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  • Revue de presse BD (252)

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    Edwy Plenel, caricaturée par Coco, qui lui reproche notamment sa défense du port du "burkini".

    + Le torchon brûle entre "Charlie-Hebdo" (Riss) et "Médiapart" (Edwy Plenel), deux titres de presse relativement indépendants. On peut voir là une répercussion de la récente déroute du parti socialiste aux élections présidentielles ; on sait en effet à quel point la presse française est tributaire du mobile électoral - E. Plenel le sait sans doute mieux que quiconque, puisqu'il fit carrière au "Monde", dirigeant sa rédaction de 1996 à 2004. Le manque d'indépendance du "quotidien de référence" a été mis à jour à l'occasion de plusieurs scandales successifs.

    Pourquoi parler de "Le Monde" quand "Charlie-Hebdo" et "Médiapart" sont sous le feu des projecteurs ? Parce que ces derniers sont des "idiots utiles" : ils servent à démontrer que la presse est libre en France; en réalité, c'est "Le Monde" (ou "TF1") qui est exemplaire, si on peut dire, de l'état de cette liberté. Ici l'exception ne justifie pas la règle, elle la dissimule.

    Une caractéristique "orwellienne", qui saute aux yeux à l'occasion de cette querelle, c'est la superficialité du débat qui oppose E. Plenel à Riss, propice au battage médiatique, analogue à la rumeur dans ses causes et conséquences.

    La censure n'est plus dans l'interdiction ; elle s'est adaptée à l'évolution technique, qui rend impossible la censure pure et simple (la censure était faible sous Louis XV, au temps des Lumières, car elle était inadaptée à certaines évolutions techniques) ; la censure est désormais dans la réduction du débat ou de la pensée à des slogans.

    Il y a désormais deux "Charlie-Hebdo" en un ; d'une part "Charlie-Hebdo" reste un journal satirique traditionnel, destiné à un public restreint d'amateurs du genre ; d'autre part le titre de presse est presque intégré aux institutions républicaines, sans que sa place soit clairement définie encore, et la violence de ses pamphlets s'en trouve décuplée - les rédacteurs de "Charlie-Hebdo" ne peuvent plus invoquer l'humour et la satire à la française, comme ils pouvaient le faire auparavant.

    + Comme chaque année, Philippe Morin organise à l'occasion du festival webzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,actualité,revue,presse,hebdomadaire,novembre,2017,médiapart,charlie-hebdo,riss,edwy plenel,le monde,philippe morin,festival angoulème,fauve,staebler,biscoto,grodada,pr choron,christie's,sauveur,léonard,burlingue,expositiond'Angoulême un concours de fanzines (candidatures closes mi-décembre); pour la première fois, ce concours sera doté (500 euros).

    L'année dernière, le "fauve" fut décerné au fanzine "Biscoto" ; ses fondatrices, les soeurs Julie et Catherine Staebler, ont été interviewées à cette occasion. Elles se réclament notamment de "Grodada", lancé par le Pr Choron - dont une grève de "La Poste" entraîna la faillite (dixit Choron). Elles évoquent par ailleurs "la grande diversité de la presse pour adultes", mais "quantité" n'est pas synonyme de diversité.

    De même la célébration d'un "Second âge d'or de la BD" par les éditeurs et certains journalistes est -au moins- à relativiser. En ce qui concerne la BD "grand public", on ne voit pas bien quel scénariste soutient la comparaison avec R. Goscinny ? Le changement tient plutôt à l'émergence de petits éditeurs, dont l'activité n'est quasiment pas commerciale (faibles tirages, auteurs pas ou peu rémunérés, qui gagneraient mieux leur vie en faisant des ménages).

    + "Le Sauveur du Monde" a été vendu cette semaine 450 millions de dollars par la maison Christie's. L'info brute résonne parfois de façon... surprenante.

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    + La prochaine exposition-vente de dessins de Burlingue à la Galerie des Patriarches (Paris 5e) est l'occasion de découvrir un dessinateur méconnu, ayant peu publié dans la presse ("L'Express", "L'Arche").

    On peut voir dans Zébra n°9 quelques reproductions des caricatures de Burlingue, qui aime varier les styles.

