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quentin blake

  • Revue de presse BD (201)

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    + Brian Wildsmith est un illustrateur moins connu que son compatriote Quentin Blake de ce côté-ci de la Manche. La nécrologie parue dans le "Guardian" (B.W. est décédé à l'âge de 86 ans le 31 août dernier) nous le présente comme un illustrateur-peintre, tirant prétexte d'oeuvres littéraires (L'Ile au Trésor, la Bible, quelques fables de la Fontaine, les Contes des 1001 Nuits) pour peindre la nature, notamment les animaux. Les couleurs vives des illustrations de Wildsmith sont sa marque de fabrique. Elles ont contribué à le faire apprécier jusqu'au Japon, où un musée lui est consacré.

    Ce fils d'ingénieur des mines n'était pas prédestiné à devenir artiste. Vexé de ne pas être reconnu dans son pays à hauteur de son mérite (pas d'expo. importante avant 2010), il se décida à quitter son Yorkshire natal pour venir s'installer près de Grasse avec toute sa famille au début des années 70. Cependant il resta fidèle à son éditeur Oxford University Press. A l'instar de nombreux illustrateurs contemporains, Wildsmith peina à vivre exclusivement de son art, ce à quoi il ne parvint pas avant l'âge de 35 ans. Il a expliqué dans des interviews que cette difficulté était due au mépris pour le métier d'illustrateur dans son pays.

    + La rentrée littéraire, maladie typiquement française (les Britanniques sont moins cons, de ce point de vue-là), nous donne l'occasion de dénoncer la "culture" et le fanatisme qui se cache derrière ce mot - fanatisme au sens effectif et catastrophique du terme.

    Aucun philosophe digne de ce nom ne s'y est laissé prendre, mais on se contentera de citer Schopenhauer : "L'art de ne pas lire est très important. Il consiste à ne pas s'intéresser à tout ce qui attire l'attention du grand public à un moment donné. Quand tout le monde parle d'un certain ouvrage, rappelez-vous que quiconque écrit pour les imbéciles ne manquera jamais de lecteurs. Pour lire de bons livres, la condition préalable est de ne pas perdre son temps à en lire de mauvais, car la vie est courte."

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    + A l'occasion du 10e anniversaire de l'association "Cartooning for Peace", regroupant des dessinateurs de presse du monde entier, "Le Monde" organise le 18 septembre (amphi de l'opéra Bastille) un débat sur le pouvoir du dessin de presse, orchestré par Plantu, en présence de Willis from Tunis, F. Mozaffari (Iranienne) et M. Kichka (Israélien). Le dessin de presse est-il pacificateur ? La question sera posée.

    On peut se demander si ce débat a lieu d'être, dans la mesure où la caricature fait l'objet en France d'une censure larvée ; celle-ci se traduit par l'agonie de la presse publiant des caricatures. Les connaisseurs du dessin de presse s'accordent d'ailleurs à dire qu'il a connu son "âge d'or" avant la 2nde guerre mondiale. Sous prétexte d'épuration à la Libération, comme certains militants communistes l'ont reconnu bien des années après (Lucie et Raymond Aubrac), les partis gaulliste et communiste ont contribué à faciliter la mainmise des cartels industriels sur la presse française. A contre-courant, au début des années 70, "Charlie-Hebdo" dénonçait déjà cet état de fait. Peu à peu les journaux sont devenus ce qu'ils sont presque tous : des encarts publicitaires, subventionnés par l'Etat et boudés par les lecteurs.

    La question du rôle pacificateur du dessin de presse pose celle du pacifisme des dessinateurs eux-mêmes. On remarque que les dessinateurs de presse sont encore assez nombreux à se réclamer du communisme ou des "valeurs républicaines", qui sont parmi les idéologies les plus meurtrières de tous les temps. Par ailleurs la doctrine sartrienne de "l'art engagé" persiste, bien qu'elle a servi à justifier la collaboration d'artistes avec des régimes totalitaires qui ne lésinaient pas sur les moyens techniques afin d'éradiquer leurs ennemis.

