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gilles rochier

  • Etrennes 2017

    Parmi les parutions récentes, les contributeurs du fanzine Zébra ont aimé :

    Waner

    + VARIATIONS (Blutch, ed. Dargaud, 2017): La couverture en couleur est magnifique et représente un portrait en couleur d'Obélix (crayons, pastels). L'album est composé d'une planche par page (non recto-verso) en noir et blanc. Chaque page représente le souvenir de Blutch d'une de ses planches de BD francophones préférées, en vrac : Morris, Giraud, Greg, Guido Crépax, Lambil, Hergé... Ce sont des variations de planches célèbres réalisées sans copier ou recopier, il réinterprète avec son langage graphique ses souvenirs de lectures endiablées. Un pur bonheur pour les amoureux d'images non formatées et pour les fans (dont je fais partie) de Blutch.

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    Zombi

    + LA PETITE COURONNE (G. Rochier, ed. 6 pieds-sous-terre, 2017): La banlieue vue de la banlieue et non des médias ; la banlieue en proie à cette religion ultra-moderne qu'est la drogue.

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    + D'UNE APOCALYPSE A L'AUTRE (Lionel Richard, réédition revue et corrigée Aden Belgique, 2016): Lumière sur une page méconnue en France de l'histoire de l'art moderne : l'expressionnisme allemand, tentative des anarchistes de s'approprier cet instrument de la puissance publique que l'on nomme "art".

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    L'Enigmatique LB

    + OURS BRUN, BLANC, NOIR (éd. La Pastèque, à paraître février 2018): J'attends avec impatience le prochain livre de Pascal Girard.

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    + FANTE BUKOWSKI (Noah Van Sciver, ed. L'Employé du moi, 2017): J'aimerais qu'on m'offre ce livre à Noël.

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  • La Petite Couronne***

    "Pauvre banlieue parisienne, paillasson devant la ville où chacun s'essuie les pieds, crache un bon coup, passe, quiwebzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,critique,petite couronne,gilles rochier,six pieds sous terre,louis-ferdinand céline,banlieue pense à elle ?", écrivait Louis-Ferdinand Céline en 1944 ("Bezons à travers les âges").

    Désormais c'est tout le contraire, la banlieue est continuellement sous le feu des projecteurs ; elle est devenue le principal prétexte de l'agitation médiatique, sous couvert de débattre de "questions de société".

    Comme dans le crime de "L'Orient-Express", on peut dire que tous les partis politiques sans exception trempent ou ont trempé dans cette démagogie. La théorie du complot de l'islam radical, façon Eric Zemmour ou Caroline Fourest, doit presque tout à l'instrumentalisation précédente de la banlieue par la presse de gauche. Zemmour ne paraît "vrai" que dans la mesure où la propagande précédente consistait dans une présentation truquée de la réalité.

    Si son existence est donc désormais reconnue, la banlieue demeure parfaitement inconnue ou presque, au-delà du périphérique. C'est tout le mérite de Gilles Rochier de la montrer telle qu'elle est dans "La Petite Couronne", en soulignant de façon humoristique le décalage entre les préoccupations de ceux, jeunes ou plus âgés, qui vivent en banlieue, et tout le cinoche de gauche ou de droite.

    Cette dimension satirique en fait le meilleur album* de G. Rochier, déjà récompensé auparavant (2012) pour "Ta Mère la Pute", tableau sans fard (ni citrouilles grimaçantes) de la banlieue.

    On sent une légère amertume dans l'humour de celui qui n'a pas fui la banlieue, mais voit le trafic de drogue et ses effets se répandre... la drogue, qui agit sur les corps comme l'idéologie sur les esprits.

    "Petite Couronne", par Gilles Rochier, éds 6 Pieds-sous-terre, 2017.

  • Tu sais ce qu'on raconte...***

    Daniel Casanave a mis son dessin énergique et naturaliste (= dessin d'observation) au service d'une petitewebzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,gilles rochier,daniel casanave,warum,rumeur fable presque surréaliste proposée par Gilles Rochier.

    Tout part d'une rumeur, jaillie d'on ne sait où, qui s'insinue par les fenêtres des maisons d'une ville de province, en ressort pour faire un tour par l'épicerie principale, change brusquement de direction sur le rond-point central... on croit alors qu'elle va aller se perdre dans la campagne, s'y dissiper... mais non, elle s'accroche, comme un morceau de chewing-gum collé à une semelle, impossible de s'en défaire ! Cette chose si inconsistante et si humaine en même temps va faire des dégâts sur son passage...

