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  • Revue de presse BD (359)

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    Jacques Julliard, portraituré par Fabien Clairefond.

    + "Nous vivions heureux et nous ne le savions pas." écrit Jacques Julliard cette semaine dans "Le Figaro".

    Quel est ce "nous" ? De quelle communauté J. Julliard parle-t-il ? Des lecteurs du "Figaro" ? Des Parisiens ? Des Français ?... alors dans ce cas le mécontentement des Gilets jaunes lui a échappé...

    L'expression d'une solidarité factice, surtout en période de crise, n'est-elle pas pour dissimuler l'absence de solidarité réelle, illustrée par l'abandon des vieillards "surnuméraires" dans des "Ephad" ?

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    + Pas de dessin de Willem dans "Charlie-Hebdo" cette semaine, mais une chronique calligraphiée dans laquelle le caricaturiste, retiré sur l'île de Groix (Finistère), raconte comment il a été gravement blessé au doigt par son chat Frédérik et dû être soigné sur le continent.

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    + La chaîne "Arte" propose une adaptation en dessin-animé d'"Agrippine", parue dans le "Nouvel Obs" (1988-2009).

    L'adaptation est fidèle : le doublage et les dialogues sont soignés, et comme dans la version originale de Bretécher, les idéaux de gauche servant de masque à la bourgeoisie parisienne sont tournés en dérision.

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    Le "Déjeuner sur l'Herbe" de Manet revisité par Cambon.

    + Dans le "Journal des Arts", le caricaturiste Cambon s'est amusé à "confiner" quelques oeuvres d'art célèbres.

     

    + "En ces temps de confinement forcé, la bande dessinée s'épanouit plus que jamais sur internet et les réseaux sociaux" écrit E. Delcroix dans "Le Figaro" (20 avril). Et de citer les Journaux de confinement illustrés de certains auteurs, "têtes de gondoles" des principaux éditeurs de BD.

    Mais encore quelques publications profiteraient du confinement, comme l'octogénaire hebdomadaire "Spirou" (tirage : 70.000 ex.), dont le nombre d'abonnés à augmenté.

    Chez l'éditeur Dargaud, on a avancé la sortie d'un nouveau magazine numérique pour ados, "Mâtin" (clin d'oeil à "Pilote"), disponible gratuitement sur Instagram.

  • Revue de presse BD (351)

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    + En proclamant l'année 2020 "année de la bande dessinée", le ministre de la Culture Franck Riester ne se doutait pas qu'elle serait aussi celle de l'épidémie de coronavirus.

    Cette épidémie n'est pas tant une menace sanitaire qu'une menace pour la cohésion sociale, dont l'effondrement du système bancaire en 2008 a mis en lumière la fragilité.

    Le conseiller du Président de la République, Jacques Attali, a appelé aujourd'hui à un véritable effort de guerre, nécessaire selon lui pour enrayer la progression de l'épidémie.

    Volontiers philosophe, ce philanthrope ajoute sur son blog : "La pandémie permettra peut-être de comprendre que seul vaut le temps."

    Réflexion étonnante puisque la société capitaliste et technocratique, mise en défaut ici, voue au temps un véritable culte, tandis qu'il est perçu comme une condition ou une contrainte dans des cultures plus scientifiques.

    L'épidémie de bouddhisme en Occident (J. Attali, mais aussi "Tintin") s'explique parce qu'il est la religion la plus adaptée à un Etat technocratique. L'hypothèse de la mondialisation heureuse, non moins totalitaire et démentie par les faits que le "rêve américain", est servie dans les magazines accompagnée du préchi précha bouddhiste.

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    La religion du beauf de Cabu.

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    + On attend la diffusion en "replay" du documentaire consacré à Chaval par Madeleine Debras et Marc Large (caricaturiste à "Sud-Ouest").

    Chaval était tout sauf "bouddhiste" puisqu'il a été vaincu par l'ennui.

    Dans cette présentation, Marc Large répète le poncif des caricaturistes ou des auteurs satiriques "dépressifs et alcooliques". Van Gogh n'avait rien de satirique ; ni Hergé, dépressif chronique. La bande d'"Hara-Kiri" n'était pas spécialement une bande de "dépressifs". Si Choron picolait beaucoup, c'était surtout pour oublier ses déboires financiers et à cause d'une mauvaise habitude contractée à l'armée.

