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dante

  • Revue de presse BD (161)

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    + Un architecte en chef des monuments historiques, Philippe Villeneuve, a pris l'étonnante initiative d'orner la Tour de La Lanterne à La Rochelle de deux gargouilles à l'effigie de Cabu et Wolinski lors des travaux de rénovation ; deux femmes nues encadrant le faciès grimaçant de Wolinski est censé souligner la ressemblance. Pourtant on avait cru comprendre d'après Cabu que le diable, c'était Sarkozy ou Le Pen !?

    + Plus vivant Wolinski, ainsi que les piliers de "Charlie-Hebdo-Hara-Kiri", Cavanna et Choron, dans cette archive filmée datant de 1972. Wolinski et Cavanna expliquent ce qui différencie leur art du militantisme. En vieillissant, "Charlie-Hebdo" deviendra de plus en plus militant.

    De plus on peut voir une altercation entre Choron et Siné, ce dernier reprochant à "Hara-Kiri" de ne pas se mêler de politique. - Les gauchistes sont des fumiers ! suggère Choron pour légender un dessin ; - Ne compte pas sur moi pour écrire un truc pareil ! réplique Siné. La subversion de la subversion par la gauche, jusqu'à en faire un code vestimentaire bobo imposé par la gauche à la droite.

    + Interwievé par le site "Actuabd" pour sa BD sur L.-F. Céline (avec les frères Brizzi, chez Futuropolis), l'acteur Christophe Malavoy donne les raisons qui l'ont poussé à adapter son idée en BD plutôt qu'au cinéma :

    - Ce film que vous vouliez réaliser est tombé à l'eau ?

    Cette production cinématographique est un gros investissement sur un sujet qui demeure délicat pour beaucoup." Autrement dit, la censure n'est pas aussi stricte en BD qu'elle l'est au cinéma.

    + La revue "Saison", produite par le site belge "Grandpapier" livre son dernier opus n°6 (faute de temps, les rédacteurs ont décidé de jeter l'éponge) ; "Saison" sélectionne les meilleurs chapitres de BD publiés gratuitement sur le site "Grandpapier". On peut lire par exemple "Les Portes de l'Enfer", par Helkarava, une sorte de version "hipster" de "L'Enfer" de Dante.

     

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    Planche extraite de "Les Portes de l'Enfer" par Helkarava (Saison n°6)

  • Revue de presse BD (130)

    Extraits de la revue de presse publiée dans l'hebdo Zébra.

     

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    + Comme nous l'avons déjà rapporté dans cette revue de presse, le site belge "Grand Papier" propose désormais chaque trimestre une anthologie des meilleures planches publiées sur leur site dans un fanzine disponible gratuitement en ligne intitulé sobrement "Saison", et qui contribue ainsi à faire découvrir de jeunes auteurs.

    Au sommaire de la livraison d'hiver, on trouve notamment, par Quentin Bidaud, étudiant à l'Ensad (arts déco.), un récit d'aventure intérieure quelque peu scabreux, intitulé "Les Îles oubliées". Plus surprenant, du moins de prime abord, les illustrations de Laurie Agusti pour la "Divine Comédie" de Dante, travail auquel s'attela de même il y a quelques siècles le fameux dessinateur et peintre Alessandro Botticelli (1444-1510). De prime abord seulement, car la "Divine comédie" est une des oeuvre-clefs, si ce n'est LA clef pour comprendre la culture occidentale, si complexe. Dante combine en effet dans ce long poème philosophico-politique très pittoresque des éléments empruntés à la Bible avec des éléments de philosophie naturelle empruntés à la religion païenne, en principe antagoniste. Loin d'être le seul philosophe à procéder à un tel amalgame ou syncrétisme, l'efficacité stylistique de Dante est celle d'un bâtisseur de cathédrale. Si donc la bande-dessinée franco-belge est un art typiquement occidental, elle a forcément un lien avec la "Divine Comédie", fantaisie éthique majeure.

