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bastien vivès

  • Revue de presse BD (285)

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    + "Le Siècle des Lumières est hélas révolu !" Siné.

    Pour fêter les dix ans de "Siné-Mensuel" (dont quelques années de parution hebdo) vient de paraître un épais hors-série. Il regroupe pléthore de signatures de caricaturistes & chroniqueurs enrôlés par Siné dans son ultime combat utopique (pour le triomphe de l'intelligence sur la connerie).

    Comme dit Jean-Marie Laclavetine en préambule : grâce soit rendue à Philippe Val et BHL pour avoir offert à Siné une retraite à sa mesure (celle d'un type trop entier pour composer avec la mort).

    La part belle est faite dans ce hors-série aux charges humoristiques de Siné, dessinées ou calligraphiées. A juste titre car "Siné-Mensuel" n'a pas de véritable stratégie partisane ; c'est plutôt un journal adossé à la personnalité de son fondateur, assénant swings et directs comme un boxeur monté une dernière fois sur le ring avant de tirer sa révérence (en 2016).

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    + L'affiche du festival de BD d'Angoulême est en général dessinée par le lauréat de l'année précédente et lui seul. L'organisation a édicté une nouvelle règle, proposant pour l'édition 2019 trois affiches différentes. Probable qu'on cherche ici à compenser l'effet repoussant de l'affiche de Richard Corben, lauréat en 2018.

    Bien entendu le communiqué officiel fournit une toute autre raison : - Comme les dernières éditions l’ont démontré, le Festival s’engage activement dans l’accueil et la promotion d’un 9e Art toujours plus avide de nouvelles cultures, de nouveaux genres et de nouveaux publics... blablabla.

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    + Les enseignes "Gibert-Joseph" et "Cultura" ont retiré de leurs rayons un album de Bastien Vivès récemment paru, "Petit Paul", à la demande de clients accusant cet album d'incitation à la pédophilie. L'auteur et l'éditeur (Glénat) se défendent d'une telle intention et se retranchent derrière l'humour. La BD est parue dans une collection qui veut marier humour et sexualité.

    Le sujet de la pédophilie est un sujet particulièrement sensible, tout comme celui du harcèlement sexuel. On se souvient d'une pétition lancée l'année dernière aux Etats-Unis pour demander le retrait du musée de New York d'une toile à connotation pédophile de Balthus.

    L'hypocrisie est de tous les côtés dans ce genre d'affaire : du côté de l'éditeur, qui utilise l'argument libéral éculé de la "libération sexuelle", alors que la sexualité est avant tout une question d'instinct et non de choix ; mais aussi du côté des défenseurs des enfants, bien plus exposés à la violence pornographique désormais par le biais des ordinateurs, tablettes et téléphones, dont l'accès est facilité.

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    + Le festival de BD gratuit "Formula Bula" (29 et 30 sept.) revendique une programmation éclectique. Un peu moins de vingt petits éditeurs indépendants seront présents.

    "Je suis tombé dedans quand j'étais petit" : une expo. sur ce thème regroupe des oeuvres de T. Ungerer, D. Goossens, Blutch, Gilles Rochier, Pétillon, Anouk Ricard...

    A la médiathèque F. Sagan (Paris Xe). 

  • Pandora*

    La BD franco-belge tira son dynamisme d'hebdomadaires -"Spirou", "Tintin", etc.-, dans lesquels émergèrent leswebzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,kritik,critique,bande-dessinée,revue,pandora,benoît mouchart,bastien vivès,casterman meilleurs artisans du genre, ainsi que les meilleures idées éditoriales ; les adultes pouvaient même parfois y trouver leur compte ; par exemple avec les "Idées noires" de Franquin, antidote aux aventures édifiantes de "Tintin & Milou", dont la publication commença dans "Spirou".

