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histoire - Page 3

  • Réduction de tête

    ...littéraire pour faire de la place dans ma bibliothèque.

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  • Réduction de tête

    ...littéraire (pour faire de la place dans ma bibliothèque).

     

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     par Antistyle

  • Revue de presse BD (90)

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    + En dehors de quelques ringards, qui n'a pas son super-héros aujourd'hui, super-flic ou... super-papa ? Ce sticker ironique géant de Maupal a été placardé dans les rues de Rome ; quant au magazine "Rolling Stone", qui a placé le pape François en couverture d'un récent numéro, il a sans doute voulu faire un jeu de mots sur le successeur de Pierre qui roule.

    + Culture : les terroristes sont décidément des gens comme tout le monde, puisque le tueur de militants gauchistes norvégien Anders Breivik, entre autres exigences, a réclamé le dernier modèle de console de jeu Playstation et l'autorisation de jouer à des jeux pour adultes (il entend par là des jeux interdits aux moins de 16 ans). Beaucoup de mères de famille doivent faire face à de telles exigences de la part de leurs gamins.

    + Petit reportage vidéo de près d'une heure à travers l'Europe francophone sur le petit monde des fanzines artisanaux - par Francis Vadillo.

    + Si vous souhaitez publier des dessins dans le "New-Yorker", ou tout simplement comprendre l'humour new-yorkais, il est peut-être préférable de visionner cette vidéo dans laquelle Bob Mankoff explique comment il choisit quelques dessins parmi les milliers adressés chaque semaine à la rédaction.

    + Le dessin de la semaine est de Gustave Doré (1832-1883), exposé en ce moment au musée d'Orsay jusqu'au 11 mai. Messieurs les commissaires de l'exposition font allusion à "l'influence certaine" de Gustave Doré sur la bande-dessinée ; on peut même dire que Gustave Doré n'a jamais été aussi bon que comme auteur de BD ("Histoire de la sainte Russie"), où il est moins virtuose que dans certaines de ses illustrations les plus connues, et c'est tant mieux.

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  • Les bourgeoisies en France**

    Du XVIe au milieu du XIXe sièclewebzine,bd,fanzine,zébra,bande-dessinée,kritik,critique,bourgeoisie,laurent coste,armand colin,art,guizot,marx,marxisme,nietzsche,histoire,christianisme,malthusianisme,évolution

    Cette thèse universitaire, présentée comme un essai, aborde une question essentielle pour comprendre l’art occidental : celle de la bourgeoisie. Si c’est surtout la « culture de masse » la plus récente qui arbore les signes distinctifs de la bourgeoisie (l’aspect industriel est significatif), comme on peut le supposer le processus y conduisant fut progressif.

    De plus, tout en imprimant de plus en plus sa marque sur la production artistique à mesure de sa montée en puissance au cours des derniers siècles, la bourgeoisie est tenue en opprobre par les artistes, de façon presque systématique, leur attitude allant de la franche hostilité au mépris. A tel point que, dans la recherche d’une définition ou d’une élucidation de la notion complexe de bourgeoisie, objet principal de la recherche de Laurent Coste, on pourrait qualifier la bourgeoisie de façon lapidaire comme « l’ennemie des artistes ». Y compris lorsqu’un artiste présente tous les attributs de la bourgeoisie, il n’est pas rare qu’il se défende d’être un bourgeois.

    On peut citer l’exemple de la presse anarchiste ou libertaire du XIXe siècle, qui abrita de nombreux dessinateurs satiriques (précurseurs de la bande-dessinée), auteurs de charges contre la bourgeoisie – ses mœurs, son tempérament industrieux, son pouvoir de domination – d’une véhémence comparable au marxisme. L. Coste se contente de citer quelques critiques, comme celle de Victor Hugo : «On a voulu, à tort, faire de la bourgeoisie une classe. La bourgeoisie est tout simplement la portion contentée du peuple. (…) La bourgeoisie est l’intérêt arrivé à satisfaction.» Cette remarque de V. Hugo sur la «satisfaction» de la bourgeoisie indique que c’est, au minimum, l’absence d’idéal qui lui est reproché.

    En préambule de son ouvrage, Laurent Coste souligne la difficulté du sujet ; non seulement sur le plan méthodologique (les statistiques sont un outil dont la portée scientifique est assez limitée), mais aussi en raison des nombreuses polémiques autour de la question de la bourgeoisie, dont celle de la Révolution française de 1789 et son héritage, revendiqué par les historiens bourgeois libéraux (Guizot). (...)