    + Le Canadien Guy Delisle, auteur de quelques notes dessinées prises au cours d'un voyage officiel en Corée du Nord et publiées par "L'Association" déplore sur son blog que le producteur (New Regency, filiale de Fox/Rupert Murdoch) qui avait acheté les droits d'adaptation de « Pyongyang » ait finalement renoncé. Sony, impliqué dans la production également, aurait reçu des menaces de la Corée du Nord, ce que les autorités de ce pays ont nié.

    Volontairement ou pas, Guy Delisle se montre ambigu. D'abord parce qu'il avoue avoir renoncé à son droit de regard sur l'adaptation de "Pyongyang", ce qui dans le cas d'un tel bouquin, sur un sujet diplomatique sensible, paraît assez "léger", voire irresponsable. « (...) En laissant les droits à une grosse maison de production américaine, je me doutais bien qu'on ne viendrait pas me demander mon avis et ça me convenait très bien de laisser mon livre se faire adapter. »

    De plus, quand G. Delisle a accepté de voyager en Corée du Nord pour des raisons professionnelles, la réputation d'autoritarisme de ce régime n'était plus à faire depuis longtemps. Que penserait-on d'un architecte, qui après avoir loué ses services au gouvernement chinois, écrirait à son retour un article pour dénoncer la dictature qui règne dans ce pays ? G. Delisle décrit d'ailleurs la volonté de faire un "coup éditorial" avec L'Association :  « On a cherché la clause de confidentialité sur le contrat [de G. Delisle avec son employeur] sans la trouver. Finalement, il m'a dit [J.-C. Menu] : tant pis si on se prend un procès, c'est un livre qu'il faut faire. »

    L' art engagé, soit, mais à quel prix ?

    + Le célèbre intervieweur de radio Jacques Chancel est décédé la semaine dernière ; les hommages funèbres les moins mesurés lui ont été rendus, comme il se doit en cette occasion. Pourtant le talent d'accoucheur de J. Chancel était discutable. Il faisait plus souvent usage des forceps que de la méthode douce avec ses « clients ». Lors d'un éloge posthume, un de ses amis, voulant ainsi démontrer le génie du cher disparu, a confié que J. Chancel ne lisait même pas toujours les livres des écrivains qu'il interviewait néanmoins si bien ; c'est précisément l'impression qu'il donnait parfois.

    A titre d'exemple, on peut revoir cette interview de René Goscinny, où J. Chancel a tendance à déballer les vieux poncifs sur la BD, en guise de questions, et à les répéter, en guise d'approfondissement. Goscinny, que l'on devine susceptible, est vite sur la défensive. On l'entend dire quand même qu'il fait son métier avec enthousiasme, indifférent au mépris aussi bien qu'à la notoriété. Il avait préparé cette formule de contre-attaque : "Les BD érotiques sont achetées par les adultes, mais lues en cachette par les enfants, tandis que les BD pour enfants sont achetées pour les enfants, mais lues en cachette par les adultes."  Suspecté de misogynie, Uderzo se défend en disant qu'il est difficile de faire d'une femme un personnage comique ou grotesque ; peut-être pas misogyne, mais galant homme.

    + Nouvelle rubrique dans cette revue de presse : et si Finkielkraut avait raison, si la BD n'était qu'un truc d'ados attardés ? Plusieurs auteurs de BD, tels R. Crumb ou L. Trondheim, ont expliqué qu’exposer des planches de BD dans des musées ou des galeries est une ineptie ; ça ne les a pas empêchés de déroger à ce principe, mais leurs explications sont plutôt convaincantes. J. Van Hamme & P. Francq, respectivement scénariste et dessinateur de "Largo Winch", eux, ont dû se dire : "Tant qu'à faire inepte, autant pousser le curseur de l'ineptie au maximum", puisqu'ils ont organisé une expo de leurs planches de BD immergées à plusieurs dizaines de mètres de profondeur dans une piscine. Il est vrai que pour devenir millionnaire comme Largo Winch, il faut avoir de l'audace.