    La BD franco-belge s'est enlisée depuis dans des recettes commerciales juteuses et une quête de reconnaissance qui n'est qu'un attrape-couillons. De solennels cacouacs ont inventé "l'art séquentiel" ou "l'art silencieux", en même temps que la spontanéité disparaissait.

    La nouvelle revue de BD "Pandora", dirigée par Benoît Mouchart, traduit parfaitement le niveau d'incompétence actuel ; bien que son rédacteur en chef a sous la main une vingtaine d'auteurs, parmi les plus réputés et prometteurs (Blutch, B. Evens, Harambat, Vivès, Loustal, Spiegelman, etc.), "Pandora" n'est pas autre chose qu'un catalogue insipide, sous une couverture ratée (B. Vivès n'est pas le meilleur illustrateur qui soit) ; on pourra apprécier tel ou tel chapitre, isolément (celui de Vivès n'est pas mal), mais le minimum vital requis pour faire une revue manque. En comparaison, la revue "Lapin", vitrine de "L'Association", assez creuse elle aussi et qui contribua au snobisme, avait du moins le mérite de publier et mettre en avant de jeunes auteurs inconnus.

    Casterman et B. Mouchart ont pris tellement peu de risques avec "Pandora" que cette revue ressemble à un musée ou à l'académie française de bande-dessinée.

    Pandora n°1, Casterman, mai 2016.

     

  • Revue de presse BD (96)

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    + Tomasz Kowalski (ci-dessus - sans titre) a remporté cette année le prix du dessin 2014 décerné par la (riche) fondation F. et D. Guerlain, au cours de la dernière semaine du dessin.

    + Billet humoristique de F. Forcadell sur le thème : quel dessinateur en Une du "Figaro" ? Le dessinateur de BD Blutch y donna naguère quelques dessins d'humour allemand ou américain. F. Forcadell ne mentionne pas Cabu, pourtant très bon connaisseur des tics de gauche, et qui nous dit cette semaine que Valls = Sarkozy, ce qui signifie peut-être que "Le Figaro" n'est pas tout à fait un journal d'opposition. Quoi qu'il en soit, un dessinateur de presse "de gauche" ou "de droite" est forcément borgne, une sorte de cyclope.

    + "Les Petits Miquets" est un nouveau blog-bd publié par LeMonde.fr ; on peut y retrouver Y. Frémion, qui signe un article sur l'humoriste argentin Copi. Moins convaincant, un article signé Cédric Piétralunga fait l'éloge de "Lastman", la série de mangas made in France produite par Casterman et Bastien Vivès & ses potes. Les détracteurs du manga y sont ainsi traités de "bien-pensants", cela même alors que la culture japonaise est la plus moderne du monde, c'est-à-dire la plus conformiste.

    + Le grand mufti d'Arabie saoudite, c'est-à-dire l'équivalent de notre ministre de l'Intérieur et du culte, a mis à l'index une BD, "Les 99", précédemment recommandée par Obama, et dont les (super-)héros sont de confession musulmane, afin de satisfaire les besoins de la communauté musulmane américaine en fictions édifiantes (pléonasme). "Les 99" sont accusés par le grand mufti d'être l'oeuvre du diable et, à son crédit, on note que le fait de censure a été immédiatement rapporté par le quotidien américain The Daily... Beast. De façon moins anecdotique, on remarque que la religion n'est qu'un prétexte, dans les deux cas, pour ou contre "Les 99", afin de dissimuler des intérêts nationaux sonnants et trébuchants. Le caractère providentiel de ces super-héros, qu'ils soient au service du culte ou d'un Etat laïc, en est une preuve supplémentaire. Il est étonnant de constater que la culture grecque antique est moins dévote que la culture de masse américaine. Du point de vue français, le progrès de cette culture providentielle marque un recul inquiétant de l'individualisme.

    + En même temps que la presse française est au bord de la faillite, on cause beaucoup du dessin de presse et de la caricature, notamment à travers divers concours, comme celui ouvert à tous jusqu'au 28 mai, et intitulé suivant une métaphore militaire étonnante "fantassins de la démocratie".

