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revue - Page 4

  • Revue de presse BD (351)

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    + En proclamant l'année 2020 "année de la bande dessinée", le ministre de la Culture Franck Riester ne se doutait pas qu'elle serait aussi celle de l'épidémie de coronavirus.

    Cette épidémie n'est pas tant une menace sanitaire qu'une menace pour la cohésion sociale, dont l'effondrement du système bancaire en 2008 a mis en lumière la fragilité.

    Le conseiller du Président de la République, Jacques Attali, a appelé aujourd'hui à un véritable effort de guerre, nécessaire selon lui pour enrayer la progression de l'épidémie.

    Volontiers philosophe, ce philanthrope ajoute sur son blog : "La pandémie permettra peut-être de comprendre que seul vaut le temps."

    Réflexion étonnante puisque la société capitaliste et technocratique, mise en défaut ici, voue au temps un véritable culte, tandis qu'il est perçu comme une condition ou une contrainte dans des cultures plus scientifiques.

    L'épidémie de bouddhisme en Occident (J. Attali, mais aussi "Tintin") s'explique parce qu'il est la religion la plus adaptée à un Etat technocratique. L'hypothèse de la mondialisation heureuse, non moins totalitaire et démentie par les faits que le "rêve américain", est servie dans les magazines accompagnée du préchi précha bouddhiste.

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    La religion du beauf de Cabu.

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    + On attend la diffusion en "replay" du documentaire consacré à Chaval par Madeleine Debras et Marc Large (caricaturiste à "Sud-Ouest").

    Chaval était tout sauf "bouddhiste" puisqu'il a été vaincu par l'ennui.

    Dans cette présentation, Marc Large répète le poncif des caricaturistes ou des auteurs satiriques "dépressifs et alcooliques". Van Gogh n'avait rien de satirique ; ni Hergé, dépressif chronique. La bande d'"Hara-Kiri" n'était pas spécialement une bande de "dépressifs". Si Choron picolait beaucoup, c'était surtout pour oublier ses déboires financiers et à cause d'une mauvaise habitude contractée à l'armée.

    On prête ici aux auteurs satiriques et aux caricaturistes un trait de caractère répandu chez les clowns ou les "amuseurs publics", contraints de porter le masque du sourire, ce qui revient à confondre Louis de Funès ou Cyril Hanouna avec Molière.

    + Extraits d'un entretien accordé par C. Bretécher à Gabriella Bosco (1990) :

    - Et le féminisme ? Qu’en reste-t-il dans vos BD ?”, lui dis-je, moi qui, née dans le post-féminisme n’avais qu’une connaissance livresque du mouvement.

    - Il ne faut pas généraliser, me répondit-elle. - Le féminisme est passé par mes BD à un moment. Aujourd’hui il n’y a plus personne qui s’en occupe, ni moi. Ç’était en 1972, à peu près, quand j’ai commencé à travailler pour le "Nouvel Observateur". C’était l’époque du gauchisme, on vivait plongés dans des comportements sociaux hystériques. C’était la folie intellectuelle. Je ne pouvais pas éviter d’en faire état dans mes BD. Et puis bien sûr moi aussi j’étais féministe. Mais j’ai toujours été anti-militante, parce que le fait d’être militant, dans n’importe quel domaine, comporte un manque absolu de sens de la mesure, fait ignorer les nuances (...).

    - Une BD doit toujours faire rire ? demandai-je encore.

    - Pour que je l’apprécie, oui. Il y a aussi les BD réalistes, qui ne font pas rire. Moi, je ne les lis pas. Il y a beaucoup de BD américaines qui sont de ce genre là. Histoires d’hommes, d’aviateurs, de pilotes… Ou alors de filles pulpeuses. Je les déteste. Pour moi, la BD n’a de sens que si elle est humoristique et le dessin en est amusant.

    - Et tirez-vous inspiration de l’actualité, pour vos histoires ?

    - Non. Sur la Guerre du Golfe par exemple je n’ai fait aucun dessin. Nous étions submergés pas ceux des autres. Et de toute manière, tout ce qui a à voir avec le quotidien, j’ai tendance à l’éliminer, quand je travaille. La rude épreuve du quotidien, je la fuis dès que je peux.

