Le strip hebdo de Lola dans Zébra (par Aurélie Dekeyser) :

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Le strip hebdo de Lola dans Zébra (par Aurélie Dekeyser) :

...littéraire (pour faire de la place dans ma bibliothèque). Cette semaine, deux vedettes italiennes.
Le "Décaméron" de Boccace est disponible gratuitement en ligne ; Giorgio Vasari a représenté ci-
contre le gratin des lettres toscanes : Dante (fauteuil), Pétrarque (ecclésiastique au bouquin vert), G. Boccace (entre Dante et Pétrarque), et G. Cavalcanti (face Dante).
par Antistyle
...littéraire (pour faire de la place dans ma bibliothèque). Cette semaine, Dante.
par Antistyle
Illustration tirée du carnet de croquis de Louise Asherson :
Retrouvez chaque semaine un gag/strip de W.Schinski traduit de l'allemand dans Zébra :

...W.Schinski publie aussi dans nos colonnes son premier webcomic (feuilleton-BD), un polar intitulé G-1759 (A suivre).

Et le coin de paradis pour touristes occidentaux friqués s’est changé d’un seul coup en enfer…
Tout le monde ou presque a vu cette grosse déferlante, dans l’objectif tremblant d’un caméraman amateur, foncer tranquillement, sûre d’elle, en direction de vacanciers en mode «pause», avant de les ratatiner.
Le récit, que l’on peut supposer véridique, commence ici avec l’arrivée d’un jeune Français en Indonésie, au Nord de Sumatra, sur les traces de sa sœur, disparue depuis plusieurs années. Celle-ci n’a pas péri dans la catastrophe naturelle, mais elle n’est pas rentrée après son engagement comme médecin dans la mission de secourisme envoyée sur les lieux, et a cessé de donner de ses nouvelles. Plutôt indolent, le jeune enquêteur souhaite soulager sa mère, qui « ne vit plus », du poids de cette absence.
Les catastrophes naturelles, on le sait, provoquent la réflexion. On se souvient de Candide, secouant le prunier de la logique de Pangloss, du stoïque « meilleur des mondes possibles », à cause du tremblement de terre de Lisbonne.
La quête du bonheur incite bon nombre de représentants de l’espèce humaine à rester en vie, y compris ceux, plutôt tordus, qui pensent que plus on souffre, meilleurs on est, et qui en appellent souvent à un jugement de l'au-delà ; dans le même temps, nous sommes presque tous aussi conscients de la fragilité de ce graal, qui évoque le bonheur.
La romancière Amélie Nothomb témoigne : «J’ai tout pour être heureuse, et je le suis ; cependant mon bonheur est altéré par la crainte que mon bonheur ne dure pas.» Et l’on peut retourner ce sentiment comme un gant, car au plus profond du malheur ou de la souffrance, ce qui l’allège sans doute, c’est l’espoir d’un moindre malheur ou d’une jouissance future. Le vieux mythe de Pandore a ainsi bien résumé le problème de la condition humaine, avec cette histoire de vase piégé, rempli de catastrophes et en même temps plein d'espoir, qui fait oublier l’instant la catastrophe, la souffrance, la cruauté, et le hasard inique... l'instant d'après.
Il y a dans la nature, omniprésentes, une idée du paradis à rechercher, et une idée de l’enfer à fuir. Pratiquement toute fiction ne fait que décliner ce diptyque naturel, y compris les paradis artificiels où la jeunesse dorée aime s’enfoncer, parfois même avant d’avoir commencé de vivre. Le séjour des morts lui-même n’est, dans nombre de religions abstraites, que mirage prolongeant la nature, dont quelques poètes ou quelques sages seulement savent, l’ayant déduit de l’observation des choses de la nature, qu’il n’est que rêve.
«Tsunami» de Pendanx et Piatzszek, illustre ce mobile psychologique parfaitement, d'où cette BD baigne dans une ambiance mi-amère, mi-paisible. On le sait grâce aux poètes romantiques, la mort évoque tout autant qu’un atoll paradisiaque le calme, le luxe et la volupté.
Il me semble qu’on n’est pas loin ici d’un hymne à la drogue, cette religion personnelle, qui remplace dans les pays modernes les grandes religions déchues que sont le catholicisme ou le communisme ; c’est-à-dire une ode au soulagement de la souffrance par l’anesthésie, la souffrance qui paraît inique, psychologiquement, bien plus que la mort.
Tsunami, par Pendanx et Piatzszek, Futuropolis, nov. 2013
(Supplément "écologie & bande-dessinée")