    + Le dessin de la semaine est une gouache de Burlingue, qui expose ses nouveautés à l'atelier RG (Paris 9e) jusqu'au 18 avril. On peut y voir notamment une paire de chimères jouant au badminton, neuf spidermans et pas mal de jocondes, des vaches qui rient, mais encore St-Michel terrassant l'UMP, ou bien des portraits de Leibnitz et Braque... On ne sera pas surpris, sachant que Burlingue, ex-galeriste passé "de l'autre côté", reconnaît pèle-mêle l'influence de Topor, Saul Steinberg, Beckett, Allais, Tomi Ungerer.

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  • Papier n°1**

    En cette rentrée, plusieurs nouveaux magazines de BD ont fait leur apparition en librairie : « La Revue webzine,bd,gratuit,zébra,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,papier,publication,revue,magazine,yannick lejeune,delcourt,lewis trondheim,bastien vivès,florence dupré-latour,jérôme anfré,numérique,révolution,association,mon lapin,manga,la revue dessinée,fétichisme,livre de la jungle,zoophiledessinée », « Mon Lapin », « Aaargh », et « Papier ». Cette dernière publication est la plus paradoxale – comme un symptôme du malaise actuel dans la BD, écartelée en tous sens.

    Paradoxale, parce que « Papier » ne serait qu’une compilation de planches produites par différents auteurs plus ou moins talentueux (au nombre desquels Bastien Vivès, Jérôme Anfré ou Florence Dupré-Latour), sans un petit édito des directeurs de la publication, seul élément de nature à nous éclairer sur le but de cet assemblage d’auteurs. Et que dit cet édito ? C’est une sorte de manifeste nostalgique de Lewis Trondheim, qui déclare sa flamme au papier, quand le « tout numérique », tel un golem, s’apprête à engloutir tous les petits métiers d’antan. La sincérité de ce fétichisme un peu mou est douteuse - d’abord parce que « Papier » est maquetté au format « cheap » manga, noir et blanc, assez peu adapté à la plupart des contributions.

     Paradoxale surtout parce que, sans la Toile, la plupart des auteurs publiés dans « Papier » ne se seraient pas fait connaître aussi vite, s’imposant pour ainsi dire aux éditeurs. Depuis une dizaine d’années, internet joue le rôle des fanzines-BD naguère, de promotion de nouveaux talents, qui désormais peuvent s’auto-promouvoir plus facilement. Le luxueux fanzine « Lapin » de « L’Association » a lui aussi, de ce fait, perdu sa raison sociale (« Lapin », qui, pour le coup, était vraiment fabriqué par un -ou une ?- fétichiste amoureux du détail). Au moins en ce qui concerne la BD, la « révolution numérique » n’est pas surtout d’ordre technologique. Internet va au moins autant à l’encontre de l’esprit de système qu’il ne le conforte.

    On a donc l’impression que L. Trondheim et son associé Yannick Lejeune se sont saisi du premier prétexte venu. Vivès donne une parodie du «Livre de la Jungle» (je m’attendais à un truc un peu plus « zoophile ») ; Florence Dupré-Latour continue de se venger de sa famille bourgeoise lyonnaise, s’exposant ainsi à un droit de réponse, comme le romancier Jean-Louis Fournier récemment après avoir bafoué sa fille.

    Si le contenu n’est donc pas trop mal, le contenant laisse à désirer ; c’est bien sûr presque toujours le cas des jeunes revues ou gazettes, mais L. Trondheim, en principe, n’est pas né de la dernière pluie.

     

    On peut donc regretter que B. Vivès ou/et F. Dupré-Latour, à l’humour plus caustique et moins potache que celui de Trondheim, n’aient pas pris la direction de « Papier ».

    Papier, sept. 2013, Delcourt, 9 euros.

