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marvel

  • Revue de presse BD (205)

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    + "Au début je craignais pour la vie de mes enfants, aujourd'hui je me dis que la mort aurait été un sort moins terrible que les épreuves qu'ils traversent maintenant" ; ainsi s'exprime une mère de famille de cinq enfants, retranchée dans la ville de Madaya en Syrie, non loin de Damas. Son témoignage (via un blog) a été transposé en BD, produit par l'éditeur Marvel, puis diffusé gratuitement par la chaîne de télé américaine "Abc News" (propriété du consortium Disney). La famine, la peur des bombardements et des snipers, le deuil, sont le lot quotidien des habitants de Madaya.

    Bien sûr il s'agit là de propagande puisque les Etats-Unis sont engagés dans cette guerre aux côtés des opposants au régime de Bachar-el-Assad, naguère accueilli en grande pompe dans toutes les grandes capitales occidentales ; ce témoignage est néanmoins poignant et l'impuissance des organisations de paix internationales criante.

    L'illustrateur croate Dalibor Talajic a lui-même connu la sanglante guerre civile yougoslave.

    + La Cité de la BD d'Angoulême annonce une prochaine exposition dans ses murs, consacrée à "Charlie-Hebdo", la laïcité et la liberté d'expression : "À la demande de la DRAC, et en partenariat avec le réseau Canopé (réseau de création et d’accompagnement pédagogiques dépendant de l’éducation nationale), la Cité revient aujourd’hui sur ces questions à travers une nouvelle exposition consistant en une série de vingt panneaux didactiques richement illustrés.(...)" Cette formulation indique une volonté institutionnelle de transformer la caricature en art officiel. C'est une situation orwellienne, car cela revient à purger la caricature de son caractère satirique et en faire un instrument de propagande des valeurs républicaines laïques.

    Bien sûr il y a des caricaturistes d'obédience républicaine, comme il y a des humoristes catholiques (le meilleur humoriste anglais du XXe siècle -E. Waugh-, l'était), mais la presse et les auteurs satiriques français ont peu contribué au culte républicain dans l'ensemble, sachant que la République est avant tout un ordre social et judiciaire reposant sur les forces de police et l'armée.

    + La dessinatrice Tanx a publié récemment "Des croûtes aux coins des yeux", recueil de strips publiés régulièrement sur son blog-BD (éd. "6 Pieds sous terre"). Cette sorte d'autoportrait sans concession évoque les BD "underground" de l'Américain Robert Crumb, à un (ou deux) détails près : Tanxxx est aussi féministe que Crumb est misogyne. Par chance Tanx n'adopte pas un ton trop militant et sa BD n'est pas excessivement moralisatrice (même les hommes peuvent la lire).

    Tanxxx s'efforce d'être une artiste ou une artisane (?) indépendante, ce qui n'est pas une sinécure ; elle a ainsi stoïquement refusé la médaille que la ministre de la Culture souhaitait lui décerner en récompense de bons et loyaux services rendus à la cause du féminisme & de la BD.

    Le punk est peut-être mort, mais pas encore Tanxxx.

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    Caricature de Marianne allaitant un CRS-goret, extraite du blog de Tanxxx

     

  • Magie du cinéma

    Oui, on ne peut pas juger un film sur quelques images mais certaines bandes annonces sont commewebzine,bd,gratuit,zébra,fanzine,bande-dessinée,cinéma,adaptation,marvel,manu larcenet,combat ordinaire ces spots publicitaires mal faits qui produisent un effet répulsif au lieu de nous donner envie.

    La transposition d’une BD au cinéma est souvent casse-gueule. Les studios américains s’en sortent plutôt bien avec les personnages Marvel. Le Joker interprété par Jack Nicholson a quasiment éclipsé le personnage dessiné original. Sans doute les héros de papier américains prennent-ils toute leur dimension au cinéma grâce au savoir-faire de techniciens habiles et inspirés ainsi qu’à une communication événementielle maîtrisée.

    En Europe le passage à l’écran est souvent décevant. Au mieux il n’apporte rien de plus, au pire il s’avère catastrophique : Tintin, Lucky Luke, Boule et Bill, Gaston Lagaffe, Iznogoud… la liste est longue. Et ce n’est pas une question de moyens (songeons au grotesque «Michel Vaillant» scénarisé par Luc Besson). Les réussites semblent assez rares («L’Enquête corse» d’Alain Berbérian) et elles sont intéressantes quand il s’agit de recréation (par exemple l’«Astérix» d’Alain Chabat).

    C’est une grande perplexité qui m’a saisi en regardant la bande-annonce du film «Le combat ordinaire», sorti en salles en pleine période estivale, ce qui est rarement de bon augure. C’est filmé comme un épisode de « Plus belle la vie », avec une esthétique Tahiti Douche et des acteurs principaux plutôt photogéniques qu’on verrait bien dans une saga de l’été sur TF1. Je mentionne à peine la bande-son démonstrative pour bien souligner qu’on va pas rigoler, parce que c’est du sérieux, c’est du profond (1).

     Les ingrédients de base sont certes dans la BD de Manu Larcenet (un photographe de guerre usé qui aspire à autre chose, une rencontre amoureuse…). Mais, alors que celui-ci déroulait l’histoire avec finesse et retenue,  les extraits du film laissent craindre le pire. Passée à la moulinette du cinéma, l’œuvre de Manu Larcenet semble être devenue un machin inconsistant, inoffensif et globalement niais, comme ce fut le cas pour le «Petit Nicolas» de Goscinny et Sempé (2).

     C’est la Magie du Cinéma, qui transforme l'or en plomb.

    LB

    (1) Musique composée par Cascadeur

    (2) A la différence qu’il ne s’agit pas d’une BD, mais le traitement infligé est le même