Tchernobyl.

  • Revue de presse BD (175)

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    + Tout ce tintouin féministe autour du festival d'Angoulême pour finalement remettre le Grand prix du festival... à Hermann Huppen ("Comanche", "Bernard Prince", "Jérémiah"...), dessinateur à la réputation de vieux bougon réac, dont les BD sont peuplées de femmes sexy à moitié dénudées !

    Le dessin nerveux et vivant de Hermann "sauve" des scénarios plutôt indigents. Les dessinateurs caractériels ont plutôt intérêt à être aussi de bons scénaristes. Un petit bémol tout de même à propos du machisme d'Hermann : son personnage de Comanche est une cow-girl qui mène à la trique une bande de garçons vachers ; en matière de tempérament et d'indépendance, Comanche n'a pas grand-chose à envier aux "femens" russes.

    + Morris, Goscinny, Jijé : les auteurs de l'âge d'or de la BD se moquaient déjà en leur temps des sociologues et philosophes qui glosaient sur la BD. Les vannes ne sont sans doute pas près de se refermer ; ainsi sur "France-Culture", "radio marchand de sable", un certain Tristan Garcia s'efforçait dernièrement (27 janvier) de ne pas donner de réponse aux questions simples suivantes : 1/Pourquoi la BD franco-belge est faite pour les garçons ? Autant se demander pourquoi le foot féminin est peu développé.

    2/et pourquoi la BD franco-belge n'est pas sexuellement explicite ? Réponse : l'aventure est une façon de sublimer la sexualité ; le coït proprement dit ou les attouchements sexuels ne constituent pas un sujet littéraire d'une manière générale (par chance la littérature s'élève un peu au-dessus de la biologie et de la médecine).

    Les héros de la mythologie grecque sont confrontés pour leur part à la sexualité, de façon plus ou moins symbolique. Mais la mythologie ne vise pas (seulement) à divertir les enfants comme "Tintin & Milou" ; de plus, si la mythologie grecque n'évite pas la sexualité, elle la rapproche du néant et de la mort dans diverses fables. Loin d'être un motif d'accomplissement du héros, la sexualité représente souvent un obstacle (Les Sirènes, Circé...), de sorte que la mythologie antique n'est pas un récit d'aventure, comme souvent les BD.

    C'est donc exactement l'inverse de ce que prétend Tristan Garcia qui est vrai : il y a une connotation sexuelle dans "Tintin" et les romans d'aventure en général (rien n'est plus connoté sexuellement que la littérature puritaine) ; c'est ce qui fait de la BD belge une sous-littérature le plus souvent. L'indigence des scénarios de Hermann évoquée plus haut vient justement de ce que leur connotation sexuelle est un peu trop évidente.

    + Le 43e FIBD consacre une expo. à "L'Art de Morris", à l'occasion des 70 ans de Lucky-Luke ; Zébra vous propose de réviser votre Morris à l'aide d'un petit quiz ; l'hebdo gratuit publicitaire "A Nous Paris" a interviewé Stéphane Beaujean, commissaire de l'expo. ; extraits : "Nous le savons aujourd'hui, la reconnaissance artistique passe par la reconnaissance des musées et du marché de l'art qui vous donne une cote et confirme votre valeur" [?] ; "Nous avons pu obtenir les planches en noir et blanc, mais beaucoup d'autres, en couleurs, sont restées hors de notre portée. Un mystère entoure encore son oeuvre." "(...) Autant dire que je craignais un refus. Mais sa veuve et ses nièces ont accepté de faire une entorse aux volontés de Morris pour monter l'expo. Elles ont compris que l'époque avait changé, que les réticences de Morris venaient d'un autre temps [moins mercantile ?]"

    + Consécutivement à la lecture du bouquin consacré par Denis Robert à "Charlie-Hebdo", "Mohicans", un blogueur (Frédéric Chambe) a rédigé un billet intitulé : "Mon adieu à Charlie" ; l'inflexion éditoriale de "Charlie-Hebdo" sous la direction de Philippe Val est intéressante à noter, car elle explique en partie pourquoi "Charlie-Hebdo" est devenu un symbole national, alors qu'il fut conçu à l'origine comme un symbole ANTInational.

    En revanche il est injuste d'attaquer Cabu et Val sur le point de l'argent et des bénéfices engrangés par "Charlie-Hebdo". Tandis que la presse et les journalistes sont "arrosés" par les industriels et les partis politiques à qui ils servent de porte-voix, Cabu et Val étaient de rares exemples de journalistes indépendants. Peut-on reprocher à Cabu, qui a commencé de travailler tôt, et n'a jamais cessé de travailler d'arrache-pied, d'avoir accumulé un pécule ? De même la fidélité de Cabu à P. Val n'a rien d'une mystérieuse naïveté. Il faut pour faire vivre une petite entreprise de presse indépendante des qualités que Cabu n'avait pas, et il était reconnaissant à P. Val de jouer ce rôle de gérant.

