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alphonse allais - Page 2

  • Monsieur le chien, je présume ?****

    Avec son optimisme de rigueur, la dictature de la croissance n'est guère favorable à l'humour. Lewebzine,bd,gratuit,fanzine,zébra,bande-dessinée,kritik,critique,chaval,yvan le louarn,jean-maurice bosc,alphonse allais,delfeil de ton,antisémitisme,collaborationnisme,bordeaux cynisme désespéré d'Yvan Le Louarn, alias Chaval, est par conséquent un excellent tempérament. Natif de Bordeaux, Chaval aurait pu se contenter d'être mélancolique comme Montaigne ou Juppé (toutes proportions gardées).

    C'est une idée judicieuse de la part des "Cahiers dessinés" de rééditer une collection de dessins de cet humoriste. Le thème animalier est peut-être une moins bonne idée. Certains préféreront le trait plus léger de Bosc, d'une dizaine d'années son cadet, aux cernes de Chaval, rançon peut-être de travaux alimentaires dans le domaine publicitaire (où il vaut mieux dire les choses deux fois qu'une) ? Cela dit, Bosc et Chaval sont "grosso modo" de la même trempe, excellant à mettre en exergue de façon comique le - ou plutôt les très nombreux grains de sable dans la mécanique des affaires humaines.

    Comme l'humour de son maître Alphonse Allais, l'humour de Chaval est assez inégal : il va du simple jeu de mots (le genre de gag qui fait rire les médecins), à la critique plus subtile de l'homme et de la société. Le prestige de Chaval équivaut celui de "Hara-Kiri" peu après.

    Brève préface de Delfeil-de-Ton, delfeil-de-tonesque. Chaval a été tardivement accusé (après sa mort) de collaborationnisme et d'antisémitisme. Il a notamment dessiné dans ses jeunes années pendant l'Occupation deux Juifs portant l'étoile jaune : le premier demande au second, qui a deux étoiles cousues : - On t'a fait un prix ? On peux trouver que cet humour n'est pas excellent ; mais si les humoristes sont parfois des martyrs, ils ne sont pas des dieux vivants, infaillibles.

    Une dernière remarque sur les circonstances comiques du suicide de Chaval. Il se présente comme l'apothéose de son oeuvre. Comme son mari la trompait, la femme de Chaval s'est suicidée ; celui-ci en a conçu de la mélancolie et a mis fin à son tour à ses jours en employant le gaz, laissant sur la porte de la cuisine un panneau prévenant : "Attention, danger d'explosion.", sachant sans doute qu'il exécutait là son meilleur gag. L'histoire paraît trop belle pour être vraie, le genre qu'on invoque pour dire que la réalité dépasse la fiction.

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    Monsieur le chien, je présume ? par Chaval, préface de Delfeil de Ton, éds. Les Cahiers dessinés, 2015.

  • Revue de presse BD (112)

    Après une interruption de quelques semaines, la revue de presse BD est de retour.

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    + La cause des modèles qui posent nus dans les ateliers de dessin est proche de celle des auteurs de BD, au moins pour cette raison : les meilleurs dessinateurs de BD ont appris à dessiner d'après le modèle (Jijé, Franquin, etc.). Dans cette vidéo diffusée par "Libération", des modèles parisiens disent se sentir bafoués par les pouvoirs publics, en même temps que sous-payés. Ils ne mentionnent pas un fait plus étonnant, à savoir le puritanisme latent des institutions publiques où ces modèles exercent souvent ; d'où une volonté de restreindre leur activité, qui n'est pas sans conséquence sur leur statut en général ; l'interdiction de la plupart des ateliers de dessin aux mineurs est notamment révélatrice de ce puritanisme. Le dessin en général est le "parent pauvre" de la culture moderne, beaucoup plus axée sur les principes abstraits de la fiction (l'étude ci-dessus est de Yannick Corboz).

    + L'expérience du magazine de BD participatif "M-Bd" a tourné court, après que ce dernier a manqué l'objectif de réunir assez d'abonnés pour financer sa publication. Sans porter de jugement sur la méthode du rédacteur en chef de ce titre, qui fait amende honorable auprès des auteurs qu'il n'a pas pu payer, disons que la presse est un des marchés les moins concurrentiels, compte tenu de sa politisation à outrance et des importantes subventions directes ou indirectes (abonnement des bibliothèques municipales aux revues "bien-pensantes") qui soutiennent ce secteur. Paradoxalement les titres anarchistes, d'extrême-gauche ou d'extrême-droite, connaissent et sont beaucoup plus soumis aux "dures lois du marché". Et c'est sans compter, comme dirait Alphonse Allais, la déforestation que la publication de tous ces tracts entraîne.