     

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  • Marco Polo***

    Marco Polo est un peu le saint patron des commerçants & des aventuriers simultanément. C’est une webzine,bd,fanzine,zébra,gratuit,bande-dessinée,critique,kritik,marco polo,christian clot,didier convard,éric adam,fabio bono,glénat,mongol,gengis-kahn,chine,occident,chrétien,aventure,religion,magie,devisement du monde,merveilles du monde,scénariste,scénario,shakespeare,méthode,histoire,philippe ménard,olivier germain-thomasfigure sympathique du temps où le négoce et les voyages n’étaient pas encore associés à la conquête coloniale, bien que le célèbre voyageur et conteur vénitien soit un pionnier de la «mondialisation». La famille Polo était spécialisée dans le commerce lucratif des pierres précieuses.

    Ainsi que les scénaristes de « Marco Polo – Le Garçon qui vit de ses rêves », nouvellement paru aux éditions Glénat, nous le rappellent dans une documentation complémentaire aux aventures de « Marco Polo », l’authenticité du récit du célèbre voyageur vénitien du XIIIe siècle (« Les Merveilles du Monde ») fut contesté de son vivant, et le reste encore par certains érudits aujourd’hui. Mais l’argument de Christian Clot pour dissiper les soupçons fondés sur les inexactitudes du récit m’a convaincu : « (…) le voyage de Marco Polo a duré près de vingt-quatre ans – dont trois de voyage aller, dix-sept en Chine et trois de voyages retours – sur plus de trente-cinq mille kilomètres (sans compter ceux réalisés durant ses années en Chine). Marco était un adolescent rêveur lorsqu’il est parti, un adulte accompli à son retour. Essayez de vous souvenir avec une exacte précision de tout ce que vous avez fait il y a vingt-cinq ans. Les lieux où vous avez été, les distances parcourues, l’ensemble des personnes rencontrées et des événements survenus sur les plans culturel, politique et autres… Faites-le, bien entendu, sans aucune aide, sans internet, amis ou archives pour vous rafraîchir la mémoire (…) »

    Au demeurant, que ces aventures aient été vécues ou seulement rapportées par Marco Polo, leur récit mentionne des paysages, des peuples, des coutumes et des rois, inconnus de quiconque n’aurait traversé le gigantesque empire mongol de Gengis-Kahn et ses héritiers, jusqu’à la capitale de l’empire, alors en Chine, avant d’en revenir.

    La BD est « librement adaptée » du «Devisement du Monde» et des «Merveilles du Monde» de Marco Polo, parti en 1271 faire du trafic en compagnie de son père et son oncle à l’âge de dix-sept ans. Elle ne s’en écarte que pour combler les lacunes sur la psychologie de Marco Polo (les rapports avec son père) et quelques détails de la sorte, qui mettent du liant dans le récit. Cette fidélité est heureuse et préférable aux scénarios hâtivement construits autour d’un événement historique, qui sert seulement de prétexte à des cavalcades ou des romances qui pourraient aussi bien se situer dans un temps fictif. Pour autant, le côté épique et le rythme n’ont pas été sacrifiés. Shakespeare est la preuve vivante, si je puis dire, qu’on peut faire ouvrage d’historien tout en méprisant les méthodes scolastiques méticuleuses.

    Le scénario souligne les lignes étroits qui unissent le commerce, l’aventure et la religion ; le caractère local de la religion, comme de la musique (les deux mots sont synonymes en grec), explique d’ailleurs que Marco, grand voyageur, se soit forgé sa propre religion, des bribes de cultures exotiques s’additionnant à la culture chrétienne de sa région d’origine.

    Le vif intérêt de Marco Polo pour les inventions techniques, et le rapport que celles-ci entretiennent avec la magie, en raison des pouvoirs extraordinaires que les inventions confèrent à leurs premiers inventeurs, est également illustré. Cela explique d’ailleurs que, en dépit de la logique rationaliste fréquemment mise en avant dans la technocratie moderne, le merveilleux ou la magie n’est jamais très loin. Le discours rationaliste lui-même est magique du point de vue de celui qui n’y a pas été initié. Ce type de rationalisme (il y en a plusieurs) n’est guère qu’une manière pour l’Occident d’affirmer son avance culturelle sur le reste du monde, ce à quoi Marco Polo ne songeait pas. L’Occident chrétien va alors chercher en Orient un allié contre le monde musulman.

    Le dessinateur, Fabio Bono, compatriote de Marco Polo, est influencé par le dessin de manga japonais, ce qui est en l’occurrence une coïncidence plutôt heureuse.

