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futuropolis

  • Revue de presse BD (259)

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    gag signé Mo/CDM, extrait de "Fluide" hors-série n°81

    + Le musée du Louvre s'efforce de dépoussiérer son image depuis quelques années grâce à la BD. Celle-ci apparaît en effet comme un art plus facile d'accès. Plusieurs albums ont ainsi été coproduits par le Louvre et la maison d'édition de BD Futuropolis. Bien que ces albums soient plutôt ironiques, ils ne remettent pas directement l'institution en cause.

    En invitant l'équipe de l'hebdomadaire "Fluide-Glacial" à visiter Le Louvre, à mi-chemin entre le sanctuaire et le parc d'attraction, la direction de l'établissement n'a pas craint de provoquer l'humour. Dans un "hors-série", l'équipe de gagmen de "Fluide-Glacial" répond par une série de vannes plus ou moins subtiles et efficaces. Le public du Louvre est la cible des railleries, mais aussi le personnel et le discours esthétique snob qui accompagne parfois l'exposition des oeuvres.

    Le défaut de ce hors-série est qu'il s'agit d'un ouvrage de commande, or la satire répond rarement à une commande.

    (Hélas un prof d'histoire de l'art, Martial Cavatz, s'est glissé parmi les gagmen ; il enfourche le dada de la "reconnaissance de la BD" par le milieu des critiques d'art. Outre que ce discours académique est ici hors sujet, même un esprit satirique limité sera conscient de l'impact du marché sur le goût contemporain en matière d'art et sa reconnaissance.)

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    + En ce début de nouvelle année 2018, "Siné-Mensuel" et Berth s'approprient une affiche fameuse de "Mai 68", représentant un CRS en pleine opération de maintien de l'ordre public républicain. Le dessin original est signé d'un certain Jacques Carelman, à la fois dentiste, illustrateur, humoriste dans le genre loufoque, et décorateur de théâtre. Celui-ci précise dans une interview que l'inscription SS sur le bouclier du CRS est "apocryphe".

    Comme il y a deux "Charlie-Hebdo", on peut distinguer aussi deux sortes de "soixante-huitards" : ceux qui virent dans l'accession de la gauche au pouvoir en 1981 le prolongement de "Mai 68", et ceux qui a contrario furent déçus par ce résultat.

    La récupération politique de ce mouvement cache que, à l'instar de la première mouture de "Charlie-Hebdo", il est difficile de dégager un axe politique de cette révolte, qui prit les élites au dépourvu pour cette raison. On ne peut manquer d'observer qu'un certain nombre d'ex-soixante-huitards en vieillissant et se rapprochant du pouvoir sont devenus les pires censeurs.

    + "Les nouveaux Cahiers de la BD se présentent sous une couverturewebzine,bd,zébra,fanzine,bande-dessinée,gratuit,actualité,revue,presse,hebdomadaire,2018,janvier,louvre,fluide-glacial,mocdm,hors-série,futuropolis,martial cavatz,siné-mensuel,berth,jacques carelman,mai 68,charlie-hebdo,cahiers de la bd,henri filippini,chihuahua pearl,call-girl,blueberry représentant Chihuahua Pearl : un choix relativement étonnant, fait remarquer H. Filippini (BD-Zoom), puisque à quelques exceptions près, les articles proposés ignorent la BD de divertissement !"

    Plus étonnant encore le choix d'une "call-girl" machiavélique pour illustrer un n° qui contient une enquête intitulée : "Les Femmes sont-elles l'avenir de la BD ?"

    + La sélection de trente fanzines pour le concours de fanzines organisé par Philippe Morin dans le cadre du prochain festival d'Angoulême est on ne peut plus éclectique. On y trouve en effet un fanzine (marocain) "Halal", à côté d'un fanzine, "La Bûche", exclusivement réservé aux autrices (sic) de BD.

    Saluons un tel éclectisme, qui tranche avec l'uniformité ambiante.