  • Revue de presse BD (350)

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    Prisée de Picasso, la BD américaine "Pim, Pam, Poum" du dessinateur allemand Rudolph Dirks est directement inspirée par "Max et Moritz" de Wilhelm Busch.

    + Une prochaine exposition au Musée Picasso (à partir du 24 mars) racontera le goût du maître franco-espagnol pour la bande dessinée, en particulier les "comics" américains.

    Le génie de Picasso dans le domaine du recyclage est flagrant : art africain, grec, baroque, renaissant, impressionnisme, artisanat, bande dessinée... tout y passe !

    Picasso fait du neuf avec du vieux : il aurait mieux servi un parti écologiste que le PCF qui l'employa ; l'art de Picasso illustre l'éternel retour des formes naturelles essentielles. Etait-il vraiment dupe de la "modernité" ?

    Néanmoins la bande dessinée joue un rôle mineur dans l'art de Picasso, qui est d'abord un sculpteur, revient à une plus grande simplicité de formes grâce à la sculpture.

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    + Certaines nécrologies qualifient injustement Claire Bretécher de "sociologue" ; sans doute pour atténuer la portée satirique de ses BD... ou la faible portée satirique de la sociologie ? Celle-ci est en effet rarement critique vis-à-vis des intellectuels de gauche (pléonasme) qui constituaient l'une des cibles préférées de cette caricaturiste "invitée" au "Nouvel Obs".

    La sociologie est rarement "critique" ; la plupart du temps les sociologues sont fonctionnaires, tenus à un devoir de réserve vis-à-vis de l'Etat qui les emploie ; étant peu indépendants, ils ne peuvent prétendre sérieusement à la "neutralité".

    Publié en 2013, "La Violence des Riches" de Monique et Michel Pinçon-Charlot semble renouer avec la critique... si ce n'est que cet ouvrage a un siècle et demi de retard sur la critique de Marx et Engels, bien plus drastique et plus "avancée", notamment en ce qui concerne la mondialisation.

    Du reste la sociologie entretient la confusion entre la technique (anthropologique) et la science (qui ne l'est pas), ce qui est une caractéristique des régimes totalitaires, nazi, soviétique ou libéral, qui tous s'avancent derrière la bannière des "sciences humaines" (sociologie, économie, psychiatrie...).

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    + Joe Sacco est un des chefs de file de la BD-reportage, qui rencontre un certain succès ces dernières années auprès du public. Les Amérindiens Dénés, peuplade autochtone du Nord-Ouest canadien sont le sujet de son dernier reportage. ("Payer la Terre" chez Futuropolis)

    Joe Sacco montre que la mondialisation en fait des déracinés dans leur propre pays, s'éloignant peu à peu de leurs coutumes et moeurs ancestrales.

    La mondialisation fait figure de nouveau destin tragique ; l'Occident s'accommode de cette tragédie, la dilue dans sa culture qui fait office d'oeillères, dans la mesure où elle le place en situation de dominer le reste du monde ; cependant l'Occident pourrait bien à son tour être rattrapé par cette tragédie.

  • Revue de presse BD (349)

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    Autoportrait de L.-L. Boilly grimaçant.

    + La publication du catalogue raisonné (éd. Arthéna) de Louis-Léopold Boilly vaut à ce portraitiste et caricaturiste du siècle des Lumières un article élogieux dans le mensuel "Beaux-Arts" (mars 2020).

    Originaire de La Bassée (Nord), ce père de famille nombreuse peignit de nombreux portraits pour une clientèle abondante, attirée par sa dextérité qui lui permettait d'exécuter en deux ou trois heures un portrait et nourrir ainsi sa progéniture. Malin, Boillly amusait aussi la galerie avec des portraits représentant de façon caricaturale les diverses émotions humaines ; il épatait aussi grâce à ses "trompe-l'oeil".

    "Il présente un miroir visuel des choses de la vie qui ne peut laisser indifférent, une sorte de caméra cachée à l'aune de son regard infaillible." écrivent les auteurs du catalogue.

