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panthéon

  • Caricature Simone Veil

    La Semaine de Suzette Zombi. Mardi : "Simone et Antoine Veil au Panthéon : ces couples réunis pour l'éternité." Bfmtv.com

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  • Revue de presse BD (237)

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    Une des nombreuses têtes de Balzac exécutées par Rodin, à la recherche de l'expression du grand romancier réaliste.

    + L'acteur Vincent Lindon a coproduit un film qui retrace une partie de la vie de Rodin, dans lequel il joue le rôle du sculpteur. Le scénario est focalisé sur la statue de Balzac, qui joue un rôle important dans la carrière de Rodin ; en effet cette statue en pied, qui ressemble à une caricature de Daumier, ne fut pas du goût de la Société des gens de lettres qui l'avait commandée (et qui réclama même son remboursement), ni du public qui se moqua du sculpteur et cette oeuvre originale. En revanche Rodin était satisfait du résultat et de ses efforts pour saisir l'expression du modèle d'après des documents et des témoignages.

    - On s'est beaucoup moqué de lui. Mais on s'accorde à dire aujourd'hui que c'est le point de départ de la sculpture moderne. Avant Rodin, les écrivains étaient systématiquement sculptés dans un fauteuil avec une plume et un encrier dans les mains... Et voilà son Balzac représenté nu, sans aucun de ces attributs.

    V. Lindon oublie le Voltaire nu de Pigalle (1714-1785), meilleur portraitiste que Rodin au demeurant, qui fit scandale auparavant. D'ailleurs, après avoir représenté Balzac nu, la bedaine en avant, Rodin le recouvrit de la grande robe dans laquelle Balzac aimait s'envelopper pour écrire selon le témoignage de son ami Th. Gautier.

    + Dans son édition de la semaine dernière (17 mai), le "Canard Enchaîné" (Frédéric Pagès) révèle que lewebzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,actualité,revue,presse,hebdomadaire,mai,2017,caricature,vincent lindon,pigalle,auguste rodin,balzac,françois hollande,cambadélis,canard enchaîné,frédéric pagès,catherine duchêne,bonne étoile,cabu,françois forcadell,daumier,panthéon président sortant François Hollande a reçu, comme cadeau de départ, remis par J.-C. Cambadélis au nom du Parti socialiste, une toile de la jeune artiste avignonnaise Catherine Duchêne, intitulé "La bonne étoile". F. Mitterrand était reparti, au terme d'un règne beaucoup plus long, avec une Renault Twingo. L'hebdo se montre ironique avec la jeune artiste qui a peint la toile ; mais, après tout, le PS n'est-il pas le parti de la culture ?

    + S'ils jugent le cadeau du PS à François Hollande insuffisant, les journalistes du "Canard" peuvent toujours se cotiser pour lui offrir le dernier album des meilleurs dessins de Cabu ("Le Journal des Présidents"), dont François Forcadell dit ici tout le bien qu'il pense.

    Après avoir souligné l'étendue du talent de Cabu, non seulement caricaturiste mais aussi "paysagiste" ("Revoir Paris") et auteur [inégalé] de reportages satiriques, F. Forcadell émet le voeu que Cabu rejoigne Daumier au Panthéon des caricaturistes. H. Daumier se distinguait aussi par une palette étendue, plus étendue encore que celle de Cabu puisqu'il pratiquait aussi la sculpture et la peinture, en plus des arts maîtrisés par Cabu.

    L'histoire de l'art, souvent élitiste et méprisante vis-à-vis de l'art populaire, a fini par reconnaître l'influence de Daumier sur l'art moderne du XXe siècle. Le rayonnement de Cabu sur les arts voisins n'est pas équivalent, loin s'en faut.

    On peut craindre par ailleurs que Cabu ne soit transformé en martyr de la cause républicaine laïque (chauvinisme déguisé en humanisme), bien qu'il n'a pas ménagé tout au long de sa carrière ces trois piliers de la République que sont l'Education nationale, la police et l'armée. Ce ne serait pas le premier cas de dessinateur pacifiste réquisitionné pour le compte de la guerre des idées.

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    Le légendaire café "Procope", Voltaire et Guillotin vus par Cabu (In : "Tout Cabu").

