Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

ibère

  • Mox Nox*****

    Entièrement muettes, les planches satiriques de Joan Cornellà, dessinateur ibère d’une trentaine webzine,gratuit,bd,zébra,bande-dessinée,fanzine,mox nox,joan cornella,surréaliste,ibère,dali,andré breton,jérôme bosch,d’années, sont donc accessibles en ligne au public français depuis plusieurs années.

    D’une grande efficacité à débusquer le malaise indicible du monde moderne, planqué derrière l’argument publicitaire massif, les gadgets hi-fi, la guimauve sentimentale ou le national-socialisme de sous-préfecture (OM/PSG), Cornellà fait partie des quelques auteurs talentueux surgis de la Toile et qui font naître l’espoir d’une rupture avec cinquante ans de BD mi-infantile, mi-régressive.

    Bien sûr les éditeurs sont assez malins pour repérer ce genre de perle, mais ils ne sont pour rien dans leur éclosion, et à cet égard internet apparaît de plus en plus comme une faille dans le système; le système, c’est-à-dire la culture de masse et son effet stupéfiant. La mauvaise gestion des stocks ne représente pas la seule menace pour la BD «mainstream».

    Ici ou là, je lis que l’art de Cornellà est qualifié de «surréaliste ». Soit, mais à condition de ne pas le confondre avec l’art nécrophile et putassier de son compatriote Salvador Dali, ou avec la psychanalyse emmerdante d’André Breton -deux types probablement fondés sur l’impuissance sexuelle ou l’éjaculation précoce (puisque le freudisme permet de décoder certaines œuvres d’art, autant ne pas se gêner).

    Non, le mélange de formes cocasses et inquiétantes permet de situer Cornellà du côté de Jérôme Bosch et sa révélation du monde comme un gros animal monstrueux -révélation plus sereine, et donc plus utile que celle de Kafka. Le lien religieux ou social sacré, qui permet d’encenser jusqu’à l’excrément, ce lien n’unit que des objets de consommation.

    L’art le plus mondain consiste à parer la laideur de vertus éthiques, et ce n’est pas le propos de Cornellà. Rien n’est plus facile que la suggestion et le non-dit, à la manière de Dali, véritable trait d’union entre la bêtise fachiste et la bêtise capitaliste. Cet enfoiré de Dali sait parfaitement que les gadgets macabres sont plus faciles encore à fourguer que le porno ou les pâtisseries. Il n’y a même pas besoin d’avoir faim pour manger de la merde : c’est le secret de la culture moderne. Cinq siècles de pacotille religieuse espagnole, Dali parvient à les fourguer à des bourgeois athées ! Aucun VRP, aucun pape n’y serait parvenu avec la même aisance.

    Avec Cornellà, on se situe bien à l'écart de la culture, dans la dialectique du combat individuel contre la société.

     

    Mox Nox, Joan Cornellà, éds. Bang (2e édition, juillet 2013)

  • Revue de presse BD (52)

    webzine,gratuit,bd,zébra,fanzine,bande-dessinée,revue de presse,illustration,hebdomadaire,actualité,petitformat,joan cornella vasquez,ibère,agrégateur,blog,blogueur,espagnol,planche,interview,vincent henry,boîte à bulles,zoo,guillaume trouillard,actuabd,la cerise,jean-christophe menu,édition,gilles rochier,rize,résidence,l'incontournable,magazine,usine,du9,xavier guilbert,marché,numérique,annette marnat,ali baba,dessin

    Découvert via l'agrégateur de blogs "Petitformat", le talentueux blogueur ibère Joan Cornella Vasquez, auteur de la planche ci-dessus.

    + Intéressantes observations de Yassine (du blog Lezinfo) sur la mode actuelle du graphisme froid, inspiré de formules géométriques : "(...) Comme un répertoire de formes assez limitées où tout le monde viendrait puiser. Et finalement, tout se vaut, tout s'annule. Dans ce grand tout on peine à dégager des personnalités fortes qui font avancer le graphisme." Qui dit que le graphisme n'est pas un art régressif ?

    + Interview de Vincent Henry dans le dernier magazine gratuit "Zoo" (p.6) pour les 10 ans de la petite maison d'édition BD qu'il a fondée : "La Boîte à Bulles" (éditeur de l'Américain Ted Rall en France, qui fit entendre il y a quelques années une voix discordante à propos de la stratégie militaire du Pacte Atlantique.

    + A rapprocher de l'interview de Guillaume Trouillard (Actuabd), des éditions "La Cerise", qualifié de "Jean-Christophe Menu de la Cerise" (sic), pour qui les conditions de la petite édition sont "objectivement plus dures aujourd'hui qu'hier".

    + Interview de Gilles Rochier (TMLP) dans "L'Incontournable" (pp. 26-27), magazine culturel lyonnais. Dans lequel cet auteur évoque sa résidence au RIZE, ainsi que sa passion de la BD, en même temps que sa crainte de devoir retourner à l'usine bientôt pour pouvoir croûter... s'il reste encore des usines.

    + C'est un ingénieur de formation, Xavier Guilbert, qui donne une étude dans "du9" sur le marché de la BD et ses perspectives numériques, qui lui paraissent en l'état actuel assez hypothétiques. Il serait assez logique que la BD soit touchée à son tour par les conséquences de la bulle spéculative.

    + Le dessin de la semaine est d'Annette Marnat, pour illustrer "Ali Baba" :

    webzine,gratuit,bd,zébra,fanzine,bande-dessinée,revue de presse,illustration,hebdomadaire,actualité,petitformat,joan cornella vasquez,ibère,agrégateur,blog,blogueur,espagnol,planche,interview,vincent henry,boîte à bulles,zoo,guillaume trouillard,actuabd,la cerise,jean-christophe menu,édition,gilles rochier,rize,résidence,l'incontournable,magazine,usine,du9,xavier guilbert,marché,numérique,annette marnat,ali baba,dessin