    On prête ici aux auteurs satiriques et aux caricaturistes un trait de caractère répandu chez les clowns ou les "amuseurs publics", contraints de porter le masque du sourire, ce qui revient à confondre Louis de Funès ou Cyril Hanouna avec Molière.

    + Extraits d'un entretien accordé par C. Bretécher à Gabriella Bosco (1990) :

    - Et le féminisme ? Qu’en reste-t-il dans vos BD ?”, lui dis-je, moi qui, née dans le post-féminisme n’avais qu’une connaissance livresque du mouvement.

    - Il ne faut pas généraliser, me répondit-elle. - Le féminisme est passé par mes BD à un moment. Aujourd’hui il n’y a plus personne qui s’en occupe, ni moi. Ç’était en 1972, à peu près, quand j’ai commencé à travailler pour le "Nouvel Observateur". C’était l’époque du gauchisme, on vivait plongés dans des comportements sociaux hystériques. C’était la folie intellectuelle. Je ne pouvais pas éviter d’en faire état dans mes BD. Et puis bien sûr moi aussi j’étais féministe. Mais j’ai toujours été anti-militante, parce que le fait d’être militant, dans n’importe quel domaine, comporte un manque absolu de sens de la mesure, fait ignorer les nuances (...).

    - Une BD doit toujours faire rire ? demandai-je encore.

    - Pour que je l’apprécie, oui. Il y a aussi les BD réalistes, qui ne font pas rire. Moi, je ne les lis pas. Il y a beaucoup de BD américaines qui sont de ce genre là. Histoires d’hommes, d’aviateurs, de pilotes… Ou alors de filles pulpeuses. Je les déteste. Pour moi, la BD n’a de sens que si elle est humoristique et le dessin en est amusant.

    - Et tirez-vous inspiration de l’actualité, pour vos histoires ?

    - Non. Sur la Guerre du Golfe par exemple je n’ai fait aucun dessin. Nous étions submergés pas ceux des autres. Et de toute manière, tout ce qui a à voir avec le quotidien, j’ai tendance à l’éliminer, quand je travaille. La rude épreuve du quotidien, je la fuis dès que je peux.

  • Revue de presse BD (347)

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    C. Bretécher par elle-même (copie).

    + A la suite de sa disparition le 10 février, une pluie d'éloges s'est abattue sur Claire Bretécher, rare femme à s'être fait un nom dans la bande dessinée satirique.

    Jean Daniel, rédacteur en chef du "Nouvel Observateur", lui avait mis le pied à l'étrier en lui offrant de publier les planches de sa série "Les Frustrés" dans cet hebdo à fort tirage (1975).

    Laurent Joffrin ("Libé", 12 février) note -un brin nostalgique- que "cet hebdomadaire était capable de faire son étendard d'une BD qui le moquait sans relâche".

    Indifférente aux idées politiques à la mode, féminisme compris, Claire Bretécher était en revanche une bonne observatrice de la frustration et de la mauvaise foi du milieu "bobo", avec lequel elle entretenait un rapport ambigu, mi-fascinée, mi-dégoûtée.

    Clément Bénech ("Libé") souligne que le talent de Claire Bretécher est surtout littéraire, puisque c'est une dialoguiste hors-pair. Son dessin schématique sert de support à ces dialogues.

    Assez rare en bande dessinée, art militant le plus souvent, la note mélancolique domine dans l'oeuvre de C. Bretécher ; elle préférait dire qu'elle s'emmerdait... ce qui est sans doute la rançon d'une vie bourgeoise.

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    Hommage de Riad Sattouf, à son tour publié dans "Le Nouvel Obs".

    + Quelques pages de l'autobiographie loufoque de Marcel Gotlib ont été lues en public par Gilles Gaston-Dreyfus et peuvent être réécoutées en podcast sur "France-Culture".

    Gotlib fonda avec Claire Bretécher et Mandryka le fanzine satirique "L'Echo des Savanes" en mai 1972.

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    Equipe de "L'Echo des Savanes" (très mal) dessinée par Gotlib.

