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blutch - Page 2

  • Revue de presse (8)

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    - Sous la forme d’une exposition-vente consacrée à l’un des meilleurs albums de Chaland, «Le Jeune Albert», la galerie bruxelloise Champaka rend hommage à cet auteur (1957-1990).

    Sans doute parce qu’il n’était pas lui-même belge, Yves Chaland était mieux placé pour souligner le grain de folie wallon, qui a marqué les débuts de la bande-dessinée européenne, au point que la nouvelle vague d’auteurs (Blutch, Olivier Josso) s’en réclame encore.

    - La dernière BD de Nicolas Mahler, interprétant un roman de Thomas Bernhard, mélange BD, peinture, littérature et... critique d’art. Cette BD a au moins le mérite de rappeler que l’art est en principe tout sauf "consensuel", au contraire de la culture qui tend à être aussi horizontale qu’un champ de blé après la moisson. Interview de N. Mahler par Arte.

    - Hergé était-il « gay » ? C’est ce que sous-entend un album à paraître, qui traite notamment de la relation sexuelle supposée entre Georges Rémi, alias Hergé, et le Chinois Tchang, qui servit de modèle au héros de « Tintin au Tibet », porté disparu dans l’Himalaya. On peut s’amuser, ou bien au contraire s’agacer, de la mode qui consiste à tout «sexualiser», le plus souvent pour des motifs publicitaires ou commerciaux ; si certains moralistes (Montaigne) conçoivent l’amitié comme étant plus pure que les relations sentimentales ou familiales, c’est précisément pour la raison que l’amitié est, par-delà le désir et la consommation, censée être désintéressée.

    Il est cependant avéré que Hergé, bien que sexuellement stérile (ou pour cette raison ?), était fasciné par la culture orientale où les liens familiaux – et donc sexuels – jouent un rôle essentiel.

    - «La Première fois» : c’est le thème du concours organisé par le prochain festival BD de Lausanne (septembre), richement doté (3400 euros), dont l’invité d’honneur sera Christophe Blain. Copie à rendre avant le 25 juillet. Ma proposition de scénario : «La première fois que j’ai braqué une banque suisse, j’ai raflé au passage quelques originaux de Hergé en noir et blanc pour mon petit frère qui adore le coloriage.»

    - S’il y avait un «Prix de l’affiche de Festival de BD la plus laide», je le décernerai sans hésiter au prochain festival de BD de Lyon qui se tient ce week-end.

    + le fil des dernières revues. Voilà, c'est tout pour cette fois.

    Z.

  • Gus Bofa****

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    - Gus Bofa (1883-1969) fut un illustrateur singulier. Dans les quelques chapitres succincts de l’hagiographie qu’il consacre à Bofa, E. Pollaud-Dulian explique comment Bofa s’illustre d’abord lui-même avant d’illustrer les ouvrages d’autrui ; autrement dit, comment Bofa introduit la quête existentialiste dans une discipline, l’illustration, jusque-là plus artisanale.

    - Pollaud-Dulian étaye son propos de citations assez nombreuses pour ne laisser aucun doute sur le questionnement de B. : « Il est assez difficile de se connaître, de s’identifier à soi-même, de se distinguer, non seulement des autres hommes, mais du type Homme, de se trouver aux mesures inédites, qui conviennent à la fois à votre individu et à l’idée que vous voulez en avoir. La définition : « Gus Bofa grand dolichocéphale blond, dessinateur, ayant le goût de l’humour, de la fantaisie et du paradoxe », ne peut aucunement satisfaire l’idée que j’ai de moi, à moins d’en redéfinir chaque terme en fonction de moi. »

    - Naturellement la nouvelle vague d’auteurs de bandes-dessinées (et ici je ne peux pas m’empêcher de penser en particulier au travail d’Olivier Josso) ne pouvait manquer de voir en Gus Bofa un précurseur, puisque cette nouvelle vague adopte une démarche similaire ; elle se démarque en effet de la bande-dessinée franco-belge, auparavant faite pour divertir les enfants. O. Josso, comme son confrère Blutch, conserve d’ailleurs assez d’humilité (et de prudence) pour reconnaître et discerner dans le travail de Morris, Franquin, voire Hergé, une tendance à déborder déjà le cadre des histoires un peu mièvres qui leur étaient commandées. Cette démarche coïncidente a contribué à la redécouverte de Bofa, tombé déjà dans l’oubli à la fin de sa vie.