     

  • Caricature François Hollande

    La Semaine de Zombi. Mercredi : qu'aurait dit Voltaire, qui n'était pas tendre avec les religions, de ce culte loufoque et totalement improvisée ?

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  • Revue de presse BD (93)

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    + La dernière enquête de Spirou et Fantasio, signée Schwartz & Yann, qui paraît en feuilleton dans l'hebdomadaire "Spirou", mène ces deux héros à Saint-Germain-des-Prés, au "Café de Flore", où ils ne manquent pas de croiser Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir. Comme quoi il n'y a pas qu'en Ukraine qu'on déboulonne de vieilles statues...

    + Toujours dans le magazine Spirou (12 mars 2012), la scénariste de "Pablo", biographie en BD de Picasso dont le dernier tome va paraître chez Dargaud, Julie Birmant explique qu'elle a voulu "donner sa revanche" à Fernande Olivier, dont Picasso fit interdire la parution de ses mémoires. Fernande révélait notamment que Pablo consommait régulièrement de l'opium. Julie Birmant conclut que l'art de Picasso plaît peut-être beaucoup aux enfants parce qu'il était comme eux : gai, vivant, et parfois un peu cruel (troisième tome prépublié dans lemonde.fr).

    + L'association Artémisia, dont la vocation est de promouvoir la bande-dessinée féminine, s'offusque de la faible proportion de femmes au Panthéon, et à demandé à neuf dessinatrices de protester par un dessin. S'il y a bien un lieu où la paix et l'égalité devraient régner entre les sexes, ce sont les cimetières, columbariums, mausolées, et autres espaces cinéraires !

    + Un trophée "presse-citron" du dessin de presse, ou plutôt deux, l'un pour les professionnels, l'autre pour les amateurs, sera décerné dans le cadre d'une biennale du dessin de presse organisée à la BNF. Candidature jusqu'au 17 mars.

    + Lors des obsèques du cinéaste breton Alain Resnais, son portrait en BD par Floc'h, également auteur d'affiches pour des films de Resnais, a été placardé sur la facade de l'église Saint-Vincent-de-Paul (Paris, Xe).

    + Fred Wayne, rédac-chef du fanzine "Rien-à-voir", raconte sur son blog-BD sa vie aux "Restaus du coeur" où il travaille comme bénévole.

    "Comment ce but serait atteint, il n'en savait rien. Il attendait seulement son heure, comme fait la jeunesse ; il savait seulement qu'il appartenait à cette vieille famille de la terre dont le destin, dont une responsabilité, était de jouer un rôle dans l'histoire (...)" : "La Vie Hantée" (The Haunted Life), roman inédit de Jack Kerouac, vient de paraître aux éditions Penguin ; le manuscrit, rédigé par l'écrivain à 22 ans, et ensuite perdu dans un taxi new-yorkais, a été retrouvé. Dans cette oeuvre largement autobiographique, Kerouac s'interroge sur son destin de rejeton d'une vieille famille française émigrée au Canada.

    + Le dessin de la semaine est de Tamia Baudoin qui collabore au fanzine "Le Loyer".

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  • Paolo Pinocchio****

    En préambule, disons que c’est une bonne idée de traiter de l’enfer en bande-dessinée (une idée dontfanzine,bd,zébra,bande-dessinée,illustration,critique,zombi,paolo pinocchio,lucas varela,dante,boccace,rome,enfer,paradis,psychanalyse,âme,tanibis,panthéon,divine comédie les planches de Louise Asherson dans "Zébra" autour de la "Divine comédie" ne sont pas éloignées, voire la BD expérimentale de David Roche sur la "Vie des Cavernes", qui pourrait être sous-titrée: "Une Saison en Enfer").

    L’enfer est, en effet, une fiction extrêmement tenace, pour ainsi dire liée à l’âme ou la conscience humaine. Ceux qui ne veulent rien entendre de l’enfer, le plus souvent, ne font que le fuir pour se précipiter dans une formule alternative, ignorant à quel point cette fiction peut revêtir des formes artistiques différentes ; parfois un seul objet d'art suffit à la représenter symboliquement, tel le vase de Pandore. Il n’y a donc pas de conscience éthique ou morale chez un individu, sans conception de l’enfer liée à cette conviction.