    Quant à la liberté d'expression, il faut l'aveuglement d'un premier communiant, ou bien l'hypocrisie de Tartuffe, pour ne pas voir qu'elle est prêchée comme un catéchisme à l'école - les victimes de la tuerie de "Charlie-Hebdo" faisant office de saints martyrs.

    + A Nérac (Lot-et-Garonne) auront lieu bientôt les "9e Rencontres Chaland" (1-2 oct.), festival parrainé cette année par Jacques Loustal, qui signe l'affiche et dont des originaux en noir et blanc sont exposés. L'art de Loustal est à l'opposé de celui de Chaland. Ce dernier, en effet, décédé prématurément, était fasciné par la BD belge, dont ses pastiches comiques ont contribué à mettre à jour les codes. Chez Loustal prévaut au contraire une esthétique assez française, rechignant à se plier aux codes un peu vulgaires de la BD ; on pense en regardant les BD de Loustal (qui ne se lisent pas vraiment), à la peinture française d'entre les deux guerres.

    + Chiné dans une brocante, une caricature sur papier calque du dessinateur SIRO (décédé en 2000) ; suiveur de Pellos, ce caricaturiste clermontois se spécialisa dans la caricature de sportifs célèbres, acteurs de cinéma et chanteurs.

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  • Revue de presse BD (196)

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    + Le célèbre écrivain gallois Roald Dahl (1916-1990) ("Les Gremlins", "Charlie et la Chocolaterie") aurait eu cent ans cette année ; son illustrateur attitré, Quentin Blake, contribua à répandre ses ouvrages pour la jeunesse, grâce à son talent pour caricaturer les animaux. Le magazine "Lire" a pris prétexte de cet anniversaire pour publier un numéro spécial dédié à Roald Dahl. On apprend que cet ancien pilote de chasse joua le rôle d'espion pour le compte de l'armée britannique aux Etats-Unis, plaidant discrètement la cause de l'engagement des Etats-Unis aux côtés du Royaume-Uni.

    Cette mission était-elle vraiment sérieuse ? On en doute quand on lit que, selon un racontar, R. Dahl "a dû coucher avec toutes les femmes de la Côte Est et de la Côte Ouest valant plus de 50.000 dollars." "Espionnage" est un grand mot ; comme beaucoup de diplomates, R. Dahl tenait son état-major informé des opinions en vogue dans la haute société new-yorkaise.

    + Le prochain festival BD de Lausanne (BD-fil) qui se tiendra à la mi-septembre prochain aura pour invité d'honneur le Suisse Derib, auteur notamment de westerns écolos ("Buddy Longway", "Yakari") ; ce festival organise en outre le concours de BD le mieux doté d'entre tous (5.000 euros) ; cette année le thème du concours est la ou les "migrations".

    Un quart de la population suisse est d'origine étrangère, ce qui est un record en Europe ; mais cette statistique cache que la plupart des immigrés sont originaires de pays voisins tels que l'Allemagne, l'Italie ou la France, surtout en quête d'un travail ou d'un meilleur salaire. Les immigrés en provenance d'Afrique représentent moins de 10% du contingent des immigrés en provenance d'Europe.

    + "Fat-ras" est un fanzine satirique ("silly and satiric") anglais, dont on peut télécharger gratuitement l'édition de janvier #16. Les attentats perpétrés en France réveillent le patriotisme de Grouch, bien décidé à ne pas rater cette nouvelle guerre... 

    + A paraître pour la Fête des Pères 2017, illustrant les nouveaux rapports père-fils, les strips "Father Tazer", par tOad ; extrait :

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  • Revue de presse BD (126)

     Session de rattrapage de la revue de presse de la semaine pour ceux qui préfèrent les bons vieux liens traditionnels au webzine hebdo -mieux illustré- que nous publions chaque jeudi. Prochaine revue de presse le jeudi 4 déc.

