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Concombres amers***

"Voyage au bout de la Nuit" : la suite. Récit terrifiant par le bédéaste cambodgien Séra, né en 1965, du conflitwebzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,critique,concombres amers,séra,vietnam,cambodge,khmers rouges,norodom sihanouk,marabout,vietcong,guerre qui se propagea du Vietnam au Cambodge.

Le cinéma peine à rendre compte de manière réaliste de la guerre. La BD est un peu plus sérieuse : Séra, qui a dû fuir le Cambodge, a travaillé à partir de documents et d'archives journalistiques nombreux, les articulant entre eux. Le dessin, peu expressif, et les couleurs ternes traduisent l'idée de ténèbres.

La guerre civile au Vietnam, à travers laquelle s'affrontent les Etats-Unis, la Chine et l'URSS, va inexorablement se propager au Cambodge en dépit des efforts des dirigeants de ce pays, le roi Norodom Sihanouk en tête, pour rester neutres.

Sur le plan économique et militaire, le Cambodge n'avait pas les moyens de rester neutre. Il va peu à peu basculer dans une guerre où les moyens modernes militaires, à savoir les armes de guerre occidentales, viennent redoubler la barbarie plus primitive des khmers rouges, ennemis intérieurs de la République du Cambodge, alliés aux indépendantistes du Sud-Vietnam (Vietcongs/FNL) ou du Nord, pour qui le Cambodge représente une base arrière.

Les "concombres doux" sont synonymes dans la culture cambodgienne d'une période de prospérité et de paix, ce qui explique le titre d'une BD relatant la période la plus sombre de l'histoire du Cambodge. Cette BD n'est pas ou peu partisane : elle montre la violence de tous les partis, non seulement des fameux khmers rouges fanatiques, laissant des charniers derrière eux, mais aussi la violence des bombardements américains, celle des khmers vis-à-vis de la communauté vietnamienne installée au Cambodge, qui paya elle aussi un lourd tribut de sang.

Contrairement à une idée reçue, la fin de la 2nde Guerre mondiale n'inaugure pas une période de paix, mais l'épicentre du conflit entre les grandes nations rivales, se disputant ressources et territoires stratégiques, se déplace, fait le tour des continents.

Une BD qui ne donne pas du tout envie de faire la fête de l'humanité, mais plutôt de penser comme Marx que "la bêtise humaine est le personnage central de la tragédie".

Concombres amers, par Séra, éd. Marabout, 2018.

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