    Une personne prétendument dépourvue de conscience éthique ou de sens moral -par exemple un tueur en série, le type auquel on prête généralement ce type de caractère-, cette personne est sans doute persuadée que l’enfer n’est qu’une extension du domaine de la lutte à laquelle se livrent les puissants entre eux, au détriment des faibles, ici et maintenant. Dans ce cas le paradis se réduit à de rares moments de jouissance exclusive. Le jouisseur, seul, en détient la clef.

    Prendre Pinocchio comme personnage principal de pérégrinations au sein de l’enfer et ses différents lieux d'aisance, est également judicieux de la part du dessinateur argentin Lucas Varela (du magazine "Fierro"). La version originale de "Pinocchio" est précisément un conte pédagogique et moral, dont le but est donc d’inculquer la peur de l’enfer. Il y a une tendance aujourd'hui, dans le domaine des contes pédagogiques, à publier des contes "politiquement corrects", adaptés aux péchés modernes, dont on peut dire qu’ils sont dans la droite ligne du "Pinocchio", déjà en son temps, œuvre d’éducation nationale. La force de "Pinocchio" est d’être générique, et donc recevable dans une variété de cultures ou de religions plus grande (Les contes retranscrits par Perrault, ou ceux d’Esope, sont beaucoup plus équivoques, et remettent parfois en cause la piété familiale ou nationale.)

    Le Pinocchio de Lucas Varela se joue de l’enfer. Disons que, comme tous les ouvrages humoristiques, il a pour effet de remettre en cause le discours éthique ou politique nécessairement binaire; de mettre un bâton dans la mécanique de la fiction, dont le discours moral et politique se nourrit au contraire (On comprend que les anarchistes puissent user de l’humour comme d’une arme beaucoup plus efficace que le terrorisme.)

    Les allusions dans "Paolo Pinocchio" à d’autres œuvres inspirées par l’enfer sont nombreuses. Dans la culture italienne où Varela puise, elles ne manquent pas. Elles viennent tantôt de la mythologie romaine, tantôt du christianisme opposé (qui associe Rome à Satan); parfois de telles conceptions se conjuguent bizarrement, comme dans la "Divine comédie". Varela fait ainsi du clergé catholique, à l’instar de Dante et Boccace, un grand pourvoyeur de l’enfer. Une prêtresse de Diane confie à Pinocchio: "L’enfer n’est qu’un état de l’âme." Elle rejoint ainsi la psychanalyse moderne, et Varela s’amuse de la comparaison entre l’appendice nasal érectile de Pinocchio et l’organe viril, objet spécial de l’attention de toutes les doctrines morales à travers les âges (La capote anglaise n’est pas si éloignée du voile islamique qu’on le croit, tous deux instruments conçus pour protéger la société des débordements masculins.)

     Apparemment légère, cette variation sur le conte de Pinocchio facilite la compréhension de déterminations sociales le plus souvent inconscientes, et d’un symbolisme culturel plus profond que les étiquettes religieuses ou partisanes antagonistes peuvent laisser penser. Ces oppositions correspondent en réalité à des méthodes opposées pour accéder au bonheur. La multiplication des points de vue éthiques ou identitaires finit par incliner chacun à penser que l’enfer, c’est l’autre, dans la mesure où il constitue un obstacle sur la voie du bonheur. La crise économique représente une menace de nature infernale pour beaucoup; une menace qui trouve sa principale force dans la conviction que la société de consommation est un paradis (si tel était le cas, nul n'y ferait un usage abusif de l'alcool ou de la drogue, dont la jouissance paisible dissuade). L'état de panique ou de terreur provoquée par l'enfer et ses multiples représentations, joue donc un rôle social décisif de maintien de l'ordre public, en tous temps et en tous lieux.

    Pour faire valoir encore l’actualité de cette BD, je fais observer que nos députés ne sont autres que des "élus". Et que la destination de nos grands hommes et femmes est toujours le "Panthéon" ; enfin qu’il est réservé au peuple un rôle de figuration, guère éloigné de celui attribué à Jupiter dans certaine religion antique.

    Paolo Pinocchio, Ed. Tanibis, 2012

    (par Zombi - leloublan@gmx.fr)