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  • La Balade nationale*

    - Nous sommes au XXIe siècle, Pétain. L'ambiance en France est... étrange. On dit beaucoup de bêtises surwebzine,bd,gratuit,zébra,fanzine,bande-dessinée,critique,etienne davodeau,balade nationale,sylvain venayre,marie curie,jeanne d'arc,pétain,jules michelet,dumas,molière,découverte,revue dessinée,le monde,potet l'histoire de France. On l'instrumentalise dangereusement. Alors voilà: nous nous sommes dit que vous alliez remettre un peu d'ordre là-dedans.

    Cette tirade, placée ici dans la bouche de l'historien Jules Michelet, donne le ton de la BD de Sylvain Venayre et Etienne Davodeau, "La Balade nationale". Une fois passé l'amusement de voir Jeanne d'Arc faire du covoiturage avec Molière, Marie Curie, le général Dumas, Pétain et Michelet, on se lasse du procédé imaginé par le scénariste pour ressusciter le goût de l'Histoire de France, tout en la dépoussiérant des vieux clichés.

    "Instrumentalisation" : le mot est lâché- il résume tout. L'instrumentalisation de l'Histoire aurait pu être le sujet de cette fable. Hélas les auteurs se contentent de remplacer de vieux clichés par de nouveaux stéréotypes, l'image d'Epinal par l'image d'Epinal animée. L'image d'Epinal était grossière, naïve, on l'apprenait par coeur - elle servait de support à une sorte de catéchisme laïc ; l'image d'Epinal animée sautille, va dans un sens, puis dans le sens contraire, elle distrait pendant un moment, s'efface vite.

    "Le Monde" (F. Potet) parle d'une "BD de qualité" : en réalité "La Balade nationale" est caractéristique du genre de gadget pédagogique qui est en train de transformer inexorablement l'Education nationale en gigantesque cour de récréation.

    L'historien Jules Michelet -pape des historiens français- est convoqué à cause de sa gloire pour servir de caution. S. Venayre, dans la postface, explique que certaines positions de Michelet sont aujourd'hui démodées (trop nationalistes).

    Avec la représentation de Pétain comme un encombrant cadavre, trimbalé dans un cercueil, les auteurs passent à côté de l'immense service rendu par Pétain à la France en amassant sur sa tête tout l'opprobre et la honte dus à la capitulation devant l'Allemagne et la déportation des Juifs. Encore un cas d'instrumentalisation, quasi-religieuse cette fois. La République a fait un petit tour au confessionnal et elle en est ressortie presque vierge. Idem pour la colonisation : quelques "mea culpa" publics ne mangent pas de pain et font l'effet d'une thérapie de groupe.

    Ce qui rend l'enseignement de l'Histoire pratiquement impossible désormais, en même temps que le besoin d'un substitut à l'instruction religieuse se fait de plus en plus sentir, c'est l'instrumentalisation de l'Histoire à des fins politiques. Chaque parti réclame sa version du roman national, rebaptisé "récit national" pour faire sérieux.

    L'impact de la politique sur l'enseignement de l'Histoire, au point que sa vocation scientifique s'est volatilisée, de très nombreux exemples l'illustrent. Un des plus significatifs et des plus récents est l'effet de la politique dite de "construction européenne", menée par les élites politiques à grand renfort d'encarts publicitaires jusqu'à la crise capitaliste mondiale de 2008. Cette manoeuvre politique d'envergure a complètement modifié la perspective de l'enseignement de l'Histoire de France. Il convient désormais que cet enseignement contienne la démonstration que le projet européen est un projet pacifiste, aussi peu scientifique soit cette démonstration. Cette politique imposait de combler le fossé culturel entre la France et l'Allemagne, vieil "ennemi historique".

    La mode actuelle du débat autour de l'Histoire de France, plus propice à l'organisation de "talk-shows" télévisés qu'à fonder un enseignement, tient à la crise économique, phénomène déclencheur principal du repli identitaire et du scepticisme à l'égard du projet européen.