    Mettre en scène la rumeur était une gageure, et D. Casanave et G. Rochier ont sur relever le défi. Astucieusement, les auteurs ont situé ce personnage inquiétant, ô combien moderne, dans une ville de province ; désormais la rumeur court à l'échelle du globe, propagée surtout par les médias, qui se livrent une concurrence farouche pour publier tel ou tel "scoop", qui s'avère parfois un gros bobard. La précipitation de la presse à livrer à ses clients une information toute fraîche l'entraîne à commettre des erreurs, voire à fabriquer l'information de toutes pièces.

    N'y a-t-il pas une ressemblance avec des commérages, récemment, dans les propos et attitudes de certains chefs d'Etat occidentaux lors de leurs shows télévisés "urbi et orbi" ? Ce comportement fait écho à l'intérêt des journalistes pour les détails salaces de la vie privée des grands de ce monde.

    La rumeur est également un phénomène considérable dans le domaine de la finance et de l'économie ; il est possible de bâtir aujourd'hui -certains fainéants de génie en sont capables- une fortune colossale sur une simple rumeur. Cela explique que la rumeur soit devenue une arme politique, en même temps que l'on s'efforce d'y trouver des parades. L'action politique s'en trouve paralysée.

    La BD de Casanave et Rochier a le mérite de montrer que la rumeur est profondément humaine, bien plus que n'est la vérité ou l'expérience scientifique. Difficile d'imaginer une société sans rumeur. La rumeur est "quantique".

    Qu'il s'agisse d'une ville de province ou de l'échelle planétaire, la mécanique de la rumeur est la même. Si ça se trouve, la prochaine guerre mondiale sera déclenchée par une simple rumeur ?

    Un petit album, donc, qui peut amener à une réflexion plus large.

    Tu sais ce qu'on raconte, par Daniel Casanave et Gilles Rochier. Eds Warum, 2017.

  • Revue de presse BD (197)

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    Dessin de Toulouse-Lautrec représentant un cavalier sur une piste de cirque (coll. R. Lehmann)

    "C'était un homme qui avait un oeil. Il était extrêmement attentif aux hommes, aux animaux, aux choses. Et il avait cette aisance magistrale pour les restituer." Charles de Rodat parle ainsi de son grand-oncle le peintre Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901), dont le dessin expressif et ironique se rapproche de la caricature. Toulouse-Lautrec a contribué à redonner un peu de vie à un art français étouffant sous le poids des conventions et ouvert la voie à Picasso.

    Le musée de Lisle-sur-Tarn expose jusqu'au mois d'octobre une série de lithographies représentant diverses scènes de cirque, exécutées par l'artiste de mémoire lors d'une cure de désintoxication à l'alcool ; ces dessins permirent à l'artiste de prouver qu'il avait recouvré ses facultés mentales ("J'ai acheté ma libération avec mes dessins").

    + L'expo sur "L'Art de Morris" proposée au musée de la BD d'Angoulême est ouverte tout l'été. L'expression de "9e art" pour désigner la BD était un brin ironique dans la bouche de Morris, réticent comme un certain nombre de ses confrères (Goscinny, Bretécher) à l'égard des analyses et commentaires universitaires.

    "Lucky Luke" a récemment fait l'objet d'un album-hommage par Matthieu Bonhomme, une sorte de parodie intitulée : "L'Homme qui tua Lucky-Luke" (Dargaud). On est assez loin ici de l'humour des meilleurs albums de "Lucky-Luke", peu nombreux dans la mesure où cette série a été exploitée commercialement jusqu'à la corde. L'humour de M. Bonhomme est plus proche des westerns parodiques, genre réservé aux inconditionnels de ce genre épique. Quant à l'humour de "Lucky-Luke", Morris en donna lui-même la recette en indiquant qu'il reposait sur une part de réalisme (absente dans la plupart des westerns) ; Goscinny, au scénario, s'est souvent appuyé sur des faits ou des événements qui ont émaillé la conquête de l'Ouest américain.

