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juif

  • Caricature Pétain-Zemmour

    La Semaine de Zombi. Vendredi.

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  • Caricature Daniel Cohn-Bendit

    La Semaine de Suzette Zombi. Lundi : Les idéalistes d'aujourd'hui sont les rentiers de demain.

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  • Ni Dieu ni Eux*

    Mauvais titre (abscons) donné à une anthologie des dessins anticléricaux de Tignous, récemment publiée parwebzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,caricature,tignous,ni dieu ni eux,chêne,anticléricalisme,athée,fanatisme,religion,juif,catholique,république,islamique,allah,chloé verlhac les éds du Chêne (2017).

    Pour mériter l'adjectif "satirique", il convient de faire preuve d'esprit critique ; or, rares sont les dessins subtils dans ce recueil ; la compilation de caricatures donne l'impression que Tignous était un anticlérical obsédé, tirant à boulets rouges sur tout ce qui porte mitre, voile ou calotte, comme s'il avait un compte personnel à régler avec la religion... et surtout comme si nous étions encore au XVIIIe siècle, quand le clergé catholique exerçait quasiment sans partage l'autorité morale, ce qui n'est plus le cas depuis belle lurette.

    Le bouquin se situe plutôt au niveau de la polémique ou du militantisme que de la satire. Or le militantisme politique mérite les mêmes sarcasmes ou critiques que le fanatisme religieux ; au cours du siècle écoulé, le militantisme a fait des ravages et un nombre effrayant de victimes - nettement plus importants que ceux imputables aux partisans d'un Etat islamique "au nom d'Allah".

    Le fanatisme peut très bien se passer de l'invocation de dieu ; dans les temps modernes, celle-ci n'est plus qu'une "option", sur laquelle ce bouquin se focalise, donnant du fanatisme une image biaisée. Quid du fanatisme de l'argent, du fanatisme juridique, du fanatisme technocratique, typiquement occidentaux ?

    La postface de la veuve du dessinateur (Chloé Verlhac) a elle aussi une tonalité mystique, parlant de "continuer à se battre"... au nom de quelle cause et contre qui, exactement ?

    Dieu est mort, mais la "moraline" lui a survécu, soulignait le philosophe athée Nietzsche, conscient que la "moraline" est bien le problème sous-jacent au fanatisme religieux.

    L'anthologie de Tignous illustre surtout le déclin de l'esprit critique athée, qui avec Nietzsche, Marx, voire Feuerbach, a connu son apogée au XIXe siècle. Ces essayistes et philosophes, très différents voire opposés, avaient en commun de bien connaître les religions qu'ils critiquaient.

    Néanmoins, objectera-t-on, les journalistes de "Charlie-Hebdo" ont été massacrés par des musulmans fanatiques, dont l'acte témoigne d'un regain de la barbarie religieuse.

    Certes, mais il y a près d'un siècle et demi, les attentats des militants anarchistes, Ravachol et Caserio en tête, terrorisaient déjà Paris et la plupart des capitales européennes, visant parfois de supposés "traîtres à la cause du peuple".

    Un détail saute aux yeux dans cette comparaison : les anarchistes étaient aussi impies que les djihadistes se disent pieux ; c'est que l'attitude des élites dirigeantes a changé ; celles-ci utilisaient autrefois la foi et dieu comme un argument et un moyen d'oppression ; peu à peu, les élites industrielles et capitalistes ont relégué cet outil - à la limite contre-productif ; dans les régimes totalitaires athées, la sacralité du travail excède largement celle de dieu. Dieu est, cela depuis des siècles, alternativement un argument des peuples qui se révoltent, ou bien des élites dirigeantes.

    On se souvient aussi (cela figure dans son CV) de la collaboration de Tignous à des magazines confessionnels : "La Croix", "La Vie" (avant que ce dernier magazine ne soit racheté par "Le Monde") ; cette double casquette de caricaturiste anticlérical pour "Charlie-Hebdo" et de salarié d'un titre appartenant au clergé catholique avait scandalisé les lecteurs de "La Croix", au point qu'une pétition avait été lancée, réclamant à la direction du journal l'éviction du dessinateur.

