Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

journal - Page 2

  • Le Chant du Cygne (3)

    Petit feuilleton historique estival

    Résurrection de Grünewald

    A travers son Journal, le peintre belge Henry de Groux (1866-1930) est un témoin de premier plan, quoique méconnu, de l'art de son temps.

    Praticien exigeant, admirateur d'Eugène Delacroix comme Baudelaire, de Groux se montre le plus souvent sévère avec ses contemporains. Son engagement total au service de l'art et son amitié avec le pamphlétaire Léon Bloy le tiendront à l'écart des circuits officiels de l'art ; l'artiste belge, à demi-marginal, parviendra non sans difficultés à vivre de sa peinture.

    Extrait de son Journal (Eds Kimé) :

    27 Septembre (1902) : Grünewald. N'est-ce pas un des phénomènes les plus singuliers d'éclipse devant la  webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,henry de groux,mathias grünewald,aschenbourg,isenheim,huysmans,holbein,dürer,lucas cranach,journal,léon bloy,kimépostérité et l'ascendant de gloires ambiantes, que l'histoire de ce Mathias Grünewald disparaissant de la vie artistique de son pays pendant environ deux siècles pour augmenter de l'appoint, d'ailleurs si hétéroclite, de son oeuvre, la gloire, si grande qu'elle fut déjà, de contemporains tels que Holbein, Lucas Cranach et Dürer ?

    N'est-ce pas un prodige tout à fait déconcertant qu'un génie aussi fort, aussi original et aussi voyant qu'était celui de Grünewald ait pu voir la presque totalité de son oeuvre changer graduellement et, tout à coup, formellement et totalement d'attribution pendant l'immense période de plusieurs générations et au point d'avoir failli en perdre, pour jamais peut-être, la paternité alors qu'elles n'avaient avec celles de ces devanciers que les quelques signes indéniables de l'origine teutonne commune bien que plus affirmés en elles, qu'en toutes autres.

    A jamais ? Non pourtant : l'originalité si criante, la différence essentielle de ces oeuvres avec celles de Dürer et d'Holbein par exemple, tôt ou tard, devait produire la protestation et la révélation définitive d'un Joris-Karl Huysmans, d'un Emile Verhaeren et restituer à ce séquestré jusqu'à son nom véritable si digne d'être illustre à côté des plus illustres.

    Mathias d'Aschaffenburg ou Mathias von Aschenburg devait, d'avatar en avatar nominaux, en revenir finalement à son nom primitif, désormais invariable de Mathias Grünewald, aujourd'hui si justement glorifié.

    [A peine une trentaine de dessins de Mathias Grünewald (1480-1528) ont été conservés, la plupart d'entre eux étant des études préparatoires. Ci-contre, une tête-qui-rit.

    Grünewald est passé à la postérité grâce au fameux retable d'Isenheim.

    - Ci-dessous : Trois soldats par le jeune A. Dürer (1489), et un faune dessiné par L. Cranach.]

     webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,henry de groux,mathias grünewald,aschenbourg,isenheim,huysmans,holbein,dürer,lucas cranach,journal,léon bloy,kimé

     webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,henry de groux,mathias grünewald,aschenbourg,isenheim,huysmans,holbein,dürer,lucas cranach,journal,léon bloy,kimé

     

     

  • Le Chant du Cygne (2)

    Petit feuilleton historique estival

    Snobinette

    A travers son Journal, le peintre belge Henry de Groux (1866-1930) est un témoin de premier plan, quoique méconnu, de l'art de son temps.

    Praticien exigeant, admirateur d'Eugène Delacroix comme Baudelaire, de Groux se montre le plus souvent sévère avec ses contemporains. Son engagement total au service de l'art et son amitié avec le pamphlétaire Léon Bloy le tiendront à l'écart des circuits officiels de l'art ; l'artiste belge, à demi-marginal, parviendra non sans difficultés à vivre de sa peinture.

    Extrait de son Journal (Eds Kimé) :webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,henry de groux,félicien rops,pornokratès,journal,léon bloy,kimé

    22 Août (1902) : - Viens un peu voir, maman, comme Félicien Rops* a fait des progrès, profère une toute petite snobinette de quatorze ans, entraînant sa mère devant le "Pornokratès" exposé chez Le Barc de Bouteville.