    + Quand le magazine "Les Echos" s'intéresse à la BD, il se tourne naturellement vers le travail de Jean Van Hamme, scénariste prolifique dont le travail se démarque peu de la production de séries B made in us. "Dans n'importe quelle autre branche du divertissement, la musique, le cinéma ou le roman, Jean Van Hamme serait sans doute devenu multimillionnaire. Mais dans la BD, un univers de création collective, dans lequel il faut un an pour faire un album en couleur vendu en général 12 euros (soit deux fois moins que bien des romans), les plus grands deviennent juste riches [sic]." Pas sûr que le propos du journaliste des "Echos" veuille dire grand-chose, y compris sur le plan économique (le cinéma est aussi l'art de perdre des sommes astronomiques), mais surtout la comparaison qu'il fait avec Goscinny est abusive. En effet, s'il y a bien un domaine où J. Van Hamme n'a jamais excellé, c'est celui de l'humour.

    + Le sculpteur Denis Monfleur commente "La Danse" de Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875), exposé au musée d'Orsay jusqu'à fin septembre. Après avoir connu la gloire et les commandes publiques prestigieuses du Second empire, le sculpteur romantique originaire de Valenciennes finit par mourir dans le dénuement et l'isolement à 48 ans.

    + Tout le monde connaît le "coup du lapin", un peu moins celui de la girafe ; il s'agit d'un fait divers illustré par Chaval, et répercuté par le blog d'info de F. Forcadell.

    + Le dessin de la semaine est un portrait de Charles Bukowski par le dessinateur américain Drew Christie (Seattle).

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  • La Science au service de la Police

    Il y aurait un volume à écrire, et non des moins intéressants, sur ce thème et avec ce titre : La Manifestation à travers les âges et ses divers modes de répression.

    Si nous en croyons les livres sacrés, la première occasion en laquelle un gouvernement régulier crut devoir faire intervenir la force armée pour rétablir l'ordre, fut cette fois en où Dieu expulsa de son Paradis, grâce à l'archange de service, armé d'une épée flamboyante (?), le nommé Adam et sa concubine Eve, tous deux en état d'insurrection contre les règlements horticoles de l'époque.

    Depuis ces temps éloignés, le système n'a d'ailleurs que peu changé : des gendarmes au lieu d'archanges, le sabre de cavalerie remplaçant l'épée flamboyante (?).

    Parfois, quand les manifestants y mettent de l'obstination, le sabre de cavalerie cède galamment la place à quelques feux de peloton bien sentis : une fois de plus l'ordre règne à Varsovie.

    Du canon aussi quelquefois, mais plus rarement.

    ...Chassons vite ces noirs pensers, en nous remémorant quelques joyeux fantaisistes de la répression.

    Ce général, par exemple, de Castellane, noyant les manifestants marseillais sous des flots d'harmonie et les dispersant par le moyen de musiques militaires que les émeutiers dillettanti s'empressaient de suivre.

    Le maréchal Lobau n'hésitait pas non plus à inonder les turbulents : mais, lui, c'était sous des flots d'eau que d'énergiques pompiers parisiens leur prodiguaient sans compter.

    Le souvenir du maréchal Lobau me hantait, l'autre jour, pendant que, tout fier de son idée, notre excellent préfet de police nous développait le nouveau système de rétablissement de l'ordre dans la rue.

    Oh ! il n'y va pas de main morte, M. Lépine !

    Reste à savoir comment la population parisienne prendra le procédé.

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    Vous avez tous entendu parler de l'air liquide.

    Vous n'ignorez pas que, grâce à l'ingénieux procédé de notre ami Georges Claude, la liquéfaction de l'air est devenue un simple jeu d'enfant, à la portée des plus petites bourses.

    Je vous sais trop au courant des choses de la science pour insister sur le résultat obtenu dès qu'on met à air libre un gaz liquéfié.

    Par sa brusque détente, ce gaz détermine un violent abaissement de la température, abaissement qui va jusqu'à la congélation des liquides ambiants.

    Une goutte d'air liquide sur la main, et, crac ! vous voilà la main gelée !

    C'est plutôt, n'est-il pas vrai, brutal ?

    Eh bien ! Tel est pourtant le procédé que M. Lépine n'hésite point, mesdames et messieurs, à adopter en grand pour la dispersion des manifestants.

    Il les dispersera -comme c'est malin !- en les gelant sur place, dans des flots d'air liquide.

    Et voilà comment, une fois de plus, mon pauvre ami Claude, la science se verra retournée de force contre la civilisation !

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    J'ai visité tout le nouveau matériel de notre ingénieux préfet, pompes et réservoirs.

    C'est joli, c'est coquet, c'est scientifique et simple.

