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afrique

  • Caricature Mamoudou Gassama

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    par l'Enigmatique LB (à lire aussi dans SINE MENSUEL)

  • Caricature Benjamin Netanyahou

    La Semaine de Suzette Zombi. Lundi : Les Etats qui se réclament des Droits de l'Homme sont des monstres froids ET calculateurs.

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  • Le Strip de Lola

    Le strip hebdo de Lola (par Aurélie Dekeyser)

     

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  • Kongo***

    Kongo relate l’aventure coloniale de Jozef Korzeniowski, plus connu sous le nom de plume de Joseph webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,kritik,critique,kongo,tom tirabosco,christian perrissin,futuropolis,joseph conrad,korzeniowski,zaïre,afrique,kinshasa,congo,belge,léopold,bruxelles,anvers,pizarro,cortez,cameroun,mississippi,mark twain,céline,éthiopie,voyage,civilisation,colonieConrad, au Congo fraîchement acquis par le roi Léopold de Belgique. Cette expérience fut pour Conrad l’occasion d’une cruelle désillusion, puisque parti pratiquement « la fleur au fusil » se mettre au service, comme pilotin, d’une compagnie spécialisée dans le trafic officieux du commerce de l’ivoire d’éléphant, ce marin rentrera bientôt épuisé physiquement et moralement. Ayant pas mal bourlingué auparavant à travers le monde, et traversé plusieurs océans, Conrad ne s’attendait pas un à un tel choc.

    Dans une lettre adressée à un ami (le scénariste fournit quelques pages de précisions à la fin de la BD), Conrad fait cette description : « Léopold est leur Pizarro et Thys leur Cortez. Ils recrutent leurs « lanciers » sur les trottoirs de Bruxelles et d’Anvers, parmi les souteneurs, les sous-off, les maquereaux, les petites frappes et les ratés de tout bord ! »

    Les conditions très dures de la vie coloniale en Afrique en limitent l’accès à des sortes d’aventuriers sans foi ni loi, décidés à tirer le plus grand parti, dans le minimum de temps, des comptoirs qu’ils ouvrent sur les berges du fleuve Zaïre, desservis par des barges à aube du même type que ceux conduits par Mark Twain sur le fleuve Mississippi. Plus gravement encore que la « sélection naturelle » des hommes opérée par ce type de conquête, l’improvisation complète et la négligence des commanditaires sautera aux yeux de Conrad, qui la blâmera ultérieurement au premier chef. Le chiffre de six millions d’indigènes sacrifiés à cette cause lucrative, en une vingtaine d’années, est avancé, c’est-à-dire environ l’équivalent de la population de la Belgique à cette époque. En termes de rendement, le caoutchouc allait devenir quelques années après le départ de Conrad, une source bien plus grande que les défenses d’éléphant.

    L’intrigue montre bien comment les écailles, petit à petit, tombent des yeux de Conrad, à mesure qu’il se rapproche du cœur de l’activité du comptoir de Kinshasa. Le futur écrivain avait beau être, en ce temps, fort éloigné des précautions de langage en usage quand on évoque la colonisation aujourd’hui, encore moins du militantisme antiraciste, il n’en regardait pas moins la colonisation de l’Afrique par l’homme blanc comme une mission civilisatrice et noble. De ce piédestal romantique, la réalité le fit chuter brutalement. C’est donc surtout le rapport de Conrad à ses semblables qui s’est trouvé bouleversé, par conséquent à lui-même.

    Evidemment on ne peut s’empêcher de penser au « Voyage » de Céline, dont la noirceur emprunte aussi à sa propre tentative d’implantation au Cameroun ; ou encore au diabolique roman d’humour noir de l’écrivain britannique E. Waugh, « Magie noire », situé lui aussi en Afrique (Ethiopie), bien qu’à une période ultérieure ; ces ouvrages écrits d’une plume trempée dans le vitriol font paraître l’anthropologie une discipline annexe de l’anthropophagie.

     

    Kongo, Tom Tirabosco et Christian Perrissin, Futuropolis, mars 2013.

  • La semaine de Zombi

    Lundi : J'ai bien hésité un peu à faire cette caricature de Nelson Mandela, mais de voir que ce vieux fayot de Dalaï-Lama serait de la partie (les obsèques de Mandela), ça m'a décidé. Vous le savez, combien de petits Africains affamés on pourrait nourrir pendant des années avec les sommes déboursées pour la cérémonie, hein, vous le savez ?

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  • Revue de presse BD (54)

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    (dessin de Kroll)

    + Beaucoup de bruit pour rien : à la demande du président du parlement flamand, Jean Peumans, le texte en français d'une planche de François Schuiten a été masqué sur les affiches d'une expo. de BD au sein du parlement. Ce caviardage n'a pas manqué de provoquer la réaction outrée de l'auteur et de réveiller la querelle belge inter-ethnique. Décidément, les questions d'identité résonnent comme des gongs assourdissants ; chacun pourra bientôt faire pendre à sa fenêtre un petit drapeau peint aux couleurs de son désir.