    *"Pornokratès" (ci-contre), par le caricaturiste namurois Félicien Rops, où la pornographie est représentée comme une muse moderne, se laissant aveuglément guider par un porc.

    - Moins connu, mais encore de F. Rops, ce "Combat des sexes au temps de la préhistoire" (ci-après).

    - Rops, à certains égards, peut passer pour précurseur de l'humour bête et méchant de "Hara-Kiri" - par exemple quand il dessine un bourgeois sodomisant une truie, avec la légende suivante : "Ne faites pas aux truies ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fît."

    webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,henry de groux,félicien rops,pornokratès,journal,léon bloy,kimé

     

  • Le Chant du Cygne (1)

    Petit feuilleton historique estival

    Seul Rodin...

    A travers son Journal, le peintre belge Henry de Groux (1866-1930) est un témoin de premier plan, quoique méconnu, de l'art de son temps.

    Praticien exigeant, admirateur d'Eugène Delacroix comme Baudelaire, de Groux se montre le plus souvent sévère avec ses contemporains. Son engagement total au service de l'art et son amitié avec le pamphlétaire Léon Bloy le tiendront à l'écart des circuits officiels de l'art ; l'artiste belge, à demi-marginal, parviendra difficilement à vivre de sa peinture.

    Extrait de son Journal (Eds Kimé) :webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,journal,henry de groux,léon bloy,auguste rodin,balzac,sculpture,delacroix,champ de mars,salon,kimé

    1er Mai (1898) : Visite au Salon du Champ de Mars. Peinture nulle ; absolument nulle. Rien de rien ! Vulgarité, banalité, ordure. Sculpture : le Balzac de Rodin. L'oeuvre est étrange, audacieuse, déconcertante au premier abord. Peu à peu, on se rend compte de la réelle grandeur, de la véritable aristocratie de la conception et on comprend, en persistant, la colère du public, véritablement outré et détraqué de désappointement. C'est une rumeur d'indignation ininterrompue et réjouissante, vraiment le mufle se sent défié et montre les dents.

    En somme, la seule oeuvre du Salon.

    L'oeuvre surabonde de style et de caractère original en sa simplicité très puissante.

    Sentiment que je serai vraiment le seul peintre à l'heure actuelle qui sache son métier à fond et comprenne son art supérieurement. (...)

    *Ci-contre : caricature illustrant la réception du Balzac de Rodin.

  • Henry de Groux - Journal***

    Les trompettes de la renommée sont parfois bien mal embouchées... Pourquoi Van Gogh, Cézanne, Gauguin,webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,henry de groux,journal,inha,kimé,léon bloy,delacroix,géricault,baudelaire,beethoven,14-18,soldat,catholique sont-ils célébrés dans le monde entier, tandis que Henry de Groux (1866-1930) demeure inconnu ou presque ? Il y a pourtant dans l'oeuvre et l'existence chaotique du peintre bruxellois tous les ingrédients pour fasciner le public...

    A l'instar de Nietzsche, de Groux serait-il trop sulfureux pour notre époque ? C'est peut-être une explication... Plus sûrement, la complexité assumée de de Groux, le caractère inclassable de son oeuvre, déroutent les fabricants d'étiquettes que l'on appose sous les tableaux pour permettre au public et aux étudiants de les digérer plus facilement. L'étiquette "symboliste", qu'on colle parfois à de Groux, ne souligne qu'un aspect de sa peinture.

    Le volumineux Journal que de Groux a laissé derrière lui dévoile une personnalité aux nombreuses facettes. Doublement attiré par la rédemption, d'une part, et par Satan d'autre part (le dieu des artistes), on pourrait qualifier ce peintre épris d'imagination de "baudelairien".

    Ce travail opiniâtre de consignation des faits intimes, sentiments, cauchemars, observations critiques, laissait son auteur lui-même sceptique quant à sa valeur. Dans le meilleur des cas, celui-ci y voit le témoignage sincère, le tableau de la tempête intérieure qui agite l'artiste moderne ; sans doute est-ce la meilleure raison de lire de Groux, tant il est vrai que l'art moderne -les musées sont trompeurs à cet égard- a comme les icebergs une importante partie immergée, dissimulée à la vue du simple spectateur.