    "Ni Dieu ni Eux", anthologie de dessins signés Tignous, éd. du Chêne, 2017.

  • Caricature Donald Trump

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    dessin par Waner

  • Revue de presse BD (227)

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    + Marin Martinie (Arts déco. Paris) succède à l'Enigmatique LB au palmarès du trophée "Presse-Citron", organisé par les étudiants de l'Ecole Estienne (Paris 13e) et décerné par un jury de dessinateurs de presse professionnels. Cette année encore le jury s'est prononcé pour un dessin en rapport avec la vie politique française, bien que les nombreux dessins envoyés abordassent des thèmes très variés.

    Tous ces dessins sont exposés à la bibliothèque Mitterrand (Bnf), accessible à tous (à condition de se soumettre aux contrôles de sécurité à l'entrée).

    + La bibliothèque nationale de France n'est pas la Sorbonne, mais quand même, le moins que l'on puisse dire c'est que ce cadre institutionnel jurait avec "Hara-Kiri", le thème choisi par l'Equipe interdisciplinaire de recherche sur l'image satirique (Eiris) pour une série d'allocutions, proposées le 15 mars à une assemblée clairsemée (une vingtaine de personnes).

    Il est vrai que la culture officielle se trempe régulièrement dans le courant de la contre-culture, auparavant ignorée voire méprisée, où elle trouve à se renouveler. Ainsi le musée Pompidou est devenu le temple de la culture bourgeoise, où les couples branchés trouvent une alternative à la messe dominicale, alors que ce musée recèle bon nombre d'oeuvres d'abord subversives.

    Ce phénomène est d'autant plus important à signaler en ce qui concerne "Hara-Kiri" ; en effet ce titre est associé au mouvement de révolte de "Mai 68", qui a fait l'objet d'une récupération politicienne intensive depuis. F. Cavanna et ses comparses ont témoigné au contraire d'un sentiment de défaite de l'esprit de "Mai 68" face au gaullisme, sentiment dont le pouvoir actuel, non moins appuyé sur l'armée et la police que le pouvoir gaulliste, nous rappelle qu'il est proche de la réalité historique.

    - Yves Frémion ("Papiers Nickelés") a exposé clairement les circonstances qui amenèrent François Cavanna (dessinateur médiocre) et Georges Bernier (alias Pr Choron, pas dessinateur du tout) à fonder LE journal satirique dessiné de référence du XXe siècle. "Charles Philipon (1800-1862) ["Le Charivari"], c'était Choron et Cavanna dans le même homme", a déclaré Y. Frémion en guise de comparaison.

    Cavanna et Choron, issus de milieux très modestes, ont été initiés au fonctionnement de la presse après-guerre par Jean Novi, promoteur avec sa femme de jeunes dessinateurs par le biais de différenteswebzine,bd,gratuit,fanzine,zébra,bande-dessinée,revue,presse,hebdomadaire,mars,2017,actualité,marin martinie,arts déco,trophée,presse-citron,dessin,école estienne,énigmatique lb,eiris,satirique,hara-kiri,yves frémion,charles philipon,cavanna,georges bernier,pr choron,jean novi,zéro,première chance,cordées,jean-claude gardes,ridiculosa,virginie vernay,topor,mric,pascal gros,dorthe landschulz,stern,titanic,eulenspiegel,siné-hebdo,marianne,mai 68,alain soral,polémiste,crif,juif publications à forts tirages ("Zéro", "Première Chance", "Cordées"), publiant des dessins d'humour et vendues par des colporteurs (dont Bernier le meilleur). Le décès de J. Novi et le tempérament entreprenant de Bernier et Cavanna les poussèrent par la suite à lancer leur propre journal, repoussant les limites de la censure (ci-contre, couverture du n°7 de "Zéro", illustrée par F. Cavanna, alias Sépia).

    Le Pr Choron expliquait par une comparaison avec le judo la ligne "bête et méchante" de "Hara-Kiri" ; il s'agissait de s'appuyer sur la bêtise et la méchanceté de la bourgeoisie et ses institutions pour les combattre.