    + La gaffe de la ministre de la Culture Fleur Pellerin - cet aveu qu'elle n'a pas le temps de lire -, au-delà des sarcasmes visant son incompétence professionnelle, trahit une réalité sociale : la culture, à l’ère du numérique, dispense de savoir lire ou presque ; certaines études indiquent que la lecture est en voie de disparition aux Etats-Unis. Le rêve de Tocqueville d'une démocratisation de la culture n'est donc pas devenu réalité.

    Critiquée naguère pour sa facilité, la bande-dessinée pour enfants est désormais menacée d'être supplantée par de nouveaux jeux qui font moins de place encore à la lecture.

    + La ministre Fleur Pellerin a fini par répliquer qu'elle n'est pas payée pour lire mais pour défendre les auteurs, ce qui revient à peu près à soutenir qu'il vaut mieux être végétarien pour promouvoir la viande rouge. En conséquence, le 5 décembre dernier, la ministre a promulgué en grande pompe un nouveau contrat d'auteur, afin d'améliorer les relations entre éditeurs et auteurs et préparer la transition vers les techniques de diffusion et de vente numérique.

    Peu de changement, si ce n'est la possibilité nouvelle mais assez théorique pour un auteur de résilier un contrat avec un éditeur sans passer par un tribunal. On comprend qu'il s'agit surtout de brosser dans le sens du poil un prolétariat d'auteurs mal payés, dans un contexte économique défavorable qui dépasse largement la ministre.

  • Réduction de tête

    ...littéraire (pour faire de la place dans ma bibliothèque). Cette semaine, deux vedettes italiennes.

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    Le "Décaméron" de Boccace est disponible gratuitement en ligne ; Giorgio Vasari a représenté ci-webzine,zébra,gratuit,bd,fanzine,bande-dessinée,antistyle,littéraire,critique,littérature,portrait,écrivain,caricature,citation,giovanni boccace,diable,pacte,société,catholicisme,décameron,toscane,giorgio vasari,dante,cavalcanti,pétrarquecontre le gratin des lettres toscanes : Dante (fauteuil), Pétrarque (ecclésiastique au bouquin vert), G. Boccace (entre Dante et Pétrarque), et G. Cavalcanti (face Dante).

    par Antistyle


     

  • Réduction de tête

    ...littéraire (pour faire de la place dans ma bibliothèque). Cette semaine, Dante.

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    par Antistyle

     

  • Paolo Pinocchio****

    En préambule, disons que c’est une bonne idée de traiter de l’enfer en bande-dessinée (une idée dontfanzine,bd,zébra,bande-dessinée,illustration,critique,zombi,paolo pinocchio,lucas varela,dante,boccace,rome,enfer,paradis,psychanalyse,âme,tanibis,panthéon,divine comédie les planches de Louise Asherson dans "Zébra" autour de la "Divine comédie" ne sont pas éloignées, voire la BD expérimentale de David Roche sur la "Vie des Cavernes", qui pourrait être sous-titrée: "Une Saison en Enfer").

    L’enfer est, en effet, une fiction extrêmement tenace, pour ainsi dire liée à l’âme ou la conscience humaine. Ceux qui ne veulent rien entendre de l’enfer, le plus souvent, ne font que le fuir pour se précipiter dans une formule alternative, ignorant à quel point cette fiction peut revêtir des formes artistiques différentes ; parfois un seul objet d'art suffit à la représenter symboliquement, tel le vase de Pandore. Il n’y a donc pas de conscience éthique ou morale chez un individu, sans conception de l’enfer liée à cette conviction.

    Une personne prétendument dépourvue de conscience éthique ou de sens moral -par exemple un tueur en série, le type auquel on prête généralement ce type de caractère-, cette personne est sans doute persuadée que l’enfer n’est qu’une extension du domaine de la lutte à laquelle se livrent les puissants entre eux, au détriment des faibles, ici et maintenant. Dans ce cas le paradis se réduit à de rares moments de jouissance exclusive. Le jouisseur, seul, en détient la clef.