    La confrontation avec Van Gogh est particulièrement éclairante ; de Groux a émis un jugement très sévère sur la peinture de son confrère, sans mépriser pour autant l'homme comme il méprisait franchement Cézanne ou Apollinaire, qu'il accuse de divers trucages artistiques. De Groux se fit même virer de son groupe d'artistes (les XX), pour avoir refusé d'être exposé en même temps que Van Gogh.

    "De toutes les peintures que j'ai pu voir du peintre hollandais, têtes ou paysages, je ne m'en rappelle pas une qui brillât par des qualités vraiment picturales que l'on pût sincèrement estimer remarquables. Elles ne se signalent que par la même facture exaspérée et maladroite. Un seul morceau représentant des harengs sur un plat de faïence ou de grès, m'a séduit par une chaleur de ton et une certaine verve de facture vraiment assez heureuse, assez rare dans sa production. C'est tout.", note de Groux dans son Journal en 1893.

    De Groux voyait dans le travail de Van Gogh l'oeuvre d'un aliéné, et non d'un artiste en pleine possession de ses moyens ; cependant, de Groux fut interné lui aussi dans un hôpital psychiatrique à Florence, après avoir effrayé sa maîtresse ; il s'en évadera dans des conditions rocambolesques. De Groux consigne d'ailleurs dans son Journal une insomnie aggravée, causée par des cauchemars violents qu'il redoute d'affronter. Mais surtout, de Groux fut assailli comme Van Gogh par des considérations d'ordre métaphysique, interférant dans son existence. Si Van Gogh est maladroit, et touchant par cette maladresse, on ne peut pas dire que de Groux soit très habile non plus.

    La foi n'est pas héréditaire chez de Groux comme elle est chez Van Gogh (fils et petit-fils de pasteur) ; elle s'incarne dans un ami très proche, Léon Bloy (compagnon d'infortune, par qui il fut hébergé et qu'il hébergea quand ils furent, chacun leur tour, dans le besoin), polémiste catholique et anarchiste (!?) ("L'argent est le sang des pauvres.").

    En même temps qu'il est attaché à son ami Bloy, impressionné par sa foi intransigeante, qui tranche à ses yeux singulièrement avec le mode de vie bourgeois, de Groux demeure athée en secret, pour éviter d'être sermonné par son ami. Il confie dans son Journal qu'il se sent proche des peintres Delacroix ou Ingres qui, bien qu'ils honorèrent de nombreuses commandes religieuses, restèrent athées ou "rationalistes". Du catholicisme, de Groux n'admire que les ouvrages d'art, dont son ami Bloy se méfie au contraire.

    Une rupture durable interviendra entre les deux amis, dont l'affaire Dreyfus, et Zola en particulier, sont le facteur déclencheur. Tandis que de Groux ira jusqu'à défendre Zola physiquement, Bloy vitupère au contraire le défenseur du capitaine Dreyfus, l'accusant d'être un imposteur, un bourgeois retranché dans une villa cossue (sous-entendu : un faux messie). De Groux finira par rompre avec Bloy, effrayé de surcroît par l'épouse danoise du polémiste.

    De Groux sacrifia sa carrière à une incessante remise en question, tant spirituelle qu'artistique, ôwebzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,henry de groux,journal,inha,kimé,léon bloy,delacroix,géricault,baudelaire,beethoven,14-18,soldat,catholique combien éprouvante. En cela, de Groux est bien plus moderne que bien des modernes. Alors qu'il est déjà avancé en âge et dans la maîtrise de son art, sans doute mû par son enthousiasme pour les compositeurs modernes, Wagner en tout premier lieu, de Groux croit déceler en lui une vocation impossible de compositeur. Cette "découverte" le bouleverse.

    Les éditeurs et commentateurs de ce Journal en ont facilité la lecture en classant les notes de de Groux par thèmes (l'art, la vie, l'époque...) et en proposant un index des noms propres.