    C'est bien astiqué ; mais comme cela vous fait regretter ce pauvre Phoebus de Châteaupers et son peloton d'archers !

    Alphonse Allais dans "Le Journal" (15 août 1902)

  • Félix Vallotton****

    ...Le Feu sous la Glacewebzine,bd,gratuit,zébra,fanzine,bande-dessinée,kritik,critique,félix vallotton,exposition,catalogue,grand palais,bois gravé,xylographie,moderne,bourgeoisie

    Ce n’est sans doute pas un hasard si Félix Vallotton (1865-1925) resurgit aujourd’hui, en pleine crise des valeurs bourgeoises. En effet, malgré un riche mariage tardif qui le mit à l’abri du besoin, Vallotton n’épousa jamais vraiment la raison de son temps. Son art, si singulier, se détache bien plus de son époque qu’il n'en est l'écho. Contrairement aux impressionnistes, Vallotton ne participe pas à l’enthousiasme général.

    L’idée de progrès social, en particulier, est étrangère à Vallotton, trop lucide pour se bercer de ce genre d’illusion ; on l’imagine bien dire, comme Kafka : « Croire au progrès ne signifie pas qu’un progrès a déjà eu lieu. » Le mépris du bonheur, en tant qu’idéal bourgeois, est palpable dans l’oeuvre de Vallotton.

    Qui a raté comme moi l’exposition de cet hiver au Grand Palais pourra se rattraper avec l’épais catalogue la retraçant, publié par la Réunion des musées nationaux. Ce volume comporte de nombreuses reproductions de bonne qualité, représentatives de l’œuvre de Vallotton.

     Sans être positivement moderne, Vallotton a su s’adapter aux nouvelles modalités techniques de diffusion de l’image, reléguant la peinture d’apparat ou de musée. Les bois gravés de Vallotton, suivant une perspective narrative à laquelle le dessin de presse, l’illustration ou la bande-dessinée nous ont familiarisés depuis, sont très "frais" et efficaces (on peut constater qu'en matière de "ligne claire", les auteurs de BD n’ont pas inventé grand chose, si ce n'est le mot). (...)

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  • Afourismes****

    Emmanuel Mané-Katz -dit «Morez»- a connu son heure de gloire dans l’après-guerre, quand les pluswebzine,bd,gratuit,fanzine,bande-dessinée,zébra,kritik,critique,afourisme,morez,cherche-midi,krokodil,aphorisme,punch,emmanuel mané-katz,alphonse allais,viagra,peintre,chat-noir,maroquinier,sempé célèbres titres de la presse magazine publiaient encore plusieurs pleines pages de dessins humoristiques.

    Morez collabora à des titres aussi différents que «Krokodil», journal humoristique soviétique, «Lui», «Paris-Match», «Le Pèlerin», «Punch». Il est vrai que les humoristes s’encombrent rarement d’idéologie.

    Prolifique, Morez a donc rarement été publié sous forme de recueil. «Afourismes», au «Cherche-midi», comble cette lacune. S’il n’est pas aussi subversif qu’Alphonse Allais, dynamiteur subtil de cette religion de l’homme moderne qu’est le « progrès », reculant à mesure qu’on s’approche de lui, Morez polit des aphorismes ou des bons mots, et les intercale entre ses dessins, évocateurs des saillies du maître normand. Voyez plutôt :

    « Le maroquinier a licencié l’apprenti, il l’a surpris la main dans le sac. » ;

    « Elle ne va plus à la selle quand elle monte à cheval. » ;

    « Un type trop « raide » pour se payer une boîte de viagra » ;

    « Ils s’entendent à merveille : il est peintre, sa femme est cadre. » ; ces facéties nous rappellent que l’art populaire a toujours comporté une part de raillerie ou de désinvolture vis-à-vis du langage, sacré en revanche du point de vue de l’élite et de ses rhéteurs.

    Morez a aussi en commun avec certains artistes du «Chat Noir» une opportune reconversion de peintre en dessinateur humoristique, en des temps où la peinture de chevalet ne sert plus guère qu’à épater le chaland ou à l’art-thérapie.

    Comme il ne traînait pas de «Paris-Match», de «Lui» ou de «Pèlerin» dans le grenier de mon grand-père, qui préférait les quotidiens plus adéquats pour allumer le feu ou dégraisser la vaisselle, je dois avouer que Morez (nonagénaire) est pour moi une heureuse découverte. Son trait évoque un peu celui de Sempé, en plus franc.

     

    Afourisme, Morez, éd. du Cherche-midi, nov. 2013. 