  • Revue de presse BD (169)

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    Dessin de Naumasq sur le phénomène culturel "Star Wars"

    + "Charlie-Hebdo", dont le tirage n'est plus confidentiel désormais, s'est rangé derrière le front républicain contre le FN lors des dernières élections régionales, s'immisçant ainsi de plus en plus dans le jeu politique.

    Antonio Fischetti justifie l'implication de l'hebdomadaire humoristique par la menace que le FN représentait pour les budgets de la culture dans les régions (15 décembre). Ce journaliste ironise sur la promotion probable des "danseurs de sardane", supputant la préférence du FN pour la culture folklorique ou traditionnelle ; mais Fischetti se garde d'énoncer sa propre conception de la culture. Or, qu'est-ce qui n'est pas culturel aujourd'hui ? De l'émission de télé culinaire à "Star Wars", en passant pas la bande-dessinée, la coupe du monde de rugby et autres divertissements, tout est culture. Le FN doit une partie de son succès au fait qu'à ses idées et sa culture simplistes (façon Marseillaise et drapeau français) sont trop souvent opposées des idées complexes et nébuleuses, dont l'intellectualisme fumeux est tout aussi caricatural que le patriotisme folklorique du FN.

    La culture étant devenue un vaste fourre-tout, se réclamer de la culture est à peu près dépourvu de signification. L'humour ou la satire sont d'ailleurs plutôt représentatifs d'une contre-culture que d'une culture subventionnée.

    + En parlant de culture, que vaut la tintinophilie ? Celle-ci est réactivée par les records des ventes de planches aux enchères, et les fans de "Tintin & Milou" semblent de plus en plus nombreux.

    L'essayiste A. Finkielkraut a exprimé plusieurs fois son mépris de la bande-dessinée en général, mais n'a pas précisément dit que c'est la "littérature de genre" ou la littérature "spécialisée" qu'il convient de ranger sur une étagère inférieure. Du reste cet essayiste se réclame du libéralisme - or la raison commerciale est certainement la principale responsable de l'érosion de l'esprit critique au profit du goût. L'enjeu commercial supplante l'esprit critique.

    + On note l'intérêt pour "Tintin & Milou" d'intellectuels belges spécialisés dans la "bande-dessinée" ou, pour être plus précis, dans la grammaire et la syntaxe de la bande-dessinée. Cela revient à réduire l'art à la virtuosité technique. Tout le monde ou presque a oublié le peintre Paul Delaroche, dont V. Hugo faisait grand cas - Delacroix et Ingres, moins virtuoses, ont mieux résisté à l'outrage du temps.

    Thierry Groensteen se demande si la bande-dessinée mérite le qualificatif d'art surréaliste. D'emblée, la définition du surréalisme lui pose problème. L'emploi de l'expression "imagerie populaire" par T. Groensteen est, par ailleurs, contestable, car la BD est parfois un outil de propagande populiste, au service de l'idéologie dominante, à commencer par les super-héros américains ; de nombreuses séries "franco-belges" pour les enfants ont aussi cette caractéristique. Dire que les arts "industriels" sont "populaires" revient à dire que les usines sont dirigées par des ouvriers - ruse grossière.

    Si le propos du surréalisme est de dire que la fiction ou le rêve sont supérieurs à la réalité, dans ce cas on peut parler du surréalisme comme d'un mouvement artistique radicalement opposé à la mythologie. Du point de vue homérique ou antique, le rêve a une connotation morbide ou macabre. L'art et la philosophie antiques incitent beaucoup plus à affronter la réalité qu'à la fuir.

    + Robert Kopp joue dans le dernier numéro du "Magazine littéraire" à comparer Shakespeare et Cervantès. A la question : - 400 ans après leur mort, lequel des deux l'emporte ?, il est pourtant aisé de répondre que le grand public connaît beaucoup mieux ou beaucoup moins mal Shakespeare que Cervantès, grâce ou à cause de très nombreux films et représentations de Shakespeare.

    La lecture de Cervantès est plus ardue, au point que le projet de traduction de Cervantès dans une langue plus moderne afin d'en faciliter l'accès fait débat actuellement en Espagne. Si Shakespeare et Cervantès sont tous les deux des auteurs satiriques, dont la verve s'exerce particulièrement contre la culture médiévale (on peut rapprocher Don Quichotte de Roméo), Shakespeare est bien plus qu'un auteur satirique. Certains propos de Robert Kopp sur Shakespeare sont contestables, comme le qualificatif "baroque" ; en effet il s'applique à un art le plus souvent "officiel" - architecture ou musique -, et il n'y a pas d'auteur moins "officiel" que Shakespeare.