    Leur commentaire fait parfois croire que de Groux avait des goûts "classiques", ce qui est inexact. De Groux admire Géricault, et surtout Delacroix ; or ce dernier n'a rien d'un peintre "classique" ; son Journal indique au contraire que l'oeuvre de Delacroix contient toutes les clefs de l'art moderne, la volonté de fusion avec la musique tout d'abord. C'est d'ailleurs peut-être sur ce point que la connivence entre de Groux et Bloy s'établit ; et si le fanatisme catholique de Bloy et le fanatisme artistique de de Groux, dont l'absolu est musical, n'étaient que deux facettes d'une même religion.

    Le reproche adressé par de Groux à un certain nombre de ses contemporains n'est pas d'être trop modernes, mais de n'être pas assez "artistes", ce qui est bien différent. La conception de l'art de de Groux, à l'instar de celle de Baudelaire ou Nietzsche, implique une profonde aversion pour la démocratie.

    *Ci-dessus, portrait de Beethoven par H. de Groux.

    Henry de Groux (1866-1930) - Journal, éds Kimé/Institut national d'histoire de l'art, 2007.

    webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,henry de groux,journal,inha,kimé,léon bloy,delacroix,géricault,baudelaire,beethoven,14-18,soldat,catholique

    Soldats de 14-18 équipés de masques à gaz, dessinés sur le vif par de Groux.

  • Revue de presse BD (200)

    webzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,actualité,revue,presse,septembre,2016,helkarava,casterman,jérôme berthaut,satirique,banlieue,journal,20h,télé,michel onfray,tintin,trottinette,grand palais,expo,hergé,charlie-hebdo,félix,corriere della sera,latium,séisme,pape,liberté d'expression,siné hebdo,jacques tardi,de gaulle,jean-luc mélenchon,léo malet,nestor burma,communiste

    + Le sociologue Jérôme Berthaut publie chez Casterman, dans une collection qui se donne pour vocation de décrypter la société, "La Banlieue du 20H", une petite BD qui raconte par qui et comment les reportages diffusés par les chaînes de télé sont fabriqués. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le propos n'est pas neuf ; la suspicion qui pèse sur la véracité des infos rapportées par les grands médias alimente largement la "théorie du complot", très en vogue chez les collégiens et lycéens. Néanmoins le propos de J. Berthaut est bien servi par le dessin d'Helkarava, qui lui procure une dimension satirique. La télé n'a pas seulement fabriqué le FN, elle a aussi creusé le fossé avec la banlieue. On voit dans la BD une jeune femme d'origine maghrébine protester contre l'image positive donnée de la banlieue dans un petit reportage, parce qu'il s'agit d'une image d'Epinal fabriquée de toutes pièces, aussi vaine que certaines images effrayantes.

    + Le philosophe Michel Onfray s'est plaint récemment du comportement de plus en plus infantile des adultes ; il en veut pour preuve l'usage de plus en plus répandu de la trottinette chez les personnes ayant atteint l'âge de raison. Cet exemple n'est guère convaincant, car l'usage déjà ancien de l'automobile n'est pas moins puéril que celui de la trottinette ; beaucoup d'automobilistes sont en effet des terroristes inconscients, qui participent au djihad de la consommation de biens inutiles.

    L'engouement actuel pour les albums de Tintin est une bien meilleure preuve d'infantilisme que la trottinette de Michel Onfray. Le Grand Palais s'apprête à célébrer Hergé comme un grand artiste, à travers une exposition de son oeuvre principale et de ses marges. Hergé se disait plus précisément le "reflet de son époque", conscient de véhiculer un certain nombre de clichés ou de préjugés, par conséquent. Il est faux d'écrire, comme on peut le lire ici ou là, que "Tintin" s'adresse aussi aux adultes, à l'instar des fables ou de la mythologie. C'est une littérature de genre qui vise un public enfantin, en dépit de son slogan publicitaire ("de 7 à 77 ans"). Par nostalgie et une sorte de plaisir régressif, certains adultes relisent les BD de leur enfance. Hergé a d'ailleurs connu des épisodes de dépression, dont on peut se demander s'ils ne venaient pas de son enfermement dans un genre de plus en plus étranger à son aspiration.