    NB : les scénaristes citent notamment en référence "Marco Polo, à la découverte de l’Asie", de Philippe Ménard (Glénat, 2009) et Marco Polo, d’Olivier Germain-Thomas (Folio, 2010), ainsi que les ouvrages de Marco Polo.

     

    Marco Polo - Le Garçon qui vivait de ses rêves, par Christian Clot, Didier Convard, Eric Adam et Fabio Bono, éd. Glénat, oct. 2013.

  • Revue de presse BD (71)

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    + Dans le dernier n° de "Zoo", Thierry Lemaire dissipe utilement un malentendu à propos de Roy Lichtenstein; celui-ci ne rendait pas hommage aux "comics" américains dans ses toiles, en agrandissant certaines cases; l'artiste new-yorkais méprisait au contraire la culture de masse et les "comics", véhiculant une image de la femme comme une pure incitation à la croissance. Ajoutons que la critique de Roy Lichtenstein est particulièrement confuse, puisqu'elle nécessite ce genre de mise au point, et que Lichtenstein doit sa notoriété aux graphismes efficaces, si ce n'est artistiques, des auteurs de "comics".

    Une autre méprise courante (à visée populiste) est l'assimilation de la culture de masse à la culture populaire, alors même que le processus industriel impliqué dans la culture de masse (le cinéma, beaucoup plus que la bande-dessinée) dégage les milieux populaires de leur responsabilité.

    + Le comédien Lorant Deutsch, auteur d'ouvrages d'histoire largement diffusés, est accusé par des universitaires de s'en servir pour diffuser ses opinions monarchistes. Hélas l'université française elle-même s'est livrée pendant cinquante ans à une lecture stalinienne de l'histoire, dominante en son sein, sans tenir compte de l'autocritique de Lénine, qui compare la révolution technique accomplie par le régime soviétique à... la modernisation de la France par les ministres de Louis XIV (le communisme jouant le rôle de religion d'Etat naguère dévolu au catholicisme). Le premier réflexe d'un historien digne de ce nom sera d'émettre des doutes sur le sérieux d'un enseignement historique qui, en France, est couplé dans les programmes scolaires obligatoires avec des leçons... d'instruction civique, c'est-à-dire de morale. L'instruction civique a d'ailleurs une vocation élitiste, tandis que l'histoire n'en a pas. Le procédé qui consiste à transférer quelque saint ou sainte laïque au Panthéon est l'inverse d'une démarche historique. L'histoire est donc parmi la moins académique des matières.

    - On peut joindre au dossier cette chronique consacrée par "France-Culture" à la "BD historique" à l'occasion de la remise de deux prix. Le chroniqueur Jean-Christophe Ogier amalgame la BD historique ("Alix", "Prince Valiant") et la BD d'histoire, ce qui revient à mettre Alexandre Dumas et Shakespeare dans le même panier; ce chroniqueur s'étonne ensuite que le prix "Château de Cheverny de la BD historique" (attribué au "Singe d'Hartlepoole") ne tienne aucun compte de critères historiques, puisque les événements relatés dans cet album sont entièrement... fictifs. De fait, si l'histoire ne consiste pas dans la collection d'un maximum de reliques du passé, on peut au moins se demander si le point de vue culturel n'est pas fait pour permettre à chacun de voir midi à sa porte en matière d'histoire.

    + Manu Larcenet ironise sur son blog sur l'embauche de Jean-Christophe Menu (ex-éditeur en chef de "L'Association") par Lindingre, le nouveau rédac' chef de "Fluide-Glacial".

    + "La Vie d'Adèle, film pompeux et pornographique, était fait pour plaire à la critique bobo internationale.", c'est encore dans "Zoo", à propos de la dernière Palme d'Or à Cannes, inspirée d'une BD.

    + Encore quelques jours pour visionner en différé sur "Arte" un reportage consacré au graveur franco-suisse Félix Vallotton.

    + Le dessin de la semaine est tiré du blog de Sébastien Martin :

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  • Stalingrad - Khronika***

    Un post-scriptum informe le lecteur que la bataille de Stalingrad (aujourd’hui Volgograd), conclusion de webzine,bd,gratuit,fanzine,zébra,bande-dessinée,critique,kritik,stalingrad,volgograd,khronika,franck bourgeron,nicolas ricard,histoire,bataille,hugo pratt,scorpions du désert,shakespeare,hitler,libyie,abyssinie,mussolini,revue dessinée,fachiste,althusser,sartre,fiction,idéologie,journalisme,propagandela seconde guerre mondiale sur le continent européen, fut une des pires boucheries de l’humanité, faisant deux millions de victimes environ; précision utile puisque on est, en France, ordinairement mieux instruit des circonstances du carnage national de Verdun.