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    LB (qui publie chaque semaine dans "Zébra" plusieurs dessins de presse) regrette que le dessinateur québécois Pascal Girard soit presque inconnu de ce côté de l'Atlantique. LB recommande en particulier sa BD "Conventum" (Delcourt) pour son autodérision (critique de "Conventum" prochainement dans Zébra). On peut admirer les croquis de Pascal Girard sur son blog.

    + Alix est-il collabo ? se demande-t-on sur Culturebox. On voit en effet dans le dernier album de cette série située dans l'Antiquité (mais fantaisiste sur le plan historique), le jeune héros d'origine gauloise collaborer avec l'armée romaine, qui a capturé des chefs celtes britanniques. Rappelons que "Alix" fut autrefois accusé de véhiculer l'idéologie fachiste par des intellectuels communistes ; on sait en effet l'admiration de Mussolini ou de Nietzsche pour la Rome antique. Réponse de l'un des scénaristes de "Britannia", Mathieu Bréda : "Alix n'est pas un collabo car sa culture, son histoire fait de lui un Romain à part entière. Il est né Gaulois et a été adopté très jeune par un riche Romain. Sa position est très claire, il est devenu 100% romain. Et puis l'idée de nation n'existait pas à l'époque. On parle de guerre des Gaules et non de la Gaule. Des Gaulois ont d'ailleurs combattu auprès des Romains dans cette guerre."

    La mairie de Toulouse (UMP) s'est ridiculisée. Après avoir retenu pour faire campagne contre le sexisme et la violence faite aux femmes les illustrations du Belge Thomas Mathieu, son "projet crocodile" figurant les dragueurs trop entreprenants comme des crocodiles afin de souligner l'aspect de prédation sexuelle, cette municipalité a fait volte-face et s'est auto-censurée, invoquant la peur de scandaliser ses administrés avec les propos très "cru" tenus dans cette BD.

    Nous avons déjà montré dans cette revue de presse combien le "projet crocodile" reflète une vision partiale et naïve de la société ; celle-ci repose en effet sur le principe de la prédation sexuelle ou de la séduction bien au-delà de quelques jeunes types mal élevés. La concurrence économique est une forme de prédation sexuelle inconsciente, dont l'UMP se préoccupe beaucoup moins de souligner la violence, contrairement à certains débordements grossiers de jeunes types frustrés.

    L'éthique contemporaine est schizophrène, oscillant entre l'apologie de la philosophie sadienne libertine et le puritanisme féministe opposé (caractéristique de la morale judéo-chrétienne). Une partie de la presse reproche à la mairie de Toulouse cette censure de dernière minute... d'une campagne morale de censure de certains gestes de séduction "virils".

    Le 30e Salon du livre jeunesse de Montreuil s'achève le 1er décembre. Sylvie Vassallo, sa directrice depuis douze ans a lancé cette année le slogan, "littérature jeunesse, 10e art" ; "(...) paradoxalement, si la littérature jeunesse est largement reconnue par son public, elle reste méconnue de la presse généraliste, ignorée par une grande part de la critique (...). A l'instar du roman policier ou de la BD, elle est considérée comme un sous-genre de la littérature. Et souvent consignée dans un rôle pédagogique, voire d'édification morale. La polémique de l'hiver dernier autour de l'album "Tous à poil" l'a encore montré (...)."

    Ce discours est aberrant. Un paradoxe qui passe inaperçu aux yeux de ceux qui réclament pour la BD ou la littérature jeunesse une reconnaissance sociale, c'est que le relativisme culturel contemporain implique cette reconnaissance pour n'importe quelle pratique désormais, qu'il s'agisse de la BD, de la corrida, des jeux vidéos, du macramé ou de la pâtisserie. Or quand toute pratique relève de l'art, plus aucune ne l'est vraiment. Un tel relativisme est le plus propice au mercantilisme artistique, pour ne pas dire que le mercantilisme entraîne le relativisme. On ne peut pas reprocher à A. Finkielkraut de vouloir établir une hiérarchie artistique. Le problème est que ce philosophe ne fonde sa hiérarchie sur aucun critère sérieux. Il n'exclut pas, comme les philosophes des Lumières, tout ce qui relève du divertissement. Beaucoup plus juste est le propos de Tomi Ungerer selon lequel "la littérature jeunesse, ça n'existe pas" ; il tient compte de ce que les meilleures fables, les plus imaginatives, ne sont pas spécialement écrites pour les enfants, bien qu'ils puissent parfois mieux les comprendre que leurs parents.

