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afrique - Page 2

  • Revue de presse BD (54)

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    (dessin de Kroll)

    + Beaucoup de bruit pour rien : à la demande du président du parlement flamand, Jean Peumans, le texte en français d'une planche de François Schuiten a été masqué sur les affiches d'une expo. de BD au sein du parlement. Ce caviardage n'a pas manqué de provoquer la réaction outrée de l'auteur et de réveiller la querelle belge inter-ethnique. Décidément, les questions d'identité résonnent comme des gongs assourdissants ; chacun pourra bientôt faire pendre à sa fenêtre un petit drapeau peint aux couleurs de son désir.

    + Le festival Formula Bula de Saint-Ouen qui se tient en cette fin de semaine organise une soirée-concert "Je hais les dédicaces." Les auteurs de BD reprochent parfois à leurs clients un certain nombre d'abus, mais cette pratique résulte avant tout d'un contrat moral entre l'auteur et son éditeur, persuadé du bénéfice de ce bonus.

    A noter aussi que Formula Bula, victime de la mode, met à l'honneur Mezzo, Pirus, et leur "Roi des mouches" : on ne fait pas plus kitsch que ce ragout de contre-culture yankee ; achetez plutôt un vieux kaléïdoscope aux puces.

    + Le dessinateur Ptiluc publie sur son blog "Jeux sans frontières", "une BD pas très polie sur le monde complexe de l'aide humanitaire en Afrique", qui n'a pas trouvé d'éditeur.

    + Certaines féministes américaines caressèrent naguère le projet de "rewriter" les principaux ouvrages de la littérature pour les accorder au genre féminin, sans paraître se douter que c'était là le projet le plus sexiste et le plus fastidieux : il suffit de mettre à la poubelle la littérature galante, qui prend les femmes pour des cruches.

    L'idée de "The Hawkeye initiative" rapportée par le Rapideduweb s'en rapproche, puisqu'il s'agit cette fois de redessiner les couvertures de "comics" représentant des femmes dans des poses suggestives afin d'appâter le client prépubère. On peut voir que les exemples cités se contentent de faire prendre à des personnages dotés d'attributs virils des poses tirées de la parade nuptiale féminine - comme si Superman ou Batman ne visaient pas aussi à taper dans l'oeil du public féminin.

    + "Le fanzine, ça existe encore ?" : tel est le sujet du débat organisé le 8 juin prochain à la bibliothèque libertaire "La Rue", à Paris 18e.

    + D'après les dessinateurs Catherine Meurisse & Erwan Surcouf, mandatés au festival de Cannes par France-Inter, il ne s'y est pas passé grand-chose cette année. Pas d'éloge du IIIe Reich par un metteur en scène en veine de confidence, ni montée des marches par DSK ou Depardieu, vedettes hors-norme du cinéma français - pas même un petit raid de Jean-Luc Mélenchon et ses sans-culottes sur la croisette...

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    Dessin de Catherine Meurisse

  • Heureux qui comme...****

     BD pleine d’ironie de Nicolas Presl, comme sa précédente «Hydrie» qui m’avait emballé (cinq étoiles au

    fanzine,zébra,bd,bande-dessinée,illustraation,critique,kritik,nicolas presl,l'hydrie,heureux qui comme,mali,afrique,occident,picasso,guernica guide Zombi 2012). Le titre confronte d’emblée le voyage initiatique du héros antique, son cheminement vers la sagesse dans un décor et parmi des monstres symboliques, au circuit touristique par où l’homme moderne passe, fuyant ses démons au lieu de les affronter.

     Si «Heureux qui comme…» se contentait d’illustrer la folie du touriste occidental ordinaire, en quête d’exotisme, ce serait une observation de second ordre, déjà faite; mais c’est tout le transport humain, au sens propre comme au figuré, à l’échelle mondiale ultime, que la BD de Nicolas Presl rassemble dans ses planches, formant tableau. Une BD muette, encore une fois, mais néanmoins plus expressive que la parole. Le «Guernica» de la guerre tiède où nous trempons, lorsque l’empoisonnement discret est préféré au coup de poignard trop franc.

    Puisque N. Presl joue du noir et du blanc, du fossé entre l’Afrique et l’Occident que l’hypocrisie ne fait que creuser plus encore: qui peut dire pourquoi la France envoie des troupes au Mali? Pourtant, elle est aussi contrainte de s’exécuter qu’il lui est impossible de fournir une explication sérieuse, de comment elle en est arrivé là, et comment elle compte s’en sortir? D’autres nécessités viennent en face, plus ou moins puissantes: télescopage, affrontement, coït, tuerie, rebondissement, pause culturelle… Presl peint tout ça, comme le chassé-croisé d’une myriade de destins. C’est à peine si l’on trouve le temps de s’arrêter sur un visage, animé par un rictus…

    Se souvenant de «L’Hydrie» précédente, drame situé dans l’Antiquité, on peut en conclure que rien n’a changé. Rien ne s’est perdu du sacrifice humain antique, il ne s’en est pas créé de manière plus radicale ; seule la culture ou le vernis a changé. Bien qu’il donne l’illusion de bouger, comme le cinéma ou la BD, le plan social est statique. Le regard exercé de Presl ne tombe pas dans le panneau ou le détail, par où les choses paraissent mobiles.

    Les bouquins de Presl sont des cauchemars ; sans doute cette matière-là se vend moins bien que les rêves, mais l’avantage du cauchemar sur le rêve, c’est qu’au réveil on n’est pas déçu.

    Heureux qui comme... - Ed. Atrabile, 2012.