    Prendre Pinocchio comme personnage principal de pérégrinations au sein de l’enfer et ses différents lieux d'aisance, est également judicieux de la part du dessinateur argentin Lucas Varela (du magazine "Fierro"). La version originale de "Pinocchio" est précisément un conte pédagogique et moral, dont le but est donc d’inculquer la peur de l’enfer. Il y a une tendance aujourd'hui, dans le domaine des contes pédagogiques, à publier des contes "politiquement corrects", adaptés aux péchés modernes, dont on peut dire qu’ils sont dans la droite ligne du "Pinocchio", déjà en son temps, œuvre d’éducation nationale. La force de "Pinocchio" est d’être générique, et donc recevable dans une variété de cultures ou de religions plus grande (Les contes retranscrits par Perrault, ou ceux d’Esope, sont beaucoup plus équivoques, et remettent parfois en cause la piété familiale ou nationale.)

    Le Pinocchio de Lucas Varela se joue de l’enfer. Disons que, comme tous les ouvrages humoristiques, il a pour effet de remettre en cause le discours éthique ou politique nécessairement binaire; de mettre un bâton dans la mécanique de la fiction, dont le discours moral et politique se nourrit au contraire (On comprend que les anarchistes puissent user de l’humour comme d’une arme beaucoup plus efficace que le terrorisme.)

    Les allusions dans "Paolo Pinocchio" à d’autres œuvres inspirées par l’enfer sont nombreuses. Dans la culture italienne où Varela puise, elles ne manquent pas. Elles viennent tantôt de la mythologie romaine, tantôt du christianisme opposé (qui associe Rome à Satan); parfois de telles conceptions se conjuguent bizarrement, comme dans la "Divine comédie". Varela fait ainsi du clergé catholique, à l’instar de Dante et Boccace, un grand pourvoyeur de l’enfer. Une prêtresse de Diane confie à Pinocchio: "L’enfer n’est qu’un état de l’âme." Elle rejoint ainsi la psychanalyse moderne, et Varela s’amuse de la comparaison entre l’appendice nasal érectile de Pinocchio et l’organe viril, objet spécial de l’attention de toutes les doctrines morales à travers les âges (La capote anglaise n’est pas si éloignée du voile islamique qu’on le croit, tous deux instruments conçus pour protéger la société des débordements masculins.)

     Apparemment légère, cette variation sur le conte de Pinocchio facilite la compréhension de déterminations sociales le plus souvent inconscientes, et d’un symbolisme culturel plus profond que les étiquettes religieuses ou partisanes antagonistes peuvent laisser penser. Ces oppositions correspondent en réalité à des méthodes opposées pour accéder au bonheur. La multiplication des points de vue éthiques ou identitaires finit par incliner chacun à penser que l’enfer, c’est l’autre, dans la mesure où il constitue un obstacle sur la voie du bonheur. La crise économique représente une menace de nature infernale pour beaucoup; une menace qui trouve sa principale force dans la conviction que la société de consommation est un paradis (si tel était le cas, nul n'y ferait un usage abusif de l'alcool ou de la drogue, dont la jouissance paisible dissuade). L'état de panique ou de terreur provoquée par l'enfer et ses multiples représentations, joue donc un rôle social décisif de maintien de l'ordre public, en tous temps et en tous lieux.

    Pour faire valoir encore l’actualité de cette BD, je fais observer que nos députés ne sont autres que des "élus". Et que la destination de nos grands hommes et femmes est toujours le "Panthéon" ; enfin qu’il est réservé au peuple un rôle de figuration, guère éloigné de celui attribué à Jupiter dans certaine religion antique.

    Paolo Pinocchio, Ed. Tanibis, 2012

    (par Zombi - leloublan@gmx.fr)

  • L'éléphant

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