    On sent la volonté de "La Balade nationale" de ménager une sorte de consensus mou, assez éloigné du caractère des différents personnages embarqués dans une fourgonnette... "Trafic Renault" (tout un symbole). L'Histoire, comme la satire, exige l'indépendance.

    La Balade nationale, par E. Davodeau & S. Venayre, éd. La Découverte/La Revue dessinée, 2017.

  • Revue de presse BD (241)

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    + Grâce ou à cause de sa récente reconnaissance officielle, la bande-dessinée sert de plus en plus de "bouche-trou" dans la presse pendant la longue parenthèse estivale ; sous forme de prépublication d'une série à succès, d'enquête ou de dossier spécial...

    "Le Monde" (F. Potet) a choisi de démontrer dans un dossier spécial (27 juillet) que la BD est désormais un art sérieux puisqu'elle se penche de plus en plus sur les questions politiques. En réalité, la BD a eu dès le début un usage politique, ainsi que le concède le journaliste lui-même, mentionnant le célèbre pamphlet de Hergé contre le régime soviétique.

    On aurait mieux fait de remarquer que "Cher pays de notre enfance" (par E. Davodeau et B. Collombat)qui sert à illustrer le dossier du "Monde", ose encore égratigner la statue du commandeur de Gaulle, blasphème public devenu assez rare depuis que l'histoire a fait place au roman national dans l'enseignement scolaire.

    + La "reconnaissance" du public et des autorités culturelles ne nourrit pas toujours les artistes ; en 1896, fut lancée à Montmartre la première "Vachalcade", sous l'impulsion de quelques dessinateurs satiriques. Entre manif de protestation contre la culture bourgeoise et oeuvre de bienfaisance (souscription ouverte au profit des artistes nécessiteux), la "Vachalcade" doit son nom à l'emblématique "vache enragée". Le cortège haut en couleurs fait naturellement le tour de Montmartre, épicentre de la bohème artistique fin de siècle. La première édition, mal préparée, est un échec ; mais d'autres vachalcades suivront, mieux préparées.

    Si vous souhaitez en savoir plus sur les vachalcades, Laurent Bihl a écrit un long article très bien documenté et illustré qui traite le sujet, consultable dans la revue en ligne Cairn.info.

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    La "Vache enragée" fut aussi une gazette satirique (illustration de couverture par Toulouse-Lautrec, où l'on distingue dans la vache enragée l'ancêtre du gorille de G. Brassens)

     

    + Le musée de Cherbourg proposait pendant l'été (et jusqu'au 1er octobre) une rétrospective inédite de l'oeuvre de Winsor McCay (1869-1934), auteur de "Little Nemo". Une soixantaine de planches originales de ce dessinateur au trait un peu passé de mode, mais néanmoins considéré comme un pionnier de la BD et du dessin-animé américains, sont exposées.

    McCay avait travaillé dans un cirque et concevait ses planches comme un spectacle pour les enfants. Son fils Robert lui servit de modèle (physique) pour dessiner le personnage de Little Nemo.

    Comme d'autres dessinateurs de "comics", McCay travailla surtout pour le compte du magnat de la presse californien Randolph Hearst, qui publiait les planches en couleurs dans ses journaux. R. Hearst contribua fortement avec ses publications à la fabrique d'une culture de masse, produite par des industriels en quantité industrielle, dans un but qui n'est pas seulement mercantile, mais aussi d'asservissement des esprits.

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    W. McCay dessinait aussi des "editorial cartoons" dans les journaux de Randolph Hearst, critiquant ici les gaspillages de l'Oncle Sam (Une grande mais néanmoins dépensière nation).

  • Revue de presse BD (228)

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    Personnage de Groucha, créé par R. Topor pour une émission de télé (Téléchat) faisant la satire de la télé.

    + A l'initiative d'Alexandre Deveaux, la bibliothèque Mitterrand (Paris XIIIe) propose, du 28 mars au 16 juillet, une expo. des oeuvres de Roland Topor, ancien dessinateur à "Hara-Kiri".