    En dépit d'une certaine acuité psychologique, Boilly est un artiste secondaire, assez photographique (superficiel) et loin d'atteindre le comique de Daumier.

    Plus étonnante et contestable la démonstration de "Beaux-Arts" (Daphné Bétard) que Boilly est un artiste emblématique des Lumières. C'est oublier que les peintres flamands ont peint auparavant des scènes de genre équivalentes, voire supérieures, qui ne doivent rien aux Lumières.

    La démonstration de cette journaliste frise le ridicule quand elle parle des "artistes de ce XVIIIe siècle qui aspire à sortir des ténèbres et à diffuser une connaissance encyclopédique auprès du plus grand nombre (...)" Sortir des ténèbres !? Le XVIIIe siècle emprunte largement au "Grand Siècle" précédent, à commencer par les philosophes des Lumières qui furent presque tous élèves des jésuites et n'abjurèrent pas toutes leurs leçons.

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    + Cynique, politiquement incorrecte (sur la PMA et le "désir d'enfant" de ses copines capricieuses), on peut se demander si Claire Bretécher a une postérité (littéraire) ?

    Seul Riad Sattouf fait un candidat crédible, dont "L'Arabe du Futur" n'est pas toujours politiquement correct.

    Cependant R. Sattouf dit en interview aux journalistes ce qu'ils veulent entendre, quand Claire Bretécher ne craignait pas de déplaire. Elle ne ratait jamais une occasion de dire qu'elle ne gobait pas la religion du progrès et ses apôtres les "intellectuels" qui noircissent les pages des hebdos.

    Comme quoi la franchise n'est pas l'apanage des hommes... ni la satire.

    + Dans ce documentaire filmé (1977) par la télé suisse, la caricaturiste revient en détail sur les circonstances de son embauche au "Nouvel Observateur" qui contribua à sa notoriété au plan national.

  • Revue de presse BD (348)

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    E. Delacroix caricaturé par son amie George Sand.

    + Catherine Meurisse (ex-"Charlie-Hebdo") a illustré la "causerie" que fit Alexandre Dumas en hommage au peintre Eugène Delacroix, un an après sa mort en août 1863.

    L'oeuvre de cet artiste ambitieux est cruciale pour comprendre la modernité artistique et son ambiguïté originelle. Non seulement Baudelaire, son contemporain et admirateur, s'est attaché à démontrer que Delacroix était le seul peintre capable de rivaliser avec l'art antique, en ouvrant une voie nouvelle, mais aussi les innovations techniques et les goûts de Delacroix préfigurent la plupart des courants artistiques surgis après lui : l'impressionnisme, l'abstraction...

    L'obsession de la composition musicale, en raison de l'idéal de perfection qu'elle contient, n'est qu'un des traits saillants de la modernité de Delacroix.

    Le "Journal" de Delacroix facilite l'accès à son oeuvre picturale ; on relève d'ailleurs que l'admiration d'A. Dumas pour Delacroix n'était pas réciproque ; le relativisme bourgeois n'avait pas encore donné sa pleine mesure (catastrophique).

    - Jusqu'au 9 mars, "France Télévision" diffuse (en "replay") un documentaire de Laurence Thiriat sur la restauration des fresques de l'église Saint-Sulpice à Paris, illustrant des thèmes bibliques et peintes non sans mal par Delacroix à qui elles avaient été commandées. Ce documentaire souligne l'ambition d'un peintre avide de gloire et prêt à se battre comme un beau diable pour l'obtenir.

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    "L'Odyssée", par J.D.A Ingres, tenant d'une esthétique plus sculpturale que musicale.

    + Grand rival de Delacroix et représentant du "néo-clacissisme", J.A.D. Ingres enseignait à ses élèves une méthode pour dessiner le "drapé", cet élément décoratif apparemment aussi complexe que l'âme humaine.

    Jusqu'au 9 mars le musée des Beaux-Arts de Lyon consacre au "drapé", cet élément particulier, une exposition spéciale.

    Le goût du drapé est à la fois typiquement médiéval et en même temps très moderne, voire contemporain, comme cette exposition l'illustre.