  • Revue de presse BD (68)

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    Caricature tirée du blog "Politburo", par Pochep ("Mauvais Esprit" & "Fluide Glacial")

    + Le 9e Festiblog a lieu ce week-end dans le IIIe arr. de Paris (28-29 sept.), sur le thème des jeux vidéos. Il est parrainé par les blogueurs-BD Leslie Plée & Bastien Vivès. Programme complet sur le site du festival. Parfois décrié par la corporation, le Festiblog connaît un succès grandissant et peut se targuer d'apporter à la BD française du sang neuf. L'éditeur Lewis Trondheim, ainsi, n'a pas hésité à puiser dans ce vivier pour sa nouvelle revue "Papier" (sic). Le Festiblog finira-t-il par détrôner le festival d'Angoulême ?

    + Une initiative prête à sourire, celle d'un des parrains du Festiblog, le site "lesdedidaces.com", moteur de recherche qui permet de traquer les praticiens de ce type d'exercice rituel, à mi-chemin entre le vaudou et la guérison des écrouelles. A l'ère glaciale de l'art numérique, les chasseurs de dédicaces sont presque les derniers humanoïdes à accorder de la valeur à un petit dessin.

    + A Paris (XVIIIe arr.), le vendredi 27 sept. de 20h00 à 22h00, l'équipe du fanzine "Rien à Voir" propose un show de performances autour de la BD (à l'association Art-exprim).

    + La mémoire de René Goscinny vient d'être honorée à Varsovie (Goscinny était d'une famille juive polonaise) ; en présence de sa fille, presque aussi incontournable et inconsolable que la veuve Hergé, un buste en bronze a été dévoilé, comme on peut le voir sur cette petite vidéo (pas très BD, le buste).

    + Le regain d'intérêt pour les cours de morphologie d'après le modèle vivant (ils furent institués sous Louis XV dans les villes de province afin d'y détecter les jeunes dessinateurs les plus habiles), s'explique notamment par le besoin des concepteurs de jeux vidéos en morphologistes, capables de créer des personnages modélisables en 3D. Ce professeur a trouvé une façon plutôt originale de faire cours.

    + La sortie du nouvel album du nouveau groupe de Bertrand Cantat (Détroit) a été déprogrammée. Elle devait intervenir lors de la "Journée internationale de la violence faite aux femmes" (25 novembre). Ainsi le marketing et le féminisme font bon ménage.

    + Le dessin de la semaine est une planche de Grégoire Carlé, pour un projet en cours (Philoctète) :

     

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  • Revue de presse BD (60)

    Spécial "choc des cultures"

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    + Les organisateurs de la biennale naturiste du fanzine (Bruxelles) ont confié le soin de dessiner leur affiche à la jeune dessinatrice française, Camille Déjoué. Influencée par l'esthétique américaine, elle y introduit assez d'autodérision pour alléger ce style.

    Omniprésente dans ces vignettes colorées, la sexualité perd le caractère mystérieux qu'elle peut avoir dans certaine littérature spécialisée, voire chez la nonne Thérèse d'Avila, dont l'existence est plus encore fonction du sexe que celle d'un libertin. La sexualité paraît chez Camille Déjoué un jeu de société, les corps destinés à s'emboîter les uns dans les autres de façon ludique comme des legos : c'est en cela que son art est ultra-moderne, tandis que les blogs "girly" distillent un sentimentalisme qui semble dater du XIXe siècle. Interview de Camille Déjoué dans le webzine belge "Feever".

    + La nouvelle adaptation de la Bible en BD produite par l'Américain Kingstone Comics devrait compter pas moins de 2000 pages. L'adaptation récente du récit mythologique de la Genèse attribué à Moïse par Robert Crumb dérouta certains fans, prenant sans doute les Etats-Unis pour une nation hyper-religieuse, et ne voyant pas le rapport entre la culture "underground" et Moïse.