    Lors d'un récent colloque à la Bnf, A. Deveaux a tenté de qualifier plus précisément l'oeuvre de R. Topor. Il n'est pas anodin que son père fût un artiste-peintre et sculpteur venu de Pologne, immigré à Paris pour tenter d'y faire carrière. Le jeune Roland sera encouragé à reprendre le flambeau. Entrer à "Hara-Kiri" se présente pour Roland Topor comme une occasion de débuter une carrière d'artiste, dans un genre jugé mineur mais plus vite lucratif. Topor admirait du reste les dessins de Siné.

    Si la technique de Topor est plus conventionnelle que celle de ses confrères à "Hara-Kiri", cela s'explique donc peut-être par sa formation et son ambition, plus académique. Au sommet de sa renommée, Topor sera souvent employé par le "New York Times" Outre-Atlantique, dont il a dessiné de nombreuses Unes.

    Comme Topor n'est pas un auteur satirique à part entière, l'adjectif "surréaliste" est souvent dans la bouche des commentateurs de ses dessins, gravures, peintures. De fait, la parenté avec les images à la fois énigmatiques et froides du Belge Magritte incite à rapprocher Topor de la mouvance surréaliste, bien que celle-ci n'ait pas des contours plus nets que l'impressionnisme. On pourrait proposer aussi le rapprochement avec Vallotton, artiste assez inclassable.

    + A l'initiative de l'association "Le Crayon", plus de 150 caricaturisteswebzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,revue,presse,hebdomadaire,mars,2017,actualité,groucha,téléchat,hara-kiri,roland topor,alexandre deveaux,new york times,bnf,siné,magritte,vallotton,le crayon,fn,marine lepen,plantu,mélenchon,le monde,macron,françois forcadell,fillon,antisémitisme,antidreyfusard,charlie-hebdo professionnels et amateurs se sont regroupés afin de proposer une exposition itinérante de caricatures contre le Front National et Marine Le Pen. On relève l'absence de la plupart des dessinateurs de "Charlie-Hebdo" et du "Canard enchaîné" dans cette longue liste.

    L'absentéisme de certains caricaturistes peut se comprendre dans la mesure où il s'agit ici de s'impliquer directement dans la campagne des présidentielles. On peut d'ailleurs estimer que, contrairement à la suggestion de Marine Le Pen, son parti fait bien partie du "système" (électoral et institutionnel). Certains spécialistes de cuisine électorale soulignent en effet le rôle joué par le FN de canalisation du mécontentement populaire (rôle positif aux yeux de ces spécialistes, dans la mesure où il prévient le risque d'une contestation plus radicale).

    De plus l'efficacité d'une exposition de centaines de caricatures visant le FN de façon univoque est douteuse. Il y a fort à parier que l'on ne convaincra ainsi que des personnes déjà convaincues de l'ineptie du discours du FN ou du danger qu'il représente.

    Enfin, l'attelage du militantisme politique et de la satire entraîne des situations parfois... ubuesques. Ainsi on note la participation du dessinateur Plantu ("Le Monde") à cette expo militante ; or ce dessinateur propose en Une du "Monde" des dessins où il place sur le même plan (populiste) la candidate Le Pen et le candidat Mélenchon. Pourquoi diable dans ce cas organiser des élections si seuls les candidats approuvés par "Le Monde" sont dignes d'êtres élus ?

    La présence de quelques dessinateurs décédés dans la liste est sans doute faite pour signifier qu'il vaut mieux être mort plutôt que de vivre dans un pays où le FN xénophobe récolte 25% des suffrages ?...

    + Après avoir contesté sur son blog le caractère antisémite d'une caricaturewebzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,revue,presse,hebdomadaire,mars,2017,actualité,groucha,téléchat,hara-kiri,roland topor,alexandre deveaux,new york times,bnf,siné,magritte,vallotton,le crayon,fn,marine lepen,plantu,mélenchon,le monde,macron,françois forcadell,fillon,antisémitisme,antidreyfusard,charlie-hebdo d'E. Macron dans un support de propagande du candidat François Fillon, François Forcadell commente : "Désormais il faudra se faire à l’idée (ou pas) que les dessins de presse sont mal lus, interprétés, et manipulés pour en faire des sujets à polémiques."

    On note que la campagne présidentielle est un terrain particulièrement favorable à ce genre de polémique insane.