    + En marge du gros festival BD de Lyon, quelques auteurs de BD (dont Gilles Rochier, B-Gnet...) proposent le festival BD "Ta mère la bulle" à Villeurbanne (2 juillet) ; "BD, bière, chips et franche camaraderie" sont au programme, ainsi que des débats autour de la BD.

    + La chaîne de TV "Arte" proposera à partir du mois d'août un petit dessin-animé, tiré de la BD de Dimitri Planchon, "Blaise" ("Fluide-Glacial"). Planchon excelle dans la satire du couple moderne bourgeois flanqué de son ou sa paire de rejetons.

    + Notre fanzine mensuel ne paraît pas pendant les mois de juillet et août, mais vous pouvez consulter librement les derniers numéros parus sur le site de partage de fichiers www.issuu.com (pour s'abonner, écrire à zebralefanzine@gmail.com).

    + Internet permet de découvrir des caricaturistes de la presse étrangère, comme le Suisse Raymond Burki (né en 1949) (dessin ci-dessous), employé pendant de longues décennies par "24 Heures" (quotidien de Lausanne), qui continue de publier des caricatures sur sa page Facebook bien qu'il soit parti à la retraite il y a deux ans. En plus d'être un dessinateur talentueux, Burki est aussi un bon peintre, ce qui est assez rare parmi les dessinateurs de presse (Cabu, par exemple, négligeait cet aspect).

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  • Revue Jade**

    La dernière livraison de la revue "Jade" (janvier 2015), dirigée par X. Guilbert (site web "Du9") fait le bilanwebzine,bd,gratuit,zébra,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,revue,jade,xavier guilbert,morvandiau,gilles rochier,interview,pénélope bagieu,charlie-hebdo,olivier texier des efforts de certains auteurs de BD pour être reconnus comme des artistes à part entière (X. Guilbert aime bien les bilans). Il semble qu'un doute s'installe, et que la médaille de chevalier des Arts et Lettres remise naguère à Pénélope Bagieu en grande pompe au festival d'Angoulême soit l'arbre qui cache la forêt.

    Au fond, la question de la légitimité de la BD n'a pas grand intérêt. La poésie a beau être reconnue depuis l'Antiquité comme un art supérieur, les poètes contemporains n'en sont pas moins contraints, pour 99,9% d'entre eux, de garder leurs vers sous le coude. D'ailleurs si la gloire de Rimbaud fait sans doute rêver beaucoup d'écoliers, peu d'entre eux supporteraient de vivre ne serait-ce qu'un week-end, en enfer. Or, dans l'art moderne, il faut savoir se trancher les veines pour être reconnu ; ne pas oublier que le public, y compris le plus distingué, aime la chair fraîche - voyez "Charlie-Hebdo".

    On peut néanmoins "picorer" "Jade". Une interview de Morvandiau, organisateur jadis à Rennes d'un festival de BD aujourd'hui défunt, lève un peu le voile sur les arcanes du CNL (conseil national du livre) et les subventions qu'il accorde aux festivals et à certains auteurs de BD. Le CNL semble une organisation crypto-soviétique nimbée de mystère.

    Dans une autre interview, Gilles Rochier, auteur de BD issu d'un milieu ouvrier modeste, raconte comment le prix qu'il reçut à Angoulême a changé la façon dont son entourage le regarde.

    Mon morceau de "Jade" préféré : une petite BD d'Olivier Texier dans laquelle celui-ci imagine un gouvernement futur doté d'un ministère de la bande-dessinée et d'un secrétaire d'Etat au fanzine. Vous ne devinez pas quel auteur de BD sera élu président de la République en 2022 ?

    Jade #661U, collectif dirigé par X. Guilbert, éds. 6 Pieds sous terre, janvier 2015.

     

     

  • Revue de presse BD (52)

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    Découvert via l'agrégateur de blogs "Petitformat", le talentueux blogueur ibère Joan Cornella Vasquez, auteur de la planche ci-dessus.

    + Intéressantes observations de Yassine (du blog Lezinfo) sur la mode actuelle du graphisme froid, inspiré de formules géométriques : "(...) Comme un répertoire de formes assez limitées où tout le monde viendrait puiser. Et finalement, tout se vaut, tout s'annule. Dans ce grand tout on peine à dégager des personnalités fortes qui font avancer le graphisme." Qui dit que le graphisme n'est pas un art régressif ?