    Les différentes étiquettes accolées à Shakespeare : "romantique", "baroque", "néo-classique" ne font d'ailleurs pas progresser l'état des connaissances sur Shakespeare, qui aux yeux de l'université demeure largement "énigmatique". On peut se demander si la culture est faite pour égarer ou pour guider ?

    + Un mois après les attentats de Paris, le mot d'ordre qui circule dans la presse est : résistance. Certaines modalités de cette résistance n'ont pas manqué de susciter l'ironie des dessinateurs de presse. L'hebdomadaire gratuit (publicitaire) "A nous Paris", largement distribué dans le métro parisien, mentionne que 13.000 ex. de "Paris est une fête", par Hemingway, ont été récemment écoulés. "A Nous Paris" recommande en outre des ouvrages de John Dos Passos, Jack Kerouac, René Fallet, Henry Miller, Patrick Modiano.

    La lecture de leurs romans est censée remonter le moral des Parisiens. En majorité Américains, ces auteurs portent sur Paris un regard sans doute un peu touristique. Le Paris de Balzac, Zola ou Céline, est plus contrasté et plus véridique. Quoi qu'il en soit, l'activité commerciale redoublant à l'approche de Noël, on sera plutôt tenté de fuir Paris en ce moment.

    + Une brochette d'auteurs de BD installés à Angoulême, dont plusieurs étrangers, a ouvert un site qui leur permet de diffuser gratuitement leurs BD ou des chroniques sur la BD. Baptisé "Marsam", cet outil est analogue au site belge "Grandpapier", dont la diffusion d'un webzine trimestriel a récemment été interrompue.

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    Case extraite de "Bonjour Angoulême", du Taïwanais Yao Hsing, en résidence à Angoulême.

  • Revue de presse BD (113)

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    + Illustration de couverture d'"Accidents", mini-bd signée Younn Locard consultable sur le site "Grandpapier".

    + La nomination de Fleur Pellerin au ministère de la Culture, en remplacement d'Aurélie Filippetti "lassée d'avaler des couleuvres" (sic) coïncide parfaitement avec l'exposition organisée en ce moment par la Cité des Sciences (jusqu'au 5 janvier) sur le thème de l'art et des robots. La nouvelle ministre a la réputation d'être une vraie "geek". Pour beaucoup, l'art est fait pour mettre de l'huile dans les rouages de la politique.

    + La polémique enfle - et pas qu'elle -, depuis que Milo Manara, expert ès formes féminines bien connu des étudiants en bande-dessinée frustrés, a dessiné la couverture du dernier "Spider-Woman", représentant cette héroïne dans la position de la levrette, où la femme moderne ne saurait retomber. Sous prétexte que l'humour est le propre de l'homme, le féminisme doit-il mener à son abolition pure et simple ?

    + Achille Talon, célèbre personnage créé par Greg, revient dans un nouvel album, en dépit de la casserole qu'il traîne d'un humour franco-belge un peu démodé. Comme quoi, le président Hollande (dont le personnage présente quelque ressemblance avec A. Talon, en plus hétérosexuel) n'est pas forcément "fini" comme certains pensent.

    + "Le Figaro" revient sur les circonstances du vol de la Joconde le 22 août 2011. J'apprends que le vitrier d'origine italienne, auteur du vol, passa pour un héros dans son pays natal en plaidant qu'il avait voulu reprendre la Joconde aux Français, bénéficiant ainsi de circonstances atténuantes. Comme quoi le patriotisme excuse tous les crimes, même les plus absurdes.

    + Jacques Drillon ironise quelque peu dans le "Nouvel Obs" sur le sens ésotérique caché que certains croient discerner dans l'oeuvre de Tintin. Après tout, c'est une tradition qui remonte à l'Antiquité de décrypter le sens caché de la mythologie. Une difficulté tient sans doute à ce que la mythologie occidentale mélange souvent bizarrement des symboles païens avec des symboles chrétiens en principe opposés, à la manière de Dante Alighieri dans sa "Divine comédie".

    + Curiator : ça vient de sortir, c'est le nom d'un nouveau réseau social inventé par un jeune Belge et un jeune Batave, qui permet de partager des photographies d'oeuvres d'art libres de droit, puisque prises par des personnes privées, et de créer sa propre collection. Le portrait de Tintin par Parra ci-dessous, tiré de Curiator, est le dessin de la semaine.

    (NB : Quelques exemplaires du dernier fanzine Zébra - avec la participation de W.Schinski, Naumasq, Nabaloum Boureima, Philgreff, Monsieur Pyl,Pirikk, Frank K. May, Zinocircus, Zombi, Saki, Bertrand Demagny, Aurélie Dekeyser, François Leroux - sont disponibles à la librairie anarchiste "Publico", 145 rue Amelot, Paris XIe et sur le site de vente en ligne Priceminister.) 

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