+ Le dithyrambe de Daniel Cohn-Bendit en faveur de la bande-dessinée dans sa chronique matinale du jour sur Europe 1 a dû redonner du baume au coeur de ceux qui souffrent du manque de reconnaissance de cet art, comparé à ceux de Léonard ou Steven Spielberg.
Comme chaque fois qu'il se fait le super-héraut d'une cause, Dany n'y va pas de main-morte, il n'a pas hésité à clamer la part prise désormais par la BD et le "roman graphique" (sic) dans le "panthéon de la réflexion contemporaine" (resic), qui plus est incitant les auditeurs d'Europe 1 à vider leurs livrets A afin d'offrir à leurs proches des tas de BD pour le Nouvel An.
Ce coup d'encensoir n'est pas plus étonnant que ça, si l'on fait le compte des points communs entre Daniel Cohn-Bendit et Tintin, le fameux reporter belge. Et je ne dis pas ça seulement parce qu'ils sont rouquins tous les deux ; Daniel-Cohn Bendit passe aussi le plus clair de son temps à Bruxelles ; Tintin et Dany sont d'ailleurs les deux seules mascottes de l'Europe à peu près crédibles, depuis que Charlemagne est passé de mode ; ils sont tous les deux écolos (Tintin n'est pas boy-scout pour rien), à la limite du nirvanesque ; quant aux moeurs sexuelles, il plane sur celles de Tintin à peu près la même ambiguïté que sur celles de Dany. Sans compter qu'ils sont farouchement anticommunistes tous les deux. Bien qu'il vienne de l'intérieur des terres, José Bové fait un capitaine Haddock plutôt convaincant. Bien sûr, ça va sans dire, l'écologie ne sauvera pas plus le monde que Tintin & Milou ; mais "chut !", ne le dites pas aux fans de Tintin et de Dany: perso je les soupçonne d'être un peu neurasthéniques, car si vous regardez bien le regard de Tintin, vous constaterez qu'il est complètement "stone", comme tous les héros animés par un fort sentiment de culpabilité et qui feraient n'importe quoi pour se faire bien voir de leur mère. Tintin et Daniel Cohn-Bendit, bien que rouquins, sont des héros platoniciens, à n'en pas douter.

(Ill. Pénélope Bagieu)
+ Comme pour confirmer le bien-fondé du diagnostic de Dany sur la BD, Pénélope (!) Bagieu s'est fendue sur son blog d'un billet long comme une journée de navigation sans vent en faveur des poissons qui nagent en eau profonde, contre les chalutiers d'Intermarché qui leur font vivre le martyre. Pénélope, rangée du tricot et du blog-bd de mémère, donc, indique l'influence néfaste des institutions européennes sur lesdits pécheurs contre nature. Pour cela, elle ne ménage pas ses efforts pédagogiques : une telle pêche suffirait à racler tout Paris en deux jours, assure-t-elle par exemple, n'hésitant par à faire concurrence à Marion Montaigne sur le terrain de la science (sans doute en raison de toutes les morues, les thons et les raies qui apprécient ses eaux chaudasses).
L'argument de D. Cohn-Bendit, c'est que nul ne peut mieux réparer les ravages commis du fait de leur incompétence par les institutions européennes que ces institutions elles-mêmes ; ou encore que la démocratie ne saurait être mieux garantie que par des organes qui interviennent comme le dieu Mars ou le dieu Poséidon dans le cours de la politique. Le hic, c'est que les Français ne se laissent pas facilement convaincre par ce genre d'humour belge surréaliste, dans l'ensemble.