    De façon plus générale, certains essayistes tentent de faire passer la caricature pour un art antisémite, en rappelant par exemple que certains caricaturistes célèbres furent antidreyfusards (Caran d'Ache, Forain). Mais l'antisémitisme n'est pas plus répandu chez les caricaturistes qu'il n'est chez les philosophes ou les romanciers.

    + Il y a sans doute autant de festivals de BD que de fromages en France, et par conséquent autant d'affiches, qui comme les fromages, sont de plus ou moins bon goût. L'affiche ci-dessous, pour le festival de BD de la Ferme du Buisson (à Noisiel en Seine-et-Marne, les 21, 22 et 23 avril prochains) attire l'attention avec ses couleurs criardes et son dessin amusant (N. de Crécy).

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  • Revue de presse BD (204)

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    + Difficile d'échapper à Tintin en ce moment ; quelques dessins originaux de Hergé datant des années 1940 -des cartes de voeux- ont été mis en vente aux enchères. La carte ci-dessus montrant Tintin se rendant à la messe de minuit est un des rares exemples où Tintin "assume son catholicisme". On sait que Hergé reçut une éducation catholique, avant de travailler au "XXe Siècle" sous les ordres de l'abbé Wallez, ecclésiastique féru des méthodes modernes de propagande ; cependant Hergé s'éloigna peu à peu au cours de sa carrière des principes qu'on lui avait inculqués dans sa jeunesse. Par ailleurs on sait l'influence sur Hergé du scoutisme, qui enseigne à ses jeunes adeptes le respect de la nature.

    Les influences diverses et contradictions de Hergé ont déteint sur ses BD.

    + Classé parmi les auteurs dessinant "à la manière de Hergé", le scénariste et dessinateur de BD Ted Benoît est décédé fin septembre. Ted Benoît (Thierry Benoît à l'état civil) était peu connu du grand public, travaillant surtout pour la publicité, avant de reprendre en 1996 la série à succès "Blake et Mortimer" créée par Edgar Jacobs. Pour justifier cette reprise, T. Benoît affirmait : "Contrairement à Hergé, dont l'oeuvre est une “comédie humaine” très personnelle qui, sans lui, n'aurait aucun sens, Jacobs appartient à la grande tradition feuilletonesque. (...)"

    C'est inexact ; Hergé s'est efforcé de faire passer "Tintin" pour une oeuvre "personnelle", mais on sait grâce aux témoignages de proches collaborateurs que Hergé a subi diverses influences très nettes, tant sur le plan du dessin que du scénario. Hergé a beaucoup travaillé à polir ses BD, les redessinant méticuleusement, ce qui donne une impression d'homogénéité trompeuse.

    + Le dessinateur Charlie Schlingo était aux antipodes de Hergé, du moins pour ce qui est de la notoriété. Ironiquement, Frédéric Potet, le spécialiste de la BD au "Monde" parle de "ligne crade" pour qualifier le style de Schlingo. C'est un peu exagéré, car Schlingo était aussi très influencé par le savoir-faire américain en matière de BD.

    + Dans une interview donnée mi-septembre à Médiapart, la caricaturiste Coco affirme ne pas avoir changé sa manière de dessiner depuis le massacre de ses confrères de "Charlie-Hebdo". On lit dans cette interview une pique contre Plantu, ainsi que quelques déclarations un peu chauvines : "Je crois que beaucoup de pays nous envient la laïcité" (rien ne prouve que l'on comprend à l'étranger ce que certains Français appellent "laïcité", thème de longs prêches aussi ennuyeux qu'édifiants).

    Mais la remarque la plus intéressante est le point de vue de Coco selon lequel la caricature ne doit pas dépasser les limites assignées par la loi (et par conséquent la police, en charge de l'exécution des lois). Les caricaturistes seraient donc, en France, les seules personnes respectueuses des lois ? Que penserait-on d'un caricaturiste britannique qui dirait : - Je suis prêt à me moquer de tout, sauf de la reine. Ou encore d'un caricaturiste marocain qui dirait : - On peut rire de tout... dans les limites assignées par la charia.

