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poème - Page 2

  • Sonnet falsifié

     

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     Les poètes dont on fait des tuberculeux

    Abordent facilement en fonction du souffle

    Du vent des îles neuves où le ciel est bleu

    Comme leurs poumons de l'air vicié qu'ils insufflent

     

    A leur cigarette sous les ronds nébuleux

    Qu'ils rejettent de leur bouche récidiviste

    Les poètes habitent des pays heureux

    Lorsque le monde autour d'eux devient réaliste

     

    Ils projettent sur la puanteur des cités

    Le reflet de leurs odeurs pleins de purulence

    Ils se purifient dans le rêve du silence

     

    En l'interrompant par des mots inusités

    Ils secouent le joug verbal bourgeois aseptique

    Les poètes dont le mal est le seul diptyque.

    Poème de Bertrand Demagny, illustration d'Aurélie Dekeyser

  • Rimes féminines

    SIX heures ont sonné comme un glaive à ma montrewebzine,bd,gratuit,zébra,fanzine,rimes féminines,poème,bertrand demagny,illustration,aurélie dekeyser,sacré-coeur,montmartre,rime féminine,faucheuse

    C'est vrai ces deux aiguilles très fines s'alignent

    Sur mon cadran et bien droites comme Montmartre

    Car leur clocher dans mon souvenir qui se signe

     

    Pieusement Je vois bien que le temps s'entartre

    A ma montre qui blanchit à l'instar d'un cygne

    Et me dit que le soir avance encore contre

    Moi à dix-huit heures que le trépas désigne

     

    C'est vrai comme dit Brel que le temps cogne et laisse

    Un arrière-goût de faiblesse et de tendresse

    Surtout aux portes de la nuit quel regard d'ange

     

    Quand il faut coucher dans les draps de la faucheuse

    Et plonger dans le sommeil d'une vie étrange

    Et onirique ? Ah mais qu'est-ce que la mort heureuse ?!

    Poème de Bertrand Demagny

    Illustration d'Aurélie Dekeyser

  • Parlons à Paul Verlaine

    Ah ! Comme c'est triste la pluie et le beau temps !webzine,bd,gratuit,zébra,bande-dessinée,fanzine,poème,bertrand demagny,paul verlaine,aurélie dekeyser,illustration,lille,léviathan

    Il n'est pas permis d'être autant sous l'influence

    Des caprices du ciel et toujours mécontent

    De sacrifier les lieux à sa désespérance

     

    Lille fume et crie ah ! Mon poème est rance

    Mon cher Verlaine oui vois le monde qui attend

    Sa fin son apothéose depuis longtemps

    Dans le ventre hideux qu'est le Nord de la France

     

    L'amour s'est barré on dit qu'il est en carence

    Ici depuis ta mort ou avant tant et tant

    Qu'il exhale partout d'affreuses pestilences

    Sur les parfums perdus des jeunes de vingt ans

     

    Elle est bien connue hein cette immonde flagrance

    Deux siècles nous séparent palpitant

    N'est-ce pas cher poète ? La troisième avance

    A grand pas forte comme un léviathan

     

    D'en haut tu cèdes chroniquement à Saturne

    En m'allouant tes vers fraîchement infusés

    Pour me faire croire encore à la blanche cothurne

    Grecque mais mon époque est faite de fusées

     

    Dont la gueule défie aussi le triste ciel

    Qui a été le tien Lors de nos habitudes

    Ne faut-il pas s'accommoder du monde absurde

     

    Et s'offrir tous les paradis artificiels ?

    Poème de Bertrand Demagny, illustration d'Aurélie Dekeyser

  • L'intérêt des calendriers

    A la Saint-Valentin très fiers et très sublimeswebzine,bd,gratuit,zébra,fanzine,bande-dessinée,poème,bertrand demagny,illustration,aurélie dekeyser,saint-valentin,calendrier

    Les coeurs amoureux de la pieuse tradition

    Vont laver la souillure intime de leurs crimes

    Dans l'offrande des bouquets de leur dévotion

     

    La dame se pâme et puis sourit sans escrime

    Au galant sentimental inutile action

    D'un imbécile royaume paré de frime

    Où le lustre ne l'emprunte qu'à l'illusion

     

    Intemporel le repère faux des amours

    S'acharne indigne et haut en coutumiers parjures

    Qui frise parfois la ridicule gageure

     

    D'offrir à heure fixe un anneau très glamour

    Visible et pertinent aux yeux de madame

    Qui sans honte à l'argent de monsieur le pion dame.

    Poème de Bertrand Demagny - Illustration d'Aurélie Dekeyser

  • Le Coeur-Lyre

    "A batallas de amor, campo de pluma."webzine,bd,gratuit,zébra,bande-dessinée,fanzine,coeur-lyre,poeme,bertrand demagny,illustration,aurélie dekeyser,amor

    - Printemps a sonné faux en ton coeur doux

    où s'affairent deux ou trois cordeaux tendus

    d'un bout à l'autre

    à l'extrémité de mes pleurs

    Petit funambule amoureux

    tu as l'âme qui divague

    toi qui t'es cru un jour

    transi maniaque de mes yeux

    Allons

    rejoins-moi

    j'ai encore de belles saisons

    à parcourir

    L'hiver est bon pour jouer de la corde

    de l'espoir

    de la vie

    de la mort

    de l'existence que je ne veux pas

    passagère

    Allons sois gentil

    fais plaisir

    Je suis le coeur-lyre

    J'attends que tu répares

    ce coeur brisé

    fendu en mille

    Allons rends-toi aimable

    et sois-le

    Car je suis le coeur-lyre

    Arrange les fils rompus

    du silence de la nuit

    cordes mortes de mon âme

    qui m'a enfoncé dans le marasme

    que voici

    magnétisme des flammes

    Tu vois c'est sans bruit

    il suffit de vibrer un peu

    même si je me sens

    fébrile

    et j'ai

    sur les cordes mortes de mon âme

    l'irrésistible

    magnétisme des flammes

    J'ai aussi le sourire

    des jolies femmes

    et une éternité de mots

    à leur dire.

    Poème de Bertrand Demagny - illustration d'Aurélie Dekeyser

  • Le sacre des gens biens

    Voilà la vie à deux avec ou sans mariagewebzine,bd,gratuit,zébra,fanzine,bande-dessinée,poème,bertrand demagny,illustration,aurélie dekeyser

    C'est un serment d'allégeance qu'il faut signer

    Plein de confiance en l'autre en soi étrange alliage

    Qu'il faut bien avaler et ce sans rechigner

     

    C'est un art que de savoir aimer sans verbiage

    Sans contrat contracté sans voir son coeur saigner

    Bavant sur l'encre au pied d'un bout de page

    Sans monnayer les sentiments de l'indigné

     

    Peu nombreux sont ceux qui fuient la vassalité

    De l'union au bonheur à deux comme pécores

    S'emprisonnant ensemble et pour longtemps encore

     

    C'est là l'archétype de la stérilité

    Des hommes et des femmes tristes au front sévère

    Ces gens que j'ai renié pour créer ces vers.

     

    Poème de Bertand Demagny, Lille, 2007.

    Illustration d'Aurélie Dekeyser, Paris, 2014.