    Au contraire, l'initiative de Crumb d'adapter Moïse me semble dans la continuité de sa volonté individualiste d'affranchissement du politiquement correct. Le judaïsme contredit en effet tous les codes de la culture américaine. Pas toujours assumé ainsi, mais présenté au contraire comme un humanisme, le pouvoir du président des Etats-Unis est perçu comme pharaonique dans les régions du monde sous domination américaine. La confrontation des mythologies égyptienne/juive présente à tout le moins plus d'intérêt que les prêches des politiciens ou des télévangélistes.

    + Le n°180 de la revue "Dada" (février 2013), qui se donne pour vocation d'initier les ados à l'art, présente l'art japonais de l'estampe, précurseur des mangas, de façon didactique. La gravure sur bois, "ukiyo-e", est née à Edo au XVIIe siècle, alors l'une des plus grandes villes du monde, comptant près d'un million d'habitants. Ses plus fameux maîtres : Hokusai, Hiroshige, Utawaga, etc., dessinent des scènes païennes très éloignées des préoccupations historiques ou révolutionnaires de l'art occidental. On devine que la nostalgie du bonheur antique est aussi utopique que la fermeture de l'empire japonais au reste du monde.

    + Le (luxueux) fanzine semestriel "Page 1", produit par la province de Liège (Belgique) est une initiative des pouvoirs publics pour promouvoir les dessinateurs en herbes issus des écoles de la région (trois numéros parus). Comme Mathieu Barthelemy, ci-dessous, inspiré par le style "tablette graphique" de Bastien Vivès.

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  • Revue de presse BD (46)

     

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    + D'habitude, je trouve les affiches de festivals assez moches. Pas celle du tampographe Sardon, pour le prochain festival de Bastia.

    + Janet Hamlin a pu assister au procès politique des prisonniers de Guantanamo et faire quelques croquis (un peu conventionnels). Je me demande ce qu'un artiste comme Cabu aurait sorti dans cette situation ? Le dessinateur de presse Marc Large, qui témoigne parfois de son travail sur son blog, croque parfois pour le compte de la télé française. Il témoigne de la difficulté de dessiner dans les cas d'affaires pénales particulièrement atroces.

    + La société Moulinsart et la veuve Hergé ayant été déboutés à l'issu de leur procédure, ils n'ont pu empêcher deux pastiches de Gordon Zola de paraître : "L'Ascète boude le Cristal", et "Le Temps pleut du Soleil". Pourquoi faire un procès, quand de si mauvais titres plaident contre ?

    + Les éditions Delcourt lancent un nouveau magazine féminin illustré: "Bisou". "Parce qu'on ne voulait pas choisir entre être belle et amusante, légère et intelligente, vraie et branchée, Bisou est né.", affirme sa rédactrice Anaïs Vanel. "Belle et amusante, légère et intelligente, vraie et branchée", c'est à peu près la liste des compliments qu'un mec devra faire à une qu'il veut baiser (ou marier, puisque c'est de nouveau la mode). C'est bien vrai qu'il n'y a pas de différence entre les sexes. Je vais pouvoir lire "Bisou".

    + Les producteurs de BD ont trouvé une astuce pour se débarrasser de leurs stocks d'invendus: ils les donnent, au cours d'une opération de promo. : les 48H BD.

    + La perspective de faire des profits grâce au web et la diffusion des oeuvres numérisées provoque des remous entre les différents acteurs de la profession. Grosso modo, les auteurs redoutent de se faire entuber par des groupes de presse dont les abus les ont rendus méfiants.

    De fait, au Japon et aux Etats-Unis, les comics ou les mangas sont produits dans des conditions proches de l'industrie automobile, pour ne pas dire qu'elles sont bien pires, vu qu'il n'y a pas dans la BD des syndicats très puissants comme dans l'automobile.

