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médecine

  • Caricature Jean Castex

    Caricature par ZOMBI

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  • Caricature Dr Raoult

    Caricature par ZOMBI

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  • Caricature Cahuzac

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    par l'Enigmatique LB (à lire aussi dans "Siné-Mensuel")

     

  • Parfum de pomme

    Strip de GAB (aussi dans Zélium)

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  • Vin et Médecine

    Strip de GAB (aussi dans Zélium)

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  • Van Gogh, le Suicidé de la Société***

    Les rapports entre l’art et la psychanalyse sont houleux depuis le début. Le jugement de l’art et dewebzine,bd,zébra,gratuit,bande-dessinée,fanzine,kritik,critique,antonin artaud,van gogh,suicidé de la société,karl kraus,psychanalyse,art,médecine,psychiatrie l’artiste, à travers l’analyse de son œuvre, suivant une méthode appliquée très tôt par Freud et ses disciples, n’a pas manqué de se heurter à la résistance de certains artistes. D’abord parce que cette méthode a été utilisée par Freud dans un but polémique de dénigrement des opposants à ses thèses ; l’adversaire était disséqué, jusqu’à débusquer sa tare ou son aliénation et requalifier son hostilité en maladie.

    On comprend qu’un tel procédé ait pu rencontrer une résistance ; le cas de Karl Kraus (1874-1936) est le plus fameux, qui choisit d'affronter Freud, après que celui-ci renonça à rallier Kraus, brillant journaliste viennois, à sa cause, à l’aide de réparties et d’aphorismes cinglants (« La psychanalyse est cette maladie mentale qui se prend pour sa propre thérapie ».) La défense de Kraus va au-delà de son cas personnel, puisque il s’agit de défendre l’art contre la psychanalyse, que celle-ci tend, selon Kraus, à désacraliser.

    Par la suite, la tentative de certains psychanalystes et psychiatres d’établir une nouvelle norme éthique et sociale acceptable, déborde le cadre des recherches de Freud, même s’il est indéniable que les méthodes de la psychanalyse pour s’imposer furent analogues à des méthodes cléricales, reprenant le principe de la mise à l’index et de la censure.

    Le cas d’Antonin Artaud est particulièrement émouvant, car de graves problèmes de santé dès l’enfance et la difficulté supplémentaire à vivre qui en a résulté ont placé Artaud entre les mains des médecins-psychiatres. Cette maladie explique aussi l’effort d’Artaud pour trouver dans l’art et toutes sortes de religions différentes une «porte de sortie». «Van Gogh, le suicidé de la société», bref ouvrage commis tardivement par Artaud afin de défendre Van Gogh et protester contre sa réputation d’artiste aliéné, en affirmant au contraire son innocence, Artaud se venge lui-même des psychiatres ; il voit manifestement dans Van Gogh un frère spirituel.

    « C’est ainsi qu’une société tarée a inventé la psychiatrie pour se défendre des investigations de certaines lucidités supérieures dont les facultés de divination la gênaient. », écrit Artaud, avec une force polémique et développant une argumentation qui ne sont pas sans rapport avec ceux de Kraus précédemment, bien que la nature des « facultés de divination » évoquées par Artaud restent vagues.

    « On peut parler de la bonne santé de Van Gogh qui, dans toute sa vie ne s’est fait cuire qu’une main et n’a pas fait plus, pour le reste, que se trancher une fois l’oreille gauche, dans un monde où on mange chaque jour du vagin cuit à la sauce verte ou du sexe de nouveau-né flagellé et mis en rage, tel que cueilli à la sortie du sexe maternel. »

    Dans ce passage ironique, on saisit le différend qui oppose l’artiste aux représentants de l’ordre et de la morale publics. La société ne peut pas juger Van Gogh, dont Artaud fait une sorte de martyr, car la société donne elle-même tous les signes d’aliénation et de violence.

    Il ne s’agit pas de nier les tourments de l’âme de Van Gogh pour Artaud, mais de dénier à la médecine le droit de les réduire à un symptôme clinique.

    Ce petit livre est le témoignage à charge d’un artiste contre le monde moderne.

    Van Gogh, Le Suicidé de la Société, Antonin Artaud, Gallimard.

  • Journal d'un Corps**

    Il s’agit ici de la réédition chez Futuropolis-Gallimard d’un bouquin de Daniel Pennac, illustré par Manuwebzine,bd,gratuit,zébra,bande-dessinée,fanzine,critique,kritik,journal,corps,manu larcenet,daniel pennac,gallimard,futuropolis,médecine,lucrèce,michel-ange Larcenet.