    -     - Mais, qu’est-ce que le « style » de l’auteur, si ce n’est justement son empreinte ou le reflet de sa personnalité, rétorquera un esprit plus pragmatique ? Par conséquent la démarche existentialiste est pour ainsi dire automatique. Une telle objection fait paraître Bofa plus novateur encore, car celui-ci définit lui-même le cadre abstrait de son art, et ne se contente pas d'appliquer une recette ou un remède éprouvé, ce qui reviendrait à lécher ses plaies devant tout le monde. Bofa n'a pas seulement  risqué sa vie au cours de la Grande guerre, où il a récolté une vilaine blessure, mais il a pris en outre des risques dans son art.

    -        - Pollaud-Dulian situe donc exactement Bofa à l’avant-garde, à l’égal des meilleurs artistes de son temps. A l’approche de la mort, son propos est très noir et son mépris de la culture de vie béate de ses contemporains accru. Bofa n’a pas vaincu les silhouettes qu’il dessinait, fantomatiques, ni lui-même comme un membre de cette armée d’ombres tremblotant au-dessus de la terre. Néanmoins il n’a pas triché dans son art ; c'est le minimum pour dépasser la simple contribution au jeu social, panneau où les imbéciles se jettent, perdant toute chance d’être aimés sincèrement hors le contexte qui les a élevés au grade de chevalier de quelque légion d’artistes absurde.

     - L’hagiographie d’E. Pollaud-Dulian se limite environ à cette présentation, assez irréprochable. Sa seule maladresse est de répéter le poncif de l’art dit « engagé », faussement opposé à un art qui ne le serait pas. En effet, l’engouement de tel ou tel poète pour Staline, Hitler, Pétain, Napoléon, etc., non seulement est révélateur d’une compétence de sergent-recruteur plutôt que d’artiste, mais il cache mal un mobile qui n'est pas moins personnel de la part de l'artiste "engagé" ; l'arrière-plan d’utopie sociale, non loin du fantasme, semble même indiquer une supplément de narcissisme chez beaucoup de poètes ou de philosophes soi-disant engagés (...).

    "Gus Bofa", par E. Pollaud-Dulian, éds. acharnistes, www.editions-acharnistes.com, 2008.

    NB : Autoportrait de G. Bofa

    Critique à paraître dans Zébra n°3

  • Pour en finir avec le cinéma**

    Certains n'imaginent même pas qu'on puisse dénigrer le cinéma, qui fait presque aujourd'hui figure d'art sacré. Pourtant, tous les arts y sont déjà passés ! Fameuse, par exemple, la critique du théâtre par J.-J. Rousseau, l’utopie des Lumières passant par l’éducation du peuple, contrecarrée par le divertissement.zébra,critique,bd,blutch,blotch,vitesse moderne,pour en finir avec le cinéma,fanzine

    On suit Blutch depuis quelques années ; son effort pour hisser la bande-dessinée au rang d'art majeur, alors qu'elle bénéficie d'une reconnaissance bien moindre que le cinéma, est sans doute la clef de lecture de son dernier opus.

    A l'arrière-plan, il y a le bras de fer entre un auteur de BD et le cinéma. La passion de Blutch pour le cinéma n'est d'ailleurs pas nouvelle, même si elle se rapproche de plus en plus du dégoût du cinéphile pour sa madeleine de Proust.

    Blutch fait ainsi allusion au côté macabre du cinéma, insiste sur le maniérisme et la vanité des acteurs de cinéma.

     Moins comique que son excellente série brocardant la vanité des artistes, parue dans "Fluide Glacial" ("Blotch"), mais moins abstrait que le titre "Vitesse moderne" (qui tourne aussi autour du même sujet), "Pour en finir avec le cinéma" plaira sans doute paradoxalement plutôt aux cinéphiles... les moins susceptibles.

     Zébra

    ("Pour en finir avec le cinéma", Dargaud, 2011, 20 euros ; "Vitesse Moderne", 2010 ; "Blotch", Fluide-Glacial Audie, 2009)

  • Lecture gratuite n°1

    Lecture gratuit du fanzine Zébra n°1 (nov. 2011/64 p.) via le site de partage de fichiers issuu.com :