    + Le festival Formula Bula de Saint-Ouen qui se tient en cette fin de semaine organise une soirée-concert "Je hais les dédicaces." Les auteurs de BD reprochent parfois à leurs clients un certain nombre d'abus, mais cette pratique résulte avant tout d'un contrat moral entre l'auteur et son éditeur, persuadé du bénéfice de ce bonus.

    A noter aussi que Formula Bula, victime de la mode, met à l'honneur Mezzo, Pirus, et leur "Roi des mouches" : on ne fait pas plus kitsch que ce ragout de contre-culture yankee ; achetez plutôt un vieux kaléïdoscope aux puces.

    + Le dessinateur Ptiluc publie sur son blog "Jeux sans frontières", "une BD pas très polie sur le monde complexe de l'aide humanitaire en Afrique", qui n'a pas trouvé d'éditeur.

    + Certaines féministes américaines caressèrent naguère le projet de "rewriter" les principaux ouvrages de la littérature pour les accorder au genre féminin, sans paraître se douter que c'était là le projet le plus sexiste et le plus fastidieux : il suffit de mettre à la poubelle la littérature galante, qui prend les femmes pour des cruches.

    L'idée de "The Hawkeye initiative" rapportée par le Rapideduweb s'en rapproche, puisqu'il s'agit cette fois de redessiner les couvertures de "comics" représentant des femmes dans des poses suggestives afin d'appâter le client prépubère. On peut voir que les exemples cités se contentent de faire prendre à des personnages dotés d'attributs virils des poses tirées de la parade nuptiale féminine - comme si Superman ou Batman ne visaient pas aussi à taper dans l'oeil du public féminin.

    + "Le fanzine, ça existe encore ?" : tel est le sujet du débat organisé le 8 juin prochain à la bibliothèque libertaire "La Rue", à Paris 18e.

    + D'après les dessinateurs Catherine Meurisse & Erwan Surcouf, mandatés au festival de Cannes par France-Inter, il ne s'y est pas passé grand-chose cette année. Pas d'éloge du IIIe Reich par un metteur en scène en veine de confidence, ni montée des marches par DSK ou Depardieu, vedettes hors-norme du cinéma français - pas même un petit raid de Jean-Luc Mélenchon et ses sans-culottes sur la croisette...

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    Dessin de Catherine Meurisse

  • Heureux qui comme...****

     BD pleine d’ironie de Nicolas Presl, comme sa précédente «Hydrie» qui m’avait emballé (cinq étoiles au

    fanzine,zébra,bd,bande-dessinée,illustraation,critique,kritik,nicolas presl,l'hydrie,heureux qui comme,mali,afrique,occident,picasso,guernica guide Zombi 2012). Le titre confronte d’emblée le voyage initiatique du héros antique, son cheminement vers la sagesse dans un décor et parmi des monstres symboliques, au circuit touristique par où l’homme moderne passe, fuyant ses démons au lieu de les affronter.

     Si «Heureux qui comme…» se contentait d’illustrer la folie du touriste occidental ordinaire, en quête d’exotisme, ce serait une observation de second ordre, déjà faite; mais c’est tout le transport humain, au sens propre comme au figuré, à l’échelle mondiale ultime, que la BD de Nicolas Presl rassemble dans ses planches, formant tableau. Une BD muette, encore une fois, mais néanmoins plus expressive que la parole. Le «Guernica» de la guerre tiède où nous trempons, lorsque l’empoisonnement discret est préféré au coup de poignard trop franc.

    Puisque N. Presl joue du noir et du blanc, du fossé entre l’Afrique et l’Occident que l’hypocrisie ne fait que creuser plus encore: qui peut dire pourquoi la France envoie des troupes au Mali? Pourtant, elle est aussi contrainte de s’exécuter qu’il lui est impossible de fournir une explication sérieuse, de comment elle en est arrivé là, et comment elle compte s’en sortir? D’autres nécessités viennent en face, plus ou moins puissantes: télescopage, affrontement, coït, tuerie, rebondissement, pause culturelle… Presl peint tout ça, comme le chassé-croisé d’une myriade de destins. C’est à peine si l’on trouve le temps de s’arrêter sur un visage, animé par un rictus…

    Se souvenant de «L’Hydrie» précédente, drame situé dans l’Antiquité, on peut en conclure que rien n’a changé. Rien ne s’est perdu du sacrifice humain antique, il ne s’en est pas créé de manière plus radicale ; seule la culture ou le vernis a changé. Bien qu’il donne l’illusion de bouger, comme le cinéma ou la BD, le plan social est statique. Le regard exercé de Presl ne tombe pas dans le panneau ou le détail, par où les choses paraissent mobiles.

    Les bouquins de Presl sont des cauchemars ; sans doute cette matière-là se vend moins bien que les rêves, mais l’avantage du cauchemar sur le rêve, c’est qu’au réveil on n’est pas déçu.

    Heureux qui comme... - Ed. Atrabile, 2012.