    + Une polémique ridicule oppose une partie de la presse italienne à "Charlie-Hebdo", qui a récemment publié un dessin de Félix, irrespectueux à l'égard des victimes du séisme qui a frappé la région du Latium. Reprocher à un journal satirique son manque de respect, c'est comme reprocher au pape de manquer d'humour.

    Néanmoins cette énième polémique souligne le statut ambigu de "Charlie-Hebdo" ; cette publication n'est plus, dorénavant, un journal satirique à faible tirage, menacé par la censure ; "Charlie-Hebdo" fait désormais partie du patrimoine national français ; il a été érigé en symbole de la liberté d'expression (strictement encadrée par les tribunaux), ce qui enlève beaucoup à l'impertinence de cet hebdo.

    + La Une du numéro de septembre de "Siné Mensuel", orphelin de Siné, est signée Jacques Tardi. Cet auteur, plus connu pour ses adaptations en BD des aventures du détective Nestor Burma (Léo Malet) que pour ses caricatures, a représenté dans ce dessin tous les jeunes et moins jeunes premiers de la classe politique, ainsi que les cancres ; le képi de de Gaulle figure même au premier plan. Le dessin est presque exhaustif, du coup on remarque plus l'absence de Jean-Luc Mélenchon, représentant du parti communiste ; piètre candidat, celui-ci ferait peut-être un meilleur interprète de Nestor Burma, au cinéma ou au théâtre ?

    webzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,actualité,revue,presse,septembre,2016,helkarava,casterman,jérôme berthaut,satirique,banlieue,journal,20h,télé,michel onfray,tintin,trottinette,grand palais,expo,hergé,charlie-hebdo,félix,corriere della sera,latium,séisme,pape,liberté d'expression,siné hebdo,jacques tardi,de gaulle,jean-luc mélenchon,léo malet,nestor burma,communiste

  • Copinage

    Petit intermède publicitaire pour annoncer la sortie du journal satirique "Zélium" n°7, "spécial gauche". Pour la première fois "Zélium" publie un dessin de l'Enigmatique LB (p.6), fidèle contributeur de "Zébra", qui publie chaque semaine depuis plus d'un an ses caricatures.

    Evincés petit à petit de la grosse presse, ou contraints par des rédac' chef frileux à un humour de plus en plus plat, les caricaturistes se regroupent parfois pour publier leurs propres journaux, tel "Zélium", produit par la petite association "Jack is on the Road". On peut se procurer ce n°7 (février-mars 2016) via le site de "Zélium".

    zébra,journal,zélium,satirique,caricature,lb,gauche,jack is on the road,dessin,presse,gab

    - A noter que GAB, dont "Zébra" publie aussi les dessins de presse depuis peu, fait partie de la belle brochette de dessinateurs de presse "employés" par Zélium.

  • Réduction de tête

    ...pour faire de la place dans ma bibliothèque.webzine,zébra,gratuit,bd,fanzine,bande-dessinée,antistyle,littéraire,critique,littérature,portrait,écrivain,caricature,hannah arendt,gazette,journal,progrès,guerre,crime

    "Il est impossible de parcourir une gazette quelconque, de n'importe quel jour, ou quel mois, ou quelle année, sans y trouver, à chaque ligne, les signes de la perversité humaine la plus épouvantable, en même temps que les vanteries les plus surprenantes de probité, de bonté, de charité, et les affirmations les plus effrontées, relatives au progrès et à la civilisation. Tout journal, de la première ligne à la dernière, n'est qu'un tissu d'horreurs. Guerres, crimes, vols, impudicités, tortures, crimes des princes, crimes des nations, comme des particuliers, une ivresse d'atrocité universelle. Et c'est de ce dégoûtant apéritif que l'homme civilisé accompagne son repas de chaque matin. Tout, en ce monde, sue le crime : le journal, la muraille et le visage de l'homme.

    Je ne comprends pas qu'une main puisse toucher un journal sans une convulsion de dégoût."

    Baudelaire, Mon Coeur mis à nu