    + Interview de Vincent Henry dans le dernier magazine gratuit "Zoo" (p.6) pour les 10 ans de la petite maison d'édition BD qu'il a fondée : "La Boîte à Bulles" (éditeur de l'Américain Ted Rall en France, qui fit entendre il y a quelques années une voix discordante à propos de la stratégie militaire du Pacte Atlantique.

    + A rapprocher de l'interview de Guillaume Trouillard (Actuabd), des éditions "La Cerise", qualifié de "Jean-Christophe Menu de la Cerise" (sic), pour qui les conditions de la petite édition sont "objectivement plus dures aujourd'hui qu'hier".

    + Interview de Gilles Rochier (TMLP) dans "L'Incontournable" (pp. 26-27), magazine culturel lyonnais. Dans lequel cet auteur évoque sa résidence au RIZE, ainsi que sa passion de la BD, en même temps que sa crainte de devoir retourner à l'usine bientôt pour pouvoir croûter... s'il reste encore des usines.

    + C'est un ingénieur de formation, Xavier Guilbert, qui donne une étude dans "du9" sur le marché de la BD et ses perspectives numériques, qui lui paraissent en l'état actuel assez hypothétiques. Il serait assez logique que la BD soit touchée à son tour par les conséquences de la bulle spéculative.

    + Le dessin de la semaine est d'Annette Marnat, pour illustrer "Ali Baba" :

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  • Revue de presse (7)

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    - Les Belges hyper-narcissiques de «L’Employé du Moi» ont conçu récemment un site qui permet de fabriquer des mini-fanzines automatiquement. On peut y imprimer et lire, notamment, un «Gladiateur» par Gilles Rochier. Question : à quoi ça sert que «Zébra» se décarcasse ?

    - «V pour Vendetta» d’Alan Moore est une BD présentée par le forum belge ActuaBD comme «le bréviaire de l’anarchie», parce que le mouvement de hackers «Anonymous» a pris le masque d’Alan Moore pour emblème. A. Moore se réclame de Georges Orwell, mais on pense aussi à Hamlet, qui se sert du théâtre pour dénoncer le système et retourner le jeu de masques contre lui.

    - «La production artistique de Robert Crumb témoigne d’une misanthropie et d’une misogynie finalement peu compatibles avec l’esprit hippie.» Ce verdict est signé Julien Foussereau, dans un article du dernier n° du mensuel de BD gratuit «Zoo» (p. 72). Au fait, « Zoo », rempli à ras bord de pubs, est compatible avec quoi au juste ?

    Jean-Marc Thévenet, expert pour le compte de Sotheby’s, présente les planches du tâcheron qui fait de la BD de l’artiste italien Lorenzo Mattotti. Hélas, trop occupé à soigner la cote de son poulain, notre expert en oublie de donner la recette : pour être moderne, une œuvre d’art doit impérativement être spéculative. C’est toute la difficulté de l’art moderne ; il s’apparente au funambulisme puisque l’artiste moderne doit être capable d’inclure sa propre cote dans son œuvre (c’est-à-dire la marge qui permettra à ses admirateurs futurs de spéculer sur son compte). Ah, il y a quand même un truc assez efficace pour être moderne, c’est de partir du principe qu’on est déjà mort, exactement comme fait Dante dans sa «Divine Comédie», qui était vachement en avance sur notre époque, quand on y songe.

    - Comme la vie moderne a tendance à se réduire à une SUCCESSION D’ACTES ADMINISTRATIFS, le Tampographe Sardon, rigolo fonctionnaire de lui-même afin d’éviter d’asservir autrui, tente d’introduire dans la statistique sèche un peu de causticité, histoire de faire passer la pilule. Cependant, le tampographe en a parfois ras la casquette, et sa conscience professionnelle vacille : il préfère alors se raconter ses rêves à lui-même : «Je fais des rêves amusants, en pleine journée (par exemple : je passe enfin le permis à 42 ans. J’ai une super bagnole de connard, rouge, décapotable. Je pars en vacances pied au plancher, je conduis comme un con, je rate un virage, ma voiture fait plusieurs tonneaux, je suis éjecté de l’habitacle, projeté en l’air…

    (Par la présente, nous informons M. V. Sardon qu'il a, dans un excès de zèle, inventé le permis de conduire les autos-tamponneuses.)

    Ouf, c'est tout pour cette fois !