    Les oeuvres de plusieurs artistes renommés sont exposées au salon, dont celles de Quentin Blake.

    Le prix Raymond Leblanc, du nom du producteur belge qui fonda le "Journal de Tintin", s'élève à 20.000 euros. C'est la somme la plus élevée destinée à récompenser le vainqueur d'un concours de BD. Plutôt que d'un concours ou d'une récompense, il s'agit d'un contrat avec les éds. du Lombard, qui publient le lauréat. Cette "avance sur recette" permet à l'auteur-scénariste d'être rémunéré et de travailler environ un an à son premier album. Le projet de couverture, le scénario et quelques planches sont à expédier avant le 31 mai 2015. On peut voir sur le site de la Fondation Leblanc l'interview de la lauréate 2014, Hélène Vandenbussche.

    + A lire aussi dans le dernier hebdo Zébra le compte-rendu d'une expo dédiée aux dessins de guerre d'Abel Pann et le petit panégyrique du dessinateur et peintre Guy Counhaye par Romain Giergen.

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  • Interview Jérôme Anfré

    Jérôme Anfré régale les lecteurs de son blog GRANDS MOMENTS (depuis 2011) de strips fanzine,bd,bande-dessinée,zébra,illustration,webzine,blog,interview,jérôme anfré,caricature,grands moments,mauvais esprit,animalier,benjamin rabier,dessin,tablette graphique,fluide glacial,psikopat,numérique,brigitte bardot,lewis trondheim,quentin blake,james,boris mirroird’humour absurde à base d’animaux, triturés dans tous les sens (Brigitte Bardot ne serait pas forcément d’accord).

    Depuis quelques mois, il contribue en outre à un tout nouveau webzine hebdo, MAUVAIS ESPRIT, avec une vingtaine d’autres humoristes. Le ton de "Mauvais Esprit" évoque celui de "Fluide Glacial" ou "Psikopat", mais l’aventure d’un magazine de BD numérique, en revanche, c’est du neuf. A suivre de près, donc...

    Jérôme Anfré a accepté de répondre à quelques questions pour Zébra :

    Zombi : Avez-vous été influencé par un dessinateur animalier en particulier au départ, comme Benjamin Rabier, Quentin Blake, ou autre, qui vous aurait donné envie de dessiner ?

    Jérôme Anfré : Déjà, il faut préciser que je ne fais pas uniquement de l'animalier. Et sinon, je n'ai pas vraiment un dessinateur fétiche pour les animaux. Lewis Trondheim m'avait pas mal impressionné à l'époque mais ça n'a pas été une influence déterminante.

    Z. : Si vous deviez vous représenter sous les traits d'une bestiole, comme Lewis Trondheim en vautour, laquelle choisiriez-vous ?

    J.A. : Ours ? Chat ? je suis pas très original sur ces questions.

    Z. : Vous allez me trouver opportuniste, mais… un strip à base de zèbre, ça ne vous titille pas ?

    J.A. : J'ai fait quelque chose avec un gnou, on se rapproche... Le problème du zèbre est qu'il faut arriver à le dessiner de manière convaincante sans trop s'embrouiller avec les rayures.

    Z. : Je suppose que vos dédicaces cartonnent auprès des enfants, non ?

    J.A. : Pour l'instant, les seules dédicaces que j'ai pu faire étaient pour mes deux livres, qui n'ont pas beaucoup de rapport avec le blog, donc difficile de juger.

    Z. : Question technique : dessinez-vous entièrement à la tablette graphique ? Et combien de temps vous prend environ un de vos strips pour "Grands Moments" ?