    + La "Une" de "Libération" aujourd'hui nous montre l'ex-président et actuel candidat N. Sarkozy dans le costume d'Astérix, le personnage de Goscinny et Uderzo, escorté d'Eric Zemmour en Idéfix. R. Goscinny avait un certain nombre de points communs avec N. Sarkozy ; on se souvient d'ailleurs que Anne Goscinny a fait récemment partie d'un comité de soutien au président déchu. Jean-Marie Le Pen est surnommé dans son camp "le menhir", ce qui rappelle un autre personnage d'Uderzo.

    "Libération" titre sur l'effort de la droite pour "refaire l'histoire". Mais la droite et Eric Zemmour ne font en cela qu'imiter les idéologues de gauche, qui ont produit et continuent de produire leur propre version du roman national. Que l'on songe, par exemple, à l'extraordinaire opération de blanchiment du terrorisme révolutionnaire par les intellectuels de gauche au cours de la seconde moitié du XXe siècle : cette entreprise négationniste était indispensable pour fonder la mythomanie du "progrès social". Un autre moyen de mesurer à quel point la gauche baigne dans la fiction, c'est de mesurer la distance qui la sépare de Marx (conscient dès le début de l'hypocrisie des "Droits de l'Homme").

    La question est de savoir pourquoi la droite éprouve actuellement à son tour le besoin de produire une version cultuelle de l'histoire de France, au niveau de la bande-dessinée pour les gosses ? La réponse est simple : parce que la gauche se ramène désormais à un point de vue intellectuel et élitiste. Les élites intellectuelles sont fascinées par des fictions et des mécanismes encore plus abstraits, telles que les institutions technocratiques européennes, qui fonctionneraient parfaitement bien si l'homme était un robot.

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  • Revue de presse BD (201)

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    + Brian Wildsmith est un illustrateur moins connu que son compatriote Quentin Blake de ce côté-ci de la Manche. La nécrologie parue dans le "Guardian" (B.W. est décédé à l'âge de 86 ans le 31 août dernier) nous le présente comme un illustrateur-peintre, tirant prétexte d'oeuvres littéraires (L'Ile au Trésor, la Bible, quelques fables de la Fontaine, les Contes des 1001 Nuits) pour peindre la nature, notamment les animaux. Les couleurs vives des illustrations de Wildsmith sont sa marque de fabrique. Elles ont contribué à le faire apprécier jusqu'au Japon, où un musée lui est consacré.

    Ce fils d'ingénieur des mines n'était pas prédestiné à devenir artiste. Vexé de ne pas être reconnu dans son pays à hauteur de son mérite (pas d'expo. importante avant 2010), il se décida à quitter son Yorkshire natal pour venir s'installer près de Grasse avec toute sa famille au début des années 70. Cependant il resta fidèle à son éditeur Oxford University Press. A l'instar de nombreux illustrateurs contemporains, Wildsmith peina à vivre exclusivement de son art, ce à quoi il ne parvint pas avant l'âge de 35 ans. Il a expliqué dans des interviews que cette difficulté était due au mépris pour le métier d'illustrateur dans son pays.

    + La rentrée littéraire, maladie typiquement française (les Britanniques sont moins cons, de ce point de vue-là), nous donne l'occasion de dénoncer la "culture" et le fanatisme qui se cache derrière ce mot - fanatisme au sens effectif et catastrophique du terme.

    Aucun philosophe digne de ce nom ne s'y est laissé prendre, mais on se contentera de citer Schopenhauer : "L'art de ne pas lire est très important. Il consiste à ne pas s'intéresser à tout ce qui attire l'attention du grand public à un moment donné. Quand tout le monde parle d'un certain ouvrage, rappelez-vous que quiconque écrit pour les imbéciles ne manquera jamais de lecteurs. Pour lire de bons livres, la condition préalable est de ne pas perdre son temps à en lire de mauvais, car la vie est courte."

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    + A l'occasion du 10e anniversaire de l'association "Cartooning for Peace", regroupant des dessinateurs de presse du monde entier, "Le Monde" organise le 18 septembre (amphi de l'opéra Bastille) un débat sur le pouvoir du dessin de presse, orchestré par Plantu, en présence de Willis from Tunis, F. Mozaffari (Iranienne) et M. Kichka (Israélien). Le dessin de presse est-il pacificateur ? La question sera posée.