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  • Exarcheia ou l'Orange amère****

    Dimitrios Mastoros & Nicolas Wouters proposent avec "L'Orange amère" un portrait de la Grècewebzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,critique,kritik,orange amère,exarcheia,dimitrios mastoros,nicolas wouters,futuropolis contemporaine, en proie à la crise économique. Le dessinateur D. Mastoros est Grec, mais né en Belgique ; le scénariste N. Wouters, lui, est Belge.

    Les auteurs ont voulu brosser un tableau vivant, à l'opposé des études statistiques chiffrées et des compte-rendus sociologiques froids et abscons. Avec son dessin de caricaturiste, très expressif, D. Mastoros excelle à rendre les émotions des protagonistes et à peindre l'âme d'Exarcheia ; ce quartier d'Athènes fut l'épicentre de la contestation du pouvoir en place, du temps des colonels qui dirigèrent la Grèce naguère, et il l'est encore à l'heure de la dictature bureaucratique du consortium bancaire.

    Les habitants du quartier d'Exarcheia sont, certes, des gens modestes qui vivent de peu ; mais, paradoxalement, la crise économique n'apparaît pas ici comme le principal fléau ; la consommation de drogue par des groupes de "junkies" se présente de façon plus sinistre encore que l'appauvrissement économique, avec son cortège de petits crimes crapuleux. Or la consommation de produits stupéfiants ne fait pas moins de ravages dans les pays super riches comme les Etats-Unis.

    L'immigration, qui pose aussi un problème majeur de cohabitation en période de vaches maigres entre la population indigène et les nouveaux arrivants, fraîchement débarqués sur les côtes grecques, n'est pas non plus directement liée à la crise économique, mais à la mondialisation.

    La crise économique a même plutôt pour effet, semble-t-il, de resserrer les liens de solidarité entre les habitants d'Exarcheia, contraints par l'appauvrissement de leur pays de s'entraider.

    "L'Orange amère" place donc le lecteur face à un problème plus vaste que celui que rencontre la Grèce au lendemain des conséquences de l'impéritie des acteurs du mirifique "projet de construction européenne". Il n'y a pas beaucoup d'exotisme dans cette Grèce-là, peinte par Mastoros et Wouters ; cependant il est assez symbolique que le "Titanic" prenne l'eau par la Grèce, c'est-à-dire par la partie du monde occidental qui, en matière culturelle, jouit du plus grand prestige.

    Exarcheia ou L'Orange amère, par Dimitrios Mastoros et Nicolas Wouters, Eds Futuropolis, sept. 2016.

  • Les Cahiers japonais***

    Igort est un des rares auteurs européens de BD (natif de Cagliari en Sardaigne) à avoir travaillé comme mangaka (dessinateur dewebzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,igort,les cahiers japonais,futuropolis,mangaka,manga mangas) au Japon pendant plus de dix ans, se pliant aux exigences des éditeurs nippons, réputées strictes.

    Dans "Les Cahiers japonais" (Futuropolis, octobre 2015), Igort revient sur cette période de sa vie, et se sert de ce prétexte pour proposer au lecteur un "voyage dans l'Empire des signes" qui le fascina, et présenter différents aspects de la culture nippone, encore méconnue en Europe.

    L'auteur de cette critique, qui n'éprouve aucune fascination pour la culture japonaise, mais bien au contraire de la répulsion, n'était peut-être pas le mieux placé pour parler de cet album ? En effet l'individu ne compte pas ou peu au Japon, aussi la culture japonaise se trouve-t-elle en adéquation avec la culture moderne totalitaire, où l'individu renonce le plus souvent à exister par lui-même, tant la pression de grandes structures contraignantes est forte, de l'administration d'Etat à la société de consommation, en passant par la médecine psychiatrique et les infrastructures technologiques, la culture de masse.

    On est loin de la culture de vie italienne, louée par Nietzsche au siècle dernier comme le remède à une culture moderne macabre ; c'est sans doute la sereine résignation des Japonais qui trouve un écho de plus en plus large dans la France vieillissante.

    Heureusement le paysage japonais que dessine Igort est assez contrasté, et son dessin élégant fait plutôt référence aux vieilles estampes japonaises qu'à la graphie stéréotypée des mangas d'aujourd'hui. Sur les méthodes des éditeurs de mangas, la curiosité des amateurs de ce genre (ultra-commercial) se trouvera satisfaite, puisque Igort parvint à pénétrer ce milieu assez fermé. La digression sur Hokusai plaira aux amateurs de cet artiste humble et persévérant.