     

  • Revue de presse BD (277)

    + Un titre étonnant dans "L'Obs" dernièrement (11 avril) : "Les boboswebzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,caricature,actualité,revue,presse,hebdomadaire,mai,2018,l'obs,bobo,jean-yves authier,bretécher,agrippine,boboland,fluide-glacial,nouvel-observateur,philippe dupuy,left,bodoï,killoffer,mai 68,olivier josso,jeanne puchol,gilles rochier,festival d'angoulême n'existent pas", et continuer d'en parler nuit à la société. L'argumentaire est de Jean-Yves Authier, prof de sociologie (Lyon II); venant d'un sociologue, "nuire à la société" est le plus grave péché.

    Etonnant car "Le Nouvel Observateur" a contribué à donner consistance au "bobo", à travers la série de Claire Bretécher, "Agrippine", portrait de la bourgeoisie parisienne par une auteure qui s'agrégea à ce milieu en épousant le prof de droit Guy Carcassonne.

    Après avoir plaidé que le terme de "bobo" est confus (comme si la sociologie ne l'était pas), J.-Y. Authier plaide aussi pour la "gentrification". En réalité la satire des bobos permet de les caractériser assez précisément. On peut ajouter à la BD de Bretécher celle de Dupuy & Berbérian, "Bienvenue à Boboland" (2008), parue en feuilleton dans "Fluide-Glacial" (éd. espagnole ci-contre : 'Benvenido a Bobolandia').

    D'une manière générale, la bourgeoisie est une catégorie ou une classe sociale difficile à définir (contrairement à l'aristocratie ou au prolétariat, par exemple), comme si elle contenait "le sens de l'Histoire". Cependant on peut préciser le sens de "bobo" comme une nouvelle mode bourgeoise, typiquement française ou parisienne. Ce n'est pas un hasard si le terme "bobo" a été inventé par un Américain, David Brooks, observateur étranger.

    Un trait caractéristique des bobos consiste à se prosterner devant la Culture comme un catholique devant le Saint-Sacrement, attribuant ainsi à la culture un pouvoir quasi-miraculeux.

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    Femme par Philippe Dupuy de la main gauche ("Left").

    + Philippe Dupuy (co-auteur de "Boboland") est un dessinateur qui a perdu l'usage de sa main droite et réapprend à dessiner de la gauche. Il publie un recueil de ses dessins maladroits, "Left" ("L'Association"), commenté par le webzine Bodoï.

    On ne saurait réduire le dessin à une question d'habileté manuelle, ni à l'application de règles de perspective. Un bon dessinateur dessine avant tout avec son esprit (comme dirait Baudelaire). Où Picasso se montre un dessinateur exceptionnel, c'est dans sa capacité à éliminer les détails pour se concentrer sur ce qui est signe de force vitale, tandis que les dessinateurs de seconde zone (Giraud-Moebius) en font des tonnes.

     + Le festival d'Angoulême et son partenaire la firme RAJA - "L'art d'emballer" (sic) ont passé commande d'affiches dans l'esprit et le style de "Mai 68" à quelques auteurs de BD : Gilles Rochier, Jeanne Puchol, Olivier Josso...

    L'affiche ci-dessous signée Killoffer est sans doute la plus "anar" ; 50 ans plus tard, "Charlie-Hebdo" n'oserait plus publier un tel dessin.

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  • Literary Life***

    Les libraires doivent rire jaune en lisant la satire du milieu littéraire anglais par Posy Simmonds ; enwebzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,kritik,critique,posy simmonds,literary life,denoël graphic,bretécher effet "Literary Life", BD traduite de l'anglais et publiée par Denoël Graphic (2014) est transposable au milieu littéraire français, à quelques détails près.

    Posy Simmonds crève la baudruche de la culture en peignant un tableau peu flatteur de l'homme de lettres moderne (la femme de lettres n'est pas épargnée non plus).

    On ne peut s'empêcher de penser à Claire Bretécher en lisant les planches de Posy Simmonds, dessinatrice au "Guardian Review" outre-manche depuis des lustres, dans lequel ses tranches de "vie littéraire" sont parues. Si Bretécher a croqué le milieu "bobo" d'une façon aussi réaliste, c'est -à l'en croire-, parce qu'elle l'éprouva de l'intérieur ; de même on a l'impression que Posy Simmonds (de cinq ans la cadette de Claire Bretécher), sait bien de quoi elle parle quand elle parle de librairies, de salons du livre, de dédicaces, d'éditeurs, de critique littéraire... Il est plus juste de parler d'ironie que de satire, pour qualifier la démarche de P. Simmonds ; son cynisme et sa franchise l'inclinent à ne pas embellir la réalité.