    Y. Frémion a tenu a rappeler que le mensuel "Hara-Kiri" n'était pas un journal engagé politiquement ; de ce fait l'hebdomadaire "Charlie-Hebdo" ne découle pas directement de "Hara-Kiri", mais dérive plutôt de la "Grosse Bertha" de Ph. Val.

    Autre précision utile, celle de J.-C. Gardes (fac. de Brest), qui a indiqué que "Hara-Kiri" s'inscrivait déjà dans un contexte de déclin de la caricature dessinée. "Hara-Kiri" comblait en effet un vide creusé par la guerre.

    Outre l'influence sur "Hara-Kiri" des journaux satiriques français d'avant-guerre, tel "L'Assiette au Beurre", Frémion indique aussi l'influence du magazine américain "MAD" et son sens de l'humour absurde. R. Topor fut le représentant le plus emblématique au sein de "Hara-Kiri" de cette forme d'humour vague.

    - Ancienne collaboratrice de F. Cavanna et gardienne de sa mémoire à travers différents ouvrages, Virginie Vernay a, de son côté, insisté sur l'amitié entre F. Cavanna et le Pr Choron, qui suppléa au manque de moyens et d'expérience de ces deux aventuriers.

    Cavanna avait le flair pour dénicher de jeunes talents, à commencer par Reiser. Il eût parfois sur ses jeunes recrues une influence décisive : G. Wolinski, surnommé "petite culotte au vent" par Cavanna, abandonna ainsi son style méticuleux sur le conseil de son rédac' chef.

    On a souvent tendance à confondre le mensuel "Hara-Kiri" (-1960), et l'hebdomadaire plus politique (-1969), qui renaîtra après la censure sous le nom de "Charlie-Hebdo" ; en effet Cavanna et Choron publiaient un mensuel de BD, "Charlie", dont Wolinski était le rédac-chef. Pour tromper la censure, une fois devenu "Charlie-Hebdo", des planches de Charles Schulz ("Snoopy") seront encore publiées.

    - Jean-Claude Gardes, président de l'Eiris, avaient invité trois dessinateurs de presse : MRic ("Siné-Mensuel"), Pascal Gros ("Marianne"), dont une jeune dessinatrice allemande installée en Bretagne, Dorthe Landschultz ("Titanic", "Eulenspiegel" et le magazine "Stern").

    Ces dessinateurs de presse étaient invités à témoigner de leur formation, de leur expérience et de leurs influences. D. Landschulz a émis l'hypothèse que la satire vigoureuse, voire violente, telle qu'elle est pratiquée en France, est peut-être taboue en Allemagne à cause du souvenir du régime nazi ? Plutôt que "dessinateurs de presse", les dessinateurs allemands préfèrent se dire "Witzzeichner" (dessinateurs de gags).

    - Ces conférences feront l'objet d'une publication ultérieurement dans la revue "Ridiculosa" (organe de l'Eiris).

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    Dessin de Dorthe Landschulz (- Ma pétition en ligne contre le brocoli a atteint plus de 100.000 signataires ; - M'en fous, tu manges ce qui est dans ton assiette !)

    + Jean-Yves Brouard consacre une enquête dans le mensuel dBD (févrierwebzine,bd,gratuit,fanzine,zébra,bande-dessinée,revue,presse,hebdomadaire,mars,2017,actualité,arts déco,trophée,presse-citron,dessin,école estienne,énigmatique lb,marin martinie,eiris,satirique,hara-kiri,yves frémion,cavanna,georges bernier,pr choron,jean-claude gardes,virginie vernay,topor,mric,pascal gros,dorthe landschulz,stern,titanic,eulenspiegel,siné-hebdo,marianne,mai 68,dbd,jean-yves brouard,bled,cabu,martial,tam,malouines,censure,alain soral,crif,juif,charles philipon 2017) à l'utilisation de la BD par le service de propagande de l'armée française, au travers de ses publications "Bled" (hebdo), puis "TAM" (pour Terre, Air, Mer). Comme on peut s'y attendre, rien de très satirique là-dedans, ces publications souvent rédigées et conçues par des appelés du contingent ne publiant que des BD "édifiantes" ou des enquêtes policières menées par la gendarmerie. Pour l'anecdote, J.-Y. Brouard rappelle que Cabu dessina des gags pour "Bled" pendant son service militaire en Algérie, même si l'on sait que la guerre d'Algérie détermina le caricaturiste dans le choix d'une carrière de dessinateur satirique.