    La crise économique m’a presque rendu végétarien, ce qui est peut-être la meilleure solution pour vivre plus vieux que l’économie capitaliste, assez comparable à une boulimie de viande. Mais ce n’est pas la raison pour laquelle je ne suis pas aussi enthousiaste que la plupart des critiques à propos de ce gros bouquin.

    Pennac part en gros de l’idée, qui a pu être défendue comme une véritable religion par certain savant médecin français de renom, que nous sommes entièrement déterminés par nos organes et notre corps. Des êtres de chair en combustion, point à la ligne. L’âme ne serait qu’une façon de donner du style à notre corps, de le «customiser» comme disent et font aujourd’hui beaucoup (la moindre sous -préfecture possède aujourd’hui son artisan-tatoueur), et de sympathiser avec autrui pour l’amener à différents types de rapports.

    Les médecins, les chirurgiens surtout, et les gastro-entérologues aussi, qui plongent les mains dans le cambouis humain toute la journée, sont souvent athées pour la raison que leur besogne les convainc que l’âme finit par faire «pschiitt». Cela rehausse énormément la valeur culturelle d’une entrecôte ou d’un ris de veau (où va ma préférence). Dans le même sens, beaucoup d’hommes perdent, avec l’usage de leur organe préféré, le goût de la vie. Je pourrais citer quelques écrivains très prisés des femmes dans ce cas ; mais j’ai un meilleur exemple : celui d’un écrivain britannique porté sur la bonne chère qui, condamné au dentier par l’âge, commença dès lors de trouver le temps long : il ne pouvait plus manger que de la soupe. Peut-être le supplément d’âme des femmes leur permet-elle de vivre au-delà de l’espérance que procure le corps ? Et, dans ce cas, l’athéisme n’est pas une bonne thérapie.

    Le corps exprime tout, et D. Pennac le fait donc parler des diverses émotions qu’il peut ressentir, et qui se ramènent toutes au plaisir et à la douleur, au partage desquels la société est consacrée, d’une façon aussi inégalitaire que les corps peuvent l’être entre eux, suivant le hasard ou la condition. L’égalitarisme est certainement un animisme, qui défie la biologie.

    La prose de D. Pennac est assez poétique, voire même humoristique, ce qui nous sort un tantinet du déterminisme, car c’est une chose assez inexplicable que l’humour, du point de vue de la médecine. Surtout l’humour de Molière. Je ne parle pas de l’humour qui réconforte, comme un verre de pinard.

    C’est l’excès d’anthropologie qui me dérange un peu chez Pennac et Larcenet. D’ailleurs il est difficile de déguster leur pavé, autrement que par petits morceaux.

    Dans le même genre, convaincu de la bouillie humaine et du retour à la terre définitif de celle-ci, je conseille plutôt le poète Lucrèce. S’il n’y croit pas, Lucrèce est persuadé de l’utilité de l’âme et de la religion dans le peuple, pour des raisons de stabilité politique. A quoi bon vivre si on se sent frustré, ce qui est généralement le ressenti de l’homme du peuple qui besogne toute la journée, à se faire mal ? D’où l’utilité de croire et de faire croire dans les mondes parallèles. Même agréable, la rêverie traduit toujours une frustration du corps. Donc Lucrèce, plutôt que dans la chair humaine, va chercher dans les grands corps constitués de la mère nature -rivières, forêts, montagnes, météorites, astres- le motif d’une poésie plus pure et quasiment ultime.

    Pour ce qui est du style de Larcenet, je ne l’apprécie guère. Je le trouve trop chiadé à mon goût, un peu comme ces femmes ou ces hommes qui, si je peux laisser parler mon corps, mettent trop de maquillage. Le dessin de Michel-Ange, à tout prendre, me semble mieux adapté au discours de Pennac, néanmoins la foi de Michel-Ange dans les hautes sphères. Il n’y a pas beaucoup de place pour l’âme ou la personnalité, en effet, dans l’art de Michel-Ange, guère apprécié pour cette raison des dévôts, qui décidèrent vite de le rhabiller, tant sa vitalité corporelle paraissait indécentes aux champions de la mort lente ou de la vie vertueuse.

    Maintenant je dois m’arrêter là, puisqu’il paraît que les grandes douleurs sont muettes, et que seuls les petits plaisirs sont bavards.

    (Zombi - leloublan@hotmail.com)

    Journal d’un corps, D. Pennac et M. Larcenet, Futuropolis-Gallimard, 2013.