    Sans doute certains gags sont un peu "attendus" ; ce n'est pas la première fois que le milieu littéraire est la cible de sarcasmes ; souligner le narcissisme de l'écrivain, son désir de plaire et de se rassurer, ce n'est pas un scoop.

    Cependant Posy Simmonds se rattrape en proposant des angles variés, qui permettent de cerner le métier; le métier, tout est dans ce mot car le ridicule de l'homme de lettres moderne tient largement à ce qu'il est devenu un "professionnel", l'écriture un travail, et les librairies des étals de plus en plus banals. Du décalage entre la littérature, qui peut sembler parfois une échappatoire à la condition humaine, et le carriérisme de l'homme de lettres moderne, Posy Simmonds extrait la plupart des situations comiques. On pourrait traduire cette évolution autrement : on a affaire aujourd'hui à une littérature produite d'abord par des éditeurs, assisté par des écrivains. Le rapport des prérogatives s'est peu à peu inversé. Cette évolution est particulièrement visible dans le domaine de la bande-dessinée où les recettes technico-commerciales se sont vites imposées sur des méthodes plus artisanales.

    - Entre autres observations pertinentes, P. Simmonds suggère l'effet délétère de la psychanalyse sur la critique littéraire. Cet effet avait d'ailleurs été anticipé par le journaliste et critique viennois Karl Kraus, contemporain de Freud et auteur d'aphorismes cinglants à l'encontre de son compatriote et de la psychanalyse (Freud s'est notamment ridiculisé en tentant de réduire les personnages de Shakespeare à des symptômes).

    P. Simmonds illustre aussi le complexe d'infériorité grandissant de l'écrivain vis-à-vis du cinéma et de la télévision ; au point que les plus serviles se rêvent scénaristes de cinéma, c'est-à-dire au service d'un art beaucoup plus rémunérateur, mais presque entièrement fait de contraintes. Indirectement, P. Simmonds pointe du doigt le rôle que joue la culture afin d'emprisonner l'homme moderne dans la fiction.

    Literary life - scènes de la vie littéraire ; Posy Simmonds, Denoël Graphic, 2014.

     

  • Revue de presse BD (167)

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    Fragonard, illustration de "Roland Furieux"

    + Le musée du Luxembourg expose Fragonard (1732-1806) (-24 janvier), peintre érotique typique d'un genre considéré comme aristocratique et décadent par les philosophes des Lumières, en particulier Diderot, qui prônait une peinture plus "morale" - Diderot qui n'était pas un paradoxe près, puisqu'il fut arrêté et emprisonné à Vincennes pour avoir publié un conte érotique ("Le Merle blanc").

    Fragonard n'était pas seulement peintre, mais aussi illustrateur. Audrey Renault écrit à ce sujet : "A la fin du XVIIIe siècle, le roman se démocratise et touche un lectorat féminin. Grâce à des textes comme "La Nouvelle Héloïse" de Rousseau ou "Les Liaisons dangereuses" de Laclos, les femmes, jusque-là objets de désir, s'émancipent et passent d'être sexuel à être intellectuel. (...)" C'est un peu simplificateur, car la littérature religieuse exalte la vertu féminine dans tous les milieux sociaux où l'Eglise a une influence morale, au moins depuis le moyen-âge. Par ailleurs rien ne dit que le cerveau n'est pas un organe sexuel.

    Fragonard a une manière plus moderne que néo-classique de dessiner, et certaines illustrations pour le célèbre "Roland furieux" de l'Arioste font penser à de la bande-dessinée, en raison de l'importance accordée au mouvement.

    + Chaque année, le festival d'Angoulême décerne un prix du fanzine, unique en son genre, à l'une des trentaines de publications amateur en lice, venant du monde entier. Le président du jury, Philippe Morin, lui-même vainqueur du 1er prix décerné en 1982 avec son fanzine PLGPPUR présente le prix, dit aussi de la "BD alternative", dans une petite interview qu'il donna en début d'année.