    J.A. : J'ai mis beaucoup de temps à trouver un outil plus ou moins satisfaisant. Pour l'instant, et pour le blog, c'est de l'encrage tout bête à la plume sergent-major. La tablette graphique n'intervient "que" pour la mise en couleur.

    Pour une histoire de "Grands Moments", le temps d'exécution est assez fluctuant, et dépend surtout du temps que met l'idée à se former ; ça prend normalement 3 jours à y penser, mais ça peut être bien plus si je cale. Je peux faire des trucs à côté ou pas. Une fois l'histoire plus ou moins formée dans ma tête, ça prend à peu près 2 jours pour dessiner, encrer et mettre en couleur.

    Z. : A propos de "Mauvais Esprit" : est-ce un simple collectif d’auteurs, ou bien y a-t-il une volonté rédactionnelle derrière ? Par exemple, avez-vous des conférences de rédaction et un minimum de directives, ou bien c’est une organisation souple qui vous laisse carte blanche ?

    J.A. : ça se passe surtout par mails... Je reçois les mails collectifs réguliers (pour mettre en place des bonus ou des numéros spéciaux, par exemple) et de mon côté j'envoie mes pages par mail à James et Boris Mirroir.

    Z. : Qu’est-ce qui vous a décidé à participer à "Mauvais Esprit" ?

    J.A. : James m'a contacté, et c'était une opportunité pour participer à une aventure avec des gens que j'estime, voir ce que ça donne, grappiller un peu de sous si possible.

    Z. : J’ai le sentiment que le lecteur d’un blog gratuit n’est pas seulement incité à le lire parce qu’il fait une économie de cette façon, mais qu’on sort du rapport de consommation habituel. Partagez-vous cette impression ?

    J.A. : Je pense surtout que l'intérêt du blog est d'établir un rapport direct entre auteur et lecteurs, avec des réactions rapides qui peuvent permettre de se rendre facilement compte du ratage d'un gag par exemple. Cette intimité recèle aussi son effet pervers puisqu'on peut aussi s'enfermer dans cette proximité, s'entourer de lecteurs fans, alors qu'un éditeur peut apporter idéalement un regard plus critique et constructif.

    Z. : Y a-t-il un seuil, c’est-à-dire un nombre d’abonnés, que "Mauvais Esprit" doit atteindre pour justifier sa raison d’être ? Ou bien le simple fait d’être regroupés dans un collectif est profitable aux contributeurs ?

    J.A. : Il y a un seuil de rentabilité, mais je ne le connais pas ; il faudrait demander aux fondateurs. Je sais que pour l'instant, ce seuil n'est pas atteint.

    Z. : De toutes les tentatives de webzine analogues en cours, "Mauvais Esprit" me semble la plus astucieuse, même si je suis étonné que l’option de la gratuité n’ait pas été retenue, en misant sur des retombées indirectes. Vous avez déjà touché vos premières royalties ?

    J.A. : Il y a des contenus gratuits* pour attirer les lecteurs, mais l'idée de base est quand même de voir si on peut faire de la BD numérique payante, explorer de nouveaux modes de diffusion et de création. Il y a une certaine crise de la bande dessinée en librairie, ça justifie de se demander si d'autres usages sont possibles et si d'autres lecteurs existent.

    Z. : Avez-vous d’autres projets en cours que "Mauvais Esprit" et "Grands Moments" ?

    J.A. : Il y a des projets top secrets, mais pas assez. J'aimerais bosser plus.

    Z. : Merci !

    *Plusieurs n° du webzine de BD "Mauvais Esprit" sont consultables gratuitement et permettent de se faire une idée sur le style et le ton de cette publication hebdomadaire, à laquelle on peut ensuite s'abonner suivant des formules très souples - au mois pour 2 €, par exemple (offre spéciale -50% jusqu'à demain).

    **Caricature de Jérôme Anfré, monté sur un gnou à la manière d'Anfré, par Zombi.

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