    Autre contribution humoristique, celle du dessinateur... Martial (ci-contre).

    J.-Y. Brouard mentionne deux cas de censure : - l'un touchant un projet de BD sur la guerre des Malouines et l'utilisation d'avions "Super-Etendard" français par l'armée argentine. L'armée française formant discrètement les Argentins à l'usage de nos missiles, on craignait sans doute de provoquer ainsi une réaction anglaise. Autre cas plus intéressant, la censure d'une BD relatant un crime de guerre commis par l'armée américaine pendant la 2nde guerre mondiale contre la marine militaire allemande et les marins italiens et anglais au secours desquels les Allemands s'étaient portés. Ronald Reagan étant en tournée diplomatique en France, le service de propagande de l'armée française craignit de provoquer ainsi un incident diplomatique. 

    + Le polémiste Alain Soral vient d'être condamné à trois mois de prison ferme pour "contestation de crime contre l'humanité" et "injure raciale" par un tribunal correctionnel de Paris, saisi d'une plainte de l'Union des étudiants Juifs de France et de la Licra ; en cause, un dessin publié par Alain Soral sur son site "Egalité et Réconciliation", qui fait non seulement allusion à la shoah, mais aussi à la Une de "Charlie-Hebdo" représentant le chanteur Stromae, dessin faisant suite à un attentat à l'aéroport de Bruxelles.

    Il y a sans doute un côté ubuesque ou bipolaire chez Alain Soral, qui a récemment molesté publiquement... un partisan xénophobe de l'expulsion de tous les immigrés d'origine africaine. On peut également trouver absurde tout ou partie de ses propos complotistes ; mais il est sans doute plus absurde encore de déléguer à une poignée de magistrats le pouvoir de décréter ce qui est couvert par la "liberté d'expression" et ce qui ne l'est pas.

    Aussi violent soit-il, A. Soral est un type assez isolé : il convient de rappeler que la déportation massive des Juifs est le fait d'un appareil d'Etat tout entier et, ainsi que le diagnostiqua H. Arendt, d'un esprit de soumission généralisé à cet appareil d'Etat, qui conduisit la plupart des fonctionnaires à exécuter les ordres qu'ils avaient reçus sans se poser de questions.

  • Revue de presse BD (220)

    + Le Festival d'Angoulême qui commence tout juste est une foire aux livres qui draine une foule dewebzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,revue,presse,hebdomadaire,janvier,2017,actualité,golo,minage,festival,angoulême,argot,marsam graphics,shoah,musée,juif,éthique,histoire,hergé,gestapo,tintin,soviets,communiste,idiot international,hara-kiri,charlie-hebdo,jean-edern hallier,zarka,cruse,parti communiste,bertrand delais,nils andersen chalands grâce aux séances de dédicaces dessinées que les collectionneurs s'arrachent. Les auteurs de BD, en général habitués à une vie d'ermite, peuvent se relaxer le poignet dans l'un des nombreux troquets qui parsèment la ville ; l'un d'entre eux, "Le Café du Minage", propose une expo de planches et illustrations de Golo (pouquoi pas Goulot ?), qui dessine depuis les années 80 les bistrots et leur clientèle et décrit leurs moeurs spécifiques (expo. recommandée par l'atelier international de BD "Marsam Graphics").

    + Le Musée (mémorial) de la Shoah à Paris organise une série de colloques sur le thème de l'extermination des Juifs d'Europe au cours de la 2nde guerre mondiale, et du traitement de cet événement en BD ("Art mineur et questions majeures", le 5 février, "Varsovie en guerre ou en bande-dessinée", le 5 mars).

    Le thème de la Shoah a rarement été abordé directement en BD ; il est difficile de divertir le public à partir d'un sujet aussi dur ; Hergé parvint à amuser le jeune public tout en délivrant un message anticommuniste, ou encore antiaméricain, voire même avec la propagande coloniale belge : mais son style naïf est sans doute démodé aujourd'hui.