    L'auteur dévoile en outre que le système ancien des castes perdure au Japon, derrière un voile d'hypocrisie sociale.

    La variété des sujets abordés sauve de l'ennui le lecteur pour qui le Japon n'évoque que calme, luxe et volupté, et soumission au temps.

    Les Cahiers japonais - Un voyage dans l'Empire des signes, Igort, Futuropolis, 2015.

  • L'Île Louvre***

    En partenariat avec le Louvre, les éds. Futuropolis publient des BD qui font pénétrer à l'intérieur de cewebzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,critique,louvre,florent chavouet,futuropolis,étienne davodeau,le chien qui louche gigantesque musée comme par une petite porte dérobée. Passant par une intrigue, mi-comique, mi-romanesque, E. Davodeau s'acquitta de la commande avec brio, produisant sans doute là son meilleur album - "Le Chien qui louche" (2013) ; il y avait de l'impertinence dans le regard posé par Davodeau sur cette sorte de "saint des saints" de l'art français qu'est le musée du Louvre.

    L'album de Florent Chavouet est dans la lignée du "Chien qui louche" : bien qu'agréée par le Louvre, la BD ne ménage pas la religion de l'art, en principe démocratique puisqu'il s'agit d'initier monsieur Tout-le-monde aux arcanes de l'art. La description du Louvre par Florent Chavouet n'est pas loin de suggérer plutôt un parc d'attraction pour une clientèle un peu plus snob que celle qui fréquente les fêtes foraines.

    L'idée de représenter le Louvre comme une île est bonne ; elle permet de souligner que le règlement du Louvre, ses rituels, sa fonction, son personnel, en font une enclave. - A quoi sert le Louvre ? Cette question que l'on ne se pose pas souvent fait que cette île est en outre nimbée d'un brouillard de mystère. A quoi servent les choses qui ne servent à rien ? Pouvoir pénétrer dans un ancien palais royal comme dans un moulin, est-ce une preuve que la démocratie existe ? Etc. Les rêves sont aussi comme des îles.

    F. Chavouet se mêle aux visiteurs, propose une succession de sketchs le plus souvent désopilants, à base d'anecdotes vécues. Il semble que le personnel assigné à la surveillance du public soit souvent accusé de glander aux frais du contribuable, et Chavouet de dessiner malicieusement les gardiens dans des poses de statues vivantes.

    On s'amusera des questions et commentaires plus saugrenus les uns que les autres que l'auteur a collectionnés. La nudité, fréquente dans l'art classique, est bien sûr cause de bons mots plus ou moins spirituels. Ainsi ces deux quinquas (homos ?) commentant le portrait d'une femme à la poitrine largement dénudée : "Il gère bien la lumière."

    Comme le musée est un véritable dédale de salles et de styles, mais aussi d'ascenseurs et d'escaliers, l'auteur souligne le côté "chasse au trésor" ; une visiteuse : - C'est dingue, c'est le musée de l'escalier ici ou quoi ?"

    Un album léger, comme un après-midi au Louvre.

    "L'Île Louvre", par Florent Chavouet, éds. Futuropolis, novembre 2015.

     

     

  • La Cavale du Dr Destouches****

    L'acteur de théâtre et de cinéma Christophe Malavoy, scénariste de cette bande-dessinée,webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,critique,christophe malavoy,cavale,destouches,louis-ferdinand céline,futuropolis,caricature,sigmaringen,bébert,lucette almanzor,gaetan brizzi,paul ne cache pas qu'il ambitionne à travers "La Cavale du Dr Destouches" (Futuropolis), si ce n'est de réhabiliter Céline, du moins d'en dresser un portrait plus juste. "Je me suis rendu compte que beaucoup de personnes avaient une opinion de Céline alors même qu'elles ne l'avaient pas lu, ou du bout des yeux si j'ose dire. J'ai eu le sentiment qu'elles répétaient ce qu'elles avaient entendu dire ou encore ce qu'il était "de bon ton" de dire."