  • La Bible selon le Chat*

    Naguère l’Américain Robert Crumb publia une adaptation fidèle de la Genèse de Moïse en BD qui webzine,gratuit,bd,fanzine,bande-dessinée,philippe geluck,bible,chat,siné,drucker,jean effel,alphonse allais,genèse,moïse,mort,baudelaire,travail,satan,ravachol,che guevara,ben laden,diable,wallon,flamand,tintin,fachiste,robert crumb,sectateur,démoniaque,undergroundmécontenta à peu près tout le monde. Nombre d’admirateurs de Crumb, en effet, comme celui-ci avait produit pas mal de BD et de dessins polissons, le croyaient plutôt sectateur de Satan, et ils furent déroutés par tant d’éclectisme de la part de ce maître de l’underground. Quant à certains dévots catholiques, jugeant au contraire le dessin de Crumb d’une laideur démoniaque, ce travail les laissa, si ce n’est outragés, du moins fort dubitatifs (je me réfère à quelques critiques lues ici ou là).

    Cela me semble au contraire naturel pour un artiste Américain de s’intéresser à la bible, et plus généralement à la mythologie, tant la culture américaine manque de variété dans ce domaine ; elle est peuplée de super-héros qui sont presque tous des super-flics, un peu comme Tintin en plus fachistes.

    L’intention de Philippe Geluck est plus confuse, comme tout ce que fait Geluck, d’ailleurs, dont l’humour repose habituellement sur un usage efficace du paradoxe, c’est-à-dire à peu près l’équivalent de la contrepèterie pour les gens raffinés ou de la physique quantique pour les mécaniciens.

    En effet, ne voilà-t-il pas un anarchiste, proche de Siné, qui s’est néanmoins fait connaître par la télé et ses paillettes, les sermons dominicaux de Michel Drucker ; vous avouerez qu’on est loin de Ravachol, Che Guevara ou Ben Laden. Cet homme-là est un paradoxe vivant. Comme il réussit tout ce qu’il entreprend, d’aucuns concluront hâtivement qu’ils ont noué un pacte avec le diable, lui et son chat. «La Bible selon le chat» serait donc un ouvrage de commande ?

    Pas si sûr. Car si le diable est le dieu du rire, selon Baudelaire qui lança la mode de se moquer, non pas de dieu mais des Belges, P. Geluck est ici bien moins inspiré qu’avant, pour ne pas dire que son humour antijuif* ou antichrétien** tombe souvent à plat.

    P. Geluck semble avoir voulu faire rire, tout en provoquant à la réflexion, animé ainsi par de louables intentions, mais qui se sont neutralisées mutuellement, un peu comme deux personnes de fort tempérament, en formant une paire d’amoureux, finissent par constituer un binôme insipide au fil des ans.

    Geluck s’inscrit dans une tradition multimillénaire bien rôdée, attestée depuis l’antiquité, et qui consiste pour les satiristes à railler les récits mythologiques, dont l’absurdité apparente prête à rire, comme le récit de certains rêves incohérents (quand bien même les récits mythologiques juifs, grecs ou chrétiens, n’ont pas comme les rêves un fondement organique ou psychologique, mais se veulent au contraire une approche réaliste du monde, du cosmos ou de l’histoire).

    La genèse parle ainsi de la mort et du travail, qu’elle relie au diable et non à dieu, et de leur puissant effet de conditionnement sur l'homme ; elle en parle d’une manière, qui, si l’on y est pas habitué, peut déclencher l’hilarité ou causer de sérieux quiproquos.

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    La Bible selon le Chat, par Philippe Geluck, Casterman, 2013.


    *Il va de soi que P. Geluck n’incite pas à la haine raciale des juifs, puisque ceux-ci ne sont pas une race au sens biologique ou juridique selon… la bible.

     

    **Les efforts de Geluck pour provoquer une réaction des catholiques, en se déguisant en prêtre homo pour faire sa promo, n’ont pour l’instant pas déclenché de réaction majeure de la part du Saint-Siège. Déclencher une guerre ethnique entre Wallons et Flamands aurait sans doute été une meilleure tactique pour un auteur afin de faire parler de lui. Il semble trop tôt pour dire si le prochain conflit mondial éclatera sur la base d’un différend religieux, ou s’il opposera plus banalement les possédants à ceux qui n’ont rien ?

  • Réduction de têtes

    ...littéraires (pour faire de la place dans ma bibliothèque).

    En 2013, si vous voulez faire le portrait de figures vivantes, mieux vaut choisir des morts.

    Antistyle

    Cette semaine, deux anars parigots :

     

     

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    15 novembre 1905 : "Réveillé au milieu de la nuit par l'émotion très douce d'un songe. Je revoyais Alphonse Allais qui n'était pas mort et, je ne sais comment, Grasset était dans cette vision. Il y avait beaucoup de paix et d'amour. (...)" Léon Bloy

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    (La semaine prochaine : George Orwell et Georges Bernanos)