    De plus, la Shoah occupe une place centrale dans l'éthique contemporaine, et donc dans le "roman national" français enseigné aux collégiens et lycéens depuis les années 60-70, relayé par un certain nombre d'oeuvres cinématographiques - or c'est un cadre contraignant que celui de la morale publique pour qui veut faire oeuvre d'historien, que ce soit par le truchement de la BD ou non. On se souvient que les films de S. Spielberg et R. Benigni ont déclenché de vives polémiques en France, ceux-ci étant accusés d'irrespect.

    Comme on juge l'arbre à ses fruits, la question de l'efficacité de l'éthique de la Shoah mériterait d'être posée : - suscite-t-elle un plus grand respect des opprimés ? Ne risque-t-elle pas, comme la morale catholique autrefois, d'être rejetée par les milieux populaires ?

    + Un lecteur de Zébra m'écrit pour me signaler que le choix de la couverture du "Tintin chez les Soviets" colorisé, en vente partout actuellement, et plutôt étonnant puisqu'il montre Tintin & Milou fuyant la... Gestapo allemande (dans une automobile volée à celle-ci). C'est peut-être un clin d'oeil à Hergé, qui n'aimait pas qu'on lui rappelle son anticommunisme primitif (non pas primaire), au plus fort de la domination idéologique du parti communiste.

    + "L'Idiot international" fait partie des très rares titres de presse anticonformistes à côté de "Hara-Kiri"/"Charlie-Hebdo" au cours de la seconde moitié du XXe siècle (à l'exclusion de titres plus confidentiels).

    Un documentaire de "France 5" (par Bertrand Delais et Nils Andersen - en replay jusqu'à lundi 30) racontewebzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,revue,presse,hebdomadaire,janvier,2017,actualité,shoah,juif,musée,éthique,histoire,hergé,gestapo,tintin,soviets,communiste,idiot international,jean-edern hallier,parti communiste,bertrand delais,nils andersen,hara-kiri,charlie-hebdo,zarka,cruse,golo,minage,festival,angoulême,argot,marsam graphics,le parisien,paris,carte,google maps,jacques tardi,boboland,dupuy,berbérian,ile-de-france comment et pour quelles raisons scabreuses quelques cadres haut placés du parti communiste français à son crépuscule (P. Zarka & J.-P. Cruse) décidèrent de financer un journal satirique dirigé par Jean-Edern Hallier (1936-1997), personnalité pratiquement incontrôlable et sans opinion politique fixe. Le PCF et le dandy breton n'avaient en commun que la détestation de François Mitterrand, qui contribua à l'agonie du PCF et l'émergence du lepénisme pour le plus grand profit du parti socialiste.

    La rencontre de Jean-Edern et de Fidel Castro, destinée à légitimer le trublion Hallier auprès des électeurs communistes, reste un grand moment de cinéma, que BHL n'est pas tout à fait parvenu à égaler.

    On mesure à travers ce documentaire l'emprise délétère des partis politiques sur la vie culturelle et intellectuelle française, même si la tentative des cadres du PCF pour redorer le blason du parti était sans doute vouée à l'échec. Grâce à Jean-Edern Hallier, plus romantique que stratège, "L'Idiot international" évita de tomber dans le militantisme et le sectarisme qui va avec.

    On peut reprocher au documentaire d'atténuer la violence de la censure du régime en place et des menaces d'élimination physique à l'encontre de Jean-Edern Hallier ; la bravoure insensée du personnage ne fait qu'accentuer sa ressemblance avec Don Quichotte.

    + Initiative touristique, "Le Parisien" publie avec "Google Maps" une carte interactive de l'Ile-de-France en BD, qui permet de situer sur une carte les lieux qui ont servi de décors à tel ou tel dessinateur. Jacques Tardi est très représenté ; en revanche on note l'absence de Dupuy et Berbérian à travers leur BD satirique "Boboland".

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  • Revue de presse BD (206)

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    + L'actualité et ses drames inspirent parfois les auteurs de BD. Le jeune dessinateur italien Armando Genco nous a demandé de publier dans "Zébra" la traduction d'une BD qui dépeint le sort des migrants qui tentent de s'introduire en Europe dans des conditions dantesques.