    Franck Bourgeron et Sylvain Ricard ne prétendent pas ici faire œuvre d’historiens avec «Stalingrad Khronika», mais situent plutôt dans le contexte de la bataille de Stalingrad une fable sur la guerre, ou sur les soldats qui la mènent. On pense ici à une BD comparable d’Hugo Pratt, dont le contexte est la guerre coloniale que se livrèrent les Italiens et les Anglais en Libye et en Abyssinie pour le contrôle de ces territoires, combats bien moins sanglants, mais qui jouèrent un rôle majeur dans le déclenchement de la guerre, poussant Mussolini dans les bras de Hitler («Les Scorpions du Désert»).

    Suivant la démonstration de Shakespeare, la guerre a le don de dévoiler la véritable personnalité des hommes qui la font, en même temps que le sens profond d’une culture nationale; dans les périodes de trêve, au contraire, ces vérités sont occultées, quoi que les guerres modernes industrielles ou totales ont aboli la frontière entre civils et militaires, et donc aussi entre la guerre et la paix; le vernis de la civilisation ou de la modernité "craque", faisant apparaître sous cette couche superficielle un matériel psychologique plus intéressant pour le romancier ou le tragédien.

    La chronique de Ricard et Bourgeron se concentre sur une équipe de cinéma, mandatée par Staline en personne, afin de tourner un film de propagande en l’honneur des troupes soviétiques dans les décombres de Stalingrad, au milieu des derniers assauts, alors que le sort de l’Allemagne est scellé, nonobstant la résistance acharnée des troupes allemandes, à Stalingrad comme ailleurs.

    Ici on ne peut s’empêcher d’observer, entre parenthèses, que Franck Bourgeron a de la suite dans les idées, puisque il est récemment à l’initiative d’un magazine, la «Revue dessinée», qui entend rompre avec la mise en scène cinématographique de l’information, dont les scandales ayant secoué les médias au cours des dix dernières années font soupçonner un public de plus en plus large qu’elle n’est pas au service de l’information, mais de quelque chose qui s’apparente plus à la guerre économique.

    Le rapprochement avec la manière de Pratt est justifiée, non seulement par la ressemblance entre le trait de Bourgeron et le sien, mais par l’épaisseur psychologique que les auteurs parviennent à donner à leurs personnages; cette épaisseur psychologique, assez rare en BD, s’avère en effet un des points forts de Pratt. Ce dernier savait notamment faire du ressort de la trahison un usage habile dans ses intrigues, montrant comment cette détermination typiquement politicienne permet à des personnages machiavéliques de soumettre des soldats plus frustes et plus brutaux, à leurs plans, jusque à faire du soldat qui a le malheur de se situer du côté des vaincus (le propre père de H. Pratt servit dans l’armée fachiste italienne), une sorte de super-cocu de l’histoire. Plus malins, les politiciens savent occulter leurs responsabilités en mettant au frais les archives… le temps nécessaire.

    Bourgeron et Ricard montrent bien comment l’idéologie, sur le terrain militaire, se réduit à l’injonction caricaturale afin de coïncider avec les réflexes des soldats, tandis qu’elle peut prendre la place de gros volumes subtils d’idéologie stalinienne à la manière d’Althusser ou Sartre à l’arrière des troupes, réservés aux cadres du parti. Et cela n’est pas seulement valable pour le totalitarisme stalinien, mais pour n’importe quel régime au stade de l’engagement militaire, y compris démocratique. C’est une preuve de lucidité d’avoir placé le cinéma au centre de cette fable sur la guerre moderne ; il est en effet l’instrument principal de la réduction de l’idéologie à des slogans caricaturaux, stimulant la combativité de la foule ou des masses militantes, proportionné au gigantisme des nations.

    Cette intrigue, répartie en deux albums, vient d’être réunie en un seul par l’éditeur. On peut cependant regretter que le scénario, sur la base d’une psychologie consistante, manque un peu de rythme, ou soit trop dilué. C’est la difficulté qui se présente à ceux qui ne font pas œuvre de pure fiction, et doivent camper leurs personnages. La publication dans des magazines de BD permettait aux auteurs de romans graphiques de l’ancienne école d’apprendre à mieux tenir ce rythme, y compris parfois d’une façon un peu artificielle.

    Stalingrad - Khronika (Intégrale), Franck Bourgeron & Sylvain Ricard, Eds Dupuis-Aire Libre, 2013.