    On peut se demander si ce débat a lieu d'être, dans la mesure où la caricature fait l'objet en France d'une censure larvée ; celle-ci se traduit par l'agonie de la presse publiant des caricatures. Les connaisseurs du dessin de presse s'accordent d'ailleurs à dire qu'il a connu son "âge d'or" avant la 2nde guerre mondiale. Sous prétexte d'épuration à la Libération, comme certains militants communistes l'ont reconnu bien des années après (Lucie et Raymond Aubrac), les partis gaulliste et communiste ont contribué à faciliter la mainmise des cartels industriels sur la presse française. A contre-courant, au début des années 70, "Charlie-Hebdo" dénonçait déjà cet état de fait. Peu à peu les journaux sont devenus ce qu'ils sont presque tous : des encarts publicitaires, subventionnés par l'Etat et boudés par les lecteurs.

    La question du rôle pacificateur du dessin de presse pose celle du pacifisme des dessinateurs eux-mêmes. On remarque que les dessinateurs de presse sont encore assez nombreux à se réclamer du communisme ou des "valeurs républicaines", qui sont parmi les idéologies les plus meurtrières de tous les temps. Par ailleurs la doctrine sartrienne de "l'art engagé" persiste, bien qu'elle a servi à justifier la collaboration d'artistes avec des régimes totalitaires qui ne lésinaient pas sur les moyens techniques afin d'éradiquer leurs ennemis.

    Quant à la liberté d'expression, il faut l'aveuglement d'un premier communiant, ou bien l'hypocrisie de Tartuffe, pour ne pas voir qu'elle est prêchée comme un catéchisme à l'école - les victimes de la tuerie de "Charlie-Hebdo" faisant office de saints martyrs.

    + A Nérac (Lot-et-Garonne) auront lieu bientôt les "9e Rencontres Chaland" (1-2 oct.), festival parrainé cette année par Jacques Loustal, qui signe l'affiche et dont des originaux en noir et blanc sont exposés. L'art de Loustal est à l'opposé de celui de Chaland. Ce dernier, en effet, décédé prématurément, était fasciné par la BD belge, dont ses pastiches comiques ont contribué à mettre à jour les codes. Chez Loustal prévaut au contraire une esthétique assez française, rechignant à se plier aux codes un peu vulgaires de la BD ; on pense en regardant les BD de Loustal (qui ne se lisent pas vraiment), à la peinture française d'entre les deux guerres.

    + Chiné dans une brocante, une caricature sur papier calque du dessinateur SIRO (décédé en 2000) ; suiveur de Pellos, ce caricaturiste clermontois se spécialisa dans la caricature de sportifs célèbres, acteurs de cinéma et chanteurs.

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  • Revue de presse BD (187)

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    Caricature de J. Prévert par Burlingue.

    + Commençons cette revue de presse par un gag, un fait divers assez ubuesque, comme ceux dont Alphonse Allais savait faire son miel et celui de ses lecteurs. Il s'agit d'une querelle ; elle oppose les héritiers du poète Jacques Prévert et de son ami Alexandre Trauner (décorateur de cinéma), au maire du village normand d'Omonville-La-Petite où les deux hommes décidèrent de finir leurs jours et sont inhumés.

    La pomme de discorde est une sculpture en bronze, représentant les deux amis devisant sur un banc ; commandée par le maire à Christine Larivière en hommage aux deux hommes, et sans doute afin de distraire un peu ses administrés, cette oeuvre d'art n'a pas l'heur de plaire à tout le monde, en particulier aux héritiers, qui l'ont qualifiée de "caricature" (sous-entendu : indigne) ; que je sache, Prévert n'est pas connu pour avoir été un canon de beauté, mais je vous laisse forger votre propre opinion et conclus : - Décidément, quelle connerie la gloire !