    On partage avec C. Malavoy l'idée qu'une sorte de cordon sanitaire a été tiré entre Céline et le public, notamment les jeunes lecteurs, pour de mauvaises raisons et non pour empêcher la contagion de ses idées antisémites. L'apologie de la violence, par exemple, si fréquente au cinéma aujourd'hui, est une accusation que l'on ne peut pas porter contre Céline, qui souhaitait réveiller la conscience populaire, la prévenir contre les fauteurs de guerre, à quoi il assimile abusivement tous les juifs, comme la presse anarchiste assimila en d'autres temps tous les curés à des menteurs. Le procès fait à Céline est aussi le procès fait à une manière populaire d'écrire, sans prendre de pincettes. (...)

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  • Revue de presse BD (147)

     Extraits de la revue de presse illustrée publiée chaque semaine en intégralité dans l'hebdo Zébra.

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    - Je suis climato-sceptique, mon Père. Dessin de Banx.

     

    + Le dessinateur britannique Jérémy Banks, alias Banx a courtoisement consenti à ce que l’un de ses dessins d’actualité (muet) fasse la couverture de notre précédent hebdo. Quelques précisions à propos de cet humoriste confirmé, dont l’ironie et l’efficacité sont typiquement anglo-saxonnes ; le célèbre hebdomadaire « Punch » a bâti sa réputation sur ce type d’humour. Notons que le kiosque virtuel « Scopalto » (diffuseur également de « Zébra ») propose une collection d’anciens numéros du « Punch », que l’on peut télécharger gratuitement (pdf).

    Banx, donc, est né en 1959 à Londres, où il vit encore (Greenwich). L’association « Cartoon Art Trust » l’a élu à deux reprises « meilleur dessinateur de presse de l’année », en 2008 et 2013  Il a collaboré au cours de sa carrière à des titres aussi divers que « Punch »« Penthouse »« The London Evening Standard », « The Daily Express », « The Financial Times » (-1986)…

    A noter que Banx collabore en outre à un webzine, « The Reaper », dont la devise « the magazine about death » annonce clairement l’humour noir. On peut acquérir son dernier e-book (2015), « Frankenthing » (les mésaventures de Franken-machin-chose) sur Amazon.

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  • Les Ménines****

    La bande-dessinée « Les Ménines » paraît en parallèle de l’exposition « Velasquez » qui se tient auwebzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,kritik,critique,les ménines,vélasquez,futuropolis,santiago garcia,javier olivares,habsbourg,antonio vallejo,picasso,goya,dali,josé ribera,rubens,titien,flaminia triumfi,vénus au miroir,les ménines Grand Palais jusqu’au 23 août 2015.

    C’est un excellent complément qui permet de bien comprendre l’itinéraire assez peu connu de Vélasquez sans tomber dans l’anecdotique. Le scénario de Santiago Garcia parvient à conjuguer rythme, vérité historique et sauts à travers le temps, tout en proposant une réflexion sur le rôle du peintre et la trace qu’il laisse.

    Le « peintre des peintres » (dixit Manet quelques siècles plus tard), naît en 1599  et trace son sillon, conscient de son talent et indépendant des modèles traditionnels de l’époque. Il deviendra le grand maître espagnol de la peinture baroque, éclipsant tous ses concurrents. Aujourd’hui on compte à peine une centaine d’œuvres de sa main pour plus de 40 ans de carrière.

    On y voit sa formation à Séville auprès de Pacheco, peintre local et futur beau-père. Sont vantés son sens du volume, proche de la sculpture et sa capacité à rendre le réel et les matières. Des bodegons (natures mortes) aux portraits, il parvient, tel Apelle*, à faire croire à ses contemporains qu’ils se trouvent dans la même pièce que les modèles de ses tableaux. Ces qualités lui valent les faveurs de la monarchie.

    Grâce à l’entremise du puissant premier ministre, le comte-duc d’Olivares, compatriote sévillan, il endosse diverses charges protocolaires et parvient à réaliser son rêve, devenir chevalier de l’ordre de Saint-Jacques, la plus prestigieuse distinction en Espagne.

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