    Le mépris pour la bande-dessinée vient d'abord de là : du fait que les mangakas ou les auteurs de comics sont de simples exécutants, presque des auteurs d'images pieuses, étant donné le lien entre le culte des super-héros et le nationalisme, à un degré qui, vu d'Europe, paraît surréaliste. Au contraire, le respect vient de Belgique et de pratiques plus proches de l'artisanat. Et de nulle part ailleurs. Le respect ne vient pas du fric, comme certains lèche-cul prétendent parfois; ni de travaux universitaires pompeux, que personne ne lit.

    C'est donc une double question de salaire et de statut qui irrite les auteurs de BD. Au cours des dernières années, "l'industrie de la BD", comme disent certains, malgré l'augmentation des profits, s'est désintéressée du sort des auteurs, en dehors de quelques stars. Les petites maisons d'édition indépendantes se sont multipliées, qui ne paient pas mieux les auteurs, mais du moins les traitent avec plus de respect, et leur laissent le champ plus libre.

    Un accord a donc été signé entre les syndicats d'éditeurs et d'auteurs, en présence de la ministre de la Culture Filippetti (et d'un médiateur, issu de l'université, P. Sirinelli) le 21 mars. Autant dire que cet accord est du pur bluff. Primo : le rendement économique des oeuvres numériques n'est pas un fait acquis. Il l'est plus ou moins aux Etats-Unis, malgré la médiocrité de la production, mais le marché américain est dix fois plus important ; on sait la promptitude de Perrette à s'enthousiasmer, dès lors qu'il s'agit de faire du beurre, mais son intelligence économique catastrophique.

    Si rendement il y a, on se demande qui pourrait empêcher les pactes léonins de perdurer -le "pacte léonin", c'est comme ça qu'on dit quand on pense que les fables d'Esope sont une science économique plus fiable que celle des experts-comptables policés. L'idée est assez répandue en France que "l'Etat protège les plus faibles". Le Dieu providentiel est devenu l'Etat providence: il suffit d'ouvrir un bouquin d'histoire un peu sérieux pour voir que cette idée ne repose sur rien. La providence la plus concrète, c'est le pognon ; sans lui, Superman et Spiderman sont impuissants. Wonderwoman Aurélie (Filippetti) a vu ses super-pouvoirs minorés lors du dernier budget, alors elle en fait des caisses pour compenser. Elle joue son rôle. Bien plus étonnante l'attitude des auteurs et de leurs syndicats, dont la passivité ne date pas d'aujourd'hui. Bien des auteurs de best-sellers en sont à se réjouir d'une célébrité ou d'une reconnaissance, actuellement, à laquelle ils n'ont pratiquement pas contribué ; une reconnaissance dans laquelle le snobisme joue un rôle mineur.

    Plus intéressante que la question des profits escomptés par les éditeurs et certains auteurs, celle de l'indépendance que l'internet pourrait procurer aux auteurs, en faisant éclater le monopole des gros producteurs. Leur principale ressource était de disposer de moyens d'impression et d'une trésorerie + les scénarios indigents de Van Hamme, pompés sur le cinéma yankee. Or internet fournit le moyen technique. On se souvient que, dans leur propre intérêt financier, certains auteurs ont, naguère, tenté de s'émanciper (C. Brétécher est un ex. parmi d'autres), dans des conditions assez difficiles, vu les coûts élevés de distribution. Qu'adviendrait-il aujourd'hui d'une telle initiative ?

    L'accord supervisé par le ministère a donc surtout pour effet de rassurer les éditeurs. Les réactions d'auteurs professionnels sur les forums sont de plus en plus hostiles et traduisent le dégoût de pratiques commerciales et éditoriales peu reluisantes.

    + Bridé par son éditeur, Didier Borg, pour éviter de choquer les mères de familles susceptibles d'offrir "Last Man" à leurs gosses, en se disant que ça vaut toujours mieux que "Call of Duty" ou "GTA", Bastien Vivès enlève l'élastique et le cellophane sur son blog, où il n'hésite pas à faire étalage de fantasmes sexuels auxquels Proust n'avait pas pensé.

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