    + Au sommaire de la "Revue dessinée" n°11 (printemps 2016), un article illustré consacré à la caricature ou au dessin satirique, par Terreur graphique et Fabrice Erre (ce dernier cumulant les activités de dessinateur de BD et de prof d'histoire). Les auteurs soulignent le caractère sacrilège de la caricature ; celle-ci amène à une vision plus réaliste du monde ou de la société, moins optimiste ; sont mentionnés au passage les propos louangeurs de Hugo, Balzac et Baudelaire à l'égard de la caricature. Pourquoi ne pas souligner ici que le but de la religion est de "faire rêver" ? Contrairement à ce que Terreur graphique et Fabrice Erre suggèrent, la culture moderne est loin d'être émancipée de la religion, comme la part faite au rêve l'atteste ; la satire ne cesse d'être repoussée aux confins de la culture, aujourd'hui comme autrefois.

    De façon stupéfiante, cet article didactique ne tient pas compte de ce qui, du point de vue occidental dominant politiquement, est devenu le plus sacré : non pas tant Mahomet ou Dieu que l'Etat ; celui-ci a succédé à celui-là au sommet de la pyramide des valeurs sacrées. On pourrait citer aussi parmi ces valeurs sacrées contemporaines : l'art, la culture, la démocratie... sans oublier, bien sûr, le travail, l'argent et la propriété ; pour combien d'artistes la "propriété intellectuelle" n'est-elle pas une chose sacrée ? Mentionnons aussi "l'ordre public" : aussi triviale et subjective puisse paraître cette notion d'ordre public, la "liberté d'expression" lui est soumise en France selon les déclarations récentes de plusieurs représentants de l'Etat (ministre de l'Intérieur, magistrats, mais aussi, ce qui est beaucoup plus inquiétant, de certains philosophes et intellectuels de premier plan).

    La "liberté d'expression" elle-même n'est-elle pas enseignée comme une valeur sacrée par le corps enseignant ? Ce qui ne peut que conduire un esprit satirique à soupçonner qu'il s'agit là d'un concept creux ou d'un leurre ?

    + Les musées sont les nouveaux temples où chaque citoyen, dès le plus jeune âge, est invité à aller communier ; ne pas comprendre que l'art moderne a un caractère eucharistique et sacramentel, c'est ne rien comprendre à l'art moderne.

    "Le Monde" (17-18 avril), sous la plume de Frédéric Potet, aborde le sujet de l'entrée de la BD au musée sur deux pleines pages ; ce journaliste préfère l'angle "informatif" à un angle plus critique ; il annonce ainsi plusieurs expos à venir, dont celle consacrée prochainement à Franquin/Gaston Lagaffe à la bibliothèque Pompidou, après Claire Bretécher (53000 visites).

    Le journaliste du "Monde" a l'honnêteté minimum de reconnaître que tous les auteurs de BD ne guignent pas nécessairement la "légitimité" que tel ou tel conservateur décidera de leur accorder à la faveur d'une exposition. Si un certain nombre d'auteurs de BD ne veut pas endosser la responsabilité d'un discours officiel, c'est sans doute parce que la bande-dessinée a pris l'habitude d'être une contre-culture. De surcroît, quelles sont les personnes qui courent le plus après les compliments et les honneurs ? Ce sont souvent les moins sûres d'elles.

    D'ailleurs il n'est pas difficile de deviner qu'il est surtout demandé aux auteurs de BD de faire la publicité d'établissements publics dont le charme n'opère pas forcément auprès du jeune public, soumis à des codes différents, plus attiré par Nabilla que par la Joconde. Bruno Girveau a ainsi fait appel à Zep ("Titeuf") pour illustrer la collection du musée de Lille qu'il dirige. Cela revient à confondre la "démocratisation de l'art" avec le remplissage des travées d'un musée.

    De son propre aveu, Zep n'a aucun goût pour l'art, en dehors du sien ; les musées le font bailler ou ne lui inspirent, dans le meilleur des cas, que des plaisanteries à base de zizi. La méthode pour démocratiser l'art ressemble beaucoup à celle du curé qui fabrique une statue miraculeuse pour attirer plus de paroissiens le dimanche.

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    Détail de la fresque de Michel-Ange, vue par Zep, pour qui l'exhibition des parties génitales est le comble de la liberté en matière d'art.