  • Revue de presse BD (347)

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    C. Bretécher par elle-même (copie).

    + A la suite de sa disparition le 10 février, une pluie d'éloges s'est abattue sur Claire Bretécher, rare femme à s'être fait un nom dans la bande dessinée satirique.

    Jean Daniel, rédacteur en chef du "Nouvel Observateur", lui avait mis le pied à l'étrier en lui offrant de publier les planches de sa série "Les Frustrés" dans cet hebdo à fort tirage (1975).

    Laurent Joffrin ("Libé", 12 février) note -un brin nostalgique- que "cet hebdomadaire était capable de faire son étendard d'une BD qui le moquait sans relâche".

    Indifférente aux idées politiques à la mode, féminisme compris, Claire Bretécher était en revanche une bonne observatrice de la frustration et de la mauvaise foi du milieu "bobo", avec lequel elle entretenait un rapport ambigu, mi-fascinée, mi-dégoûtée.

    Clément Bénech ("Libé") souligne que le talent de Claire Bretécher est surtout littéraire, puisque c'est une dialoguiste hors-pair. Son dessin schématique sert de support à ces dialogues.

    Assez rare en bande dessinée, art militant le plus souvent, la note mélancolique domine dans l'oeuvre de C. Bretécher ; elle préférait dire qu'elle s'emmerdait... ce qui est sans doute la rançon d'une vie bourgeoise.

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    Hommage de Riad Sattouf, à son tour publié dans "Le Nouvel Obs".

    + Quelques pages de l'autobiographie loufoque de Marcel Gotlib ont été lues en public par Gilles Gaston-Dreyfus et peuvent être réécoutées en podcast sur "France-Culture".

    Gotlib fonda avec Claire Bretécher et Mandryka le fanzine satirique "L'Echo des Savanes" en mai 1972.

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    Equipe de "L'Echo des Savanes" (très mal) dessinée par Gotlib.

     

  • Revue de presse BD (346)

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    Caricature signée Sanaga pour "Zélium" qui illustre que la bande dessinée est un art séquentiel avec des wagons de 1re, 2e et 3e classe.

    + Les bons résultats des ventes masquent le dépérissement de la bande dessinée "franco-belge" ; son manque d'inventivité est flagrant si l'on considère qu'elle est devenue un "marché de la nostalgie", reposant surtout sur la réédition de vieilles bandes. Les canards continuent de courir encore après qu'on leur a coupé la tête.

    Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si la bande dessinée "entre au musée" au moment même où elle se meurt.

    Face aux revendications de leurs employés, victimes de méthodes de "dumping social", la défense des éditeurs n'est-elle pas de dire, comme Vincent Montagne leur représentant dans "Les Echos" (4 février) : - Nous n'y pouvons rien car nous sommes des incapables. De fait lorsqu'on organise la surproduction qui finit par vous mettre sur la paille, "incapable" est un doux euphémisme.

    Cette faillite de la bande dessinée belge aurait réjoui François Cavanna, qui fustigeait (avec Cabu) l'infantilisation du public et des auteurs par la bande dessinée.

    On aurait tort de prendre la politique pour un remède à cette infantilisation : l'adéquation entre la démocratie libérale américaine et la culture des super-héros indique que la politique elle-même est devenue une forme de divertissement, que le jeu politique s'est substitué à l'action politique.

    On reproche à tort à Donald Trump d'être un guignol, à Barack Obama avant lui d'avoir fait le contraire de ce qu'il avait promis (la paix) ; ils n'ont fait que se plier avec une aisance particulière au jeu politique, interpréter le rôle de super-héros exigé d'eux. E. Macron fait de même.

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    + "Benalla & Moi", par Ariane Chemin, François Krug et Julien Solé est une BD "politique" qui, comme la politique actuelle, n'a pas grand intérêt.

    Alexandre Benalla est à Emmanuel Macron ce que le capitaine Haddock est à Tintin. D'abord parce qu'il met un peu de piment dans le scénario ; ensuite parce qu'il y a du paternalisme de la part de Benalla vis-à-vis de son protégé à la houppe.