    + Nous signalions dans la précédente revue de presse l'expo. consacrée à Claire Bretécher par la bibliothèque du musée Pompidou. Plusieurs ateliers, rencontres et projection sont organisées autour de cette expo.

    En 1977, la dessinatrice donna à Claude Servan-Schreiber une interview ("Lire") qui éclaire ses mobiles et intentions, ainsi que son féminisme un peu particulier. Extrait :

    - Vous préférez juger les autres ?

    - Oui, probablement. C'est une revanche. Je me sens assez désarmée. Je suis incapable, dans une discussion, d'imposer ce que j'ai à dire. Je ne supporte pas d'entrer en conflit ouvert avec quelqu'un. Je ne peux pas. Ou je perds tout de suite, ou je m'en vais. C'est plus fort que moi. La seule façon que j'ai de répliquer, c'est de dessiner. J'ai toujours fait ça, même quand j'étais gosse. A chacun son truc, hein ? Oui, c'est une manière de revanche, absolument.

    + L'Enigmatique LB et votre serviteur apprécions beaucoup les BD de B-Gnet ; cet humoriste dans la lignée de Bretécher, qui publie dans "Fluide-Glacial" et dont "La Boîte à Bulles" a édité plusieurs albums, a récemment donné une interview à "Branchés Culture.com".

    + Ancien publicitaire, Maurice Sinet, alias Siné, a un style concis et efficace qui lui permet malgré son âge canonique et sa santé défaillante de continuer de signer les "Unes" de "Siné-Mensuel", fondé après le procès intenté par Philippe Val à son propre chroniqueur.

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  • Les Bidochon sauvent la planète***

    Je vais encore me faire traiter d’hérétique, mais tant pis : je préfère Binet à Reiser. Je sais que Reiserfanzine,bd,bande-dessinée,zébra,critique,kritik,bidochons,reiser,brétécher,sociologue,binet,charb,st germain-des-prés,bobos est mort jeune, mais ce n’est pas une raison. Chez Reiser, dans le tas, il y a trop de blagues centrées sur le cul, si je peux m’exprimer ainsi.  C'est un genre un peu trop facile ; il n’y a pas beaucoup d’efforts à faire pour rendre un plan cul comique; la position scabreuse est en elle-même grotesque. Voyez le lion, noble et fier animal bouffeur de zèbres, pas le genre à laisser sa femme tenir la culotte comme la hyène: eh bien même le lion, dans cette posture, a tendance à déchoir. C’est beaucoup plus difficile de parler sérieusement de cul, comme dans «36 Nuances de grey».

    D’ailleurs Claire Brétécher me paraît moins digne que Binet du titre de «meilleure sociologue de France», qu’un de ses éminents confrères lui décerna. Je lis parfois à propos des Bidochon : «Pas mal, mais Binet ne se renouvelle pas assez.» Eh, vous en connaissez beaucoup, vous, des comiques qui se renouvellent ? Charb ?

    Non, Brétécher connaît à fond le milieu bobo parisien, dont l’influence culturelle s’étend sans doute bien au-delà de St-Germain-des-Prés, mais elle ne déborde pas tellement ce périmètre.

    Le couple et les gadgets technologiques permettent de parler de la France moderne tout entière : le thème est «transversal» (j’ignore si c’est le terme exact). Couple + gadgets technologiques, c'est là l'essentiel des valeurs modernes, la religion commune.

    Dans son dernier album, Binet parle d’écologie, et ceux qui croient comme moi que l’écologie n’est qu’un gadget de plus vont se taper sur les cuisses (un gadget, c’est-à-dire un truc dont certaines personnes ne peuvent absolument pas se passer, mais dont l’efficacité reste à prouver). Binet s'amuse à confronter le discours beauf habituel de M. et Mme Bidochon à celui de leurs fréquentations écolos: et la partie n’est pas gagnée d’avance...

    Que pourrait faire Binet de mieux pour se renouveller ? Un album sur les «gays» ?... quand ils seront mariés.

    Ed. Fluide Glacial, 2012, 10 €

    (par Zombi - leloublan@gmx.fr)