    + Même si certains soulignent son côté industriel, la bande-dessinée conserve un côté artisanal démodé (l'art moderne ne doit pas sentir l'huile de coude, mais le parfum de la philosophie). Ainsi le dessinateur de la série à succès "Thorgal", Rosinski, travaille depuis quelques années avec son fils Piotr, dont le rôle consiste à faire tampon entre son père et le scénariste avec qui il travaille.

    Artisan accompli, Rosinski est en mesure de poser des conditions et de refuser des scénarios qui lui déplaisent : "Je n'aime pas dessiner la violence et les scènes de sexe. Dans l'album précédent, j'ai refusé les scènes érotiques. C'est mieux quand ce n'est pas montré. Concernant la violence, je déteste quand on place des ralentis dans un film... je n'arrive pas à comprendre qu'un spectateur puisse se délecte de telles scènes (...)" (interview "dBD" novembre 2016)

    + François Forcadell cite une interview de l'éditeur Frédéric Pajak ("Les Cahiers dessinés"), qui déclare à propos des dessinateurs de presse : « Aujourd’hui, la plupart d’entre eux se contentent de faire des petites blagues, en caricaturant à la va-vite tel ou tel homme politique. Ils ne dessinent plus : ils font des crobards. Ils sont souvent incultes, comme leurs rédacteurs en chef, et n’ont plus aucun sens de l’histoire : ils réagissent à l’actualité, ne s’émeuvent que dans l’urgence. Le dessin de presse devrait s’inspirer de Goya, de George Grosz ou de Saul Steinberg. »

    Baudelaire, en son temps, se plaignait déjà de l'inculture des peintres contemporains exposés aux Salons. Cela dit, Baudelaire savait un peu dessiner et caricaturer, lui. En parlant de Goya, c'est plutôt le dessinateur espagnol qui s'est inspiré des dessinateurs de presse anglais, non l'inverse.

    Plus précisément que Pajak, dont on aimerait bien savoir ce qu'il entend par "sens de l'histoire" (Pajak se réclame par ailleurs de Nietzsche, qui nie farouchement que l'histoire ait un quelconque sens), mentionnons deux fléaux convergents : le militantisme croissant des dessinateurs de presse, c'est-à-dire leur obéissance à la ligne politique d'un parti. L'originalité de "Charlie-Hebdo" fut de n'être pas un "journal engagé", quand toute la presse française était mise au service des partis et des industriels les soutenant.

    Deuxièmement, l'américanisation du dessin de presse ; aux Etats-Unis, les "editorial cartoonists" illustrent, expliquent la vie des partis politiques à l'aide de dessins auxquels seuls ceux qui suivent l'actualité politique de près trouvent de l'intérêt. Tandis que la caricature est plus artistique en France, elle est plus (trop) journalistique aux Etats-Unis.

    + "La Terre promise", dernier album de "Lucky-Luke", paraîtra bientôt. Après Daniel Pennac et Laurent Gerra, c'est le caricaturiste Jul qui a été choisi pour remplacer Goscinny. Dans cet album, Lucky-Luke rencontre une famille de colons juifs venus de Pologne ; Jul s'étonne que Goscinny n'y ait pas pensé, étant lui-même d'origine juive. Mais les minorités religieuses ou ethniques sont souvent, dans les albums de Lucky-Luke, prétexte à des blagues jugées parfois douteuses ; les Chinois exercent ainsi systématiquement le métier de blanchisseur.

    Par ailleurs Jul oublie que se revendiquer Juif n'a pas toujours été à la mode parmi les Juifs (non pratiquants), et que beaucoup de Juifs, pour des raisons qui n'ont pas forcément trait aux persécutions subies par cette communauté, rejetèrent leur "identité juive". N'est Juif, écrivait à juste titre Sigmund Freud, que celui qui suit Moïse et sa Loi (ce médecin allemand s'excluait ainsi lui-même de la communauté juive, estimant que Moïse et ses adeptes n'étaient qu'une bande de voyous anarchistes).

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