    Contrairement aux débordements du capitaine Haddock qui indiquent un tempérament masochiste, les incartades d'A. Benalla sont plus sadiques ; quoi qu'il en soit ces débordements font le sel du personnage qui font contraste avec E. Macron, trop poli et trop bien manucuré pour faire un héros de BD crédible.

    La vie est trop courte pour lire des BD politiques.

  • Revue de presse BD (345)

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    Le personnage de Blueberry réinterprété par C. Blain dans les pages de "Ouest-France".

    + La reprise de la série "Blueberry" par Christophe Blain et Joan Sfar ne va pas faire taire les mauvaises langues qui disent que la bande-dessinée vise un public d'ados attardés, "masturbateurs compulsifs" ajoutent les psys après avoir noté que Blueberry tripote trente-six fois son "colt" dans un album. 

    Ce qui rachète un peu la conduite de Christophe Blain, c'est cette interview donnée à "Ouest-France" (28 janvier) qui prouve qu'il n'a jamais lu un album de la série. Il n'hésite pas à déclarer en effet que le personnage de Blueberry est "moralement inattaquable" (sic) ; alors que toute l'astuce du père de Blueberry, le scénariste Jean-Michel Charlier, fut d'inventer un héros de bande dessinée qui soit un "mauvais garçon", sur le modèle de J.-P. Belmondo, débordant ainsi sur le lectorat féminin.

    On a du mal à comprendre pourquoi l'éditeur (Dargaud) n'a pas confié plutôt cette reprise de Blueberry à Eric Zemmour, qui est une sorte de cow-boy solitaire en costume de journaliste qui prend un malin plaisir à flinguer son prochain. Sans doute parce que les éditeurs - c'est bien connu - n'ont pas de couilles.

    Ici il faut dire que les westerns qui prennent fait et cause pour les Apaches et autres Amérindiens sont les plus "réacs", car la modernité est bien sûr du côté de l'envahisseur blanc et ses armes automatiques.

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    Caricature par Cambon.

    + Quand un haut fonctionnaire nommé Racine pond un rapport sur la condition des artistes-auteurs intitulé : "L'Auteur et l'Acte de création", on est tenté de répliquer :

    - Ah, qu'en termes galants ces choses-là sont dites !

    La publication de ce rapport coïncide avec la visite prochaine d'Emmanuel Macron au Festival d'Angoulême, accompagné de son fidèle ministre de l'Education nationale ; au Salon de l'Agriculture, la coutume veut qu'on flatte les vaches en leur tâtant le cul ; au Salon de la Culture d'Angoulême, on distribue des médailles et des prix aux autrices.

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    Autoportrait (présumé) du Greco en apôtre Paul.

    + Bien qu'il ait la bouche pleine de néologismes pédants, le commissaire de l'exposition Greco installée au Grand Palais, Guillaume Kientz, explique bien au cours d'un entretien sur "France-Culture" pourquoi on peut qualifier Greco de peintre "naturaliste". Il l'est même plus que les peintres de paysages du XIXe siècle, dont le rapport à la nature sera plus personnel.

    Le commissaire souligne aussi un paradoxe : la gamme de couleurs si particulière du Greco, devant laquelle se sont pâmés bon nombre de littérateurs modernes, doit beaucoup à la peinture de Michel-Ange... réputé surtout pour sa maîtrise renversante du dessin.

    La question de savoir si Greco avait la foi est anachronique. Plus intéressante la question de la propagande. On sait le rôle de l'art dans la propagation de la doctrine catholique, qui préfigure l'usage du cinéma par les régimes totalitaires du XIXe siècle.

    A cet usage s'oppose l'iconoclasme d'Eglises chrétiennes dissidentes, s'appuyant sur l'interdit juif biblique de représenter Dieu, interdit censé contrecarrer le penchant naturel de l'homme à l'idolâtrie.

    La caricature trouve sa place dans cette histoire puisque les partisans de Luther en firent un usage précoce et systématique contre l'Eglise romaine et sa propagande par l'art.

    Pour ces raisons, et pas mal d'autres encore, le concept de "modernité" est un concept fragile, plus religieux que scientifique.